DEUXIÈME PARTIE — ACTE II
Le roi croise le» bras et songe.
Avoir cette pauvreté sombre Toute-puissante, égale à moi, jetant de l'ombre Sur mon trône, à côté de moi 1 Ce compagnon Toujours auprès du roi !
LE MARQUIS
Même plus haut.
LE ROL
Non ! non !
LE MARQUIS
Les femmes, les honneurs, l'argent, n'ont pas de prise. Pour vous débarrasser de cette robe grise, Aucim de ces moyens n'est bon.
J'en trouverais D'autres, moi. Comprends-tu ? hein ?
LE MARQUIS
Non. Lesquels ?
LE ROI
Les vrais.
Comprends-tu ?
LE MARQUIS
Non.
LE ROI
On a — pourquoi pas écosystème ? — Poignardé le vieux prêtre Arbuez sur l'autel même
LE MARQUIS
Cela réussit mal. On a fait saint Arbuez.
Voilà tout. Vous régnez et vous distribuez
Comme il vous plaît les biens,les rangs,les coups de hache.
Mais au poing qui l'étreint l'église en feu s'attache.
En la persécutant vous la constituez.
Les prêtres ont cela que si vous les tuez
Ils sont plus vivants. Rien ne les fait disparaître.
D'un tas de prêtres morts naît ce spectre, le prêtre.
Leur sang est étemel et leurs os sont féconds.
Nous les brisons vivants, morts nous les invoquons.
Ah, roi ! vous opprimez l'égUse. Elle s'en tire
Par des palmes, des chants, des pleurs, et du martyre.
Massacrez ces cafards du cloître ivres de fiel.
Frappez. Bien. Maintenant levez les yeux au ciel,
Le voila plein de saints, de votre façon, sire !
Joignez les mains, tombez à genoux. Moi, j'admire
L'église. Esclave ou reine, elle a le dernier mot.
Elle fourmille en bas, elle fourmille en haut.
Vous l'écrasez vermine, elle renaît pléiade.
LE ROI, abattu.
Elle est la maladie, et je suis le malade.
Tu dis vrai. Braver Rome ! on s'en est repenti.
Il faut se résigner.
LE MARQUIS, à part.
Comme il prend son parti !
Le danger avec lui c'est que, pour en extraire