‹ Tour de Babel ou objets d'art faux pris pour vrais et vice versChapitre 2 sur 5 · L 1 1 I II · texte numérisé non relu

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qu'un artiste vivant avait fait la Donatf, parcaque je l'en assurais.

M. Adrien de Longpérier, MM. Mannheim père et Êls et M. Couvreur, auraient bien juge, nous en sommes persuadé, la Lucreaa comme ancienne, s'ils n'avaient paa été prévenus par nous qu'elle était moderne.

MM. de Nolivos et Rivet, seuls, fra colanlo senno, il faut lo proclamor hautement pour faire honneur à leur tact fin, éiercé et sùr en matière d'objete d'art, reconnurent, à première vue, que la Lucreiia Donati était une œuvre de notre habile sculpteur Jean Bastianini de Fiesole!

La Vertu qui opprime le Vice.

Un soir M. le baron de Monville se trouvant probablement assez mal éclairé a, l'Hôtel délia Fontana, a Florence, acheta pour brome ancien La Vertu gui opprime le Vice, par Jean de Bologne.

Uuoltjues muenens après. M 0 et moi nous

allâmes rendre visite a M. le baron, qui s'empressa de nous montrer I' achat qtT îi vena,t de faire pour 20 napoléons d'or.

« C'est faui. » dis-je a l'ore:lk du M. G ; mais

cet antiquaire, ne voulant pas sans doute admettre

mon jugement, déclara a M. le baron, avec une puissance de voix a casser les vitres, que l'objet était magniflquo et bien réellement ancien.

Je crus convenable, pour ne pas faire de la peine à M. le baron, de me tenir tranquille et de

ne pas insister davantage près de M. G ; mais

le lendemain je pus acquérir la certitude que l'objet était sorti de la boutique de Louis Magri, fondeur en métaux.

M. le baron de Monville ne nous pardonnera pas, nous en sommes certain, la publication de ce fait, car M. le baron tient beaucoup à son infaillibilité. Nous, an contraire, ayant été l'un des élèves du célèbre chirurgien Roui, nous imitons notre regrettable maître lorsqu'il s'agit d'avouer les méprises dans lesquelles soit en science, soit en littérature, soit en fait d'art, tout homme est sujet à tomber.

Repoussés.

Petit bouclier en fer.

Il y a bientôt trois ans, je fus appelé par MM. Basilewshi et le docteur Gnastalla pour donner mon opinion sur ce bouclier.

A peine me fut-il présenté, que je n'hésitai pas un instant a le déclarer fauï; ot c'est pour ce motif qu'il ne fut pas acheté.

Cependant M. Basilewski ne fut pas assez convaincu, car plusieurs fois il me répéta: « Docteur, n'allez pas trop vite avec vos jugements ; vous pourriez me faire perdre un magnifique objet: regardez-le avec un peu plus d'attention. »

Je lui déclarai de nouveau que le bouclier était

faux, mais qua s'il ne voulait pas s'en rapporter tout-a-fait à moi, U y avait là M. Guastaila qui pouvait bien donner aussi son opinion. M. Guastaila n'ouvrît pas la bouche, et M. Baailewski n'acheta pas le bouclier.

Deui mois apres, j eu la cortitude que cet objet était faux, et qu'il avait été fait par G

Il n'y avait pas longtemps que de la munificence de M. Charles Otley j'avais reçu en don le modèle en bronza représentant Neptune par itenvenuto Cellîni, lorsque M. Egidi, négociant d'antiquités a Florent», me confia qu'il était devenu possesseur d' un objet aussi beau et aussi important que mon Neptune. II m'en montra ia photographie, et, à la vérité, j'en fus frappé, tant pour la composition que pour sa finesse, qui étaient supérieures et hart ligne.

— Mais, est-ce ancien î demandai-je à M. Egidi. < Sacs le moindre doute, me repondit-il. > Je le priai de me montrer l'objet même, mais il ne put pas satisfaire mon désir, parce que son associé lui avait défendu de le montrer à qui que ce fût.

Lu an après, le prince Napoléon vint ù Florence pour faire acquisition d'objets d'art, et M. Ëgidi s'empressa, de lui montrer son fameux bouclier.

M. de Longpérier, qui était de la suite du Prince, et qui se trouvait présent a 1' exhibition du bouclier et à une demande de 20,000 francs, eut quelques doutas sur l' authenticité de l'objet, et dit a M, Egidi : * Le bouclier est beau, le prix ne nous épouvanta pas, mais noua voudrions avoir là dessus l'avis du docteur Foresi. »

Voilà alors M. Ëgidi a la piste du docteur Foresi, qu'il trouve enfla chez M. Charles Otley via de Pepi N." 5.

— Montez en voiture, je vous prie, et suivez-moi, me dit-il.

— Où allons nous? lui demandai-je.

— Nous allons chez moi pour vous montrer le fameuï bouclier. Le Prince Napoléon désire votre avis sur son authenticité avant de l'acheter.

Noua arrivons: M. Egidi entre dans une petite pièce, prend le bouclier, et me le montre. — 2foderne, yalvano, modermiaimc. — Il ne voulait pas se persuader, mais il finit par en convenir.

Ce marchand honnête me pria de bien faire comprendre aM. de Longpérieret au Prince Napoléon,

qu'il n'était pas allé au palais Pitti pour les tromper, et de leur dire qu'il avait été volé par un marchand des Romagnes.

Peu de temps après, on m'assura que l'objet avait été fabriqué à Bologne ; que le faussaire l'avait vendu à un antiquaire de Rieti, qui donna en échange du fromage de chèvre pourri, et que l'antiquaire de Rieti l'avait écoulé à M. Egidi pour la somme de 70 napoléons d'or.

Le baptême de Jésus Christ.

C est une plaque d'argent travaillée au repoussé et que noue achetâmes comme ancienne chez le même marchand qui vendit s. MM. Consani et Beck (séparément à chacun) une Tête de Minerve fausse, et a M. Rivet la Tête déjeune romain également

Cet objet qui nous rappela la première manière de Ghiberti, fut exposé au Bargcllo en 1885, et personne n'eut le moindre doute sur son authenticité.

Depuis je fus assuré que la plaque était fausse, et qu'on l'avait vu faire, d'après une gravure, à M. G. . . très-habile ouvrier.

. vu Faïences.

Do Plat à reflets métalliques.

Pour 30 francs j'achetai au capitaine Andreini ce plat cassé, avec pleine certitude qu'il filt ancien. M. Guastalla vint un jour citez moi, s'en amouracha, la paya30O francs, et l'envoya à Paria à M. Basilewaki, en lui faisant observer que si le plat n'était pas cassé aurait-il valu au moins 1,000

A peine M. Basilev/ski eut-il cet objet, qu'il s'empressa do le montrer a M. Deiange, qui n'hésita pas un moment à le déclarer faux.

Ce plat, dii jours après, revenait à Florence chez M. Guastalla, qui court me prévenir de la bé-

rue dans laquelle M. Delange était tombe, et de la satisfaction qu'il éprouvait pour être devenu une seconde fois possesseur d'un objet.qu'il ne céderait qu'à un prix bien supérieur à celui fait à M. Basilewski.

Pendant que M. Guastalla et moi noua nous moquions à cour-joie de M. Delange, je rencontre un jour le capitaine Andreini, et je lui conta l'affaire: mais que me répond-il? Que M. Delange avait parfaitement raison; et pour me convaincre, il me conduisit chez lui pour me montrer la lettre avec laquelle le nouveau Maestro Giorgio avait envoyé au capitaine différents essais de sa fabrication; — et parmi lesquelles il y avait le plat que M. Guastalla, Kl. Basilewski et moi.

Il va sans dire qu' une demie heure après j'étais chez M. Guastalla pour reprendre le plat, et pour lui rendre la somme qu'il m'avait payée. ■

Vases a arabesques sur fond bleu.

Lorsque noue flmes à Florence, dans le palais, dit del Bargelio, avec le concours du gouvernement et des particuliers, la première exposition

d'objets d'art et de curiosité du Moyen âge et de

la Renaissance, M. le baron Hector G envoya

ces deux vases.

Comme j'étais de la commission, je lui Es savoir que ces vases ne pouvaient pas être accepté) parce ' qu'ils étaient modernes. Il engagea avec moi une longue discussion pour me prouver que j'étais dans l'erreur, et il en appela aui autres membres de la commission.

Ces messieurs réunis différèrent de jugement: la moitié presque se décida en faveur du baron.

Le fait est cependant que les deux vases furent retirés, parce que je menaçai la commission d'en faire venir une douzaine semblables de Bologne.

J'eus lieu de savoir plus tard qu'un certain docteur Fontanella les avait achetés chez le fabricant Minghetti de Bologne, et qui les avait cédés en échange d'estampes et un peu d'argent h M. G , lequel persuadé d'avoir été trompé, et voulant obliger le Docteur à rompre le marché, eut cette réponse : « Est-ce que vous croyeï que pour Ae mauvais chiffons de papier et une poignée de gros sons, je vous aurais donné deux vases da seizième siècle! (12) »

Nielles.

Le couronne m en 1 de le Vierge.

J'ai été une fois sur le point d'acheter ce Nulle pour l'adopter à la lunette d'un petit cadre ancien , en bois sculpté , oii je voulais faire entrer comme partie principale la plaque d'argent travaillée au repoussé, dont il a été fait mention ci-dessus. Ainsi j'aurais composé un petit monument de trois pièces, dont deux fausses.

Mais après avoir examiné le Nielle attentivement, je conçus des doutes sur son authenticité; on conséquence, je le remis immédiatement dans les mains de M. L. G , qui en était le propriétaire.

L'objet fut acheté par M. Gaucia, qui, au bout da quelques jours, s'aperçut qu'il était faui effectivement.

a Vierge assise sur un trône et entourée

M, lîeck arheta. rlu même M. L. G ce

second faux Nielle, pour cinq pièces d'or, do cent francs chacune.

Nous sommes persuadé que ce doit être une des merveilles du cabinet du marchand de vinaigre, pour lequel, disait-on, M. Beck venait faire des arquisitions en Italie.

Objets d'art, vrais, pris pour feux.

Baiser de Paix.

Il est très-rare de voir, même dans lea musées publics et ehes tes riches amateurs, des émaux italiens, et surtout de ce genre d'art florentin, pour lequel figura eomme chef Antonio del Pollaiolu.

Nous [«instillons mit jolie Pm'.i:, dont l'authenticité ne saurait être revoqune en doute: cependant, lorsque nnus la présentâmes a M. le comte de Nieuwerkerke, directeur des Musées Impth-iaux deParis, voici comme il s'exprima, -et quels arguments il nous étala pour prouver que notre objet était Taux.

— La supercherie humaine, nous dit-il, a'avisa du prendre un ancien étui, construisit votre Paiœ et

la plaça dedans; mais on s'est coupé, car on a oublié d'imaginer quelque chose pour combler la punie supérieure de l'étui qui est restée vide; ensuite l'objet, s'il était ancien, ne serait pas aussi bien conservé qu'il l'est.

— Comment! vous n'avez pas d'autres arguments pour prouver la fausseté de ma Paix?

répoudis-je a. M. le directeur. D'abord je vous ferai observer que la lacune que Tous voyez dans l'étui était remplie par une palroette, dont voici les restes (et je les lui montrai). Quant à la conservation parfaite de l'objet, je répondrai que

conséquent, a moins que les personnes qui l'em-

eu dos moustaches d'aiguilles en acier, cette Paix devait certainement arriver jusqu'à nous intacte et bien conservée, comme elle est.

Néanmoins M. b comte de Nieuwerkerlte ne changea pas d'avis. — C'est un terrible^ïjomme .(il..' rr; M. ,\t: \ iiunw; rkerLo, jour vouloir (ut l'our' démontrer) que ce qui est nouveau doit étra ancien, et que ce qui est ancien doit être nouveau!

Or M. C. D. E. Fortnum, qui a vu cette Paix, est d'un avis tout contraire à celui du directeur des Musées Impériaux. M. Mannheim fils reste dans le

doute, et l'honorable M. Mannheim, père, veut qu'elle suit ancienne (13). M. Delauge, après l'avoir examinée un bon quart d'heure, n'a pas osé rendre son verdict. Il le rendra ou il ne le rendra pas: cela noua importe fort peu.

l'our nous elle est véritablement ancienne: elle est du XV. 1 "» siècle, elle est florentine, et peutêtre antérieure aux beaux travaux en émail d'Antonio del Pollaïolo.

Aiguière en porcelaine des Médlcls.

("r..-. nnus q'.i i' ; v» , .i[ii:-i, li'.- prpuiim, siuk imiteurs, que des pièces de porcelaine à fond bleu, décorées d'ornements bleus, et signées d'une coupole identique ù celle de la cathédrale de Florence, furent fabriquées sous Frainjutii I des Médias.

M. Daniiniii qui, dans la s g rondo édition de son Guide de l'Amateur de Faïences et Porcelaines, attribue la priorité Au lu tlii.-nuvcrtd des porcelaines des Métlids à M. J:u'iiU'.'in;irt et h M. Eug. Piot,

nous promit en 1864 da rectifier son erreur. Il n'a pas tenu sa parole; tant pis pour lui.

Parmi les pièces que noua avons trouvées, de cette fabrique, la plus remarquable et la plus belle a été déclarée fausse par un expert de l'Hôtel Drouot, M. Arondel.

Veut-on savoir pourquoi, probablement, M. Aronde! déclara fausse notre Aigwèret Parce qu'il possédait des fragments de la nii'ino fabrique, auxquels ma pièce faisait concurrence.

J'ai dit cela pour ne pas admettre une ignorance par trop monstrueuse cbea M. Arondel, chez un expert à l'BAtel Drouot

Contra l'avis de M. Arondel se rangèrent; M.

le baron do Mon ville, M. Jarqueinart', M. Eug. Piot, M. Cb. Davillicr, M. Riocreui conservateur du Musée de céramique à Sèvres, M. Joseph de Londres, et M. Robinson.

Ce dernier coiiiiaissi'iir, qui aurait fuit l'acquisition pour lu Musée de Kensiitgton d'une pièce si inti"'i'( —:.]]!..'. en l'ut iléiminit' s ;'l entité, me disait-il.

> que bien do personnes pourraient approuver M.

> Arondel, et croire à la tache que sa déclara-

> tion venait d'imprimer à cette œuvre. »

Bon Dieu! quelle logique, pour se mettre à peu prés du cote de M. Arondol!

Mais, alors, pourquoi, s'il m'en prenait l'envie, ne pourrais-je pas, de ma part, m'amuser à produira des supçons sur l'authenticité de la célèbre médaille grecque, que la Bibliothèque Impériale de Paris vient d'acheter pour la petite somme de trente mille francs?

M. Arondel, on déclarant fausse mon Aiguière iIps M.'ilri.s. :n- (iiTimim'ait que ces trois mots: Mie est fausse; tandis que moi, pour produire des doutes sur la monnaie de la Bibliothèque Impériale, je pourrais, entre autres preuves, raconter la fameuse bataille que se livrèrent ontr'cux les trois fiera personnages, qui, grattant le sol de la Grèce, mirent la dite médaille sous les rayons du soleil. Plaisante histoire, je vous jure: écoutes, plutôt.

Chacun des trois fouilleurs eut l'idée d'en devenir l'unique possesseur: Que faire! Chercher un prétexte, et se battre. Voila lu lutto, qui commence; elle est sanglante, acharnée: enfin, deux morts! — Le survivant, après avoir dit un Requiem pour l'aine de ses amis, prend la monnaie, et a'en va tout droit et de toutes ses jambe3 en Angleterre pour y trouver le débit do son trophée.

Mais Albion ne veut pas de petto monnaie, pour laquelle l'heureux mortel ne demande que la bagatelle d'un million : et la France l'achète, trente mille francs.

Au reste, il faut avouer que la pièce est en or lin !

Maintenant, je ne voudrais pas soutenir, contre l'avis des savants qui cherchent midi a quatorze heures, que la monnaie est fausse; le bon Dieu m'en préserve. Mais je ne voudrais pas non plus que l'histoire du combat mortel, ou je vois un pitoyable conte, ne fût pas unie à cette médaille, laquelle n'avait jamais été trouvée jusque a nos

Oh ! sans doute, bien des pièces en or ont été Imitées; mais quant à des porcelaines des Médicis,

Bas-relîef en marbre par Desiderio ri a Settignano.

Il n'est pas rare de rencontrer dans le monde des personnes qui, soit par ignorance, soit pour le seul plaisir de nuire, soit encore par envie, causent, au moyen de bavardages et de mensonges.

un dommage considérable dans les affaires des hûunètea-gens.

Lorsque ce magnifique bas-relief appartenait à M. Louis Alborti, personne n'osa dira qu'il était moderne. Il en fut du même lorsque M. Charles Otley en devint possesseur; et lorsqu'enfin il passa dans nos mains, nous fumes assez heureux pour que cette oeuvre ne tombât point sous les yeux d'un homme de la force, do M. Arondol de Paris, qui par un mesquin intérêt, ainsi que nous l'avons doja fait observor, déclara fausse notre Aiguière en porcelaine des Mtklicis.

Mais un nouveau Arondel poussa comme un champignon, sitût quo M. le baron Adolphe de Rothschild nous eut achoté,- avec les deux Petits Guerriers du maître de Léonard, cette Sculpture magnifique du XV. m * siècle, attribuée a Desiderio da Settignano.

Oui, un mauvais marchand de vieilles ordures insiuua méchamment à M. le baron que nous lui avions fait avaler un bas-relief sorti des mains de Jean Bastianïni (M).

A Paris il nous arriva d'essuyer une bien rude semonce un jour que nou3 rencontrâmes M. de Rothschild dans le Passage de l'Opéra; mais il se

calma sans trop de peine, dès que nous lui fîmes observer qu'il seyait mal à un baron de faire attention aux propos d'une envieuse canaille; et que, s'il désirait nous rendre le bas-relief, nous le reprendrions de grand cœur.

M. le Baron, qui depuis trois ou quatre ans est devenu un fort habile connaisseur et un collectionneur d'un goût exquis, n'insista pas davantage; et, loin de continuer ses plaintes, il parut nu contraire satisfait de notre indignation et de nos remarques.

La Vierge et deux Chérubins adorant l'Enfant Jésus.

Il parait que les architectes et les maçons des temps passés pouvaient sa croire en droit de s'approprier quelques objets d'art des églises, des couvents et dos cbapellos qu'ils étaient appelés à restaurer ou a démolir.

Nous connaissons une œuvre en terre émaillée par Andréa délia Robbia, qui est maintenant le plus bol ornement d'un des musées de l'Angle-

terre; et nous avons connu l'architecte qui s'en fit cadeau avec la permission, bien entendu, du sacristain de la chapelle qui était en démolition.

La Vierge aux deui Chérubins, en terre cuite non émaillée, fnt enlevée tout bonnement par un ouvrier maçon, qui travaillait à réduire en Prisons le couvent Délie Murale, situé au bout de via Ghibcltina: et ensuite, ce même objet d'art fut vendu à M. Louis Pacetti, doreur et marchand de curiosités, pour la somme de 400 francs.

Nous l'achetâmes de ce doreur, il y a une quinzaine d'annèevet nous fûmes sur le point de le céder à M. Gustave de Rothschild, si le prix que noua en fit demander la personne qui conduisit chea nous ce flls du Crésus du XIX."" siècle, n'eût été un peu trop esagéré.

Par la suite, lorsque les terres cuites falsifiées mirent en défiance les amateurs et les marchands, chaque personne, en face de cet objet d'art, était prise, il est vrai, d'admiration; mais, on s'écriait: « Oh! si l'on avait la certitude qu'il ne fût pas moderne. »

Cependant, l'année dernière, Lady Ashburton, ayant pleine confiance en nous, nous acheta la dite Vierge.

clarer à Milady que la Vierge est bien réellement ancienne; et, si un beau jour Lady Ashburton se décidait à l'ôter du cadre moderne en noyer sculpté, où je la plaçai suivant le conseil d'un ami, je pourrais lui céder la console en terre émnillée et coloriée, sur laquelle la Viorge était placée au couvent délie Murale.

Bas- relief en marbre par Desiderio da SetUgnane.

M. Charles Otley acheta, il y a àrpeu-pre» une vingtaine d'années, au sculpteur Giovannom cette magnifique pièce, qui actuellement fait partie de la collection d'objets d'art de M. Alexandre Francheiti.

Nous parions que sur mille experts intelligents et honnêtes, auxquels on montrerait c» mdirament, il ne s'en trouverait pas un seul qui pourrait mettre en doute son ancienneté.

Toutefois, lorsque en 1S65 une exposition, d'eb-

jets d'art du Moyen âge ot de la Renaissance fut faite au Bargello, noua eûmes a lutter contre plusieurs de nos collègues, qui voulaient soutenir que la Robbia de M. Alexandre Franchetti était une

Et puis, on ne devra pas dire que nous sommes dans une Tour de Babel?

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