‹ TorquemadaChapitre 71 sur 176 · DEUXIÈME PARTIE — ACTE II · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE — ACTE II

Le roi croise le» bras et songe.

Avoir cette pauvreté sombre Toute-puissante, égale à moi, jetant de l'ombre Sur mon trône, à côté de moi 1 Ce compagnon Toujours auprès du roi !

LE MARQUIS

Même plus haut.

LE ROL

Non ! non !

LE MARQUIS

Les femmes, les honneurs, l'argent, n'ont pas de prise. Pour vous débarrasser de cette robe grise, Aucim de ces moyens n'est bon.

J'en trouverais D'autres, moi. Comprends-tu ? hein ?

LE MARQUIS

Non. Lesquels ?

LE ROI

Les vrais.

Comprends-tu ?

LE MARQUIS

Non.

LE ROI

On a — pourquoi pas écosystème ? — Poignardé le vieux prêtre Arbuez sur l'autel même

LE MARQUIS

Cela réussit mal. On a fait saint Arbuez.

Voilà tout. Vous régnez et vous distribuez

Comme il vous plaît les biens,les rangs,les coups de hache.

Mais au poing qui l'étreint l'église en feu s'attache.

En la persécutant vous la constituez.

Les prêtres ont cela que si vous les tuez

Ils sont plus vivants. Rien ne les fait disparaître.

D'un tas de prêtres morts naît ce spectre, le prêtre.

Leur sang est étemel et leurs os sont féconds.

Nous les brisons vivants, morts nous les invoquons.

Ah, roi ! vous opprimez l'égUse. Elle s'en tire

Par des palmes, des chants, des pleurs, et du martyre.

Massacrez ces cafards du cloître ivres de fiel.

Frappez. Bien. Maintenant levez les yeux au ciel,

Le voila plein de saints, de votre façon, sire !

Joignez les mains, tombez à genoux. Moi, j'admire

L'église. Esclave ou reine, elle a le dernier mot.

Elle fourmille en bas, elle fourmille en haut.

Vous l'écrasez vermine, elle renaît pléiade.

LE ROI, abattu.

Elle est la maladie, et je suis le malade.

Tu dis vrai. Braver Rome ! on s'en est repenti.

Il faut se résigner.

LE MARQUIS, à part.

Comme il prend son parti !

Le danger avec lui c'est que, pour en extraire

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