‹ Tournai archéologique en 1895Chapitre 2 sur 11 · PAROISSE NOTRE-DAME · texte numérisé non relu

PAROISSE NOTRE-DAME

Place de VErrché.

Au centre se trouve l'entrée principale de la Cathédrale, et sa façade occidentale. Ce monument est décrit au § 2.

L'un des côtés de la place est occupé par l'hôtel des Anciens prêtres, l'autre par l'Évéché.

L'Hôtel des An(;iens i'rêtres est établi au rez-dechaussée, l'étage étant occupé par la bibliothèque publique, autrefois celle du chapitre de la cathédrale.

Le bâtiment actuel, de très grand style, a été construit en 17r)5, par les architectes lUayé et \'an Daele. Il est en pierres de taille avec quelques panneaux réservés on brifjues. Au centre un fronton triangulaire oeuvre de Leci'eux, sculpteur tourn.aisien, pi'ésente un(î allégorie des sciences et des arts.

La façade intérieure de même que les appartements sont très simples, (^lehiues-uns (en particulier le

réfectoire), ont conservé leurs boiseries primitives du style Louis XV.

L'hospice des anciens prêtres fut fondé par l'évêque Walter de Marvis en 1240. Il était établi autrefois de l'autre côté de la rue du Four-Chapitre et fut transféré en cet endroit sur l'emplacement de la grange et de divers bâtiments communs du chapitre au IG'' siècle seulement.

La bibliothèque communale, établie à l'étage, était autrefois celle du chapitre, qui fut confisquée à la révolution. On y avait alors accès par un escalier situé à l'entrée de la basse-nef du nord, celui qui conduit encore aujourd'hui aux orgues.

La salle principale offre un magnifique vaisseau tout lambrissé de boiseries Louis XV, avec galerie à mi-hauteur à laquelle donnent accès deux escaliers renfermés dans des tambours placés aux deux angles de la salle; elle mesure 40 mètres de longueur sur 9 de largeur.

La bibliothèque possède plus de 40.000 volumes, et de nombreux manuscrits. Les plus beaux, ceux qui sont ornés de miniatures, ont été transférés dans les vitrines du musée d'antiquités.

Palais épiscopal.

Il se compose de quatre corps de bâtiments occupant les quatre côtés d'une cour carrée, et d'une aile qui se prolonge du côté de la fausse porte, parallèlement à la cathédrale. L'ensemble des constructions actuelles entièrement défigurées et n'offrant plus aucun style, appartient au 17* siècle, avec quelques parties plus anciennes dont il sera parlé ci-après.

La grand'porte d'entrée a été refaite en 1715. Le bâtiment à front de la place est dépourvu d'intérêt. Seuls les bureaux de l'évêché sont ornés de boiseries

de style Louis XV. (Pendule genre Boule, de l'époque Louis XIV.) A 1 étage, au-dessus des bureaux est situé l'appartement de la reine, qui se compose de quelques chambres très modestes, de l'époque Louis XVI.

L'aile droite dans la cour, ainsi que l'aile qui fait face à l'entrée ont été reconstru ites en 1 T.'II , lorsqu'on affecta une partie de l'évêché à usage de palais des états du Tournaisis (voir plus loin : me 'les Or ferres, Archives de la ville). L'étage (qui ne fait plus partie de l'évêché) est occupé par les salles des Etats, auxquelles l'évêque avait accès par un escalier en tourelle encore visible dans l'angle nord de la cour; le rez-de-chaussée est aménagé en remises. Quelques portes, de style Louis XV sont assez ornées.

Dans l'angle sud de la cour s'élève un bâtiment beaucoup plus ancien à plusieurs étages, dans lequel est installée la bibliothèque avec ses dépendances. On voit, du côté de la grand'place, ce pignon qui domine les maisons voisines. 11 est tout à fait nul au point de vue architectonique.

La bibliothèque possède quelques beaux incunables et quelques manuscrits dont les plus précieux ont été déposés dans le trésor de la cathédrale.

Le quartier le plus intéressant de l'évêché est celui qui se trouve situé entre la cour et les jardins (du côté du beffroi), ainsi que l'aile de bâtiments qui s'étend le long de la cathédrale.

Cette dernière renferme les appartements particuliers de l'évêque, qui sont entièrement modernes, mais le pignon qui la termine, construit en pierre, et remanié au 17' siècle a du cachet. Les murs extérieurs de cette construction, du côté de la fausse porto, accusent une origine très ancienne et des renianioinents à diverses époques.

Le vaste bâtiment qui fait le quatrième côté de la cour et qui est situé entre celle-ci et le jardin date d'une époque reculée, mais il a été complètement remanié au 18° siècle. Il comprend le sous-sol, l'appartement du roi, et l'étage, (ce dernier ne renferme que des chambres à l'usage particulier de l'évêque).

Les appartements du roi, c'est-à-dire la partie du palais qui est réservée au souverain quand il loge à Tournai, occupent tout le premier étage. On y accède par le grand escalier près de la porte d'entrée. Ils se composent d'une antichambre très spacieuse, ornée de boiseries Louis XV. Elle est décorée de portraits des évoques de Tournai depuis le 16*" siècle.

Le salon vert et le salon rouge, qui se suivent, sont dans le même style, ornés de boiseries peintes et dorées, avec panneaux tendus d'étoffes anciennes. Ils ont conservé leur mobilier, de même époque.

Dans le salon vert on remarque un très beau tapis (de Tournai) époque empire, de la fabrique de Piat Lefebvre.

Sur les cheminées, candélabres de style Louis X\'l en bronze et marbre, pendule empire, en bronze doré, etc.

Chambre à coucher décorée en bleu, avec boiseries de style Louis XV, et ses dépendances.

Revenant sur ses pas, on passe par l'antichambre dans la chapelle épiscopale qui occupe le dessus de la fausse porte.

La chapelle épiscopale, bâtie par l'évêque Etienne à la fin du 1:^' siècle (\ 198), est dédiée à saint Vincent. Elle appartient au style de la transition. Sa forme est carrée, ou à peu près, recouverte par des voûtes d'arête que supportent de gracieux faisceaux de colonnettes. Elle est éclairée sur deux de ses faces par une

fenêtre à triple lancette ornée de vitraux modernes.

Ce monument a été complètement restauré et rétabli dans son style ancien, après qu'on eût fait disparaître les modifications apportées au 17'' siècle, et qu'on eut réparé les dégradations des iconoclastes du 10" siècle. La chapelle épiscopale sert de passage entre l'évêché et la cathédrale.

Dans l'angle des deux ailes de bâtiments dont il vient d'être parlé s'élève, du côté des jardins, une svelte tourelle en briques renfermant l'escalier.

Elle fut élevée par l'évêqueMaximilien Vilain de Gand (IGIG à 1041); sa partie supérieure est décorée de fenêtres de style renaissance en pierre blanche, et de cartouches avec une date et les armes de l'évêque. Une élégante toiture conique la surmonte. On jouit au sommet, d'une vue ravissante sur les environs de la ville et sur la cathédrale.

On peut descendre, par cette tourelle, dans les souterrains de l'évêché qui n'en sont pas la partie la moins intéressante, et qui sont situés sous l'aile de bâtiment occupée par les appartements du roi.

Les cuisines-caves et leurs multiples dépendances sont voûtées et précédées d'un vestibule également voûté qui s'étend sur toute la longueur du bâtiment. L'ne des salles, du côté qui aboutit à la place de l'Evéché, a sa voûte supportée par deux colonnes trapues avec chapiteaux à crochets de l'époque gothique, et par une troisième sans caractère propre.

Au-dessous s'étendent les caves proprement dites, voûtées en berceau. L'une d'elles, comme dans hîs cuisines-caves, a la voi'ite supportée par deux colonnes sans caractère bien déterminé.

l'hitin, au-dessous de ces caves s'étend un troisième souterrain ir.A (ini''!'!'. avant tous les caractères d'une

construction du IT' ou du 12'' siècle. Il se compose de deux longues voûtes en berceau, bien appareillées, reposant sur une épine de cinq colonnes trapues avec chapiteaux à feuillage lancéolé très sommairementtaillé. Les arcs qui unissent les colonnes et reçoivent la charge des voûtes sont extrêmement surbaissés. L'escalier qui donnait accès à la crypte était primitivement du côté opposé à celui par lequel on descend actuellement. Il ne paraît pas improbable qu'un souterrain existe encore au-dessous de celui-ci.

Cette belle crypte n'est pas unique à Tournai. Ou en voit une toute semblable, sous la maison n° 41 de la rue des Chapeliers. 11 est très intéressant de la comparer à celle de l'hôtel de ville, qui est de même époque, mais de construction très différente, à celles de l'hôpital Notre-Dame (aujourd'hui en partie détruite), de la maison n° 1 de la place des Acacias, etc. ; cette dernière étant toutefois beaucoup moins importante.

La vue la plus pittoresque de l'Évêché est celle qu'on ades jardins, (ou mieux encoredu Marchéaux poteries, près du befïroi). Un des côtés du jardin est bordé par les anciennes écuries où on pouvait loger un grand nombre de chevaux. Derrière ces écuries, on remarque un mur épais en moellons, consolidé par de solides contreforts. 11 soutient le sol beaucoup plus élevé des maisons de la grand'place et confirme la supposition d'après laquelle le mur de la première enceinte de Tournai passait en cet endroit, venant du befïroi et rejoignant les restes connus de cette enceinte dans la rue des Choraux, autrefois dite du Chaslelet.

]\ue des Orfèvres.

N" 1 à 5. Maisons du 17" siècle, de style français, pierres et briques.

N° 7 à 11. Maisons du 18"" siècle, façade en pierres.

N° 15. C'est à la hauteur de cette maison que commence le mur de la première enceinte de Tournai, dont la présence est encore indiquée par un surélèvement du terrain dans les jardins des maisons de la rue des Choraux.

N'' 19 à 27. Maisons du 17' siècle en briques et pierres, de style français.

A l'angle de la rue des Orfèvres et de la rue des Choraux se trouvait autrefois l'hôpital Saint-Eleuthère établi en 1360 par Simon du Portail, doyen du Chapitre de la cathédrale, (et non à la rue du curé Notre-Dame, n" 8, comme certains auteurs l'ont cru).

Archives de la Ville et de l'Etat.

Ce bâtiment, ancien palais des États élevé en 17.'> l, ne se compose que d'un étage sur un rez-de-chaussée bas.

La façade offre un mélange de briques, pierre bleue et pierre blanche, toute la décoration étant réservée aux encadrements des fenêtres qui sont assez riches.

A l'intérieur, on remarque l'ancienne grande salle qui a gardé une partie de ses lambris dans lesquels on voyait autrefois des tapisseries conservées aujourd'hui au Palais de justice.

Les plafonds ont généralement comme motif décoratif les armoiries de la province du Tournaisis.

Les locaux où reposent les archives servirent de Palais de justice de 1800 à 1S71) ; auparavant ils étaient affectés aux réunions du conseil des l^tals du Tournaisis, à l'usage de qui ils furent érigés dans une des dépendances du palais épiscopal.

Tournai fut le chef-lieu d'une province distincte, le Tournaisis, qui ne fut supprimée que lors de la création des départements de Jenimappes.

Le territoire de cette province, de peu d'étendue.

varia souvent dans ses limites; les villages qui en faisaient partie ont été distribués entre les provinces de Hainaut et de Flandre, et le département du Nord.

Les Etats du Tournaisis furent érigés au Kf siècle, lors de la suppression du baillage. Ils comptaient trois classes de membres : les députés du clergé, de la noblesse et du tiers-état.

Les Archives coimmunales de Tournai sont les plus riches du royaume (malgré les pertes et les dilapidations qu'elles ont souffertes), il en est peu d'aussi importantes dans tout le pays de langue française.

Parmi les principaux fonds, il faut citer : le chartrier qui renferme environ ISOOchartes, la plus ancienne date de 1121 ; des cartulaires très importants; les comptes communaux qui sont complets à partir de 139G, et remontent (avec des lacunes), jusqu'en 1240.

Les registres des consaulx ou procès-verbaux des séances des magistrats communaux depuis 1385, un nombre considérabledechirograpbes, (plus de 500.000) comprenant des testaments, comptes de tutelles et comptes d'exécutions testamentaires à partir de 1265, et les actes des divers éclievinages de Tournai dont le plus ancien date de 1219.

Tournai a conservé jusqu'ici, à titre de dépôt des Archives de l'Etat, les Archives de l'ancienne province du Tournaisis. II est question de les lui enlever pour les verser dans le dépôt de Mons.

Riœ (Jes Ciioraux appelée autrefois du Chastelet parce qu'on croit que les évoques de Tournai y eurent leur premier palais épiscopal, enfermé dans une enceinte fortifiée dont une des tours existait encore au commencement de ce siècle dans un des jardins de cette rue (la tour l'évêque).

N" ;37. Maison du 17'' siècle, briques et pierres, de style français.

N" 35. Maison du 15'' siècle, en partie reconstruite et modernisée. Le jardin est à la hauteur du premier étage, ce qui marque la présence en cet endroit de l'ancien mur de défense.

N° 3 1 . Sur l'emplacement de cette maison se trouvait autrefois celle qu'on disait de saint Eleuthère, avec une tourelle pittoresque récemment détruite. On y voit encore un puits, dit de saint Eleuthère, dont l'eau était réputée guérir certaines maladies.

N" 2'A. Maison de diverses époques entièrement défigurée.

N" 21. Maison ayant fait partie delà même construction, escalier en tourelle, du 15^^ siècle (?) très dégradé.

N"' 11) et 21. Maisons de l'époque gothique entièrement remaniées ; avec deux caves superposées. Celle de l'étage supérieur contient les restes d'une cheminée en pierre. Dans le mur de clôture parallèle à la rue, et distant de 7 ou 8 mètres. de celle-ci on voit des arcs aujourd'hui maçonnés qui peuvent avoir appartenu au mur d'enceinte de la ville.

Dans le jardin du n" 21 qui est plus élevé que le sol de la rue, bâtiment daté de 1()7(), de style renaissance flamande avec fenêtres à croisées.

C'est dans cette maison qu'habita Jacques Despars, médecin fameux, régent de l'Université de Paris et médecin de Charles VII.

Le N ' 15 et les autres maisons jusqu'en bas de la rue ont le sol do leurs jardins plus élevés que celui de la rue. N" 15 et 13, commencement du IS" siècle, pierres et briques.

N'" II et 1). Maisons do style Louis W.

N" 7 et 5. Maisons de style Louis XV I.

20 NOTRE-DAiME.

N" 18. Deux pignons à escaliers, en pierres et briques , du 1 T*' siècle , renaissance flamande. Date 1613.

Rue du Four-Chapitre.

N" 1. Maison du IT*" siècle, briques et pierres de style français.

N" 3. (Ecole des Frères des Écoles chrétiennes), autrefois manufacture de tapis de Verdure-Berger, et auparavant Collège Saint-Paul, établissement d'instruction sous la direction de l'écolâtre du Chapitre de la cathédrale. Ce collège, fondé au 13° siècle par l'évêque AValter de Marvis, sous le nom de Collège des Bons-Enfïans, fut établi d'abord dans la rue Quenneson à l'extrémité du Quai taille-pierre; au 16'' siècle il fut transféré à la rue du Four-Chapitre et les locaux qu'il abandonna furent donnés aux Jésuites qui j ouvrirent leur première maison d'instruction. Par un singulier retour, lorsque les Jésuites furent supprimés en 1773, le Collège Saint-Paul fut transféré dans le noviciat de la rue du Quesnoy, délaissé par ces religieux. Le Collège Saint-Paul fut transformé plus tard en Collège communal et plus tard encore en Athénée royal, tel qu'il existe aujourd'hui.

Sous le bâtiment principal s'étendent de vastes souterrains divisés aujourd'hui en trois galeries longues de 25 mètres environ, couvertes de voûtes en berceau. Il est probable qu'elles ne formèrent dans le principe qu'une seule grande salle dont les voûtes reposaient sur deux épines de colonnes, noyées aujourd'hui dans les murs de séparation. Il reste une de ces colonnes, à chapiteau lancéolé indiquant le 12'-" siècle. On y voit encore une grande cheminée gothique. La descente primitive était à l'extrémité de la cave, du côté opposé à la rue.

rs'' 7. Maison du 18" siècle à riche façade, en pierres.

N" 9. Maison gothique, de la fin du XV'' siècle, en pierres blanches. Fenêtres carrées à croisées en pierre; galerie avec arcatures, à la naissance du toit. Dans la cave, restes d'une cheminée en pierres, à colonnettes dont le chapiteau est orné d'un masque grimaçant. La hotte en forme de trapèze.

iS° 11. Maison du 10° siècle, très modernisée, avec porte gothique fort élégante ornée de plusieurs rangs d'arcades en retrait, supportées par des colonnettes avec chapiteaux à feuillage. Elle porte la date 1592.

L'intérieur a été transformé au 18" siècle. Dans le salon on remarque les poutres du plafond, dont les extrémités sont décorées d'armoiries. Les fenêtres de l'étage offrent des baies profondes dans l'embrasure desquelles un siège en maçonnerie a été ménagé de chaque côté.

Deux étages de caves s'étendent sous cette maison. La seconde à laquelle on descend par un escalier de 27 marches est couverte par une large voûte en berceau très bien appareillée.

N" lo. Maison du 15" siècle ou peut-être encore plus ancienne, modernisée. Plusieurs étages de caves.

rs" 2. Porte du 18" siècle, en pierre, puis façade latérale de l'hôtel des anciens prêtres.

Hue du (Juré Noire-Dame.

M" S. Hôtel du 18° siècle, pierres et briques, où certains auteurs ont placé à tort ThôpitalS. Eleuthère.

N ' 1<». Maison du 17° siècle, pierres et briques (cure de Notre-Dame). Salon à boiseries Louis XV, garni de tapisseries (verdures).

X" IS. (('ercle Saint-Joseph). Hôtel du 18' siècle, briques et pierres.

La porte gothique qui se trouvait autrefois vers

l'angle de la rue a été transportée récemment dans la rue de l'Hôpital Notre-Dame. (Voir cette rue.)

N° 11, Ecole Saint-Luc. Bâtiments de diverses époques, entièrement transformés.

Dans une dépendance moderne, (grande salle de dessin), on voit un des murs du cloître de la cathédrale qui s'étendait autrefois tout le long de la basse-nef, ayant pour limites l'escalier de la porte mantile d'une part, et la bibliothèque publique d'autre part.

Le mur encore existant qui paraît dater du IP siècle est construit en moellons, et comprend cinq portes de dimensions et de formes variées, dont trois sont de style roman.

La première est surmontée d'un arc plein cintre qui repose sur quatre colonnettes octogones polies, avec chapiteaux à volutes. Elle a été malheureusement remplie par une maçonnerie en brique qui en cache tous les détails.

Les deux portes qui suivent paraissent dater du IS'^ siècle, elles sont dépourvues de tout ornement.

La quatrième est plein cintre, avec imposte supportée par deux corbeaux.

La cinquième est la plus riche. Dans un arc plein cintre décoré de plusieurs moulures qui reposent sur d'élégantes colonnettes, est inscrit un arc trilobé roman avec moulure en boudin. Les chapiteaux des colonnettes sont à crochets.

On trouve une autre trace du cloître dans le mur du bâtiment parallèle à la cathédrale où se voient encore plusieurs petits monuments funéraires en pierre sculptée, de la fin de la période gothique, malheureusement très détériorés.

Un musée épiscopal envoie de formation, est annexé à l'école Saint-Luc.

On y voit quelques monuraents funéraires en pierre, sculptés en bas-relief, dont l'un particulièrement remarquable, provient de l'ancien couvent des Récollets, il représente les funérailles d'un moine (Frère Jehan) et appartient au commencement du 15'' siècle.

Autre monument funéraire de AVatiers Anthonne et ses deux femmes, de la même époque.

Pierre tombale gravée à deux personnages, d'Alleaume de Bassevelde, du 15° siècle.

Cheminée du 15" siècle, en pierre, et pavement en carreaux vernissés du 15'' siècle, provenant d'une maison de la rue des Campeaux.

Rue des Fossés ou plutôt du Fossé, parce que très primitivement elle semble avoir longé le mur du château de l'évêque.

Au n" 11), on peut voir dans les jardins un reste des murs de la première ou de la seconde enceinte de la ville, et une tour très bien conservée de la môme époque; (Pour voir la tour à l'extérieur, s'adresser rue de Courtrai, n" 8.) 11 paraît cependant qu'elle appartient plutôt à la seconde enceinte, sa construction ne révélant en rien une œuvre de l'époque romaine.

La forme de la tour est celle d'un demi-cercle se prolongeant sur un plan rectangulaire du côté du mur; son diamètre extérieur est de cinq mètres environ.

Au sommet de la tour sont pratiquées six ouvertures rectangulaires (aujourd'hui bouchées), chacune d'elles ayant sur les côtés, à la partie supérieure, deux corbeaux renversés, en pierre, qui semblent avoir servi à supporter un petit auvent.

A la base de la tour, une fenêtre étroite est garnie de chaque côté d'une sorte de jouée d'abat-son plus allongée que celles des fenêtres supérieures.

La tour est construite en pierres de moyen appareil bien travaillées. Elle repose sur un massif en moellons à l'intérieur duquel existe une salle voûtée (aujourd'hui transformée en cuisine).

La tour est dans l'axe de l'impasse de la rue du Cygne. Dans un bâtiment voisin donnant sur cette impasse, on voit quelques restes d'une vieille construction reposant sur de belles colonnes en pierre dont les chapiteaux indiquent le IS** siècle.

Les maisons n°^ 17, 15, etc., touchent par derrière à l'ancien mur de la ville.

N° 20. Dans le jardin de cette maison, on a trouvé récemment, sous terre, les restes de sculptures en pierre blanche du 16" siècle, qui doivent avoir appartenu à un monument funéraire.

Rue Dame- Odile.

N° 10. Maison du IS'' siècle, auberge populaire « Au Chat gris, r,

N° 22. Maison de style renaissance, très modernisée. Plus riche en sculptures que ne le sont d'ordinaire les maisons de cette époque à Tournai et d'un style peu commun. Elle est datée 1677.

N""" 24, 26, 28. Trois maisons à pignons, briques et pierres, du 17*" siècle. L'une d'elles a conservé les bas-reliefs qui ornent le dessous des fenêtres : Saint Jacques, Notre-Dame, sainte Catherine.

N" 21 . Petite maison à pignon, bois et briques.

Rue de t Arbalète.

N" 9. Maison du 14'^ siècle, porte ogivale, fenêtres au sommet légèrement cintré. On a trouvé récemment dans une des salles, un pavement presque complet en petits carreaux de terre cuite vernissés de la même époque.

Rue du Bas-Quartier.

N° 1. Maison du 17" siècle, type français, en pierres avec un peu de briques, cartouches sculptés sous les fenêtres et un autre sous le cordon de la toiture.

N° 2 et suivants. Maisons de même type, plus ordinaire.

N" 9. Maison du 1 7" siècle, style renaissance flamande, très délabrée, mais dont les lignes sont encore bien accusées.

Rue des Chonq-Cloliers.

N" 5. Maison du 17'' siècle, style français, briques et pierre.

Rue de f Ilôpiial Notre-Dame.

Académie de Dessin (ancien Hôpital Notre-Dame).

Il ne reste de l'hôpital que les bâtiments datant du 18° siècle. Le plus important, à front de rue, a été élevé en 1758.

C'est un beau spécimen du style de cette époque, construit en briques, avec soubassement et encadrement des fenêtres en pierre. Un portique majestueux occupe toute la hauteur de la façade. Au centre on admire un bas-relief en pierre, représentant Notre- Dame avec l'enfant Jésus, sculpté par Lecreux.

Le bâtiment qui est au fond de la cour appartient à la même époque. 11 est érigé sur des souterrains voûtés très curieux.

Le plus intéressant et le plus ancien des bâtiments de l'hôpital, qui datait du 12" ou du !;>'' siècle, et dont le pignon était à front de rue, a été démoli, il y a une couple d'années. Sous lui régnait une vaste crypte, dont les voûtes d'arête construites en moellons étaient supportées par trois rangées de onze colonnes chacune,

aux chapiteaux du style sévère caractérisant le 12'' siècle (feuilles lancéolées adhérant à la corbeille). Elle a été partiellement démolie. Le reste a été morcelé entre plusieurs maisons voisines. Deux colonnes seulement ont pu être conservées pour le musée.

La ville a possédé plusieurs cryptes de ce genre, mais beaucoup moins importantes que celle-ci, qui ne pouvait être comparée qu'à la crypte de l'hôtel-de-ville. (Voir plus loin.)

N" 4. Hôtel des Volontaires-Pompiers.

N° 6. Hôtel du 18' siècle, style Louis XVI.

N" 8. Hôtel de la même époque. (M. P. Le Hon, notaire. Collection céramique, meubles anciens.)

N" 1 et suivants. Maisons du 17" siècle.

N" 9. Maison du 17'' siècle, avec bas-reliefs en pierre blanche, sous les fenêtres. Ils représentent d'un côté l'histoire de l'Enfant prodigue (en cinq tableaux), et de l'autre trois sujets variés : Jésus et la Samaritaine, la Femme adultère, et le Jugement de Salomon.

X'' 13. Couvent des Sœurs-Noires. Bâtiments du 18' siècle, et deux pignons plus anciens, l'un (celui de la chapelle), date du 17'' siècle, style renaissance flamande, l'autre est gothique, tous deux sont totalement défigurés. On distingue dans le second une belle fenêtre à triple lancette, malheureusement bouchée.

N" 17. École communale. Deux pignons du 17'' siècle complètement remaniés.

N" 10. Porte gothique, Py siècle, en pierre, surmontée d'une élégante ogive en accolade, reposant sur des colonnettes avec chapiteaux à feuillage.

Un peu plus bas, dans l'ancien mur aujourd'hui démoli, on voyait une jolie fenêtre en pierre sculptée de style renaissance. Elle a été donnée au musée, où elle figure aujourd'hui.

Place aux Acacias (marché aux fruits).

On l'appelait autrefois le Monchiel et marché au charbon. Toute la partie qui s'étend le long de la cathédrale, entre l'escalier de la porte Mantile, et le bas de la rue des Chapeliers était occupée autrefois par le cimetière delà paroisse. [Le cimetière des chanoines était à droite de l'escalier de la porte Mantile dans le cloître, dont il est parlé à la rue du Curé Notre-Dame, et le cimetière des pestiférés était établi de l'autre côté du chœur regardant le Marché aux poteries].

On jouit de cet endroit d'une belle vue d'ensemble sur la cathédrale,

La maison n" 1 de cette place contient dans sa façade des détails d'architecture de diverses époques, qui disent sa haute antiquité.

Elle fut dans le principe une demeure de chanoine, puis avant le 12" siècle fut affectée à usage d'hôpital Notre Dame, avant le transfert de celui-ci au bas de la rue moderne de l'Hôpital Notre-Dame. Elle redevint alors habitation canoniale et fut habitée par divers dignitaires du chapitre, (entr'autres le chanoine Cottrel) , chez lesquels descendirent plusieurs souverains de passage à Tournai, notamment Louis XI, Henri VIII d'Angleterre, Charles-Quint, les reines de France et de Hongrie.

La partie curieuse de la maison est le souterrain qui règne sous une partie des magasins, où l'on trouve une cave voûtée supportée par des colonnes du style et de l'époque de la crypte de l'hôpital Notre-Dame, avec voûtes d'arête construites en moellons, reposant sur un rang de colonnes, au centre, et sur des culs de lampe engagés dans les murs latéraux. I^cs chapiteaux ont la corbeille basse, ornée de feuillages lancéolés peu saillants, dans le genre de ceux de la crypte de l'hôtel

de ville. Ile appartiennent au style roman du 12® siècle. N" 5. Porte et façade, en pierres, du 18® siècle.

Rue de la Lanterne.

Ce fut jusque dans ces dernières années la rue la plus malpropre et la plus pittoresque de la ville, par ses masures avec étalages de fripiers. Elles ont été récemment démolies.

Rue de la Cordomicrie.

Le côté des numéros pairs, qui de tout temps fut habité, a été complètement renouvelé depuis le commencement du siècle. Celui des numéros impairs, qui n'a été bâti qu'au IT'' siècle, car il n'y eut jusque-là, de ce côté, qu'un mur de cimetière ou des bâtiments dépendant de la cathédrale, a conservé ses maisons anciennes qui datent de la fin du 17'^ siècle ou du commencement du 18*", maisons en pierres et briques du style français. Celle du coin, vers la rue des Chapeliers date de 1734, elle a une enseigne en pierre sculptée : " A la Pomme d'orange, y^

Place Saint- Pie-rre.

Elle était occupée autrefois par l'église Saint-Pierre, érigée à une époque reculée, et qui fut dans le principe le centre d'une agglomération fortifiée, appelée le château Saint-Pierre; on voyait il y a peu d'années encore dans la ruelle du Grand-Noble, quelques vestiges de son mur d'enceinte. L'église primitive fut détruite sous l'évêque Fulcher en 954; on rebâtit au 11" ou au 12® siècle celle que nos pères ont encore connue, qui fut enlevée au culte en 1803 et démolie en 1821.

Rue du Pot cï Ktain et rue de la Tj-iperie.

La plupart de leurs maisons datent du commencement du 18" siècle. Elles sont sans mérite spécial.

L'une d'elles, n° 10, n'est pas dépourvue d'intérêt ayant conservé intacts son rez-de-chaussée et sa toiture saillante avec fenêtres de grenier aux montants sculptés.

Quai Notre-Dame.

Ce quai tel qu'il existe aujourd'hui, fut établi après la conquête de la ville par Louis XIV. Autrefois l'Escaut était beaucoup plus large qu'aujourd'hui et les maisons des rues parallèles joignaient immédiatement le fleuve, sans laisser de passage entr'elles et lui depuis le pont à pont jusqu'à la rue des Noirets, (petite ruelle qui débouche contre l'église des PE^. Rédemptoristes), toutes les maisons furent bâties sur un plan uniforme, dit de style français, intéressant et rationel, qui devint le type des constructions tournaisiennes de l'époque, mais froid et monotone.

La construction est en pierres et briques, mais la pierre domine ; elle fournit les encadrements des fenêtres et les trumeaux bâtis par assises, ceux-ci très étroits, de telle sorte que les fenêtres sont largement ouvertes. Un cordon de pierres marque la séparation du rez-de-chaussée d'avec l'étage, un autre règne à la hauteur des appuis des fenêtres, un troisième orne le sommet de l'étage à la naissance du toit. Les trumeaux ou pilastres qui montent de fond en comble, coupent l'espace réservé entre les fenêtres du rez-de-chaussée et celles de l'étage, en compartiments carrés, à fond de briques, souvent ornés de cartouches en pierre blanche sculptée.

La toiture en ardoises a une saillie horizontale de

50 à 00 centimètres, supportée par des modillons ou consoles parfois sculptés. Les fenêtres du grenier sont ornées de montants sculptés et surmontées d'une toiture à plusieurs pans, appelée à « cappe de monne, » parce qu'elle imite le capuchon des moines.

Bon nombre de ces maisons existent encore sur le quai. L'une d'elles qui avait le mieux conservé son cachet, et qui faisait l'angle du quai et de la rue de l'Hôpital (l'ancienne tabagie des collets rouges, à l'hôpital), a été démolie il y a deux ans.

Quai du marché au Poisson.

Les maisons anciennes de ce quai sont semblables à celles du quai Notre-Dame et ont été bâties en même temps qu'elles. (N"^ 11 à 23 et 25 à 33).

Le marché au poisson fut établi en cet endroit dès 1009, mais les installations qu'on y voit aujourd'hui ne datent que de 1850.

Rue des Puits-t Eau , en face du pont à pont. Les maisons des angles ont été construites sous Louis XIV à l'époque de la création des quais. Elles ont le même style que toutes les autres, mais possèdent deux étages au lieu d'un seul.

N° 17. Maison de style empire (par B. Renard).

N° 23. Belle maison du 17" siècle, de style français, en pierres et briques, avec cartouches sous les fenêtres. Il est à remarquer que les assises de pierres qui forment l'encadrement des fenêtres ne sont pas toutes au môme niveau, mais qu'elles sont alternativement en retraite et en saillie, avec un filet extérieur faisant saillie sur le tout. Semblable disposition se retrouve dans la maison n" 1.'^) du réduit des Sions qui est datée 1075. Elle a été un peu trop réparée, mais offre

cet avantage sur beaucoup d'autres qu'elle a gardé son rez-de-chaussée intact, et même son ancienne porte.

Rue Gallait, ainsi appelée du nom du peintre éminent, Louis Gallait, qui naquit dans la maison portant le n" 22.

Presque toutes les maisons de ce côté de la rue appartiennent au 17*^ et 18" siècle, mais elles n'otîrent plus aucun intérêt.

N"^ 11 à 17. Maisons du 17'^ siècle, style français, actuellement en démolition.

Rue des Chapeliers.

N" 1. Maison du 18'^ siècle, dans le goût du 17% briques et pierres avec enseigne en pierre sculptée : A la pomme d'orange 173 1.

N'"" 13 et 15. Maisons du 18'' siècle, sans caractère.

N"' 25, 27, 33, 35. Maisons du 17' siècle, dans le style de la renaissance flamande, pierres et briques, dont l'imposte des fenêtres sous l'arc de décharge, est sculpté en éventail. Toitures saillantes sur consoles.

N'"' 3,7, 39, 41. Maisons du IS" siècle, sans mérite.

N" 11. Sous cette maison s'étendent trois étages de caves. La première sert à la maison moderne, la seconde à laquelle on peut arriver directement de la rue par un escalier de 22 marches, constitue une cFiYPTE superbe, ressemblant en tous points à celle de l'évêché, moins grande, mais plus soignée comme construction. Elle remonte à l'époque romane, 1 1' ou 12" siècle.

Deux voiltes en berceau, parfaitement aj)pai"eillées, reposent sur une épine de quatre colonnes aux chapiteaux ornés do fouilles lancéolées, très peu saillantes. Les bases sont rondos, ornées de deux tores, la hau-

teur totale des colonnes est de 1 mètre 70 centimètres. Elles supportent un arc très surbaissé aux arêtes chanfreinées, sur lesquelles s'appuie la voûte, tandis que d'autre part, elle repose sur les murs latéraux.

La longueur totale de la crypte est de 10 mètres. Sa largeur de 8 mètres.

Sous cette cave, il en existe une troisième dont l'accès n'est pas possible actuellement.

Il semble que cette crypte qui remonte au 12*" siècle doit avoir appartenu à l'ancienne monnaie du chapitre, seul bâtiment existant en cet endroit à l'époque qu'indique la construction.

Rue de la Tète-dOr.

N°'' 5 et 7. Imprimerie 11. et L. Casterman, fondée en 1780 par Donat Casterman et continuée sans interruption par ses descendants. Les bureaux sont établis dans les anciens bâtiments de Vlwtel du Singe d Or, qui existait dès le ICf siècle (complètement modernisé). Les ateliers sont situés à la rue Claquedent (voir cette rue).

Au-dessous s'étendent des caves à plusieurs étages avec couloirs et retraits dont la construction semble remonter à l'époque la plus reculée. Elles peuvent avoir fait partie du mur de la première enceinte qui coupait la rue de la Tête-d'Or à peu près en cet endroit.

W' 11. La grande boucherie, de construction moderne en a remplacé une plus ancienne. On dit que des souterrains s'étendent sous elle. S'il y en a, ils sont actuellement inaccessibles.

Un peu plus loin dans la rue, à la hauteur du n" 17, on a trouvé des poteries romaines qui doivent provenir de sépultures ayant été établies le long de la voie romaine qui partait du beffroi, traversait la citadelle et se dirigeait vers la pierre Brunehaut,Escautpont et Douai.

La présence de ces sépultures établit que la ville romaine ne s'étendait pas jusque-là.

N"' 0 et 8. Maisons du IS*' siècle.

N" 18. (Bureau de Bienfaisance). On peut y voir un salon du 18" siècle, orné de tapisseries, autrefois à l'ancienne halle des Doyens des métiers à la rue Saint- Martin (actuellement l'établissement des crèches).

Ces tapisseries qui représentent des sujets champêtres dans le goût de Teniers sont en excellent état de conservation. Elles datent du IS' siècle et semblent être de fabrication bruielloise.

IN" 24. Hôtel du baron Lefebvre, propriétaire de l'ancienne manufacture de tapis de Tournai. 11 date du commencement du siècle.

Viei(œ riiarcJié au Beurre.

N° 3. Maison du 18" siècle, du style Louis XV.

N" 5. Maison du 17'" siècle en pierres et briques, de style français, avec trois cartouches sculptés, celui du centre formant une niche. Sur ceux des côtés, on lit : Patience — vinc tout.

N"' 11 à 19. Maisons du 18' siècle.

N"' 8 et 10. Maisons du 17' siècle, pierres et briques, de style français.

N" 18. Maison du commencement du 17' siècle, briques et bois (type des maisons à pignons).

liuc de Paris.

N" :>. Maison du 17* siècle en briques, pierres et bois, en partie défigurée.

N" 5. Maison du 18'' siècle, modernisée.

N " 13. (A la Maison Verte). Maison du 17' siècle en pierres et briques, de style français, avec cartouches en pierre sculptée sous les fenêtres de l'étage. Fenêtres

du grenier avec toiture à cappe de monne. Toiture en saillie portée par des modillons sculptés. L'un des cartouches porte la date 168G.

iS'"' 15 à 23. Maisons du 17'' siècle, en briques et pierres, trumeaux en forme de pilastres,

N" 25. Élégante maison gothique en pierres et briques, de la fin du 15° siècle. Elle rappelle le type des constructions brugeoises : fenêtres à croisées sous de riches arcades, et pignon à escaliers. La façade de derrière est également intéressante, mais d'un style beaucoup plus simple.

?s°^ 27 et 31. Maisons du 18*" siècle, sans style.

IN° 33. Maison à façade renaissance du 17*" siècle, très riche et très élégante, mais complètement défigurée .

N"^ 2 et 4. Maisons du 17" siècle, modernisées.

N""" G et 8. Maisons du 17° siècle, trumeaux à pilastres, pierres et briques, type français.

N" 26. Jolie façade de la même époque.

N""" 28 à 36. Maisons du 17° siècle, briques et pierres, de style français.

Vieux iiiarché aux Poteries.

N° 1. Maison du 17° siècle, de style renaissance, modernisée.

N°' 4 et 6. Maisons du 17° siècle, entièrement transformées, toitures saillantes et fenêtres de grenier à montants sculptés.

N°' 8 à 14. Maisons de même date de style renaissance llamande modernisées. Les façades vers la cour sont mieux conservées.

C'est sur cette place qu'avaient lieu au moyen âge les exécutions capitales, auxquelles assistait l'official ■dans la tribune qui se trouve au-dessus de la porte (sudj de la cathédrale. On prétend que tout le sol du

marché aux Poteries est excavé, mais il n'y a pas d'entrée par laquelle on pourrait avoir accès aux souterrains s'ils existent.

Dans l'angle du transept et du chœur, vers la rue des Chapeliers se trouvait autrefois le cimetière des pestiférés, et là près le puits et le pressoir au verjus.

Du haut du Marché, on a une vue très pittoresque sur la cathédrale et les bâtiments de l'Evêché.

N" 22. Maison du 18" siècle, ayant pour enseigne une croix de fer forgé gothique.

N" 20. (Crèche). Maison du 17'' siècle, style français, trumeaux à pilastres, pierres et briques. Elle a fait autrefois partie de la halle des Doyens des métiers qui se prolongeait plus haut vers la rue Saint-Martin sur l'emplacement de la rue du Parc et du pâté de maisons tenant à la salle des Concerts.

Le Beffroi.

Le betïVoi de Tournai est le plus ancien et le plus beau des monuments de ce genre existant en Belgique.

11 fut commencé au 12" siècle; il était alors de forme carrée, avec les angles renforcés par des contreforts en forme de tourelle ronde et se terminait par une terrasse sans llèche. Sa hauteur dépassait alors de 10 mètres environ la première galerie. En 129 1, pour le consolider, on construisit les tourelles octogones des angles, qui se terminent par des pyramides à crochets, puis on exhaussa la tour de toute la hauteur de la grande fenêtre supérieure, et on le surmonta d'une llèche en ardoises.

En 1;314, on relit ces nouvelles tourelles d'angles appelées les polies et on surmonta chacune d'elles d'une statue de guerrier en pierre blanche entièrement polychroraée.

En l.'i'jO, le belïroi fut l'objet d'une restauration

complète. Il fut de nouveau réparé en 1844 et 1874; on rendit à la llèche sa physionomie primitive et on remit sur les pyramides des contreforts des statues comme il y en avait eu autrefois. Elles sont de Dutrieux et Frison, sculpteurs tournaisiens.

On remarquera la variété des fenêtres qui éclairent trois des faces du beffroi et la pureté de leur style.

Le monument mesure une hauteur totale de 72 mètres. On arrive à la galerie supérieure par un escalier de 205 marches, établi dans la tourelle qui flanque l'une des faces du beffroi. On jouit du sommet d'un panorama magnifique et très étendu, mais on détaillera mieux la ville proprement dite, de la première galerie située à peu près à mi-hauteur de la tour.

L'intérieur du monument frappe par ses dimensions restreintes, les chambres superposées qui le composent, ne mesurent à l'intérieur que 5 mètres sur 3 m. 90. On a accès à chacune d'elles par l'escalier situé dans la tourelle dont il vient d'être parlé.

Au-dessus d'une cave voûtée en plein cintre, haute de 4 mètres, s'élève la salle du rez-de-chaussée, voûtée à nervures; (elle a été divisée en deux, dans sa hauteur, pour servir d'habitation au concierge), puis suivent cinq étages de salles ayant autrefois servi de prison, dont l'entrée est défendue par des doubles portes toutes bardées de fer ; elles portaient les noms pittoresques de Solequin, la Cambrette, la Fosse, la Boursette, les Quatre vents, etc.

La salle n" 1 est surmontée d'une voûte à nervures, les salles n'"" 2, 3 et 4 sont couvertes par un plafond plat de madriers reposant sur des corbeaux, et recouvert par un épais dallage en pierres.

On remarque dans chacun des angles une colonnette octogone, en pierre, qui monte à travers les

divers étages, et au 5% supporte une voûte en pierres.

Cette voûte, qui est évidemment postérieure à la construction primitive, avec laquelle elle n'est pas liée, paraît dater du 15'' ou du Kf siècle. Elle est en pierres blanches sur nervures en pierre de Tournai. Le mur primitif est en bourdons.

Au-dessus de cette salle, occupant toute la hauteur de la grande fenêtre supérieure se trouve la charpente qui supporte les cloches.

La plus grande, appelée bancloque, fut fondue en 1392 par Robin de Croisilles; elle mesure 1 m. 65 de hauteur, et sa circonférence est de G m. 22.

La seconde fut fondue par le même en la même année. On la nomme le Timbre (c'est celle qui sonne le tocsin).

Plus haut encore et jusque dans le clocheton s'étagent les cloches du carillon récemment remis en état. La chambre du carillonneur est située tout au haut de la flèche.

liiœ Garnier de création récente, ou du moins complètement transformée.

Sur l'emplacement du bureau de police se trouvait autrefois la Halle ou hôtel de ville qui s'étendait sur toute la largeur de la Place du parc, (qui n'existait pas alors) jusqu'à la hauteur de la rue des Primetiers.

Il n'y a que peu d'années qu'on a démoli la Tour fies six qui s'élevait au centre du bâtiment principal des halles et qui tît autrefois partie de la seconde enceinte de Tournai.

L'ancien hôtel do ville avait été démoli lui-même en 1S22, époque à laquelle tout ce quartier a été transformé.

On créa alors la Pince du Parc, qui n'avait pas dans le principe les dimensions qu'elle a aujourd'hui.

Elle ne s'étendait que sur une moitié à peu près de sa longueur actuelle, l'autre était occupée par les jardins du parc. En 1837, on supprima une partie du jardin, on prolongea la place d'autant et on perça la rue d'Espinoy.

Le mur de la seconde enceinte longeait à peu près les maisons du côté des numéros pairs, à une trentaine de mètres environ au delà de celles-ci. On en voit encore des restes peu importants, au bout des jardins des n"^' 6 et 8.

La route romaine partant du beffroi et se dirigeant vers Douai après avoir traversé la citadelle suivait à peu près la même direction. On a trouvé, à l'entrée de la rue d'Espinoy, des restes importants de sépultures romaines qui étaient établies le long de cette voie.

A l'extrémité de la place on jouit d'une belle vue sur le parc et l'hôtel de ville.

Hôtel de ville.

Au centre du parc s'élève l'hôtel de ville avec ses dépendances, le musée d'histoire naturelle et la statue de Gallait.

Le palais communal est installé dans le bâtiment principal de r ANCIENNE ABBAYE Saint-Martin (Bénédictins) .

Ce monastère florissant, qui pendant des siècles occupa cet endroit, fut fondé par saint Eloi, évêque de Tournai et de Noyon en 640. Ravagé par les Normands à la fin du 8" siècle, il fut rétabli en 962; ruiné en 1056 et relevé peu après, il embrassa en 1093 la règle de saint Benoît.

Fermée à la révolution, l'abbaye fut en grande partie démolie en 1804 sauf le quartier de l'abbé, qui sert aujourd'hui d'hôtel de ville.

Cette vaste construction de style classique fut élevée

au milieu du 18" siècle, sous l'abbé Delzenne, d'après les plans de Laurent de ^^'ez. La façade postérieure appartient pour une partie à la même époque, l'autre qui renferme l'escalier, est moderne; la troisième, où l'on voit des restes du cloître, est du style gothique du 15' siècle. Cette dernière seule est intéressante. On y voit les neuf arcades d'un des côtés du cloître, et la première arcade d'un second côté. Elles ont été bouchées par un mur dans lequel on a ouvert des fenêtres modernes. Au-dessus de l'une d'elles se dresse un élégant pignon en pierre, avec fenêtre à meneaux llamboyants.

Intérieur. Le rez-de-chaussée est décoré de boiseries fort ordinaires dans le style Louis XV. L'aile droite est occupée par les bureaux dont certains sont installés dans le cloître dont il a été parlé plus haut.

Les voûtes, en briques, sont supportées par d'élégantes nervures prismatiques en pierre. Certaines reposent sur des culs de lampe à personnages où l'on reconnaît Abraham, Moïse et d'autres prophètes.

Les clefs de voûte portent des emblèmes religieux, des armoiries : de... au chevron de... accompagné de trois croix ancrées de... et les initiales L F. qui appartiennent à Jean le Flameng, abbé de Saint-Martin à la fin du L5" siècle et dont la nomination en cette qualité donna lieu à des débats très vifs.

Dans l'aile gauche , tous les appartements sont de style Louis XV; on y voit une toute petite chapelle de même style, l'ancienne chapelle privée de l'abbé.

L'étage auquel conduit un grand escalier moderne renferme, au centre, le salon du roi et dans l'aile droite le salon de la reine, tous deux modernes, et dont le plan a été donné par L. Renard en 1830.

L'aile gauche comprend quatre salons de style Louis XV dont les boiseries sont assez fines. Le second sert de salle de réunion au Conseil communal. Il est orné de quelques beaux portraits : l'impératrice Marie-Thérèse d'Autriche, le roi Léopold T"' parHouzé, Louis Crombez (f 1895) , bourgmestre, par L. Legendre, le chevalier de Rasse, maire, et le baron de Rasse, bourgmestre de Tournai. On y voit encore trois bons bustes en marbre : celui du maire de Rasse par Dutrieux , d'après Dumortier, celui du bourgmestre Dumon-Dumortier par Frison, et celui de M. Louis Delwart, échevin des travaux publics, par G. Charlier.

Le troisième salon est décoré d'un beau plafond peint sur toile, datant de l'époque de l'abbé Van Rode. Il est mal entretenu et paraît en voie de destruction totale.

Dans le quatrième salon, on a conservé pendant près de 50 ans, avant son transfert au musée, la collection Fauquez.

Le vestibule qui longe ces salons est orné de dessins originaux de l'architecte Decraene, que le défaut de place a empêché de faire figurer au musée.

La partie la plus curieuse de l'hôtel de ville est à coup sûr le sous-sol.

Dans l'aile droite, sous les bureaux, règne unelongue CRYPTE que divise une épine de neuf colonnes sur lesquelles reposent des voûtes d'arête élevées, construites en moellons; elles s'appuient, du côté des murs, sur des pilastres isolés du plat des murs. Les chapiteaux sont à feuillage lancéolé et à palmettes indiquant le style roman du 12*" siècle. Un escalier de 21 marches conduit dans un souterrain plus bas, situé sous la cour de l'hôtel de ville. Celui-ci long de 11 mètres et demi

et large de 5 raètres et demi est couvert par une voûte en berceau, parfaitement appareillée; les murs sont en moellons.

A l'extrémité de la crypte, des murs épais compris entre deux colonnes, composent un petit cachot qui n'a pour toute ouverture qu'une porte basse et une étroite meurtrière. Des graffitti sur les murs, témoignent que la prison a été parfois habitée.

Sous la demeure du concierge on retrouve une cave semblable à la crypte principale, mais dont la voûte a été enlevée. Les chapiteaux des colonnes sontàgodrons, et leurs bases, encore visibles, indiquent la profondeur primitive du souterrain.

Un couloir voûté, auquel on descend par un escalier de 9 marches, conduit à l'entrée d'un troisième souterrain, plus bas que les deux premiers et situé sous l'aile gauche de l'hôtel de ville.

Un bel escalier, large et parfaitement établi, comptant 17 marches, donne accès à cette cave spacieuse recouverte par une voûte élevée, en berceau, construite en pierres parfaitement appareillées. La voûte de l'escalier, également en berceau, et qui suit la pente de l'escalier, est construite de la morne façon. Au centre une cheminée d'aérage, construite avec le plus grand soin, donne dans la grande cave de l'étage supérieur.

A droite et à gauche du massif de l'escalier, on voit une arcade plein cintre de construction très soignée, bouchée à la profondeur d'un mètre environ, qui semble avoir été autrefois l'entrée de couloirs allant dans la direction de la crypte à colonnes de l'aile droite du bâtiment, et au-dessous de cette crypte.

Les dépendances de l'hôtel do ville, situées dans la cour, ont été coniplètenuMit remaniées. l^^Ues portent

les dates 1672 et 1701. Cette dernière renferme une salle à colonnes sans caractère (dite Salle des conférences). Des deux ailes qui avancent vers le parc, l'une renferme le Musée d'Histoire naturelle, bien installé et relativement important.

On y remarque la collection des singes, où figurent les spécimens les plus rares de l'espèce, celle des oiseaux et la collection très riche des fossiles des terrains de Tournai.

Statue de Louis G allait, peintre d'histoire, tournaisien (1810 à 1887), par Guillaume Charlier (1891). Les bas-reliefs du piédestal rappellent : Gallait revenant vainqueur du concours pour le prix de Rome, l'artiste visitant Tournai et enfin ses funérailles.

Le Parc offre une belle succession de jardins variés et de types différents.

L'entrée principale de l'hôtel de ville donne dans la rue Saint-Martin sur laquelle ouvre une porte monumentale en pierre, construite au 18' siècle par l'abbaye, en même temps que les deux groupes de maisons adjacentes dont il sera parlé à la rue Saint-Martin.

Ru e Sa in t - Ma rt in .

N"* 9 et 11 . Maisons du 11'' siècle, de style français, en briques et pierres, avec cartouches sculptés sous les fenêtres des deux étages.

N"' 19 et 21. Maisons de style Louis XVI.

N"^ 31 à 39. Maisons du 18° siècle, sans intérêt.

N'"" 45 à 65. Maisons du commencement du 18'' siècle, pierres et briques, à grandes fenêtres.

N° 81. Maison du 17'' siècle, en briques et pierres, de style français. Toitures saillantes.

N""" 85 à 89. Maisons du 17' siècle, en pierres et briques, modernisées.

N° 97. Elégante maison du 17' siècle, de style renaissance, en briques et pierres, à pignon; fenêtres à croisées (modernisées).

N" 99. Maison de môme style, transformée.

N" 103. Maison à pignon, briques et bois,

N° 105. Maison du 18' siècle, briques et pierres.

N'"" 1]:> à 119. Maisons du 17' siècle, en briques et pierres, de style français, plus ou moins modernisées, et en partie restaurées.

N° 20. Ancien hôtel de Saint-Génois et plus tard de Rasse. Construction du 17' siècle avec façade monumentale et avant-cour dans le style Louis XVI.

N" '22. Ancienne chapelle Saint-Eloi, entièrement transformée, de telle façon qu'il ne reste de la construction primitive que les murailles extérieures. Elle remontait au \2' siècle et avait été remaniée à ditférentes époques et notamment au 17'' siècle, date à laquelle appartiennent la façade et la lanterne qui éclairait le chœur et qu'on voit encore au-dessus de la toiture. La chapelle n'est pas à front de rue. Elle en est séparée par un passage dont la porte est aujourd'hui murée.

IN" 2 1. Maison du lo siècle, entièrement transformée.

rs"2G. Hôtel de l'époque Louis X\\ façade en pierres avec parties sculptées (ornements rocaille). Salon Louis X\"l ; bel escalier, ('aves du lo siècle, voiUées, sur arcs doubleaux reposant sur des consoles moulurées et cheminée dont les montants sont ornés de tètes dans le stvle du 15' siècle. Il existe un sec(ni(l étage décavés, au-dessous do celles-ci, dont les voûtes sont soigneusement appareillées et [)araissont hoaucoup plus anciennes.

L'aligueuKMit de l'iiabitalion primilive est en retrait sur celui de la maison actuelle.

N° 28. Ancien hôtel du marquis d'Ennetières , puis du comte de Béthune, et en dernier lieu de M. Crombez. (M. L. Duquesne, commissaire d'arrondissement.)

Le bâtiment à front de rue est de l'époque Louis XV, restauré et modernisé. Le bâtiment d'habitation qui se trouve au fond de la cour date du siècle dernier. La façade est de style empire. Les appartements appartiennent à différents styles : Grande salle à manger à boiseries Louis XV. Très belle pendule sur socle, en vernis Martin. Dans le premier salon, on remarque un argentier fait de panneaux sculptés provenant de la façade d'une maison de la rue de la Madeleine (« travaillez vivez en paix ceux de Douay avec les enfants de Tournay ») — deux tableaux de P. AVitdoeck représentant des vues de la cathédrale; scribane espagnol de l'époque renaissance.

Grand salon époque Louis XVI, autrefois garni de tapisseries anciennes, remplacées par six magnifiques panneaux à sujets pastoraux de Braquenié et C'"; meuble moderne dans le même style. Cheminée en marbre blanc avec médaillons en biscuit de Wegwood, pendule en bronze doré, époque empire. Peintures décoratives (à remarquer les quatre médaillons des portes) de Plateau (1820). Salon à tentures rouges, de même époque, décoré par le même. Etagère, bois marqueté et bronze doré, formée d'une moitié de chaise à porteurs. Cabinet de travail, tapisserie (verdure) d'Aubusson, meubles Louis XIll, etc.

IS" 30. Maison du 17'' siècle, de style français.

N" 40. Hôtel des artilleurs de la garde civique.

N"' 44 à 50 et 54 à 60. Elégantes maisons dans le style du 18*" siècle, pierres et briques, construites par l'abbaye Saint-Martin.

N" 52. Porte principale de l'hôtel de ville (autrefois de l'abbaye Saint-Martio).

Entre les n"^ 00 et 64 se trouvait autrefois Yéglisc abbatiale de Saint-Marlin, dont la première pierre fut posée en 1671 par Louis XI\\

C'était un monument considérable, dans le style en honneur à cette époque, et de proportions colossales. On voit, dans les Enclos Saint-Martin, et surtout dans le jardin de la maison n" 64, des restes de cette église, qui fut démolie en 1804.

N" 64. Ancien hôtel René de Rasse, du 18'' siècle, modernisé. Il y avait autrefois un salon Louis XV garni de tapisseries (verdures). On y voit encore quelques boiseries de la même époque finement sculptées.

N°^ ()6 et 67. Maisons du 17'' siècle, briques et pierres.

Rue des Vrimeliers.

N° 1. Maison du 17'' siècle, briques et pierres, trumeaux en pilastres.

Au delà des boulevards s'étend l'ancien quartier extra-muros de la paroisse Notre-Dame. Il renferme le nouvel hôpital civil, superbe construction parfaitement aménagée; le cimetière dit ^ mulette ^ ouvert à la fin du 18" siècle et la plaine des manœuvres pour l'armée.

Rue Cottrel n" 26 (M. Amédée Soil. Collection d'instruments de musique et tableaux modernes).

oî»<c

PAROISSE SAIlNT-QUENTIN.

Grand' Place .

La forme triangulaire de la grand'place paraît due à cette circonstance qu'elle a été établie près du point de jonction de deux routes romaines, la première venant de Cassel par la rue des Meaux actuelle, et la seconde de Boulogne et Werwicq, par la rue actuelle de Cologne. Ce point de jonction était vraisemblablement une borne qui se trouvait sur l'emplacement du beffroi.

La place n'était pas comprise dans le périmètre de la première enceinte, ou cité romaine. On a trouvé en LS21, dans son sol, des restes nombreux de sépultures romaines, en face de la halle aux draps (le musée), et plus loin, en face de Saint-Quentin et à l'entrée de la rue des Meaux.

En face de l'église Saint-Quentin, on voyait autrefois un puits monumental, en forme de dôme, porté par six colonnes et orné de statuettes. Il avait été érigé en 1552, et fut démolien 1821. Les statues avaient été renouvelées en 1629. Une des colonnes est conservée au musée.

Au centre de la place s'élève la statue en bronze de la princesse d'Espinoy, (Christine de Lalaing), femme du gouverneur de Tournai qui prit part, dit-on, au

siège de 1581 . Elle fut inaugurée en 1863, et elle est l'œuvre d'un sculpteur tournaisien, A. Dutrieux.

Eglise Saint-Quentin.

La première église située en cet endroit fut fondée par saint Eloi, d'après la tradition. Elle est citée dans un acte de 950 à l'occasion de sa démolition par l'évêque Fulcher.

La nouvelle église est mentionnée dès 1108. Elle date donc du commencement du 12' siècle.

La façade est romane, mais elle a été remaniée à l'époque gothique, et la restauration de 18 15 en même temps qu'elle consacrait définitivement ce remaniement, lui a en outre donné un aspect trop moderne.

Un pignon aigu s'élève entre deux tourelles rondes ornées de colonnettes supportant des arcatures. La porte est plein cintre surmontée de deux fenêtres triples superposées, gothiques.

Devant la façade, il y avait autrefois un portail élevé en \',Vol et démoli au siècle dernier.

Au centre de la croisée se trouve le clocher dont la ilèche est cantonnée de quatre petits clochetons.

La nef, construite en grossiers moellons, est éclairée par deux étages de fenêtres sans ornements. Une galerie extérieure longe celles de l'étage supérieur (comme à Saint-Jacques). Les fenêtres basses ont été longtemps bouchées et viennent seulement d'être dégagées.

Deux chapelles circulaires sont établies dans les angles de la nef et du transept.

Le chœur est semblable à la nef dans sa partie supérieure, mais il est entouré de bas côtés gothiques datant du 15" siècle, et prolongé par trois chapelles absidales de la même époque.

L'église de Saint-(iuentin n'(;st pas du slyle de la

transition, comme on l'a quelquefois dit, mais de style roman, pur à l'origine et remanié dans plusieurs de ses parties, au 15" siècle.

Le plan primitif de l'église était très original, avec sa nef étroite, la lanterne centrale, ses transepts à chevet plat et quatre chapelles correspondant aux angles de la croisée.

Intérieur.

La nef, qui est romane, est dépourvue de bas côtés. Elle est éclairée par deux étages de fenêtres à plein cintre, celles d'en bas étant inscrites dans un grand arc. Elle n'a jamais été voûtée et possède un plafond plat, récent, mais dont la forme est primitive.

Le jubé, qui soutient les orgues, est moderne, de style roman. Le tambour de la porte, en bois sculpté, de style renaissance, offre certains détails intéressants, notamment les colonnes.

La nef est décorée de tableaux, sans valeur artistique, représentant les uns la bataille de Lépante et le vœu de Don Juan, les autres rappelant la confrérie de la Sainte-Trinité pour la rédemption des captifs. (Ces derniers furent exécutés en 1775, par Delmotte et Lebouteux.)

Les chapelles circulaires, éclairées par trois fenêtres romanes et dont la voûte repose sur des colonnettes placées dans les angles, n'ont aucune décoration peinte ou sculptée. Celle du côté de l'épître est dédiée à Notre-Dame de Hal, dont la confrérie fut établie à Tournai en 1272.

Cette confrérie très puissante avait le privilège de marcher la première à la procession de liai.

Dans la chapelle du côté de l'P^angiie on voit deux grands chandeliers gothiques en laiton.

La lanterne repose sur quatre piliers d'une belle ordonnance. Deux de ceux-ci sont malheureusement masqués par deux vilains autels du 18'' siècle, de bois peint en marbre, rompant l'harmonie sévère qui règne entre toutes les parties de l'église.

La chaire de vérité, qui vient de l'église Saint- Nicaise, et qui est de style moderne, mérite le même reproche.

Les piliers sont cantonnés de colonnettes annelées. Les arcs qui supportent les hauts murs reposent sur des consoles en encorbellement ; une série d'arcatures aveugles couronne les hauts murs.

La voûte, refaite au 15' siècle, cache un second rang d'arcatures semblables et diminue sensiblement la hauteur du dôme.

Les chevets plats du transept sont d'une conception fort originale et bien romane malgré les deux petites arcatures en ogive qui accompagnent la rose centrale.

Le transept pas plus que la nef, n'a de triforium, mais celui-ci existe au-dessus des arcs voisins de la croisée, et qui ouvrent sur les chapelles des angles. Il est roman et se compose de colonnettes comprises entre deux cordons moulurés et formant quatre compartiments rectangulaires. Dans certains d'entre eux on a inscrit un arc roman.

Choîur.

La partie supérieure avec fenêtres à plein cintre et galerie de circulation intérieure est romane. Cette galerie était extérieure dans le principe, dit-on; elle est devenue intérieure par le déplacement des vitrages.

La partie inférieure a été reprise en sous-œuvre au 1.7' siècle (1 KUi; elle se compose de massives colonnes monocylindriques supportant des arcs ogivaux. Les

bas côtés datent de la même époque, ainsi que les voûtes du chœur et des transepts.

L'aspect sévère et massif des arcs du chœur et des bas côtés ferait facilement croire à une construction du gothique primaire si l'on n'en connaissait la date.

L'autel à portique en marbre blanc et noir est daté de 1G29. Il est de proportions nobles et imposantes et ne nuit pas à l'aspect général de l'édifice. Il en est de même des clôtures du chœur qui sont également en marbre et datent de la même époque. Quatre statues en albâtre du IG" siècle surmontent les deux portes latérales. L'entrée du chœur était autrefois clôturée par un jubé qui fut démoli en 1789.

Contre les piliers du dôme on voit un tableau funéraire de la famille de PoUinchove de 1592, et un autre de la famille de Cambry de 1611.

L'aigle lutrin en bronze est une œuvre élégante du 17' siècle (1638).

Tous les vitraux de l'église sont modernes et proviennent de différentes usines.

Trois chapelles absidales s'étendent derrière le chœur. Elles n'ont rien d'intéressant ; la disposition des nervures des voûtes est plus originale que belle.

La chapelle du Saint-Sacrement, au centre, possède des peintures murales du 16'' siècle, qui ont été restaurées (anges avec les symboles eucharistiques et évangélistes).

La statue de Notre-Dame, dans la fenêtre centrale, est un trompe l'œil d'un etfet théâtral et faux.

Chapelle des âmes du purgatoire. On y voit un tableau funéraire en bois de la famille de Cambrj, placé en 1768 en remplacement d'un autre, qui datait de 1576, et qui lui-même remplaçait le monument pri-

mitif de 1506, sculpté et peint par deux artistes tournaisiens de grand mérite : Martin Daret, sculpteur, et Roger de Hostelz, peintre.

Dans le bas côté du chœur, vers Tépître, plaque funéraire en cuivre de Jean Fournier et Marie de la Croix, 15'' siècle.

Sacristie voûtée du 15'' siècle. On y voit deux chandeliers d'acolyte, du 15'' siècle, en cuivre, et un chrismatoire du 10' siècle, en forme d'édicule, ainsi qu'un ornement en velours rouge brodé d'or. Dans le jardin de la cure, monument funéraire sculpté, du 14'' siècle, très dégradé.

N" 38. Maison du Porcelet, 17' siècle, briques et pierres avec pignon à escaliers au sommet duquel on voit un petit porc. Les fenêtres ont malheureusement perdu leurs meneaux en pierre, et toute la façade a été restaurée au moyen d'un vulgaire plâtrage, au lieu de respecter les lignes alternées de briques et de pierres . Le pignon de derrière, beaucoup plus simple, tout en brique, est percé de grandes fenêtres et porte la date 1071.

La maison n" 39, très défigurée, offre la môme ordonnance que le n ' 3S.

iS"37. Hôtel du comte du Mortier, construit en 1755, mais restauré et très remanié. C'est cet hôtel qui fut autrefois la maison du porcelet où le bailli tenait ses plaids au 15' siècle.

A l'extrémité des jardins s'élève une tour importante de la seconde enceinte, appelée le Lort rouc.k, où fut établie pendant un certain temps la ^fonnaie royale. Le matériel des monnayeurs y demeura jusqu'en 1(')S5, époque ou il fut transféré à Lille.

La tour est percée de meurtrières et de fenêtres

carrées, au sommet. Elle a conservé sa toiture primitive, conique, en tuiles.

L'intérieur se divise en plusieurs étages voûtés. Les souterrains, à plusieurs étages aussi, et se prolongeant sous les terrains voisins, sont très importants. La tour domine le fossé (cité Kinsoen) parallèle à la Placette aux Oignons.

Dans une construction voisine de la tour, on voit un claveau de cheminée (encastré dans le mur), décoré d'une belle statue de Notre-Dame en pierre sculptée, et un petit canon du 15*" siècle.

Le comte du Mortier possède une collection de tableaux gothiques, argenteries et porcelaines de Tournai.

N° 32. Estaminet du Bassin d'Or, ainsi nommé à cause d'un plat ancien en cuivre, qui lui sert d'enseigne. Construction élégante du 17' siècle, en briques et pierres formant des pilastres. Elle est datée, au pignon de derrière, 1691. Les plafonds des salles sont à poutres apparentes avec semelles fort simples.

N" 28. Maison où logea en 1792, M'"*" Adélaïde d'Orléans.

N° 24. Maison à l'angle de la rue des Orfèvres et de la grand'place, vers la rue de Cologne, sur l'emplacement de laquelle s'élevait autrefois la maison à la bretèque, où les magistrats communaux faisaient publier leurs ordonnances.

N" 19. Maison du 17*^ siècle, de style renaissance, avec grandes fenêtres cintrées (3 étages).

is" 17. Maison du 17" siècle, pierres et briques, trumeaux à pilastres.

N" IG. Petite maison style empire.

A l'extrémité de la place, au bas de la rue Saint- Martin, s'élève le Beffroi. (Voir Marché aux poteries.)

N" 75. Maison au-dessous de laquelle régnent des caves très importantes, autrefois habitées.

(M. A. Delobe, collection de paléontologie et minéralogie).

N" 71. Maison du IS*" siècle avec motifs sculptés, de style Louis XV, au fronton et sous les fenêtres, en partie cachés par les enseignes.

N'' G4. (Le Carillon), autrefois le Baillaqe de Tournai-Tournaisis. Dans la façade, très dégradée, on retrouve des traces de l'architecture primitive, qui date du IG' siècle.

Cette solide construction, toute en pierres de taille a conservé des fenêtres anciennes dans le mur du côté du Réduit des Sions.

Au pignon de derrière, deux consoles en pierre sculptée représentant des têtes humaines, datent du 15'' siècle.

Dans le sous-sol régnent trois étages de caves. Le premier s'étend sous toute la longueur de l'édifice. Il est voûté en berceau, et construit en moellons. Le second se compose d'un étroit couloir donnant accès à trois réduits voûtés en berceau, qui ne reçoivent ni air ni lumière de l'extérieur, et n'ont d'autre ouverture que la porte et une étroite meurtrière ouvrant sur le couloir. C'étaient les prisons de l'ancien baillage. Le troisième étage est en partie comblé, on ne voit plus trace de l'escalier qui y conduisait.

N" ()3. (Société des Orphéonistes). Sa façade offrait autrefois la même disposition que le n" (')4. Deux étages de caves.

N" 58. Société civile et militaire dite ^ du cabinet littéraire. ^

N" 57 LcoLE DE MUSIQUE. Façade renouvelée en

1885, d'une maison érigée en 1612, dans le style de la renaissance par Isaac Hideux, Elle est toute en pierres, avec fenêtres à croisées, et a été primitivement surmontée d'un pignon en pierre avec volutes. Il avait disparu déjà à la fin du siècle dernier, et n'a pas été rétabli lors de la reconstruction de 1885.

N° 56. MusKE DE TABLEAUX ET d'antiquités (autrefois HALLE AUX DRAPS, puis grand'garde pour la garnison et école de dessin).

La plus ancienne maison élevée en cet endroit portait le nom de maison à la treille (?). Elle appartenait à la commune de Tournai qui, en 1228, fit accord avec le chapitre de la cathédrale pour y établir unehalleaux draps, c'est-à-dire aux toiles, aux laines et autres marchandises. C'était une simple construction en bois. Elle fut renversée par la tempête en 1606 et la ville résolut de la rebâtir dans des proportions plus considérables. Le plan fut dressé par Quentin Rate, architecte qui en fut en même temps l'entrepreneur, et les travaux furent commencés en 1610.

La façade, toute en pierres de taille, est du style de la renaissance classique à deux ordres de colonnes superposées, entre lesquelles ouvrent des fenêtres à croisées de pierre. L'entrée en retraite, forme une sorte de porche clôturé par cinq arcades; celle du centre à arc surbaissé et celles des côtés en ogive, particularité curieuse pour l'époque; au-dessus de l'arcade centrale, une élégante bretèque ou balcon en pierre, fait saillie sur la façade.

Derrière le bâtiment principal s'étend une vaste cour (aujourd'hui couverte), bordée sur les quatre côtés par une galerie ouverte et voûtée, reposant sur des colonnes monocylindriques, et surmontée d'une seconde

galerie fermée. Cette partie de l'édifice ne fut commencée qu'en 1616 et fut érigée par Gérard Spilbault de Gand.

Les marchands occupaient les deux étages de galeries. On avait accès à celui d'en haut par un escalier qui fut établi derrière le bâtiment principal, en même temps qu'on élevait les galeries.

La halle perdit sa destination commerciale à la fin du siècle dernier et fut alors utilisée comme de corps de garde pour la garnison, et comme école de dessin.

On entreprit sa restauration en 18S1 et au moment même où on y mettait la main, le bâtiment s'etFondra. Lorsqu'il fut rétabli, il reçut une nouvelle destination : les locaux de l'étage ont été affectés aux muskes, inaugurés le 14 septembre 181)0, tandis que la cour vitrée offre une vaste salle utilisée pour des fêtes de tous genres et en particulier pour les concerts de la nouvelle Société (le 7nusique, fondée en 1881) et qui en peu d'années a acquis une grande renommée.

La grande salle de l'étage du bâtiment principal est occupée par le musée des tableaux. On v remarque, parmi les œuvres de peintres tournaisiens, environ vingt œuvres de Gallait et en particulier « Les derniers honneurs rendus aux comtes d'Kgmont et de Hornes, '• tableau plus connu sous le nom de « Les têtes coupées. ^ C'est un des tout meilleurs chefs-d'œuvre du maître.

Dans les galeries sont installées les collections numismatiques, d'une importance exceptionnelle, les poteries romaines, bronzes romains etde la renaissance, ivoires, manuscrits, intailles, porcelaines de Tournai, broderies, tapisseries, meubles, souvenirs patriotiques, etc.

Au rez-de-cliaussée se trouvent la salle de réception, ornée de portraits, et le cabinet du conservaleur, décoré de gravures et renfermant la collection d'Rstampes

56 SAINT-QUENTIX.

Les maisons n""" 54 et 50 offrent deux façades du 17'' siècle. La première dans le style de la fin de ce siècle appartient au type français, la seconde, au contraire, rappelle le style de la renaissance flamande. Cette dernière est en briques et pierre bleue et blanche. Le pignon de derrière qui porte la date 1659 est peut-être encore plus intéressant dans sa rude simplicité. Il offre quatre étages de baies surmontant les arcades jumelles du rez-de-chaussée. Celles du premier étage sont grandes et larges, celles des étages supérieurs étroites, et terminées en plein cintre. Dans le mur latéral donnant sur le réduit des Dominicains, on voit deux belles fenêtres superposées, encadrées par des pilastres à bossage, en pierre de taille.

Bue des Meaux.

N° 4. Belle maison de style Louis XVI, élégante et bien conservée. Les fenêtres ont gardé leurs petits bois.

N° 10. (Café des brasseurs). Autrefois la grange de l'abbaye Saint-Martin. Elégante façade du style de la renaissance construite en pierres et briques. Elle est datée 1633. Le pignon est garni d'enroulements. Les fenêtres divisées autrefois par des meneaux en pierre ont été modernisées et quelques motifs décoratifs ont été ajoutés à la façade lors d'une restauration déjà ancienne.

Le pignon donnant sur le jardin est beaucoup plus simple. Les fenêtres sont à croisées de pierre et de nombreux cordons de pierre divisent horizontalement la façade.

N° 12. Hôtel de l'impératrice. IS"" siècle.

N° 26. Hôtel du 18' siècle à façade monumentale du style Louis XV.

N" 2(S. Modeste maison en briques, 16'' siècle.

SAINT-QUENTIN. o7

Vers l'extrémité de la rue, au n" 22 ou 24, passait autrefois la seconde enceinte de la ville dans laquelle était percée en cet endroit la porte des Meaux, et qui continuait en se dirigeant sur le Fort rouge, au bas de la rue Perdue.

N° 11). Maison du 17' siècle, très simple.

Presque toutes les autres, du même rang, appartiennent au IS*" siècle.

N*" 1^. Maison du IS" siècle à fenêtres couronnées par un arc de forme contournée, dont on voit un meilleur spécimen à la rue de Cologne n" 'AX.

La rue des Meaux doit son origine à la route romaine allant de Tournai vers Cassel.

Rue de Cologne.

N"^ 2 à 12. (iroupe de maisons semblables, farades pierres et briques, du 17" siècle, les étroits trumeaux entre les fenêtres, décorés de pilastres à bossages.

Le II" 0 a conservé sa toiture en saillie, supportée par des modillons sculptés.

N"" is et 2(). Maisonsde môme époque, plus simples.

N"^ .')2, 'M, .')(). Maisons du 18" siècle.

X" .■>8. Importante construction du 18'' siècle à trois étages avec toit à la Mansard. Façade en pierre. Les fenêtres sont surmontées d'arcs en double accolade de forme originale. Un pavillon isolé, formant bâtiment de derrière, de la même époque, renferme un salon avec sa garniture ancienne, boiserie et murs couverts d'une tenture violette. Il est établi sur des substructions qui paraissent notablement plus anciennes.

N" K). Môme farade que le n" 158.

De ce côté de la rue, en retrait de IT) ou 20 mètres sur les farades, se trouvait k; mur de la [)reinière enceinte i romaine) de Tournai.

Le soi de la rue elle-même était à l'origine la voie romaine de Tournai vers Wervicq, Cassel et Boulogne, qui continuait par la rue Piquet, la rue Saint-Jacques et celle de la Madeleine.

Au bas de la rue, vers les n°^ 9 ou 11, passait autrefois le mur de la deuxième enceinte qui rejoignait celui de la première enceinte à la hauteur, ou à peu près, du Vieux marché au poisson. La porte Ferain ouvrait dans l'axe de la rue.

Plusieurs maisons du côté des n°'' impairs ont conservé jusqu'en ces derniers temps, des jardins plus élevés que le sol de la rue, établis sur l'ancien rempart.

N° 19. Derrière une déplorable façade moderne, on trouve une importante demeure bâtie en 1709. Un vaste escalier à balustres, le limon décoré de rinceaux, porte la date 1710. Les plafonds sont supportés par des poutres dont la semelle sculptée offre un cartouche avec des lettres entrelacées. Plusieurs cheminées ont gardé leurs boiseries à moulures, au centre desquelles est fixé un petit tableau.

Rue de la Tête-cï Argent.

jN" 5. Maison du 17" siècle, style de la renaissance flamande, de belle ordonnance, briques et pierres avec cartouches, dont l'un porte la date 1072. Elle est entièrement défigurée.

Vieux marché au poisson.

Cette rue occupe l'emplacement d'un fossé comblé de la première enceinte. Le mur romain suivait à peu près l'alignement des maisons.

Les maisons du bas de la rue, le n" 2, et surtout les n"-^ 1 et 3, faisant l'angle de la rue de Courtrai, sont de bons spécimens du type dit français du 17' siècle, à

pilastres de pierre entre les fenêtres ; celles-ci ont gardé leurs petits bois. Les n"" 15, 31 et 33 sont de même époque mais d'un type un peu différent.

Au bas du marché, en travers de la rue de Courtrai, se trouvait autrefois la porte des Verriers.

La maison n" 8, de la rue de Courtrai, qui fait face au Marché au poisson possède de vastes souterrains, en partie obstrués, qui remontent dans la direction du marché.

C'est dans le jardin de cette maison qu'on peut mieux voir la tour de la première {!} enceinte dont il est parlé à la rue des Fossés n" 19.

Rue du Cygne.

N''" 13 à t'.) et 31 à 37. Maisons du IS" siècle modernisées.

N" 29. Jolie maison de stjle Louis X\'I, la porte est ancienne. Deux salons sont encore garnis de leurs boiseries anciennes sculptées.

N" 3)0. Hôtel de la petite nef, déjà connu en 1403).

A l'extrémité de la rue, vers le quai, n" t à 11, maisons du 17' siècle, de style français, briques et pierres, à trumeaux étroits. Les trumeaux des n" 12 et 14 sont en forme de pilastre, où alternent les briques et les pierres. Toit à la Mansard.

N" \^ k 2S. Maisons du iS" siècle sans intérêt.

luf/jossc lin la rue du ('t/</)U\

Au tond se trouve l'ancienne tour do défense dont il est parlé rue des Fossés n' l'.>. Dans une dépendance de la ni<''me maison, on voit cucoit' (jurlques ai'cs suppoi'tés par dos colonnes on pi(MT(î du 12' sièch', ayant appartenu à um^ oonstru<'tion dont l'origine n'est pas connue.

PAFiOISSE SAINT-JACQUES.

Quai des Salines.

Au centre d'un square se dresse la statue en marbre blanc de Barthélémy du Mortier (1797 à 1879), grand patriote, homme d'Etat, archéologue et botaniste, sculptée par Fraikin et érigée en 1883.

N" 7. (A la tête de flandre) maison du 11" siècle.

N° 13. Porte monumentale, en pierre, de l'époque Louis XVI.

N° 19. Maison de l'époque Louis XV, pierres et briques.

N° 23. Maison de l'époque Louis XM.

Pour le reste du quai voir : Paroisse de la Madeleine.

Rue du Bourdon Saint- Jacques.

Du côté des n°^ impairs , quelques maisons du 17* siècle, en briques et pierres.

N° 16, hôtel du 18^ siècle.

Rue Saint- Jacques .

N'' 17. Maison de l'époque Louis XV à fronton sculpté.

N° 33. (M. H. Mayer, beaux spécimens de porcelaines de Tournai.)

s AI NT- JACQUES. Gl

N° 41. Ancien hôtel du baron de Joigny. Porte monumentale de style Louis XV.

N° 2. Maison de l'époque empire enseignée «^ A la foire de Leipzig. «

N° 8. Ancien hôtel Hoverlant du Carnois, construit en 1788? Salons de style Louis XM.

N° 18. Ancienne auberge du Lion blanc, façade pierres et briques, de style renaissance flamande du 17* siècle, pignon à escaliers.

N"* 22. Maison du 17'" siècle (renaissance), en pierres et briques (complètement modernisée), datée par ses ancres 1672.

Rue des Sœurs-Nowes.

N""" 2 à lu. Maisons du 18*" siècle, le n" 1 du commencement du siècle, le n" G, époque F^ouis XV.

N"'' 2G et 28. Maisons de style renaissance du 17" siècle (modernisées). Elles ont fait partie de l'ancien couvent des Sœurs noires. (Voir rue Claquedent.)

N" '\0. Maison de style empire.

N" 18. Petite maison à pignon, briques et bois, datée 1599.

N''' I>1 à .'35. Maisons du i7'~ siècle, briques et pierres, de style renaissance flamande, avec croisées en pierre; façades encore bien complètes, sauf la toiture qui a été modernisée. A l'intérieur, plafonds à poutres apparentes qui reposent sur des corbeaux en pierre.

L'ue Claqucilent, fcest-à-dirc misérable, ou bien encore caque dame, femme de mauvaise vie).

N° 7. Imprimerie de MM. Caslerinan. lA'oir rue de la Tête d'Or.)

KUe est établie en {)artie dans les anciens b/itimcnts

du couvent des Sœurs noires, dont le corps de logis principal était à front de la rue des Sœurs-Noires, n°^ 26 et 28.

Les Sœurs noires dites aussi à'arcte vie ou de haulte vie étaient dès 1240 établies dans la paroisse Sainte- Catherine. Elles vinrent se fixer en cet endroit (qui était l'ancien refuge de l'abbaje de Cysoing) en 1672. Plus tard, les Frères Barbets (congrégation enseignante), occupèrent les mêmes bâtiments, ainsi qu'une partiedesterrainsappartenantaujourd'hui aux Jésuites.

De l'ancien couvent il reste trois ailes, l'une à front de la rue des Sœurs-Noires, la seconde, parallèle à la première et perpendiculaire à la rue Claquedent, et la troisième réunissant les deux premières.

Le bâtiment dont on voit le pignon dans la rue Claquedent porte la date de 1671. Les corridors sont voûtés, sur arcs doubleaux surbaissés.

La façade est très simple, les fenêtres sont inscrites sous des arcades en briques ; les fenêtres des greniers sont en maçonnerie et à pignon.

Au n° 9 se trouve encastré dans le mur le claveau central d'une cheminée gothique en pierre, aux armes de France (^j, supportées par deux anges.

Terrasse Saint- Jacques.

N° 3. (M. Adolphe Piret. Collections géologiques et paléontologiques).

N"5. Maison du 15'' siècle, très défigurée. N" 6. Hôtel de l'époque Louis XV, modernisé.

Eglise Saint-Jacques.

Cette église, complètement isolée, a été l'objet d'une restauration complète, et c'est merveille de constater comment la masse disgracieuse et misérable qu'on

voyait encore il y a une vingtaine d'années, s'est transformée en un édifice à la plus élégante silhouette.

Bâtie en moellons irréguliers et en pierres de taille, l'église a la forme d'une croix latine, précédée d'une tour, entourée elle-même par un portail et des dépendances qui prolongent les nefs.

La tour est romane (12® siècle), ornée de trois rangs d'arcatures, dont le dernier, ainsi que la llèche ont été refaits en 1849.

Le porche a été reconstruit sur un plan nouveau lors de la restauration, l'ancien ayant été trop complètement dénaturé pour qu'il fut possible de lui restituer sa forme primitive.

Les nefs et les transepts appartiennent au style gothique primaire, ces derniers ont les chevets plats, percé d'un triplet surmonté d'un oculus.

liC chœur est du gothique tertiaire. Il a été élevé en 13Ô8; les deux tourelles d'escalier qui llanquent le pignon sont modernes dans leur partie supérieure. Le chevet est polygonal ; sous la fenêtre du centre, jolie niche, œuvre de Lotart Moriel (l;>78j.

La partie la plus intéressante des façades latérales est la claire-voie avec galerie de circulation extérieure (comme à Saint-(]iientin et Saint-Nicolas) qui longe toute la nef principale.

L'église mesure .")() mètres de longueur, sur 19 do largeur aux nefs et 2~ aux transepts.

L'intérieur frappe par son aspect grandiose, mais il manque d'unité. Il a été rétabli à son niveau primitif, qui avait été exhaussé, dans la suilc des sièchîs, de 1 mètre 15 centimètres.

La nef, du l.T siècle, compte quatre travées reposant sur des colonnes Uionocylindriques, dont les vïiix-

pitaux sont octogones. Leur corbeille est ornée de crochets, du côté de l'épître, et de feuillages plats du côté de l'évangile. Les bases sont rondes avec deux tores séparés par un creux profond.

Les murs au-dessus des arches sont d'une construction très hardie car on y a entaillé une galerie de circulation intérieure, formant triforium sous les fenêtres et un clair étage à fenêtres très rapprochées les unes des autres.

Les arcatures de la galerie, à ogives obtuses, reposent alternativement sur des colonnettes isolées et sur des colonnettes accouplées et reliées par un étroit trumeau. Leurs chapiteaux sont encore romans.

Au fond de l'église, adossées à la tour, dont on voit la triple arcade du premier étage, se trouvent les orgues, contenues dans un buffet très élégant, datant du 17° siècle.

Elles ont été établies en cet endroit en 1666.

Les basses nefs sont éclairées par des fenêtres ogivales fort simples, qui ont été refaites. Elles sont couvertes de voûtes en quart de cercle lambrissées ; les arcs plein cintre qui rattachent les colonnes de la nef aux murs des basses nefs et font office de contreforts, sont de construction moderne; ils ont été ajoutés lors de la restauration.

A travers l'église, à la croisée, le grand arc supporte une galerie à deux rangs d'arcades superposées. Cette galerie court le long des quatre côtés de la croisée, elle est d'un effet décoratif très remarquable.

L'arc triomphal du chœur, taillé dans l'ancien mur declôture de la croisée, a entamé cette galerie ; au-dessus on voit la triple fenêtre de l'ancien pignon, devenue aveugle par la construction de la toiture du nouveau chœur, plus élevée que l'ancienne.

Une voûte lambrissée, en berceau, moderne, couvre tout le vaisseau jusqu'à l'extrémité de la croisée.

Les transepts sont également couverts d'une semblable voûte. Ils sont dépourvus de toute décoration architecturale. Leurs fenêtres sont garnies de vitraux modernes, deux autels gothiques modernes, dédiés à saint Joseph etàsaint Jacques, œuvresde MM. Bressers et Blanchard, de Gand, ont été placés contre les gros piliers de la croisée du côté du chœur.

On remarque dans le transept, du côté de l'évangile, une arcade plein cintre, décorée de peintures murales, dont l'usage ne s'explique pas bien.

On y voit encore un monument funéraire de la famille de Cambry, en marbre et albâtre, du 16* siècle, avec un bas-relief représentant la résurrection.

Le chœur, bâti en 1865, est très élégant. Les fenêtres élevées, séparées par de très minces contreforts, sont une merveille de construction. La voûte, en pierres, est moins ancienne.

De belles arcatures gothiques, sculptées par Jacques de Brabant en 1372, garnissent le bas des murs. On y a retrouvé des vestiges de peinture murale sans valeur artistique.

Les vitraux sont tous modernes.

L'autel, moderne, est l'œuvre de MM. Helbig et Blanchard. Le tabernacle est de M. Bourdon.

L'aigle lutrin, en bronze, couvert d'un enduit verdâtre, date de 1411.

On peut voir encore dans le chœur, près du premier pilier, côté de l'épître, un reste du pavement primitif en petit carreaux de terre cuite vernissée.

Ce pilier et celui d'en face, qui tous deux supportent l'arc de la croisée, sont de construction grossière et

massive. C'est un reste du chœur primitif; une partie de ces piliers formait contrefort, et était alors située hors de l'église. Ils obstruent l'entrée des chapelles latérales dont il va être question. C'est la partie défectueuse de la construction.

Dans le pilier du côté de l'évangile existe encore l'escalier qui conduisait au jubé.

Le plus ancien jubé connu datait de 1424.

On en fit un nouveau en 1620, qui lui-même fut démoli en 1704.

En même temps que le chœur, on construisit au H*' siècle les deux chapelles qui sont à ses côtés.

Celle du côté de l'épître ou du Saint-Sacrement, était autrefois consacrée à saint Nicolas.

Elle a été fondée en 1404 par Colard (Nicolas) d'Avesnes. Le compte détaillé de sa construction a été communiqué à la Société historique et littéraire de Tournai, par M. A. de la Grange. [Bulletins, tome 23, page 174).

On remarque dans cette chapelle, le monument funéraire de Jacques d'Avesnes, Catherine de Crespelaines et Colard d'Avesnes (y 1404.) Il est en pierre sculptée et polychromée. Au centre figure Notre-Dame entre les défunts présentés par leurs patrons, tous sous des dais ogivaux richement décorés.

Près de ce monument s'en trouve un autre du 16® siècle, fort détérioré.

Les peintures des voûtes, qui représentent des anges musiciens, ont été faites par Pierart de le Vingne et Henry le Pointre, peu après 1404. Elles ont été restaurés par M. J. Helbig.

L'autel de style gothique et les vitraux sont modernes.

La chapelle du côté de l'évangile, qu'obstrue en partie

un buffet d'orgues moderne, est dédiée à Notre-Dame de la Gésine. Son mobilier est moderne.

Contre le gros pilier on voit un curieux bas-relief funéraire en pierre sculptée et polychromée. Notre- Dame et l'Enfant Jésus, les défunts et leurs patrons forment un groupe très réaliste qui semble poser devant l'objectif d'un photographe.

Derrière cette chapelle est l'ancienne sacristie à voûtes sur nervures. On y voit un devant d'armoire, gothique, en chêne, tout à fait insignifiant.

La seconde sacristie, derrière l'autel du Saint-Sacrement, date du 16* siècle.

On y conserve le modeste trésor de l'église.

Croix reliquaire, en argent, garnie de pierres précieuses et de filigranes, de style gothique tertiaire.

Neuf calices, dont un date de 1536.

Burettes et leur plateau en argent, 161 1.

Chrismatoire en argent, en forme de châsse, supporté par quatre sphinx. 17" siècle.

Deux encensoirs en argent. (1630^)

Bras reliquaire en argent garni de pierres précieuses avec relique de sainte Apolline). 10(j(). — On y voit un beau poinçon d'orfèvre tournaisien.

Deux autres bras reliquaires, également en argent, (dont l'un est encore de sainte Apolline, 1()37), sur socle carré en argent, orné de têtes d'anges.

Reliquaire en forme de ciboire, boîte cylindrique en ivoire, sur pied en cuivre doré. \('f siècle.

Ostensoir à pied en argent de style Louis XIV.

Porte paix (reliquaire) en argent, même époque.

Orfrois de chape, à rinceaux d'or et d'argent, 16'' siècle.

Trois aubes et un rochel garnis de dentelles.

Ornement blanc avec bandes brodées.

Garniture brodée du dais de procession, exécutée en 1764 par Bauveau, brodeur.

La partie antérieure de l'église se compose de la tour, du porche, des entrées latérales et de deux dépendances, dont l'une sert de baptistère et l'autre de magasin.

La chapelle des fonts est fermée par une clôture en bois du IT*' siècle. La cuve baptismale est en pierre, ronde sur socle cylindrique et décorée de feuillages. Elle date du IS'' siècle.

Aux murs intérieurs du porche, on a accroché les monuments funéraires enlevés de l'église. Il n'y a à remarquer que ceux du Président au parlement de Polinchove, et celui d'Antoine-Louis Seguier, premier avocat général au parlement de Paris, membre de l'Académie française, mort en exil.

On passe sous la tour pour entrer dans l'église, et on remarque deux grands arcs plein cintre sur les faces principales et deux plus petits sur les faces latérales.

Ces derniers sont surmontés de fenêtres romanes, évasées à l'intérieur.

Dans un des angles, une tourelle en pierres renferme l'escalier à vis qui conduit aux étages.

Lors de la restauration de l'église on a mis au jour un grand nombre de dalles en pierre gravées, très remarquables, à en juger par les dessins qu'en donne M. Cloquet dans sa monographie de Saint-Jacques. Deux seulement ont été conservées à l'église et ont été placées dans le pavement de la nef, sous la dernière arcade, (à droite et à gauche) vers le transept, il est regrettable que les autres ne se voient plus à l'église.

Deux petites lames en cuivre, du lô'' siècle, ainsi que les autres dalles en pierre ont disparu.

Lors de l'établissement d'un calorifère, un certain nombre de sépultures très anciennes ont été ouvertes. Les poteries qu'on y a trouvées, et qui appartiennent au haut moyen âge indiquent que sur l'emplacement de l'église actuelle se trouvait déjà une église beaucoup plus ancienne.

Rue des Carmes. (Ancienne rue Royale.)

N""" 1 à 7. Groupe de maisons du 17" siècle du style

français {'Z"-' moitié) en pierres et briques.

N°' 4 et 0. Maisons du commencement du 17" siècle

dans le style de la renaissance (complètement défigurées).

N" 8. Ecole normale de l'Ktat, ancien mont de piété, érigé en 1618 sur les plans de A\'enceslas Coeberger, auquel sont dus la plupart des monts de piété du pays.

Le vaste bâtiment est à trois étages, construit en pierres et briques dans le style de la renaissance, très simple, et surmonté d'une solide corniche en pierre. 11 porte au pignon la date 162:^.

Une tourelle en briques, couronnée par un fort élégant campanile en ardoises et en plomb renferme l'escalier qui conduit aux divers étages.

L'intérieur est divisé en un certain nombre de salles dans le sens de la largeur ; elles sont voûtées ; les retombées dos voûtes reposent sur les murs de séparation et sur des colonnes très simples, en pierre ['-l ou 15 de front au centre de chaque salle).

Les étages supérieurs oliVent la mémo disposition, mais les arcs et les colonnes en {)i(MM'e sont remplacés par des poutres et des supports en buis agencés avec un art qui témoigne d'une grande habileté de construction.

La porte d'entrée, en pierre, d'aspect monumental appartient au style français du 18" siècle.

En face de l'école normale se trouvent ses dépendances, installées dans I'ancien couvent des Carmes, qui fut utilisé comme prison, à partir de la suppression de la communauté et jusque vers 1872.

Les Carmes, établis à Tournai dés 1621 se fixèrent dans la rue qui a pris leur nom quelques années plus tard et y élevèrent un monastère d'une certaine importance.

A front de rue, il n'y a à remarquer qu'un mur élevé divisé en trois panneaux par des contreforts. Dans celui du centre ouvrait autrefois la porte de l'église, (actuellement murée).

Des constructions monastiques il reste un vaste bâtiment aux salles voûtées sur des arcs doubleaux très surbaissés. Un corridor étroit, également voûté, longe tout ce bâtiment.

A l'étage, régnent d'étroites fenêtres qui ont éclairé autrefois les cellules des religieux.

La façade est très simple, en briques, avec quelques pierres de taille.

Sous tout le bâtiment régnent de vastes caves voûtées et soutenues par des piliers ou colonnes octogones en pierres.

A l'extrémité de ces souterrains, du côté de l'église, et sous une dépendance de celle-ci on voit encore la cave aux morts du couvent, où reposent les anciens moines. Chacun d'eux occupe un étroit caveau pris dans l'épaisseur du mur comme aux catacombes de Rome, mais dans le sens de la longueur.

Tout autour du souterrain régnent trois étages de sépultures superposées. Elles étaient fermées par un petit

mur en briques plâtré à l'extérieur, et sur lequel on traçait au pinceau le nom, l'âge et les années de profession du défunt. Toutes ces inscriptions ont malheureusement été mutilées lors de la violation des tombes.

La partie la plus intéressante du couvent est l'église dont les dimensions sont encore assez bien indiquées.

Elle devait mesurer environ 45 mètres de longueur sur 24 de largeur au transept. Le plan est celui d'un long rectangle, terminé du côté du chœur par un demi cercle. Deux chapelles latérales, alfectant la même forme étaient accolées aux deux côtés de la nef, vers le chœur, dans le même axe que la nef et formaient une sorte de transept. Une de ces chapelles existe encore et a servi d'oratoire à l'époque où le couvent devint prison. Le pourtour de l'église est encore parfaitement indiqué par les bases en pierre des pilastres de style classique qui garnissaient les murs du temple.

N" 17. Maison à pignon de style renaissance, autrefois garni d'escaliers, belle façade en pierres et briques, ornée de nombreux cordons en pierre.

N" 'Zl . Maison du 17'' siècle, le dessus de la porte orné d'une petite niche. Pignon à escaliers.

iS" ;37. Petite maison à pignon, briques et bois du 17" siècle.

N" 15. Maison du IT"" siècle, dont l'étage diffère sensiblement du rez-de-chaussée comme système de décoration. (Autre maison du même ty})e, rue Phindinoise, n" 5('). i

N" 47. Porte et fenêtre d'une ujaison du llV siècle, l'encadreuient de la poi'te en ])icrre, à moulures gothiques prismatiques.

rs" 41i et 51. Même type que le n" 45, très déliguré.

N" 10. Couvent des Ursulines, communauté fixée à Tournai depuis 1667, et qui a eu le privilège peut-être unique en cette ville, de traverser l'époque de la Révolution sans se voir dissoute. Elle occupe l'ancien hôtel des comtes d'Hoogstraeten, considérablement agrandi. Ce bâtiment date de 1640 et appartient au style de la renaissance flamande, pierres et briques, mais il a été complètement modernisé. On y remarque une belle galerie voûtée, au rez-de-chaussée, rappelant celles de la Halle aux Draps, moins les colonnes. Toutes les salles sont voûtées ; on y voit encore plusieurs cheminées anciennes formées de deux consoles en pierre à enroulements, avec hotte carrée, saillante, supportée par des traverses de bois reposant sur les consoles, sans linteau de pierre.

La chapelle est moderne. On y garde une statuette de saint Michel en ivoire dans une élégante petite chapelle en bois sculpté du 17*^ siècle et quatre chandeliers en argent style renaissance flamande, datant de 1703 aux armes des Cordouan.

N° 16. Partie de bâtiment du 17' siècle de même style que le précédent.

Rue Blandinoise.

y^'' 9. Ferme dont la cour est très pittoresque par ses dépendances et un puits couronné d'une toiture à flèche octogone en ardoises. Il parait qu'elle faisait autrefois partie du couvent des Carmes, dont elle était peut-être la brasserie.

N"^ 40 à 48. Quatre maisons à pignon, briques et bois, datées 1654.

rs' oC). Maison du commencement du 17*" siècle, en briques et pierres de style de la renaissance flamande. L'étage est bien décoré, les fenêtres grandes et mou-

lurées, tandis que le rez-de-chaussée tout à fait simple, a des fenêtres relativement petites et sans ornement. On voit une construction de même type, rue des Carmes, n" 45.

Rue des Bouchers Saint-Jacques.

N° 20. Maison datée 1699, pierres et briques de style français et qui a gardé sous les fenêtres de l'étage des cartouches en pierre sculptée. L'un d'eux représente un berger et son troupeau, l'autre un boucher apprêtant un bœuf.

N° 2. Ancien hôtel d'Alcantara, de style Louis XVI (faisant actuellement partie des bâtiments de la Banque centrale tournaisienne). Lne chambre à coucher est décorée de lambris et de panneaux sculptés d'un style très riche, elle a conservé les colonnes qui lormaient l'alcove du lit. Les boiseries de plusieurs appartements, tous de même style, sont fort belles.

Placetle aux oignons.

N" 7. Petite boucherie existant en cet endroit depuis le 1 i" siècle, mais réédifiée au 17'' siècle.

Sur les quatre côtés d'une cour carrée sont établis les pittoresques étals des bouchers, en bois, sous charpentes.

N" 11. Maison du IS'" siècle en pierres et briques, dont la partie de gauche avec la porte est seule ancienne; elle a été remaniée. T.es appuis des fenêtres de l'étage ont été abaissés et les boisei'ies ont été modernisées.

.\" i.^'"^. Fossi' Kinsocn. Tin escalier do 10 ;'i ."')() marches donne accès à un ancien fossé de la seconde enceinte de la ville qui fut atfectè au tir dos arcluirs (gilde Saint-Sébastien) après la construction do la troisième enceinte, au LV siècle.

On y a bâti au commencement du siècle une rangée de maisons ouvrières.

Le fossé était dominé par la tour dite le fort rouge, qu'on aperçoit au-dessus de la maison n° 30 et dont il est parlé à la description de l'hôtel du comte du Mortier, à la Grand'place.

Rue Perdue.

N" 3. Waux-Hall (l'ancien jeu de paume, plus tard local de diverses sociétés). La façade actuelle est du style Louis XVI.

N° 5. Maison de l'époque de l'empire.

N° 4. Porte de l'hôtel du comte du Mortier, qui donne accès au Fort rouge.

N° 14. Maison du IT*" siècle modernisée. La grand'porte fermait autrefois un passage conduisant à l'église Saint-Quentin.

La façade vers le jardin est intéressante par un escalier extérieur, avec large balcon reposant sur des consoles en bois, très pittoresque ; un petit pavillon sans étage porte dans sa façade cinq cartouches avec armoiries, monogrammes IHS et MA, et la date 1691.

Il renferme des cheminées en marbre, du même temps, composées de colonnes torses engagées, qui supportent des consoles sans moulures et un linteau plat, très simple, et avec fort peu de relief.

Dans le sol de la rue Perdue, et spécialement sous le théâtre et sous les maisons qui lui font face, on a découvert en 1853 un important cimelii're gallo-romain cl franc, dans lequel les tombes à incinération et celles à simple inhumation se rencontrent en nombre à peu près égal. Un dessin très exact de ces tombes et la plupart des objets qui y ont été recueillis se trouvent au musée d'antiquités.

N" 40. (Café de l'Univers). Caves curieuses superposées, situées à des hauteurs différentes. L'une d'elles s'étend sur une longueur de huit mètres environ sous le Marché à la paille. La voûte en berceau est supporté par de puissants arcs en pierres, très surbaissés.

Dans une autre de ces caves, existe un vaste puits comblé.

o^iXc

Rue des xVngusHns.

On y trouve le collège des Jésuites, qui après avoir eu des maisons florissantes à Tournai de 1554 à 1773, vinrent de nouveau s'y fixer en 1839. Cependant les grands bâtiments qu'on voit aujourd'hui ne furent commencés qu'en 1844. Ils occupent la place d'un ancien collège ecclésiastique, les Barbets, et plus anciennement du couvent des Carmélites, qui se fixèrent à Tournai en 1614 et furent dispersées à l'époque de la révolution française.

Dans le sol de l'église des Jésuites furent trouvées en 1849 des poteries romaines.

Plus bas, I'hospice de Montifaut, construit en 1653. Le bâtiment à front de rue, en briques et pierres, ne marque pas de cachet, mais une autre construction, entre cour et jardin, qui paraît remonter aux premières années du 17" siècle, de style renaissance flamande, a beaucoup plus de caractère et ferait un monument très remarquable, si elle était restaurée. Les meneaux en pierre des fenêtres ont été malheureusement supprimés.

Trois maisons, n"' 19 à 23, de même style et de même époque, sont dans le même cas.

N" 24. (M. E. Desmaziéres. Collections de cartes.

vues et plans concernant Tournai et les communes de son arrondissement judiciaire. Impressions et manuscrits tournaisiens.)

Plus bas, en pénétrant par la grand'porte (n" "27) on trouve dans l'ancien clos des Augustins, un haut pignon en pierres percé d'une ouverture ogivale (aujourd'hui bouchée); sur la face latérale du même bâtiment on voit six arcs ogivaux, qui paraissent dater du 10® siècle, et ont sans doute appartenu au cloître des Augustins.

Une haute tourelle en briques, malheureusement privée de sa toiture, flanque l'un des côtés du pignon.

Rue Frinoisc.

Tout en bas de la rue des Augustins, faisant le coin de cette rue avec la rue Frinoise (c'est-à-dire Froy ennoise, route de Frojennes) se trouvait le couvknt des Augustins, fondé en \'Zi)?) et démoli entre I8O0 et

Il n'en reste plus d'autres vestiges que les bâtiments dont il est parlé ci-dessus, visibles dans la rue des Augustins et un mur en moellons, renforcé par des contreforts, avec deux portes gothiques, donnant dans la rue L'rinoise; ce mur est un reste de la farade latérale de l'église, dont le chevet faisait l'angle de la rue des Augustins. La farade occidentale donnait sur une cour intérieure à laquelle on avait accès par les deux portes encore existantes. Cette façade, à en juger par certains débris qui ont été recueillis, devait être de style gothique tertiaire; au centre ouvrait une porte divisée en deux par une colonnette en pierre. Deux tourelles rondes, en pierres bien appareillées, llanquaient les angles de la façadr».

A l'extrémité de cette rue, au fond de l'impasse, se trouvent les jardins de l'abbaye des Prés, important monastère entièrement détruit aujourd'hui.

Il avait été établi en cet endroit vers 1566 par les religieuses de l'ordre de Saint- Augustin (cisterciennes), lorsque leur première abbaye dite des Prés porcins ou prés à nonains, sise entre l'Escaut et la drève de maire actuelle, hors des fortifications de la ville, fut détruite par les guerres. Ces religieuses étaient fixées à Tournai depuis 1230.

On conservait dans leur église des tapisseries que leur avait données M. de Boufflers, dont l'une existe peut-être encore, et serait conservée au musée de Lille.

Au fond du jardin on voit une petite chapelle datée 1679 et construite dans le style en usage à cette époque. Un oculus ovale décore la façade. La chapelle est couverte par une voûte en bardeaux.

En face et de l'autre côté de la rue Frinoise, derrière un mur monumental moderne, s'élève l'ancienne caserne d'artillerie, construite en 1681, aujourd'hui affectée au logement des agents de police.

Une petite rue, partant de cette caserne et aboutissant à la rue de la Madeleine (ruelle Tranchant) est bordée par quatre maisons, autrefois dépendant de la caserne; la silhouette de leur façade postérieure, sur le Boulevard, sans le moindre mérite artistique d'ailleurs, est originale. Au centre de la façade, on voit sculptées sur pierre, les armes de France, entourées des colliers de saint Michel et du Saint-Esprit (17- siècle).

lîoulevarfl Léopold.

On y trouve le jardin d'arboriculture, et du milieu de la promenade on jouit d'une belle vue sur le mont de la Trinité.

N° 55. (M. Charles Vasseur; riche collection d'antiquités, moyen âge et renaissance, spécialement des bois sculptés).

Rue de la Madeleine .

Cette rue, dont la forme onduleuse est très « esthéthique » et qui était autrefois l'une des plus belles et des plus fréquentées de la ville, a vu maints cortèges et fêtes publiques. C'est par là en elîet que la plupart des souverains ont fait leur entrée à Tournai, et en particulier Louis XV après la bataille de Fontenoy.

A l'extrémité de la rue commence la drôve de Maire, superbe allée plantée d'arbres, créée à la fin du siècle dernier et quilongela grand'routedeTournaiàCourtrai.

N"^ 81 et 70. Maisons du 17° siècle (fort dégradées) briques et pierres avec cartouches sculptés. L'un d'eux représente deux béliers luttant.

Entre les n"" 59 et 57 s'ouvre une porte qui donnait autrefois accès au P>k(uiixa(;e. Fondé en 1241, exproprié au commencement de ce siècle, il n'en reste, au milieu des constructions modernes d'une cité ouvrière, que deux rangées de maisons anciennes (17*' siècle) fort délabrées, occupées aujourd'hui par les pensionnaires des hospices.

Fn face de l'entrée du béguinage, demeurait à la tin du siècle dernier Lefebvre-Caters, orfèvre et fondeur réputé dont les argenteries, les bronzes et les marbres garnis de bronze bien connus des collectionneurs, ont joui d'une très grande vogue.

N" 17. ^Laison du IS" siècle avec trois cartouches sculptés dont un représente la Madeleine.

FoLiSK i)K LA MAi)i':iJaM'; [roir ji! us hn.w.

80 SAINTR-MARIE-MADELEINE.

La maison n" 27 (17° siècle) a une porte avec chambranle sculpté. A l'intérieur on voit encore une porte gothique surmontée d'un arc en accolade. (La niche est moderne).

N° 21. Maison à pignon en escalier.

N° 19. Maison du 15" siècle entièrement modernisée, d'où provient la cheminée en pierre gothique de la collection de M. E. Soil.

N'^SO. (M. G. Carbonnelle. Collectionornithologique.)

Rue du Floc à Brebis.

A l'angle de la rue de la Madeleine (n° 2) et du Floc (marché) à Brebis, une maison du 17*" siècle (très défigurée) avec pignon à escaliers, d'une élégante silhouette, style de la renaissance, en briques et pierre.

Sur le même rang, quelques vieilles maisons sans intérêt sauf le n" 13, de style renaissance (modernisé).

Quai des Salines.

La partie la plus proche des Boulevards appartient à la paroisse de la Madeleine, l'autre, vers la rue du Cygne, à la paroisse Saint-Jacques.

A l'extrémité se dresse le PONT des Trous, qui, faisant partie de la ."3" enceinte de la ville, défendait l'entrée de l'Escaut. Son nom, pont des Trous, signifie pont des écluses, à raison des écluses qui autrefois se trouvaient à une centaine de mètres en aval du fleuve.

Ce pont fut témoin du siège de 1340 ou Flamands et Anglais coalisés firent des prodiges de valeur pour pénétrer dans la ville par cette porte d'eau. Mais ils furent repoussés avec perte, et c'est à cette occasion que les dames de Tournai olfrirent à Notre-Dame un cierge immense enroulé sur un treuil (la songniej, qui

mesurait en longueur, le parcours de la procession.

Le pont se compose de deux tours reliées par une galerie de défense que supportent trois arcs ogivaux, établis dans le lit du fleuve.

Ces deux tours sont d'anciennes portes de ville; celle de la rive droite était la porte de la thieulerie (c'està-dire fabrique de tuiles), celle de la rive gauche était la porte du bourdiel (du bord de l'eau). Les arcs de ces portes qui traversaient les tours de part en part, sont encore visibles du côté de l'extérieur; celui de la porte du bourdiel est en outre visible du côté de la ville. Leurs sommets dépassent de peu de chose le niveau actuel du quai, tant le sol a été exhaussé.

A l'intérieur de la tour de la rive gauche, on voit une belle salle voûtée à nervures, (elle sert de morgue) ; dans la tour de la rive droite existe encore une cheminée fort simple en pierre, de l'époque gothique.

Les deux tours datent du Ur siècle; elles ne sont ni semblables, ni exactement parallèles entr'elles, et elles ont été construites à des époques dilfôrentes. La galerie qui les relie a été établie entre \'2X\ et l'>02.

La restauration du pont des trous est décidée; elle a été confiée à M. Arthur Verhaegen, archéologue à Gand, qui se propose de lui restituer les toitures qu'il avait dans le principe.

Près du pont s'élevaient les bâtiments de l'ancienne MANri'ACTURK DE poRCKLAixE (au n" 31), dout il ne reste plus que l'habitation du directeur, érigée en 17(');>.

FratK^'ois Peterinck, né à Lille en 1711). fonda à Tournai on l?.")!, la première fabrique de porcelaine qui fut établie en Helgiiiue. Elle était située sur le quai dos Salines, dans des bâtiments trouvés bientôt trop petits, et qui furent remplacées par d'importantes

constructions (à leur tour démolies en grande partie vers 1889).

La manufacture produisit en abondance des porcelaines (pâte tendre) et des faïences ainsi que des groupes en biscuit, dont la réputation fut européenne.

A la mort de Peterinck, elle passa aux mains de son gendre, de Bettignies, puis à celles de Boch, frères, qui cessèrent de fabriquer vers 1889. L'usine fut vendue en 1890.

N"* 24. Maison de l'époque Louis XV, pierres et briques.

N° 27. Maison à plusieurs demeures, du 17® siècle, de style français.

Eglise Sainte-Marie-Madeleine.

Fondée en 1241 par l'évêque Walter de Marvis, en même temps que fut créée la paroisse, cette église, complètement isolée, est de pur style gothique, mais elle n'a pas été construite en une fois ; le plan général de l'œuvre, le chœur, les transepts, les nefs sont du 13" siècle, la façade est du 14'\ la partie supérieure de la grande nef, du 15" siècle.

C'est un monument remarquable par la pureté de ses lignes, d'une simplicité exquise, d'un caractère sobre et imposant. Certains détails de la construction ainsi que les chevets plats du chœur et des transepts ont amené des auteurs à se demander si elle n'a pas été élevée sous l'inspiration des églises de l'Angleterre, mais cette idée ne paraît pas devoir être suivie.

L'extérieur est d'une simplicité excessive et, il faut l'ajouter, dans un état de délabrement déplorable. Deux tours, dont une seule a été achevée, décorent la façade, percée d'une grande fenêtre (à meneaux modernes) surmontée d'une rose sans meneaux, la

porte est ornée de plusieurs moulures reposant sur d'élégants chapiteaux à feuillage.

Leglise mesure, dans la nef, 80 mètres 50 centimètres de longueur sur 21 mètres et demi de largeur.

Le choeur est long de 13 mètres et demi et large de 9 mètres 50 centimètres.

Toutes les formes sont carrées, le plan figure deux rectangles juxtaposés, les chevets du chœur et des transepts sont plats.

La nef compte quatre travées, plus celle qui est sous les tours. Elle est séparée des basses nefs par des arcs gothiques reposant sur des colonnes isolées avec chapiteaux à crochets. Les basses nefs sont éclairées par des fenêtres gothiques.

Toutes trois sont couvertes par des voûtes en bardeaux de restauration récente.

Au clair étage qui paraît avoir été remanié au 15" siècle, on voit des fenêtres en anse de panier, dans lesquelles une restauration moderne a inscrit deux petits arcs gothiques.

Les transepts qui ne dépassent pas la largeur des nefs, ont les chevets plats, avec fenêtre à triple lancette, surmontée d'un oculus. J^e côté qui fait face aux basses nefs est percé d'une fenêtre géminée au pied de laquelle est établi l'autel.

Les transepts sont voûtés en bardeau.x; la lanterne, à l'intersection de la nef est encore couverte d'un plalond plat, en bois peint, tel qu'il existait sur toute l'église avant sa restauration. Les piliers du transept sont formés de quatre colonnes engagées.

Le chœur, sans bas ciMès, a le chevet j)lat, dans lequel ouvre une fenêtre à trois lancettes inscrite sous un arc plein cintre; de chaque côté se trouvent deux fenêtres génjinées, sous un même arc; les vitraux

sont modernes. Certains détails d'architecture témoignent de repentirs dans la construction et font supposer que l'architecte a songé un moment à couvrir le chœur d'une voûte en pierres.

Dans le mur, du côté de l'épître, on voit une élégante piscine, à arc trilobé.

Le choeur est actuellement couvert par un berceau lambrissé de forme assez particulière. Il est neuf et a remplacé le plafond plat qui existait encore il y a dix ou quinze ans.

Le jubé qui se trouvait autrefois à l'entrée du chœur a été transporté en 1057 dans le basderéglise,oùil sert de tribune des orgues. Il date du IG® siècle et est en bois sculpté et polychrome. Le sculpteur y a retracé des scènes de la vie de sainte Marie-Madeleine. Des statuettes de saint Jean-Baptiste, sainte Marthe et saint Lazare sont placées entre les panneaux sculptés. Le côté du jubé qui regarde le calvaire, est orné de peintures représentant six saints sous des arcades et des écussons.

La chaire de vérité, en bois, date de 1581.

Sur les colonnes de la nef, à la naissance des arcs, on voit dix statues, plus grandes que nature, dont les huit premières datent du IT'' siècle. Les deux dernières, aux piliers de la croisée, représentent l'Annonciation et datent du 15*" siècle. Au-dessous de ces deux dernières existe un support de cierge en fer forgé, gothique.

Les murs du chœur étaient autrefois couverts d'un lambris en chêne, de l'époque Louis XVI (1779-1782) et les basses nefs en possédaient un qui fut exécuté en 1052 par Hugues Cordier, escrinier.

Ils ont été enlevés lors de la restauration, mais on en a conservé des fragments, disséminés dans l'église.

Sous la tour (côté de l'épître) on voit un calvaire qui n'est autre que l'ancienne boiserie du maître autel, œuvre de Lecreux, sculpteur tournaisien du 18*' siècle ; au centre se trouve un bon tableau d'IIouzé, peintre tournaisien, représentant le Christ en croix.

Contre le mur de la façade, tableau de Manisfeld (peintre tournaisien) représentant l'Apparition de Notre- Seigneur à la Madeleine.

Sous l'autre tour sont les fonts baptismaux. On a accroché aux murs quelques restes de l'ancien lambris de l'église, entre autres un grand médaillon en bois sculpté, de Lecreux, représentant la Madeleine.

L'église renferme quelques intéressants monuments funéraires.

Dans la basse nef (côté de l'épître) en face du calvaire, grande dalle gothique, gravée, représentant deux prêtres revêtus des ornements sacerdotaux, décédés en 1394 et 1402.

Un peu plus loin une autre dalle en relief avec les effigies de Jean Despienne, seigneur de la Barre, et de Marguerite Liébart, sa femme. Elle date du milieu du IC) siècle.

Dans la basse nef (côté de l'évangile) tout contre la chapelle des fonts, une pierre ornée d'un médaillon rond, d'un mètre de diamètre, au centre duquel se trouve une armoirie avec casque et supports, rappelle par son faire le style de la renaissance italienne du iry- siècle.

Un peu plus loin, dalle gothique gravée, du 11" siècle, représentant un prêtre. (LUe a été cassée en deux morceaux.)

Tout auprès, dans le mur, petit monument funéraire de M Jacques Jambon, médecin (1(»21), en pierre sculptée. Au centre la scène de la Mise au

86 SAIxXTE-MARIE-MADELEIXE.

tombeau, et aux extrémités, les défunts agenouillés.

Au chevet du transept, beau monument funéraire des de Clermais, érigé en 1400 et restauré en 1601 après qu'il eut été mutilé par les iconoclastes. C'est une grande pierre rectangulaire sculptée en demi relief, polychromée et dorée. L'artiste a figuré au centre la scène du Jugement dernier, auquel prennent part Notre-Seigneur , Notre-Dame et saint Joseph. Au premier plan les quatre défunts, agenouillés, accompagnés de leurs patrons. Dans le haut quatre anges sonnent de la trompette. La bordure est occupée dans le haut et dans le bas par des inscriptions, et sur les côtés par les armoiries des défunts.

Le pavement actuel de l'église date de 1632. Il a été exhaussé à cette époque, de 80 centimètres au-dessus du pavement ancien qui se composait de petits carreaux vernissés.

L'église de la Madeleine ne possède point de trésor proprement dit; on peut y voir cependant, deux chandeliers en laiton, datant de 1571. Un porte-paix en argent et nacre gothique. Un calice en vermeil du IS" siècle. Un reliquaire en argent, en forme de monstrance, 17'' siècle (relique de saint Mathurin). Un plat d'argent de 1626, avec le monogramme IHS, et les deux burettes. Double couronne de lumière en fer forgé. Croix de procession, de style Louis XVI.

Trois guipures et trois garnitures d'aubes en point d'Alençon. \'oile de crédence. Chasuble à orfrois représentant des scènes de la vie de Notre-Dame , du 1 7^" siècle.

Tableau de Sauvage, représentant l'Assomption de Notre-Dame.

Bulle de LM2, de la Confrérie de Notre-Dame.

L'église possède trois cloches de 1841 et 1522.

A l'extrémité de la rue de la Madeleine se trouve la Brève de 'Maire, dont il a été parlé plus haut et le faubourg du même nom. On comprenait autrefois sous cette dénomination une partie du village deFroyennes. Ce nom est, paraît-il, une corruption du mot marais, et lui fut donné à cause de la nature du sol.

C'est au hameau de Maire que se trouvait primitivement la résidence du bailli de Tournai, et le gibet où il faisait exécuter ses sentences. Il se retira à Tournai au 15" siècle.

I.e long de l'Escaut s'élevait autrefois Yabhaijc des Prés Porcins qui fut transférée en ville au 16" siècle.

Dans le voisinage du monastère se trouvait la Sainte Fontaine qui a donné son nom à une des anciennes portes de la ville. On a dit plus tard, par corruption, les Sept Fontaines.

^XKc

PAROISSE SAINTE-MAKGLEUITE.

Vieuœ Marché aux Vaches.

N"^ 1, 2 et 3. Maisons du commencement du 18" siècle, briques et pierres, d'une ordonnance noble et sévère.

N° 17. Maison de boulanger, M" siècle, à cartouches sculptés, sous les fenêtres de l'étage, représentant des scènes de ce métier.

N""" 24 et 25. Maisons datées 1681, de style français, en pierres et briques avec cartouches sculptés, d'un bon style et bien conservés, sous les fenêtres des deux étages. A l'extrémité de la place se trouvait la porte de Lille, autrefois porte Coquerelle.

Eglise Sainte-Marguerite.

Elle appartient à deux époques bien distinctes. La tour gothique, qui date du 15" siècle, avec flèche refaite au 18'' siècle, et le vaisseau, construction sans caractère, érigée en 1760 par les moines de Saint- Médard, dans le style classique et offrant tant à l'extérieur qu'à l'intérieur ce style propre aux abbayes qui ont renouvelé leurs églises au 18" siècle; c'est grand et noble, mais en même temps froid et vide.

Le mobilier ancien est nul. Il n'y a à signaler qu'un

sainte-margueritp:. 89

triptyque du IG"" siècle, dont il reste seulement les volets. Dans le chœur on a placé un lutrin-aigle en cuivre, dans le style du 18" siècle, fondu en 1885 par Dutrieux de Tournai.

Rue As-Pois.

(C'est très vraisemblablement un nom patronymique; la désignation moderne rue Aux-Poids est fautive)

La maison du coin dans le bas de la rue dont il a été parlé au n" 17 du vieux marché aux Vaches, a une curieuse fenêtre avec ses barreaux en fer anciens, datant de la Renaissance (commencement du 17^ siècle).

Contre l'église on voit les restes assez importants de l'ancienne A}5Baye 8aint-Mkdari) (chanoines de l'ordre de Saint- Augustin), dite aussi de Saint-Mard et de Saixt-Xicolas des prés.

Cette abbaye, très anciennement fondée à Tournai fut d'abord établie hors de la ville, près de la porte Sainte-Catherine (ou de Valenciennes) puis un peu plus loin, sur le territoire de Chercq dans les prairies qui longent l'Escaut, — au lieu dit vivo fontaine — (une ruine sans importance indique la place de son ancienne église en cet endroit).

En 1()10 les religieux se retirèrent en ville et construisirent une église près du couvent des Récollets. Ils durent l'abandonner on 1()(J8, le clos où elle se trouvait ayant été réuni aux terrains sur hïsqucls fut bâtie la fitadelh;. I^e gouvernement leur accorda alors l'église Sainte-Marguerite avec les terrains avoisinants sur lesquels ils ériger(mt aussitôt (rimportantes constructions. Après un siècle soulemont do Sfqour en cet endroit, ils furent transférés à la rue d(is .lésuites dans l'ancien collège des jésuites devenu \a('anl ])ar la su{){)ressi()n de cet ordre, (''était en 177'.'. l'eu

après, eux-mêmes furent supprimés par la révolution.

Des constructions occupées par les chanoines de l'abbaye Saint-Médard il reste une grande porte ouvrant sur le marché à la Paille, et un long mur de clôture décoré de pilastres en pierre et d'oculus ovales, daté 1675, dans la rue As-Pois.

Un autre bâtiment (n° 8) sur lequel on voit des ancres, l'une en forme de crosse et l'autre en forme de P a conservé sa façade de derrière, datée 1670.

N° 36. Maison datée 1674 dont la façade est demeurée complète et intacte. Elle est en briques et pierres, avec fenêtres à croisées en pierre encore existantes, et offre un bon type de maison de la renaissance damande.

Rue du Ballon.

Elle occupe l'emplacement de l'ancienne église paroissiale de Saint-Nicaise, qui fut démolie en 1770.

Rue Roc Saint-Nicaise.

N° 1 . Ancien hôtel de Vignacourt, du style Louis XVI ; renferme plusieurs salons qui ont conservé de belles boiseries sculptées de l'époque.

N" 25. Petite maison à pignon, bois et briques.

N° 35. Hôtel du 17" siècle, briques et pierres du style français avec toiture saillante supportée par des consoles à moulures. Grande porte à montant et traverse sculptés.

Dans le jardin on conserve le couronnement en fer forgé de l'ancien puits du 17' siècle.

N" 51. Porte eu bois sculpté (avec médaillon représentant saint François). 17" siècle.

N" .57 Maison à pignon du 17" siècle, briques et bois.

N"' 48 à 58. Groupe de maisons du 17" siècle, type

SAINTE-MARGUKRITE. '.) 1

français, pierres et briques, les façades encore bien conservées sous le badigeon.

N°' 00 et 62. Société et cité ouvrière, établies dans des bâtiments ayant fait partie autrefois du coitrcnt <lcs Dorninicains, dont il sera parlé plus loin. iVoir réduit des dominicains.)

Ces bâtiments datent du commencement du 1 7" siècle et sont fort détériorés. Ils ont tous les caractères du style de celte époque, qu'on désigne sous le nom de renaissance tlamande : construction en pierres et briques, fenêtres à croisées en pierre, pignons (l'un d'eux est daté l()10i.

A l'intérieur on trouve encore quelques voûtes sur arcs doubleaux surbaissés, à caissons. Du côté des jardins on voit les restes d'un cloitre à arca<les gothiques, tandis que la masse de la construction est du style de la renaissance et otfre cette particularité que toute cette partie gothique est en briques, les moulures des cordons étant faites de briques et de tuiles.

Vieu.v M(irch(' n hi jxiillc.

Porte de l'ancienne abbaye Saint-Médai'd (voir l'uc As-Pois) en pierre, surmontée d'une niche élégante, 17' siècle.

Maison en pierres et briques du 17 siècle, avec médaillon sculpté en fortne d»^ losangf, au type d'Henri \\ .

l\iO' Stn iil -( 'ii'(ir>j<'s .

L'estamin(3t - Au grand Saiut-dcorgos - (iccupt^ l'emplaccnKMit d'un fossé de la seconde (Miri'inle de la ville qui s'étend sur tout<^ la lonijueur entre la rue Saint-(ieorges (ît la ru<' Saint-Mai-tin, a laquelle ou a accès j)af un esealiiM' ilf'boueliaut au n i»."!.

11 servait autrefois de champ de tir à la corporation des arbalétriers, dite de Saint-Georges.

Sur le côté du fossé on voit encore un reste du mur de la seconde enceinte avec l'escarpe qui la précédait, et une tour construite en pierres appareillées. Cette tour, dont la partie supérieure est moderne, est visible dans la rue Saint-Georges. La partie ancienne est divisée en trois étages superposés avec voûtes en calotte sphérique ; toutes les ouvertures sont plein cintre. A l'étage supérieur on voit deux meurtrières très évasées, ouvrant dans un mur épais de 1 mètre 50 centimètres.

Le bâtiment du café Saint-Georges, ancien local de la corporation, a conservé, vers l'intérieur, sa façade ancienne, du 17° siècle, en partie modernisée.

On y remarque des ancres en forme d'arbalète et trois médaillons en pierre sculptée encastrés dans les trumeaux des fenêtres et qui représentent saint Georges, le dragon avec la princesse de Lydie et un animal fantastique. A l'étage, une grande salle occupe toute la largeur du bâtiment. Elle est garnie de lambris avec bancs, et a un plafond à poutres et solives très sobrement sculptées.

Vieux Marché à la toile, derrière l'ancienne Halleaux-draps (aujourd'hui le musée).

N° 1 . Maison du 17'' siècle, genre français, avec porte sculptée et fenêtre de grenier assez richement sculptée.

N" 3. Maison à pignon à escaliers, du 17'' siècle, briques et pierres.

W 8. Petite maison à pignon, en briques et bois.

N""" 0, 10 et 1 1 . Maisons du 17'' siècle, pierres et briques, genre renaissance flamande, intéressantes mais fort dégradées.

Réduit des Dominicains .

On y voit un reste du mur de l'église et trois maisons, ayant autrefois fait partie du Cor vent des Dominicains. Constructions de style classique, du 17" siècle, en pierres, plus riches que la plupart des autres maisons de la même époque.

Les dominicains se fixèrent à Tournai en \(\'2'.\. Ils furent supprimés à la révolution et leur couvent fut en partie démoli en 1797.

Rpduil des Sions, ainsi appelé à cause de la présence autrefois en cet endroit, du Couvent de Xotre- Dame de Sion dont les religieuses suivaient la règle de saint Augustin. Elles avaient été instituées par un prêtre tournaisien nommé Jacques l^osquillon et établies d'abord à la rue des Filles Dieu. Elles furent dispersées à la révolution.

X'" 13, 15, 17. Maisons de KhT) dont les farades sont bien conservées. Contrairement à ce qu'on voit généralement dans les constructions de ce type, les encadrements des portes et fenêtres, en pierre, font saillie sur le plat du mur, et ils ikï descendent [)as audessous du cordon d'appui des fenêtres. Les cartouches qui ornaient autrefois le dessous des fenêtres ont en partie disparu. A l'angle de la façade, une niche en pierre sculptée.

Covi- des Hihcrnfns (ancien collèg*» des étudiants irlandais), bâtiments du 17' siècle avec des parti<!s plus anciennes mais fortement dégradées; ont un asjjoct assez pittoresque it()ur(!lle d'escalier avec niche et statue de Xotre-DauKî, ancienne; escaliei' en bois, (!xtérieur, dépouillé de ses aiici(MnH\s sculpturesi.

N" H). l)elle maison du 17' siècle, de l;i renaissance tlamande, briques et j)ier'res avec pign(Ui a escaliiMs.

Plusieurs étages indiqués par des cordons en pierre, fenêtres à croisées surmontées d'arcs de décharge où la brique et la pierre alternent. Niche au centre de la façade, cartouches avec la date 1677.

Elle est fort délabrée mais n'a pas été mutilée.

La maison voisine, n*" 14, beaucoup plus simple, est de même style. Elles ont conservé toutes deux d'anciennes cheminées en pierre, sans sculpture.

N"" 7 et 9. Maison du type français à médaillons sous les fenêtres, avec la date 1691 .

Au delà du Boulevard, s'étend le faubourg de Lille, où se trouvait autrefois la léproserie appelée la Bomie maison de le Val, ou encore Ladrerie du Val d'Orcq. Il ne reste de cet établissement que la chapelle, bâtiment sans aucun caractère artistique.

Ce faubourg est agréablement bâti .

rs" 12 (M""' Soyer). Cheminée en pierre de taille avec armoiries, 10' siècle.

A l'entrée du boulevard, école communale moderne, dans le style de la renaissance flamande du 17" siècle,

PAROISSE SAINT-IMAT.

Rue des Cldi risses.

On voit encore, à l'extrémité de cette rue, quelques restes des bâtiments de l'ancienne Manufacturk dk TAPIS DE Tournai, Piat Lefebvre et (' . Erigés en 1811 dans le style classique, sur les plans de B. Renard, ils ont été mis en vente en l^sT et en partie démolis.

La fabrique de tapis fut fondée en ITSJ par Piat Lefebvre, qui l'installa dans l'ancien couvent des ( -lairisses en 17S(J. Elle comptait dès 17s;). son ouvriers et 450(1 en isos. Elle atteignit une prosptu'iie inouïe sous Napoléon 1"' et fournit des tapis a presque tous les palais impériaux. La fabrique fut fermée en ISST.

L'ne aile de bâtiments, atijourd'hui occupée [)ar les ateliers d'a[)prentissage de l'Ecole Saint-Luc, a appartenu à l'ancien ('oi'renl des ('/a.irisscs. C'était l'église;, long vaisseau rectangulaire, recouvert d'une voûte vi\ bardeaux supportée par une corniche avec consoles a têtes d'anges et éclairé par des fenêtres ogivales. Elh^ fut érigée <mi I(>-")7.

Les Clairisses s'(Hablireiit a Tournai t;n lt>;'^ ci des l<);i(» ac(juir(!nt unt; maison dans la rue qui porte leur nom, et ou avait (Mé établi autrefois le reliiu'»' de

l'abbaye de Marcbiennes. Le couvent fut supprimé en 1783 et racheté en 178G par Piat Lefebvre.

N° 4. Maison à façade en pierre, 18® siècle.

N° 6. Maison du 17° siècle, de style renaissance, briques et pierres. Le pignon est plus ancien car on y voit une fenêtre avec colonnette gothique supportant le linteau.

N° 10. Faisait autrefois partie du n" 12. On voit dans la cour, la partie inférieure d'une tourelle gothique très élégante qui desservait autrefois la maison n° 12. La base est en pierre de taille, dans laquelle ouvre une porte carrée à moulures gothiques avec rosettes dans les gorges. Le iûi est en briques; la partie supérieure et la toiture ont été démolies.

L'escalier à vis est une merveille d'élégance et de construction.

On voit encore dans le jardin quelques débris sculptés du 15® siècle et un passage voûté aboutissant à la rue des Carliers.

?s° 12. Cette maison possède, du côté de la rue des Carliers, une façade romane, qu'on pouvait voir encore, il y a quelques années, et qui était la plus importante de Tournai. Elle était malheureusement fort dégradée, à tel point que son propriétaire a cru devoir, après avoir abattu certaines pierres faisant saillie, la noyer dans un bain de cre;;/ pour lui rendre un peu de solidité, mais en même temps il l'a fait disparaître à jamais.

Elle offrait trois étages d'arcades à plein cintre dans lesquelles ouvraient, aux étages supérieurs, des fenêtres rectangulaires, divisées en trois jours par deux colon nettes.

On l'appelle généralement la maison saint Piat, mais c'est à tort, car elle ne paraît pas remonter au delà du 12" siècle.

SAIiNT-PlAT. 97

Rue des Cariiers.

Immédiatement au-dessous de la maison dont il vient d'être parlé, on voit un très vieux mur, dans lequel on distingue encore des ouvertures à plein cintre et plus bas des motifs d'architecture et une pierre sculptée qui indiquent le 15' siècle.

C'est dans la rue des Cariiers que mourut en 184;>, J.-B. Fauquez, qui légua à la ville une importante collection d'antiquités.

Hue 'les Ih^asseurs.

N° 6. Maison du 17'" siècle, en pierres et briques, restaurée.

(juai (les Poissonsceaiix.

N" 3. Derrière une construction moderne on aperçoit le pignon d'une maison du 17'' siècle dans le style de la renaissance, pierres et briques, à cordons horizontaux et fenêtres à croisées.

Le claveau central de la porte, en pierre, représente une étoile d'or, l'enseigne de la maison, avec les initiales L. R. et la date a.\no K'-jd.

Le rez-de-chaussée ne forme qu'une grande salle dont les voûtes en briques reposent sur les murs latéraux et sur deux colonnes en pierre au contre de la salle; une troisième colonne a été ajoutée postérieurement.

Le sol est en contrebas de (')() centimètres sous le niveau du quai, et la maison elhï-mènie est en retrait de T) mètres environ sur l'alignement actuel.

iS ' L Maison de style empire.

Ni). Maison du l.") siècle, (intièrement modernisée.

N"' 10 et 1 1. l''acades du 17 siècle, siyle français.

N"'' 22 et 23. Belles maisons de la même époque, avec pilastres à bossages entre les fenêtres. Mélange de briques et de pierres. Bien que de même style, elles présentent une agréable variété dans les détails. Le n" 23 a conservé sa toiture saillante supportée par de fort belles consoles richement sculptées (têtes grotesques).

N° 2G (Au vieux système). Riche façade du IT"" siècle, briques et pierres, sans pilastres. Sous les fenêtres de l'étage se sont trouvés autrefois des cartouches sculptés. Ancres apparentes. Jolie porte surmontée d'un oculus.

La façade de derrière est dans le même style également bien conservée. Elle a gardé sa toiture saillante supportée par des modillons.

Dans la salle de derrière, cheminée du temps, en marbre noir veiné de blanc, le linteau supporté par 4 colonnes torses. La hotte est carrée, lambrissée en bois et décorée de colonnettes torses engagées. Les poutres du plafond ont leurs semelles ornées d'un élégant cartouche renaissance sculpté, avec la date IGTG.

Rue Madame.

N° 10. Ancien couvent des Jésuitesses, fondé en 1569 par Quinte Monnier; il ne reste qu'une aile de bâtiment, construite en 1G80 et dépourvue de tout intérêt.

Rue Saint- Plat.

A l'entrée de la rue existait autrefois la croix Saint- Piat, pyramide ogivale démolie en 1796, et un peu en arrière, contre le mur de clôture de l'ancien cimetière, on voyait encore, il y a peu d'années, une fontaine jaillissante, adossée à une haute borne en pierre, le " pichou Saint-Piat ^ (supprimé en 1883).

Église Sainl-Piai (Voir rue des Jésuites).

iN"8. Façade du IT"" siècle.

N" IS. Dans le mur de cette maison, vers la rue Madame, petite fenêtre gothique à linteau porté par une colonnette.

iS° 22. Jolie maison du 17'' siècle, de style renaissance, pierres et briques, avec fenêtres à croisées en pierre, et pignon <à escaliers. L'enseigne ancienne est gravée dans la pierre « A la brasserie de Saint-Piat, ^ 1044. Plus tard elle devint l'hôtellerie Saint-Christophe.

rs'"2() à o8. Maisons du commencement du 18*" siècle en pierres et briques.

N° 42. Maison du 17'' siècle, de style français, porte et trumeaux à pilastres en pierre construits par assises.

X" 88. Maison du Yl'^ siècle, autrefois le refuge de t abbaye Saint- Ainand, puis, après la révolution, successivement sous-préfecture , grenier d'abondance , caserne de gendarmerie.

Elle est établie sur le terrain d'un ancien fossé de la seconde enceinte dont le mur de clôture, entièrement défiguré, s'étend encore sur une longueur de ()() mètres environ, le long du jardin. A l'extrémité on voit une tour carrée dont l'intérieur est sans intérêt.

On a utilisé la profondeur de l'ancien fossé pour établir de vastes souterrains et une terrasse à escaliers du côté du jardin.

L'ancienne porte de ville, dite de Sainte-Catherine, était établie en travers de la rue Saint-Piat, un peu en deçà de la rue des Ingers. Elle fut démolie au 17" siècle.

N" l. Ancien hôtel Crombez.

N" l 1 . Sous la maison, rave voûtée avec deux colonnes dont les chapiteaux indiquent \o. 12*' siècle.

M'" 'M à 47. Maisons du 1 7 siècle, stvle renaissance,

entièrement modernisées. Le n° 47 est daté 1675. C'est dans la rueSaint-Piat que se célèbre la ducasse des RécoUots (le dimanche de la Passion).

Rue Beicasric (aujourd'hui impasse).

Dans la cour de l'école communale, maison du 15° siècle en briques et bois, dont l'étage surplombe le rez-de-chaussée. C'est de là que provient la cheminée gothique en pierre, conservée au musée..

Rue Merdenchon.

A l'époque de la seconde enceinte, elle n'avait sans doute qu'un côté bâti, l'autre était occupé par le mur des fortifications, d'où la malpropreté qui lui aura fait donner son nom, (à moins que ce soit un nom patronymique, qu'on rencontre au 15® siècle).

N° 10. Ancien couvent des repenties (les filles Dieu^) d'après un plan du 16° siècle.

N"' 12-20. Maisons du 18° siècle.

N° 17. Maison du 18° siècle, avec enseigne en pierre sculptée •• Au soulier vert y:.

N" 21. Dans une dépendance de cette maison fut trouvée, il y a quelques années, une fort belle cheminée en pierre sculptée, gothique.

N"' 31-33. Maisons du 18° siècle en pierres et briques.

Rue Duioez.

N'' 18. Maison du 17° siècle, pierres et briques, avec quatre cartouches en terre cuite (dégradés).

Rue Saiiite-Caiherine qui, avec la rue Delfilanque, forme la prolongation de la rue Saint-Piat.

rs" 16. Maison du 17° siècle, de style renaissance,

entièrement dégradée. Siège de la société d'archers « la Nervienne « qui a remplacé l'ancien serment des archers.

N° 31. Maison du 17*" siècle à pignon.

N°33. Maison époque empire.

N°35. Maison du 18" siècle.

A l'extrémité de la rue, sur le terrain de la citadelle, en face de l'hospice de la vieillesse, se trouvait l'église Saint e-C a Utérine, qui fut démolie ainsi que les deux tiers des maisons composant cette paroisse, lors de la création de la citadelle en 16GS.

Hospice de la cieillesse. Ancien hôpital Delplanque. (Voir rue des Récollets.)

Rue des Rrcolle/s.

N° 3(>. Elégante maison de style renaissance, la corniche du toit supportée par des modillons sculptés. Bien que datant du 17" siècle, elle a toute la pureté du style du 1(V' siècle. Porte dont le panneau est couvert de rinceaux sculptés.

N" 40. Maison du 17'' siècle, à pignon avec escaliers de style renaissance. Sous le badigeon qui la couvre on distingue encore la belle ordonnance de la fayade.

Du côté des numéros pairs on remarque un pignon élevé, en pierres, dans lequel ouvre une fenêtre gothique. C'est la chapelle de l'ancien hôpital Delplanque, incorporé dans l'hospice de la vieillesse. Cette chapelle a conservé sa voûte ancienne, qui est gothique, lambrissée en bois, comme celle de l'église du Séminaire. Le bâtiment joignant le pignon du côté de l'hospice est en briques et pierres et porte la dale 1()S().

M())ilii(j)ic lies lyt'coUi'ls.

Tout un côlè (le la ru(; est occupé par un aiur eu

pierres taillées, avec corJoQs saillants décorés de cartouches à têtes de lions et une date 1633?

C'est le seul reste des bâtiments de Xabhaye Saint- Médard qui fut établie quelque temps en cet endroit, après avoir été à Chercq et avant d'être transférée auprès de l'église Sainte-Marguerite.

Dans l'angle de la rue se trouve la porte de l'ancien couvent des Récollets.

Quai Tailles-Pierres.

A l'extrémité s'élevait, sur l'Escaut, \q pont des moulins, qui reliait le mur de la troisième enceinte de la rive gauche avec celui de la rive droite (dont une partie existe encore actuellement).

Ce pont a été démoli vers 1875 seulement. Il se composait de deux constructions bien distinctes; l'une, celle qui regarde vers la campagne, remontait au 13^ siècle, et portait primitivement le nom d'«rc des cauffours, à cause du voisinage des fours à chaux d'Allain. Elle comprenait une vaste salle portée par trois arcs, surmontée d'une toiture à quatre pans, et llanquée de deux tours rondes. La seconde construction du côté de la ville fut érigée en 1683, pour y installer des moulins à eau, devenus nécessaires par suite de la suppression de ceux qui étaient auparavant dans le lit de l'Escaut. Le chemin de ronde du rempart passait entre ces deux constructions.

Le quai Tailles-Pierres est très ancien. 11 porte ce nom par suite de cette circonstance que les pierres des carrières y étaient amenées pour être taillées.

Tout au bout, près des remparts, se trouvait le couvent des Frères-Mineurs [les Récollets), dont on voit encore un vieux bâtiment totalement défiguré, occupé par les Clairisses.

SAINT-PIAT. lOo

Ces religieux s'établirent à Tournai en 1240 et ils y demeurèrent jusqu'à la révolution, qui ferma leur couvent et ordonna leur dispersion.

Leur église était paraît-il très riche. C'est de là que viennent les remarquables monuments funéraires des 14'' et 15" siècles en pierre sculptée, conservés à la cathédrale et à l'école Saint-Luc.

X° 1. Maison de la renaissance flamande du 17" siècle, assez richement décorée, mais entièrement défigurée.

N" 2. Maison de même style plus simple.

N" 4. Pignon en pierres d'une construction du 15" siècle.

N" 6. Maison du 17" siècle, style français. Le rezde-chaussée en pierres de taille et l'étage en pierres et briques.

N" 7. Maison style Louis \VI.

La tour dont il est parlé à la rue Saint-Piat n° 88, se trouve dans le jardin de cette maison.

N" S. A peu près en face de cette maison se trouvaient autrefois la (oii/- (fArra.s qui terminait de ce côté le mur d'enceinte de la seconde époque, et la petite porte de ville dite des Frères-Mineurs.

N" 9. Maison du 17'' siècle, en pierres et briques, de style français, avec corniche en pierre.

N" 22. Maison de la renaissance flamande du 17* siècle, modernisée.

A l'extrémité de ce quai, et sur l'emplacement de l'ancien couvent des KécoUets on a cru avoir trouvé les restes d'une construction (un fort ^) de l'époque romaine. Mien no justifie cette supposition.

lînr lies ,h':\iiil('s, ainsi appelée parce qu'autrefois les Jésuites y établirent leur collège; on la nommait aupa-

ravant rue des vignes ou del vigne à cause du voisinage d'un vignoble, et plus tard rue des Allemans.

Eglise Saint-Piat.

Le premier oratoire chrétien construit en cet endroit est attribué à Saint Eioi, et il aurait été érigé, dit-on, sur l'emplacement d'un ancien temple païen.

L'église actuelle, qui est un des plus anciens édifices romans du pays, remonte au 1 P siècle, sauf le chœur qui est gothique primaire et quelques parties accessoires qui datent du 16'' siècle.

Son plan général est celui de la basilique, c'està-dire rectangulaire, avec chœur légèrement en saillie.

La longueur des nefs est de 40 mètres, leur largeur de 18, et la profondeur du chœur est de 8 mètres.

L'extérieur de l'édifice, si on excepte la tour et la façade, ne présente guère d'intérêt.

A première vue, la façade (occidentale) apparaît comme un pignon élevé dans lequel on a ouvert une grande fenêtre gothique sans intérêt, et au-dessous une porte de même style qui, pour n'être pas mauvaise, ne se recommande par aucun mérite exceptionnel (elle a été construite en 1870) ; mais en y regardant de près on s'aperçoit que cette fenêtre et cette porte ont été percées après coup dans une façade dont les baies primitives avaient été bouchées, et en étudiant celles-ci on s'aperçoit que le rez-de-chaussée a compté autrefois sept arcades plein cintre de construction très simple, celle du centre étant la plus élevée, tandis que celles des côtés vont en diminuant vers les extrémités. Au-dessus s'étageaient quatre rangs de petites arcades semblables. La restauration de cette façade, qui serait des plus facile et pourrait se faire d'après les données les plus sûres lui rendrait un cachet étonnant.

La ionr élancée et de forme carrée, est de même style mais construite avec plus de richesse de décoration ; elle date probablement du 12'' siècle et se compose de cinq étages de baies diverses, toutes romanes, celles des étages supérieurs étant cantonnées de colonnettes; celles du troisième étaiire, à arc trilobé, sont particulièrement élégantes. La llèche eu ardoises est d'une époque beaucoup plus récente. Toute la tour est dans un état de délabrement qui fait pitié.

Le clocher est placé du côté nord du chœur dans l'axe de la basse nef. Il devait avoir un pendant de l'autre côté (le second clocher est bâti jusqu'à la hauteur des nefs) et même il paraît qu'un troisième clocher, reliant les deux autres, fut projeté par l'architecte primitif, mais il ne fut jamais élevé. Un commencement de galerie avec arcatures, visible du côté du chœur, indique ce projet.

Intérieur.

Il paraît au premier aspect dépourvu de tout intérêt, l'église ayant perdu toute li(jnc. par suite de remaniements successifs, et un malheureux badigeon jaunâtre recouvrant tout le monument du haut en bas.

On peut cependant reconstituer l'ordonnance primitive de la nef qui se composait de six arcs plein cintre reposant sur des pilastres carrés n'ayant pas de chapiteaux mais une simple moulure à biseau. Le cintre de la première travée est supporté par une console ornée de cannelures. (Quatre (h; ces arcs ont élé démolis et remplacés par deux arcs ogivaux (h; dimensions doubles. Ils étaient surmontés d'une galerie continueà arcs plein cintr(! formant triforium (ït des ('cn<M res du clair étag(3.

Une voûte ogivale en berceau couvre la nef. Llle

était autrefois lambrissée et elle est aujourd'hui plâtrée. Elle a conservé ses sommiers, ses nervures et ses poinçons en forme de colonnettes.

Les basses nefs ont été remaniées, leurs fenêtres transformées en fenêtres ogivales, leurs voûtes refaites au 17'' siècle.

Au fond de l'église on remarque les trois entrées, ornées de trois petits portails à colonnes de marbre.

Celui du nord est particulièrement intéressant parce qu'il renferme le portrait d'Etienne Dailly, sculpteur tournaisien, en costume de capitaine des archers de Saint-Sébastien, qui le donna en 1662 et sculpta les deux statues qui le décorent.

A l'intérieur de ce même portail on remarque le monument funéraire de la famille du Pré, en pierre assez sommairement sculptée, datant de 1()17.

Le jubé, construit pour être le support des orgues, se compose de 3 arcades de style classique reposant sur des colonnes à bossages, en pierre. Les écoinçons des arcs sont ornés de cartouches avec têtes d'anges et guirlandes de fruits en marbre noir et blanc. Il est surmonté d'un garde-fou en bois sculpté, fort massif. Sur le jubé, près des orgues, deux bous volets de triptyque.

Du côté nord on a construit au 16*^ siècle la chapelle de Notre-Dame d'Alsemberg, dotée d'un massif autel en bois avec grand retable à colonnes. Au centre se trouve une bonne Assomption, d'après Rubens. Huit tableaux de Romain Delmotte retracent l'histoire de Notre-Dame. Belle couronne de lumière gothique à trois étages, pédiculée, en fer battu.

Sous la chapelle caveau funéraire ayant servi à la sépulture des membres d'une confrérie dont les cercueils sont rangés en pile les uns au-dessus des autres.

En face, du côté sud, chapelle de Saint-Hubert, de

la même époque que la précédente, décorée de cinq tableaux d'Hennequin (18.'30j, retraçant l'histoire de saint Hubert. Elle possède un caveau funéraire comme la chapelle Notre-Dame.

Contre un des piliers de la nef, la chaire de vérité de style renaissance, du 17" siècle, portant les armes de la famille d'Ennetières, et contre le pilier d'en face un bas-relief en albâtre de la môme époque représentant la résurrection.

Un peu au delà on voit la chapelle Sainl-Roch, autrefois la trésorerie, gracieuse construction de la première moitié du 14" siècle, érigée sur les plans de Jean le Kesèle. Sa voûte à nervures est ornée d'une clef sculptée représentant le couronnement do la sainte Vierge et supportée par des culs de lampe en forme d'anges tenant les instruments de la Passion.

Sur l'autel, tableau représentant saint Roch, entouré du donateur et des membres de sa famille, agenouillés. En face, trois monuments funéraires en bois (simulant le marbre); ils se composent d'un tableau, entre doux colonnes, surmonté d'un médaillon avec le portrait du défunt, et appartiennent au style renaissance du 17" siècle.

Entre la chapelle Saint-Roch et la chapelle Saint- Hubert, se trouve le baptistère, dont l'entrée est dissimulée dans le lambris de la basse nef.

On y voit un monument funéraire en bois, do style renaissance, avec volets peints, représentant lo défunt (Amand Hruièrey \Cu)\^ (A sa famille, et à rexlori(Mir deux saints en grisaille; une jolie boite aux saintes huiles, on argent, du 1(V siècle, en fornu^ de châsse; deux grands chandeliers en fer forgt'.

l'âi face de la (;ha[)el!o, couronne; de lumière aussi en fer forgé.

La travée qui suit la chapelle Saint-Roch est occupée par les tours. Elle ne se distingue en rien des précédentes, si ce n'est que ses pilastres sont beaucoup plus forts que ceux de la nef.

Le chœur avec ses bas côtés est gothique et remonte au 13® siècle. Il se compose d'une abside polygonale à sept fenêtres et de deux travées séparées des bas côtés par des arcs ogivaux que supportent des colonnes aux chapiteaux octogones. Quatre fenêtres ont été restaurées. Leurs vitraux sont modernes. La voûte gothique à nervures, autrefois lambrissée, est aujourd'hui plâtrée, mais sa forme générale a été conservée.

Le mur sous les fenêtres est orné d'arcades surbaissées cachées par des stalles en bois sculpté qui ont été faites en 1703.

L'autel est de style classique, avec contre retable à colonnes, en marbre. Il est surmonté d'un fronton brisé avec une statue de la sainte Vierge par Etienne Dailly.

Le tableau qui se trouve au centre provient de l'ancienne chapelle de la citadelle de Tournai. Il représente le Christ en croix et est attribué à J. Van Oost d'après Van Dyck (1G40).

On remarque encore dans le chœur quatre grands chandeliers gothiques en laiton ; un magnifique aiglelutrin de 1403; la clôture du chœur (18" siècle), en fer forgé et deux tableaux peints par Devée, de Lille.

Sous le chœur s'étend un caveau où reposent les anciens pasteurs de l'église.

Il existait autrefois à l'entrée du sanctuaire un fort beau jubé qui datait du lo' siècle.

Les chapelles latérales sont sans intérêt. Celle du

côté nord possède un autel en bois sculpté de style rocaille, [\i)2il:. Il porte les armes de la famille d'Ennetiéres. Le tableau de l'autel (Saint-Nicolas), est de Gillis, fils ITC).") . Près de cet autel un vitrail ancien aujourd'hui disparu représentait les donateurs aux pieds de la Merge.

Sousla fenêtre, tombeau desdeBaudequini llVsiècle).

L'autre chapelle ('actuellement consacrée au Sacré- Cœur), est l'ancienne chapelle de Sainte-Marie-Madeleine, fondée en 1275 par Henri de (rand (qui n'a rien decommun avec son homonyme, de la famille (loethaels) . Sous un arc gothique surbaissé, se trouvait autrefois le tombeau de Marc Villain, dont la statue en laiton, datant de 1 1:^7, fut vendue comme vieux cuivre au commencement de ce siècle. Il ne reste que l'épitapho tracée sur une bande de cuivre.

Ce môme Marc Villain avait fait établir en un endroit de l'église une cheminée dans laquelle on faisait du feu pendant les oilices pour réchaulfer les pauvres gens. Il serait intéressant de retrouver la place de cet ancien chaulToir.

Derrière l'autel du Sacré-CdUir se trouve une trcs jolie chapelle funéraire de style gothique, construite au 15'' siècle, par la famille de Ilellemmes et à laquelle on a donné par erreur le nom de sépulture (loethals.

Cet élégant monument, unicpie dans son genre à Tournai, est couvert pur une voûte à nervures en pierres blanches dont les moulures sont orn<>es de trilobés en forme de pendentifs. Les fûts des colonnfMtes sont couverts d<( sculi)tures tigurant des bi-aiiches de vigne. La chapelle a été restaurée vers ls|i), et tout ce (jui rap{)olJe Henri do (land ou la faniiMc ('.oothals a été aj()ut('^ lors de coMc restauration.

Lue chapello 'Mait auti'cfois dodiée à Saint-. lacijucs,

Son mobilier ancien était connu, mais il n'en reste rien, et il est impossible aujourd'hui d'identifier cette chapelle avec une de celles qui existent encore.

Trésor.

Grande statue en argent de Notre-Dame d'Alsemberg, ravissant travail du 18° siècle (1753). Garniture cT autel en argent, composée d'une grande couronne, deux anges qui la supportent, deux anges adorateurs, un socle et un devant de tabernacle, des gradins, provenant de l'ancienne abbaye de Saint-Médard (17" siècle); bel ostensoir en argent doré de style renaissance (10" siècle) (le tube a été remplacé par un soleil) ; boite aux saintes huiles, en forme de châsse (en argent) du 16" siècle ; (au baptistère) trois beaux calices du 17" siècle; ces objets proviennent de l'ancienne église Sainte-Catherine. Fragments d'une cp-o/^ de procession du 13" siècle, en vermeil, garnie de reliques, montés sur une croix de bois; plat d'ofïrande [l] en argent bosselé, du 17'' siècle; clochette en argent (1752); deux lanternes de procession en argent, de style Louis XVI, faites par Lefebvre-Caters ; trois canons d'autel en écaille garnis d'argent, de l'époque de Louis XIA' ; deux élégantes burettes en argent, de style Louis XA'l; quatre girandoles en argent, de style Louis X\T et de style empire ; reliquaire de saint Piat en forme de calotte ; croix d'autel en argent et cuivre doré, style Louis X\'l ; petit porte-paix en argent doré, du 16'' siècle, garni de perles et de pierreries, avec émail peint, représentant la tiagellation ; il porte les armes des d'Aubermont; deux bâtons de chantres en argent, du l(i" siècle, rappelant le style gothique.

Trois petits tableaux peints sur bois, du 16" siècle :

(le mariage de la sainte Vierge, la Présentation et la Circoncision).

Antipanne du commencement du 17' siècle, fond d'argent à broderie bourrée d'or et de soie, au centre médaillon représentant l'Assomption.

Ornement complet, rouge, à lourdes broderies d'or, du 17" siècle (elles ont été réappliquées); chasubles blanches, chapes rouges à larges bandes d'orfrois; plusieurs ornements en soie brochée des 17" et 1 S" siècles.

L'église possède deux cloches anciennes, l'une de 1 131 (Pial), et l'autre de 1545 (Marguerite).

On a retrouvé autrefois dans une dépendance un curieux claveau de cheminée, du 15" siècle représentant la chasse à la licorne; il est de nouveau égaré.

Rue des Jésuites {^M\iQ).

jN° 1. Construction de l'époque gothique, en moellons, modernisée. Dans la farade, un médaillon avec une figure du Saint-Esprit, et un bas-relief funéraire mulilé et eiïacé par le badigeon qui paraît avoir représenté le Jugement dernier. Au centre, le Sauveur et quatre anges, dominant la scène de la résurrection des corps. A droite et à gauche les défunts et leurs patrons.

N" ('). Maison du IS" siècle, pierres et bricjues, avec porte cochère.

N" (S. Maison de style Louis X\'l.

X'" \'^ à IC). Trois maisons à façade en pierres taillées, d'un tvpc anormal et dont il est diflicile de lixeila date.

De grandes fenêtres cari'ées cl des portf^s dont l'une est datée Itisu (;t porte h; nionograninn^ III S, occupent le i'ez-d(î-cliaussé<!, tandis ([ue i"èlag(; (!st cclaiic par une suite de grandes ouvertures cai'rees av(!c ti'u-

meaux très étroits. Chaque fenêtre est coupée par une croisée en pierre dont la partie inférieure consiste en une colonne d'un caractère très ancien. Le rez-dechaussée et l'étage de ces constructions ont une hauteur inusitée.

Derrière elles, se trouvent juxtaposés des bâtiments en pierres et briques dans le style du 17® siècle.

N" 18. Maison du 15" siècle, complètement défigurée. Elle a fait autrefois partie du Séminaire avec lequel elle communiquait par un pont jeté au-dessus de la rue de Bève.

N°^ 20 à 20. Maisons en pierres et briques du l?*' siècle.

N" 28. Le Séminaire, autrefois collège des Jésuites (de 1595 à 1773), puis abbaye Saint-Médard ou Saint- Nicolas des Prés (voir paroisse Sainte-Marguerite), jusqu'à la révolution; hôtel de la sous-préfecture jusqu'en 1807, et Séminaire épiscopal depuis lors.

Les Jésuites, qui eurent une maison à Tournai dès 1554, établirent en 1595 ce collège dans lequel ils enseignèrent pendant près de 180 ans; la première pierre de l'église fut posée en 1001 ; elle était achevée en 1004. Les grands bâtiments à usage de classes, réfectoires, parloirs, etc., tels qu'ils existent encore aujourd'hui, furent élevés dans la suite. Ces derniers sont fort simples, bâtis en briques avec quelques détails en pierres. Ils comprennent un corps de logis à front de rue avec galerie ouverte, du côté de la cour; un autre qui lui est parallèle (1003), et un troisième (érigé en 1079) qui relie les deux premiers; ces trois bâtiments entourent la première cour dont l'église forme le quatrième côté. Au delà du bâtiment du fond, deux ailes qui lui sont perpendiculaires entourent un premier

jardin, celle du côté nord, est toute moderne. Enfin, derrière et plus bas, s'étend le grand jardin, en contrebas de la terrasse et longeant la rue de Bève. On voit de ce côté un reste du mur de la seconde enceinte sous lequel régnent des souterrains irréguliers.

A l'intérieur, il n'y a à signaler que le grand salon, de style Louis XVI, où se trouvent huit tableaux de Fourbus provenant de l'abbaye Saint-Martin et représentant des scènes de la Passion, ills étaient autrefois à l'église). Le tableau qui est sur la cheminée, plus grand que les autres, représente le crucifiement et est signé l^ourbus, 1574.

Dans un salon qui fait face à celui-ci on voit un bon triptyque de l'école allemande du \('f siècle, représentant au centre le crucitiement, sur les volets le porte ment de la croix et la descente de croix, et sur les côtés extérieurs la tiagellation et un Lcce homo en grisaille. Sur le bord du vêtement d'un des personnages on lit P. MAR.

Le réfectoire des élèves possède un beau plafond à poutres apparentes. On y a déposé plusieurs grands tableaux venant de l'église, parmi lesquels une adoration des mages de /'. /' \'crh/ic(/cn , M'M. Plusieurs tableaux possèdent de beaux cadres sculptés.

Belle porte sculptée, de la salle d'exercices.

Au-dessus du réfectoire existe une classe de mêmes dimensions avec plafond <à poutrelles apparentes.

On y ('onserv(3huit tableaux en grisaille ['('présentant la vie de saint Martin pai' l'ourbus. Ils provionniMit de l'abbaye de Saint-Martin.

Le réfectoire d(;s professeurs renferme ([UtMfpKvs tableaux : le baptême du Olirist par WilmK'r ' I \w image de Notre-Dame par Sc^^j/ic/'.s, et lin portrait d<!

Mgr Hirn dans un cadre sculpté, orné des attributs de baron de l'empire; un bon Christ en ivoire, etc.

La bibliothèque est fort convenablement installée dans le bâtiment nouveau, à l'étage.

Outre les ouvrages ordinaires elle renferme d'intéressants manuscrits , quelques incunables et de bonnes reliures :

Bible de Lobbes, écrite en 1080, ornée de miniatures très curieuses; Missel (provenant de l'abbaye Saint-Martin), de l'époque romane (bonne reliure); Horaire de la même époque (de très petites dimensions 8 ^2 X 5 ^/2 centimètres) ; Commentaire de l'écriture sainte, in-folio du A^" siècle (provient de l'abbaye de Cambron) ; Uistoria scliolasiica, in-folio de la même époque (belles lettres ornées); Épistolaire du 12'' ou du IS'' siècle (provient de l'abbaye d'Aulne); Missel de Tournai (1498); Livre d'heures du H*" siècle; un autre du lô'' siècle (belle reliure à fermoirs); Vie de sainte Renelde et sermonaire (de l'abbaye de Lobbes) ; le roman du Cœur, avec miniatures du KV' siècle; règle des Sœurs de l'abbaye des prés; Livre d'heures à l'usage de Rome, 1498 (incunable peint).

Le mobilier de la bibliothèque est moderne, sauf une belle table de style renaissance.

PJglise.

Bâtie entre 1()01 et 1()05 par un Frère Jésuite de Bruges, à la même époque, à peu près, que la chapelle de l'athénée et que celle des Clairisses, à la rue de ce nom, elle est comme elles gothique dans son ensemble, avec des parties dans le style de la renaissance. La façade est intéressante par ses trois pignons d'égale hauteur, percés chacun d'une grande fenêtre ogivale

à meneaux et séparés par des contreforts. I.e portail est fie style renaissance (160.'^). La porte possède un joli montant sculpté avec l'image de Notre-Dame sous un dais.

Les façades latérales sont sans intérêt. Au côté nord se trouve la tour qui ne dépasse pas la hauteur des toitures de la nef.

Intérieur.

Il a été l'objet d'une restauration toute récente.

Beau vaisseau rectangulaire, terminé par un chevet plat, avec bas côtés qui s'arrêtent à la naissance du chœur.

Six travées à arcs ogivaux supportés par des colonnes monocylindriques avec chapiteaux octogones ornés de simples moulures, séparent la nef des bas côtés; le chœur ne possède pas de bas côtés et l'église n'a pas non plus de transept. Au-dessus de chacune des nefs règne une voûte ogivale en berceau, lambrissée, divisée en compartiments par des moulures et reposant sur une corniche avec consoles à tête de lion. Le chœur est très simple, il a été restauré et quelque peu remanié.

Au sommet du chevet ouvre une fenêtre ogivale et au-dessous d'elle une rose à meneaux llamboyants, accompagnée de chaque côté de trois arcatures gothiques formant galerie.

L'un des côtés du chœur est éclairé par deux grandes fenêtres ogivales. L'autre est ouvert au centre par une double arcade plein cintre en pierre, divisée par des linteaux en trois étages, reposant sur des colonnes de style classique. Cette arcade donne sur une tribune communiquant avec l'étage du bâtiment voisin.

Les bas côtés sont éclairés par cin(j fenêtres ogivales.

Us se terminent par un mur plat orné d'une grande arcade renaissance du 17"' siècle, qui abrite l'autel. Au sommet du chevet du côté de l'épitre, on a ouvert dans le pignon un petit oculus. L'ancrage des basses nefs est formé par les poutres de la voûte.

Au bas de l'église un jubé de style renaissance, occupant toute la largeur de l'édifice, supporte les orgues qui sont placées contre la grande fenêtre de la façade. 11 est en marbre noir et blanc, et se compose de cinq arcades surbaissées, décorées d'anges et de rinceaux, et reposant sur des colonnes ioniques, en pierre; des statuettes occupent le point de rencontre des arcs avec les colonnes. Un garde-fou à balustres en marbre couronne le sommet du jubé.

L'autel, placé à l'entrée du chœur, et non contre le mur du chevet, a été exécuté pour l'abbaye de Saint- Médard, alors établie au Séminaire, dans le dernier quart du 18^' siècle par Lecreux, sculpteur tournaisien. 11 est en marbre et à double face, de style Louis XV, c'est une œuvre grandiose et magnifique. Sous la table d'autel, le sculpteur a placé un groupe (fort sacrifié), la religion terrassant l'erreur.

Les tableaux qui ornaient autrefois l'église ont été transportés dans le réfectoire et les classes. Les vitraux sont modernes.

Rue des Jésuites (suite).

IS" 31. Maison du 15° siècle, récemment défigurée par un odieux crépissage. On voyait autrefois à l'angle du pignon le chapiteau d'une colonnette; sur le côté, dans la rue des Filles-Dieu, une élégante porte du 10'' siècle.

rs'' 3S. Maison du 17' siècle, briques et pierres.

N" 42. Maison du 18" siècle, pierres et briques.

N" 51. Maison du 17- siècle à pignon, briques et bois. A l'intérieur les poutres des plafonds sont supportées par des corbeaux en pierre.

N° 49. Ancien hôtel Vranx d'Amelin, (M. le général de Formanoir de la Cazerie). Tableaux par lldus Ilolbein le jeune; Velasquez da Silva ; Panloja de la Cruz ; D. Teniers le jeune ; Frans Floris.

Beau service en porcelaine de Tournai; deux consoles Louis Xl\', signées llavard 175G; grands lions en pierre provenant de l'abbaye Saint-Martin. L'hôtel était décoré autrefois de tapisseries.

N" 11. Pan de mur du 17" siècle, ayant fait partie de l'ancien hôtel du gouverneur (ancien refuge de l'abbaye Saint-Amand), qui était établi sur l'emplacement de la rue d'Épinoy actuelle et des deux maisons qui font l'angle de la rue des Jésuites.

N" 'M . Maison à 3 étages avec pignon à escaliers, dans le style de la renaissance flamande. Les croisées des fenêtres ont disparu et la maison a été modernisée.

N" T). Maison du 17'' siècle, à deux étages, de la renaissance flamande, avec cartouches sculptés, UUtW Les croisées en pierre ont disparu.

I\tœ du (du'ileax-r Ahhii i/<'.

On y voyait autrefois le refuge des religieux de Château-l'abbaye près de Mortagne, dont il restait encore, il y a peu d'années, une élégante tourelle de l'époque gothique, en briques et pierres.

Une di' 1(1 Titre, mot dont la signitication échappe, à moins que ce soit le nom d'une famille qui vivait au L!" siècle.

Le tracé de cette rue suil celui de la seconde enceinte.

Du côté des numéros impairs, on peut voir 3 ou 4 maisons du 15*^ ou du 16° siècle, dont il ne reste aucun détail ancien. L'une, en bois et briques, date de 1569.

N" 2. Belle maison du 17'' siècle, à deux étages, en briques et pierres, de style français; le cordon à hauteur d'appui des fenêtres a été abaissé.

N°^ 16, 18 et 20. Trois maisons à deux étages et avec toiture en saillie, du 17'' siècle, de style renaissance, pierres et briques ; les fenêtres ont eu des croisées en pierre, et l'imposte, sous l'arc de décharge, est en pierre sculptée en forme d'éventail.

L'une d'elles a été récemment restaurée avec sincérité et fait un heureux contraste avec la maison n° 34 de la rue des Jésuites, défigurée par un odieux crépi.

N''32. Maison du 17° siècle modernisée; au centre, une petite niche avecla figure d'un abbé et la date 1606.

Hue (ÏE})inoy.

Elle est de création récente. On a trouvé dans son sol un certain nombre de tombes romaines faisant partie d'un vaste cimetière situé à droite de la voie romaine de Tournai à Douai, qui partait du beffroi, coupait le pâté de maisons de la place du Parc, passait par l'extrémité de la rue de la Ture, traversait la rue des Jésuites, et continuait ensuite à travers les terrains de la citadelle.

N° 1. (M. A. Blondel. Collection céramique, tapisseries, meubles anciens, objets de la Chine et des Indes.)

N" 3. (M. J.-B. Carbonnelle. Faïences et porcelaines anciennes, spécialement de Tournai. )

l\ue <h Bère.

Elle suit à peu près comme la rue de la Ture le tracé des fortifications de la deuxième enceinte, et se trou-

vait à l'intérieur de celle-ci, dont on voit les restes dans le jardin du Séminaire.

Rvc (fps Ingcrs, c'est-à-dire des Kngins, parce que là se trouvait le dépôt de l'artillerie communale.

Cette rue se prolongeait autrefois vers la citadelle, jusqu'à sa rencontre avec la rue des Filles-Dieu. On y voit quelques maisons du IS*" siècle, sans intérêt.

Le magasin des engins renfermait une importante artillerie que Tournai fabriqua en abondance au 15'" et au 10" siècle.

L'ancien lieu de réunion du serment des archers Saint-Sébastien se trouvait dans cette rue, avant d'être transféré, au 15' siècle, dans le fossé qui longeait la seconde enceinte, près de la rue Perdue (fossé Kinson). Plus tard les canonniers du serment de Saint-Antoine y eurent leur local.

Rue (les FUh's-Dicn, ainsi appelée à cause du couvent des religieuses de ce nom qui y fut établi en 151)), et fut supprimé à la révolution. Une partie de l'ancien couvent fut occupée plus lard par une association charitable, la lUfUeniitê, qui disparut elle-même lorsqu'on démolit vers ISTO tout un côté de la rue pour relier le nouveau quartier de la citadelle à la ville.

C'est de là que proviennent deux grandes cheminées en pierre de Tournai, de style renaissance, qui figurent actuellement dans les collections de ^L^I. A. Blondel et E. Soil.

La rue des l''illes-Dieu aboutissait, avant l'érection de la citadelle, à une porto de la troisième enceinte de la ville appelée porte des W'asiers ou des \'oisiers. Kilo était sans doute j)lacée sur l'ancien chemin romain do Douai mais lui, suj)primé(; a une époque reculet; cai" les plans du 1()" siècle ne l'indiquent plus.

Au delà de la rue des Filles-Dieu et de la rue de l'Esplanade s'étendent les anciens terrains de la citadelle qui viennent d'être transformés en terrains à bâtir et sont sillonnés de nombreuses rues projetées.

Le centre est occupé par la caserne d'infanterie installée dans les anciens bâtiments de la citadelle réédifiés sous le gouvernement hollandais, après 1815. Il ne reste plus rien de la citadelle primitive, chef-d'œuvre de l'art militaire qui avait été élevé en 1(368 sous Louis XIV, sur des plans de Vauban, peut-être, par M. Des Houilliers et dont la première pierre fut posée par M. de Louvois, premier ministre du Roi. Elle s'étendait sur 78 hectares environ.

Derrière les casernes, \ asile des aliénés, vaste et très remarquable établissement hospitalier, aménagé selon tous les préceptes de l'hygiène et de la science.

Sur le côté, la prison cellulaire et la caserne de gendarmerie, et plus près de la ville le jialais de juslice, malheureuse construction dénuée de tout intérêt, mais où on peut voir, dans la salle d'audience du tribunal correctionnel, deux grandes tapisseries représentant les métamorphoses de Jupiter; dans le cabinet du président, deux autres tentures de la même série, et un tapis (ancienne portière) aux armes du Tournaisis. Ces cinq pièces proviennent de l'ancien palais des Etats du Tournaisis, le local actuel des archives, rue des Orfèvres. Dans la salle du tribunal de commerce, belle pendule Louis XV sur socle écaille et bronze.

Dans la première chambre civile, tableau de Saint- Michel, peint par Raymond Brébar, dans un beau cadre sculpté signé François Hazard, 1736.

LA CATIIKDKALL

La cathédrale de Tournai, est un monument de tout premier ordre, tant au point de vue religieux et historique qu'au point de vueartistiqueetarchéologique. Ses parties les plus anciennes remontent au 1 1'" siècle peutêtre même au 8' et chaque époque, jusqu'au 1()" siècle, y a laissé des œuvres de haute valeur.

i^Ue occupe l'emplacement de la primitive église de 'J'ournai, érigée sur un fonds donné par I renée, aïeul de saint Eleuthère, au commencement du 1" siècle, église détruite à l'époque des persécutions, relevée au ;")'■ siècle par saint Eleuthère, (élu évêque en 4S4 et mort en ^)'2~)) et c'est pourquoi les plus anciennes figures de ce saint le représentent portant dans la main une image de la cathédrale.

De nombreux textes éta!)lissent l'existence de ce temple depuis cette é{)oque jusqu'à celle des invasions normandes à la tin du 1 • siècle. Il fut saccagé mais non complètement détruit sans doute par ces barbares.

L<;s liabitants de Tournai, fuyant leur approche, se réfu'nérent eu s^:.^ à ,\ovt)n, d'où ils ne revinrent

dans leur ville que 30 ans plus tard. On ne sait en quel état ils retrouvèrent la cathédrale. Peut-être relevèrent-ils alors la partie des nefs voisines de l'entrée dont il existerait encore de précieux restes, noyés dans l'édifice du IP siècle.

Le 10'' siècle fut marqué par de grandes calamités et la paix ne fut rendue à la ville qu'au milieu du 1 T' siècle; les chanoines en profitèrent aussitôt pour commencer l'édification du temple encore debout aujourd'hui.

L'histoire de la construction de la cathédrale, de ses embellissements, de ses saccagements, de ses restaurations successives, de son pillage à la fin du 18'' siècle, et de sa restitution au culte en 1800, formerait un volume des plus curieux; le récit des événements dont elle a été le théâtre ou le témoin, intéresse au plus haut point l'histoire locale, et même l'histoire générale; le journal de sa restauration, commencée en 1840 et qui n'est pas encore terminée de nos jours, sera des plus instructif pour les archéologues et les artistes.

La cathédrale n'est qu'imparfaitement orientée; elle est située sur le flanc d'une colline, de sorte que par la porte principale on entre de plein pied dans le temple, tandis qu'on monte des escaliers du côté de la porte nord, et qu'on en descend du côté de la porte sud.

Son plan primitif avait la forme bien nette d'une croix latine, dans laquelle les bras du transept et le chœur, au sommet de la croix, avaient à peu près la même dimension. Par suite de la reconstruction du chœur à l'époque gothique, cette proportion a été complètement changée et le bras supérieur de la croix est devenu plus long que le bras inférieur ou la nef.

Si l'on tient compte du porche extérieur et des cha-

pelles absidales, le centre de l'église correspond à peu près au milieu même de la coupole centrale.

Les dimensions de la cathédrale sont les suivantes d'après les relevés de B. Renard.

I>ongueur totale extérieure, \'M mètres.

Largeur, aux transepts 6() mètres et demi.

Hauteur totale des flèches s;] mètres.

Hauteur des quatre tours des côtés, jusqu'à la naissance de la flèche 58 mètres.

Hauteur du comble des transepts .35 mètres, du comble de la nef o-'3 mètres, et de celui du chœur 47 mètres.

Intérieur : avant-porche 2 mètres et demi.

Porche 10 mètres ; nef 1<S mètres ; transept 14 mètres et demi; chœur, jusqu'à l'extrémité de la chapelle du Chevet 5<S mètres.

Longueur des transepts 03 mètres.

llauteurdelapremière galeriedes transepts 1 1 mètres 25 c. — De la seconde () mètres.

Hauteur de la première galerie des nefs 7 mètres; de la seconde 7 mètres et demi.

Hauteur de la voûte de la lanterne 45 mètres.

Hauteur de la voûte du chœur ;]3 mètres, de celle des caroles 17 mètres.

extérieur.

La cathédrale de 4'ournai otfre un ensemble magniflque, dont on peut admirer toute l'ampleur et la magniflcence du sommet d'une des tours voisines, le LelIVoi ou Saint-Hrice.

Rien n'est compai'able au faisceau des cinq tours groupées au centre de l'édilice, élevant leui's llèches égales dans les cieiLX oA dominant toute la cité (4 les campagnes voisines. l)e (lucîhiue côté (ju'on a[i[)roche d(3 la ville, on a{)erçoit à (> ou ^ i^ilometres de di.'stance

ce monument superbe qui couronne l'antique ville royale dont il est l'orgueil.

Une tour eut suffi aux besoins du culte; un dôme suffisait aussi pour couronner convenablement l'intersection des nefs et du transept ; cet entassement de tours, construction de luxe, puisqu'elles sont inutiles à proprement parler, ce faste, cette volonté de faire grand, frappe l'imagination, témoigne de la puissance et de la richesse du peuple qui a élevé le monument ; il impose le respect et commande l'admiration.

Bien que la cathédrale soit de beaucoup de côtés entourée de constructions privées, on peut cependant apercevoir ses parties principales, un côté du chœur, un autre de la nef, les deux transepts, la façade principale et surtout les clochers.

Façade principale (vers l'ouest).

La partie supérieure, de style roman est de restauration ou plutôt de reconstruction moderne, car elle avait été complètement défigurée à l'époque gothique.

L'avant-porche extérieur, gothique, qui date du IC siècle, en remplace un plus ancien, de même style.

L'intérieur du porche est très curieux à étudier.

Derrière les arcatures ogivales et les sculptures qui ornent la façade, on aperçoit des détails de l'ordonnance romane de celle-ci.

Les sculptures appartiennent à des époques bien diverses. Celles de la première zone, en pierre de Tournai, datent du 1 L siècle. Ce sont les statues, en bas-relief, des prophètes et des docteurs de l'Eglise, ainsi qu'Adam et Eve. Chacune d'elles est inscrite sous une arcature gothique. Elles ont une haute valeur artistique et figurent parmi les meilleurs spécimens de la sculpture du moyen âge.

La seconde zone représente deux sujets : l'histoire de Chilpéric et des droits qu'il conféra à l'évêque de Tournai (côté vers l'évéché), et d'autre part une procession solennelle (côté de la bibliothèque). Ces sculptures ont plus de relief que les premières, elles appartiennent au 1(3" siècle et sont en pierre blanche.

Enfin la troisième zone se compose de statues d'apôtres et d'évêques, exécutées au 17'' siècle.

Les sculptures des deux baies des portes furent renouvelées à cette époque. Au centre figure l'image de Notre-Dame, qui date du IT/ siècle, fut mutilée par les iconoclastes et refaite en partie en 1()20.

On y voit encore les statues de saint Fiat et saint Eleuthère'lG2.')) en pierre blanche, des quatre docteurs de l'Eglise latine ( l(»2oj, et des quatre évangélistes.

Sous ces statues, des bas-reliefs représentent des malades implorant Notre-Dame i loRl) à l(')2r)i, entin plus bas, les images d'Adam et Eve dont il a déjà été parlé, ainsi que celles des prophètes (M" siècle».

Entre l'évéché et la cathédrale, sur une voûte surbaissée, est établie la cliapelle épiscopale qui date do la lin du 12" siècle. Son arc à triple lancette accuse bien le caractère de cette époque.

I>a façade latérale sud se voit très bien en passant sous la chapelle épiscopale (vulgairement dite 1" fai'ssc

jiOVli').

Ce qui frappe tout d'abord, c'est la rudesse de l'appareil consistant en moellons très irréguliei's ; les arcs mémo des fenêtres n'ont pas leurs claveaux appareillés.

La façade est percée do trois rangs de foniHros, l(>s deux rangs inférieurs érlaii-eiit la Ij.isse nef (M la galerie de l'étage, tandis (jur b^ troisième, situé au-dessus d»^

la toiture du bas côté, éclaire la partie supérieure de la grande nef.

L'arcade extérieure des fenêtres des bas côtés repose sur une colonnette; elle ne correspond pas exactement, comme forme, à l'arc de la fenêtre proprement dite qui ouvre dans cette arcade; l'imposte entre ces deux arcs, est rempli par une maçonnerie en moellons plus irrégulière encore que le reste de la construction. Des contreforts larges, mais peu saillants, séparent chaque fenêtre. A la hauteur des fenêtres de la galerie, ils sont ornés d'une arcade supportée par deux colonnettes de même aspect que les fenêtres. Un cordon mouluré s'étend sur toute la longueur de la façade aux trois étages des fenêtres et suit tous leurs contours.

Le troisième rang des fenêtres est plus décoré que les deux précédents. Les contreforts ont perdu beaucoup de leur largeur et les arcatures extérieures des fenêtres reposent sur une série de colonnettes qu'interrompent seulement les baies des fenêtres.

Une galerie de circulation (piet-voie) extérieure, règne tout le long de la façade latérale, à la hauteur du seuil des fenêtres supérieures. Les toitures de la nef et des bas côtés reposent sur de simples blochets.

rrr«?.ve;}/. A l'extérieur, les hémicjclesseuls indiquent les transepts ; ils sont semblables, tant du côté nord que du côté sud, tous deux sont complètement dégagés et bien visibles par conséquent. Particularité curieuse, alors qu'à l'intérieur ils diffèrent radicalement des nefs, ils leur sont identiques à l'extérieur, (avec un rang d'arcades aveugles, en plus, sous les fenêtres du rezde-chaussée.) Les fenêtres des deux étages inférieurs ne sont pas au même niveau, il est vrai, mais celles de l'étage supérieur sont exactement à la même hauteur

que celles du clair étage de la grande nef. Preuve nouvelle que le transept et les nefs ont été bâtis en même temps ou du moins, d'après un plan d'ensemble datant de l'époque de la construction des nefs.

Le pignon du transept est couronné d'une galerie à escaliers, ouverte et dont le gable est supporté par de sveltes colonnettes.

Ln. porte laU'i'cde sud (ou porte du capitole), date du 12'' siècle. Elle a dû être restaurée et est privée des sculptures qui l'ornaient autrefois. Au-dessus on remarque quatre baies à arc déprimé qui éclairent une petite tribune d'où l'ofïicial du chapitre assistait à l'exécution des criminels qui se faisait sur le Marché aux poteries.

Le Portail liilêral nord, dit porte Mantile, beaucoup mieux conservé que le portail nord, mérite une description plus complète.

Erigé au 12" siècle, lors du remaniement de la partie supérieure du transept, ce portail est décoré d'une haute arcade trilobée dont la partie supérieure est en arc d'ogive. Sous cette arcade ouvre la porte proprement dite, à plein cintre, encadrée par un large bandeau deux archivoltes supportées par d'élégantes colonnes torses, et deux montants couverts de sculptures, les plus riches et les plus curieuses de la catliédrale, représentant des scènes avec personnages et animaux, difiiciles à expliquer.

Ees sujets sont-ils historiques ou symholiquos, fautil y voir dos scènes de répoqu(; des Mérovingiens ou des sujets allégori(jues^ Ou n'est pas tixé sur ce point.

On peut noter les sujets qui suivtmt : guerriers vêtus du casque conique et de la cott(! do maille, luttant

ensemble. Guerrier vainqueur rentrant dans la cité porteur de la tête de son ennemi (David et Goliath?). Personnage couronné accompagné d'une femme et suivi d'un évéque avec deux prêtres. Deux personnages, celui qui est debout semble tendre la main à l'autre qui gît à terre. (On croit y voir la guérison de l'aveugle Mantilius par saint Eleuthère, miracle qui se serait produit en ce lieu, et d'où viendrait le nom donné à la porte). Monstres variés avec formes humaines, ou chimériques; fileuse tenant une quenouille; femme et guerriers couverts de cottes de mailles ; la fable du loup et de la cigogne; femme frappant un guerrier qui se dissimule derrière un long bouclier, avec la légende Huriiilitas.

Le trilobé qui surmonte la porte est formé d'un bandeau richement sculpté et d'une moulure lisse. Dans la partie supérieure on a ménagé une fenêtre carrée surmontée d'un arc plein cintre supporté par d'élégantes colonnettes.

Cette porte donne accès à un petit porche sans caractère mais où on remarque un chapiteau à rinceaux feuillus avec sujets allégoriques; d'une part deux personnages royaux, homme et femme, dont l'un tient un sceptre; de l'autre (derrière la porte, dans l'église), un monstre engloutissant une femme ; sur chaque côté un médaillon rond avec figure de femme drappée. On ne sait s'il faut y voir un sujet historique, Frédégonde donnant le sceptre à Chilpéric, ou un sujet allégorique; l'orgueil et la puissance d'une part; la ruine et le châtiment de l'autre.

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