SCÈNE \l
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Anglais. Ce soir, chez Bignon. Ce soir, chez Brébant. Ce soir, à la Cascade... » Elles ne font que manger,
CeS femmes-là ! (Il remonte et va vers la fenêtre.) J écartai les
rideaux et je regardai par la fenêtre; je vis la calèche que l’on était en train de nettoyer, les chevaux que l’on faisait rentrer à l’écurie, et je me mis à calculer à part moi combien tout cela, hôtel, chevaux, calèche, pouvait représenter de vingt-sept francs cinquante. Au milieu de ce calcul, la petite femme de chambre ouvrit la porte, me Jit une grande révérence et me dit : « Madame attend monsieur. »
Elle m’attendait dans son boudoir. J’y entrai, tenant toujours mon petit sac et le serrant de toutes mes forces. Cette fois, je suis obligé d’en convenir, Tata Bourguignon me parut très-belle... Les rideaux étaient à moitié fermés. Elle était étendue sur une chaise longue et faisait... comme cela, danser sa pantoufle au bout de son pied. Des fleurs brodées, rouges, bleues, vertes, avaient l’air de grimper le long de son bas de soie. Elle me regardait en riant... Alors, moi, je commençai à avoir très-peur... Et je perdis complètement la tête quand elle me demanda ce que j’avais à lui dire; le petit sac s’échappa de mes mains, tomba, les vingt-sept francs cinquante s’éparpillèrent sur le tapis, et je cherchai, moi, la porte pour me sauver... Mais, dans ce mouvement, j’aperçus une canne qui était là, sur un pouf, à côté
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d’une paire de gants, et, cette canne, je la reconnus tout de suite : c’était celle de mon correspondant! Alors, le courage me revint avec la colère, je me retournai vers elle, et, pleurant, trépignant, exaspéré : « Ce que j’ai à vous dire?... lui criai-je, j’ai à vous dire que vous avez chipé mon correspondant à ma correspondante,... et je veux que vous le lui rendiez!... J’aurais bien aussi aussi à vous parler de crapauds, mais ça nous embrouillerait. Laissons de côté crapauds,... ne parlons que de ma correspondante...» Et je lui dis que ma correspondante était jolie, tandis qu’elle était vilaine, elle, très-vilaine, très-vilaine, très-vilaine. « Et vous le lui rendrez, son mari, et vous allez le lui rendre tout de suite... Car il est ici; ne me dites pas qu’il n’y est pas, voici sa canne ! » Et je la pris, cette canne, et, comme Tata Bourguignon continuait à rire et à faire danser sa pantoufle, je me mis à rager pour tout de bon, et je marchai vers elle, avec la canne. Mais, en ce moment, je sentis que l’on m’arrachait cette canne des mains, je .levai les yeux et je vis mon correspondant qui était entré je ne sais par où. « Viens, me dit-il, allons-nous-en!... » Et il m’emmena, je devrais dire qu’il m’emporta... Et, pendant que, mon correspondant et moi, nous descendions l’escalier, j’entendais Tata Bourguignon qui, en haut, sur la porte de son boudoir, riait plus fort que jamais et me menaçait en disant : « Toi, mon petit