‹ Torsion du Grand ÉpiploonChapitre 38 sur 45 · RATES · texte numérisé non relu

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lance musculaire de la paroi abdominale, surtout marquée à droite de la ligne médiane. Une volumineuse tumeur était facilement limitée à travers la paroi épaisse, et on notail que la palpation se laissail pratiquer de façon beaucoup plus satisfaisante qu'il n'arrive habituellement dans une attaque d'appendicite aiguë.

Laparotomie. Tumeur épiploïque tordue à son pédicule sans connexion avec le sac herniaire gauche. Guérison.

XLIIT. — Prerzscn (lraduit par nos soins)

W..., 30 ans, fabricant à Biedenkoff. Le père du malade est mort tubereuleux, la mère âgée de 62 ans souffre de coliques hépatiques. Deux frères el sœurs bien portants. Le grand-père maternel et son frère auraient eu des hernies, ce dernier se serait fait opérer. Le malade a été bien portant pendant sa jeunesse, n'a eu que la rougeole, pas d’autres maladies. À l’âge de 12 ans, il commença à souffrir de douleurs abdominales et de troubles digestifs à tel point qu'il était obligé d'interrompre souvent ses éludes et de se mettre au lit. Grâce au repos, aux compresses froides, aux infusions de camomille, les douleurs disparaissaient au bout de un ou deux jours. En même temps que ces douleurs il avait perdu lappétt, se plaignait de nausées, de constipalion opiniâltre, mais jamais de vomissements. Il n& faisait pas appeler le médecin, car il considérait ces troubles comme de l'embarras gastrique passager. Dans l'intervalle des crises, le malade s’adonnait aux sports el prenait part aux courses de bicyclette. I fut'dispensé du service militaire à cause d’une hernie à gauche. Le médecin militaire lui eonseilla de porter un bandage, mais comme 1l souffrait de lestomac et que ses douleurs étaient passagères, 11 n'en lenait pas compte. Il menait une vie aclive, faisait tout son travail et soulevait même sans difficulté de lourds objets.

Il y a Lrois ou quatre ans, le malade ressentit pour la première fois des douleurs dans la région inguinale gauche. Il alla consulter un médecin qui diagnostiqua une hernie inguinale gauche. Après application d'un bandage les douleurs disparurent dans la hernie mais de temps en Lemps apparaissaient dans la région stomacale ; en {ous cas elles étaient passagères. L'été dernier, il éprouva de la gène dans la région inguinale gauche, il était souvent incommodé

par son bandage et souffrait aussi de l'estomac avec ballonnement du ventre. Le samedi 7 janvier 1905, le malade donne un bal et danse beaucoup. Il n'éprouve rien de particulier jusqu’au lundi 9. Ce jour-là à son reveil il éprouve de la gêne dans la région inguinale gauche, le bandage le fatiguait tellement qu'il l’enleva et n'alla pas à son travail. Le médecin appelé exclue l'hypothèse d'occlusion intestinale, car il n'y avait pas de phénomènes graves, de plus ne pouvant trouver le testicule dans la bourse gauche, il crut avoir affaire à une orchite du testicule ectopique et conseilla l'intervention.

12 janvier 1905. — Etat général. C'est un homme bien bâti, les divers appareils sont sains, rien à l’auscultalion du cœur, température rectale 37°9. Le malade à un facies très altéré. Le testicule gauche manque dans le serotum. Dans la région inguinale gauche on trouve une tumeur de la grosseur d’un œuf de poule, très douloureuse. Il n’y a pas d’iléus, par contre des douleurs continues dans la région stomacale. En plus de la tumeur inguinale, on perçoit dans la fosse 1liaque gauche une tumeur appréciable fortement douloureuse, qui paraît être formée depuis peu de temps, puisque au dernier examen elle n’a pas été perçue. Celte tumeur, à cause de sa vive douleur et à cause des phénomènes de réaction péritonéale existant tout autour, oblige à la laparotomie.

Opération le 1? janvier 1905. Chloroforme. Asphyxie. Bonne anesthésie ensuite à l’éther. Incision oblique dans la région inguinale gauche. On tombe sur un sac herniaire qu'on ouvre. Le contenu est constitué par de lépiploon présentant des infiltrations sanguines, mais il n'y à pas d’intestin dans la hernie. Pas d’étranglement de l'épiploon. L'évidement du sac herniaire se fait facilement à cause de la cryptorchidie. Après avoir mobilisé l'épiploon, qui avait contracté des adhérences avec le sac herniaire, on vit qu'il se continuait avec la tumeur de la fosse illaque. Aussi continue-t-on l'incision oblique jusqu'à la laparotomie pour arriver jusqu'à la grande tumeur. Cette tumeur montre un épiploon tordu, il y a exactement deux torsions entières de 360° dans la direction contraire à celle des aiguilles d'une montre. Un Lour s’est laissé défaire mais l’autre non. On résèque après de nombreuses ligatures la portion lordue de l'épiploon. Après l'extirpation on observa le testicule atrophié de la grosseur d’une noisette, qui se laissa attirer à une grande distance.

toute

Le canal déférent est mobilisé, puis on forme une poche dans le Scrolum au fond de laquelle tout à fait en bas on fixe le testicule au moyen de fortes sutures au catgut. Le testicule reste hors du canal inguinal sans gêne, sans contraction de la peau du scrotum. On pratique ensuite la cure radicale de la hernie par la méthode de Bassini. On place des drains dans la fosse iliaque. On ferme la plaie de la laparotomie par des sulures à étages successifs. On fait un SpiCa.

Quatre jours après on enlève les drains, puis au bout d'une semaine les points de suture. Le quatorzième jour, le malade se lève. En mai, le malade vient consulter. Le testicule est dans le scrotum au-dessous de l'anneau interne, le malade ne souffre pas et affirme que les douleurs stomacales qui le tourmentaient avant l'opération ont disparu complètement.

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