‹ Torsion du Grand ÉpiploonChapitre 39 sur 45 · XLIV. — TurFIER · texte numérisé non relu

XLIV. — TurFIER

Pas de hernie.

J'ai opéré le 20 décembre 1905 une jeune femme de 23 ans, entrée à Beaujon, salle Jarjanay, n° 2, pour une tumeur apparue brusquement dans le bassin, un mois avant son entrée, à la suite d'une chute dans un escalier. La tumeur était du volume de deux poings, médiane, arrondie, légèrement mobile dans tous les sens, et répondant aux caractères classiques d'une tumeur de l’épiploon. Elle était inaccessible par le toucher vaginal, d'ailleurs négatif. Et le seul symptôme fonctionnel notable était une constipation opiniâtre. La laparotomie me fit constater une torsion de l’épiploon, auquel pendaient superposées de bas en haut trois kystes hydatiques. Le premier volumineux, fixé dans le grand bassin, le second plus petit ayant un pédicule tordu qui le reliait au premier. J'estime à quatre le nombre des spires ; le troisième au-dessus de l'estomac et relié au deuxième par un pédicule plus court, environ un tour de spire. J'ai réséqué la totalité du grand épiploon, puis l'ovaire droit, qui contenait greffé un autre kyste hydatique et ma malade à parfaitement guéri.

XEV = E=SMinT

G..., 25 ans, asphalteur, de robuste constitution, est atteint depuis -quelques mois d'une hernie inguinale droite, qui s'est développée

PM Ti progressivement et descend dans le scrotum. Le malade la faisait rentrer facilement et ne portait pas de bandage; il n'en éprouvait du reste qu'un peu de gène.

Dans la matinée du 23 novembre 1903, sans cause apparente, sans symplômes prémonitoires, la hernie devint beaucoup plus volumineuse, le malade en souffre, tous ses efforts pour la rentrer restent infructueux. Dans l'après-midi, il se rend chez un de mes confrères qui essaie sans succès un taxis modéré et m’amène le malade. Celui-ci se plaint de douleurs assez vives au niveau de la hernie et irrad:ant dans tout le ventre, surtout dans la région ombilicale ; 1l a pu cependant venir à pied jusque chez moi.

A l'examen, je conslale une hernie inguinale droite du volume du poing, descendant jusqu'au fond des bourses ; le Lesticule en était bien distinet. La hernie n’était pas tendue, mais donnait la sensation d’un fort empâtement ; la palpation élait assez douloureuse.

L'abdomen était dur, avec une légère contracture musculaire, mais permettant cependant de percevoir au-dessus de l'anneau la corde épiploiïque.

Je fus frappé d’un œdème sous-cutané très marqué qui occupait le scrotum et la région de l'anneau ; sachant que mon confrère n'avait fait qu'un laxis modéré, j'attribuai cet œdème aux efforts de réduction tentés par le malade, quoiqu'il m'affirmât n'avoir pas insisté.

Il y avait eu des gaz par l'anus, pas de vomissements, simple sensation de malaise. Traits un peu tirés, mais facies bon, pouls à 80. Je pensai à une épiplocèle en voie d’étranglement, et conseillai , au malade une intervention qu'il accepta pour le lendemain:

Le 24 novembre, opération. Le sac ouvert, je tombe sur une masse épiploïque congestionnée avec suppressions sanguines. En soulevant celte masse, je vis que l'épiploon qui la constituait affectait la disposition d'une anse dont la branche inférieure s'amineissait dans l'abdomen. Elle n'avait, au niveau de l'anneau, que le volume d'un erayon. Prolongeant alors mon incision vers le haut, je fis une hernio-laparotomie et réséquai l'épiploon à trois doigts environ du côlon en tissu sain. Je m'occupai alors de l'extrémité inférieure de l’anse; mais le cordon qui lui faisait suite. s’enfoneait dans le petl bassin, et, malgré la largeur de mon incision, il élait impossi-, ble de le suivre à cause de l'épaisseur du tissu adipeux de Ja paroi,

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