‹ Tournai archéologique en 1895Chapitre 4 sur 11 · Elle meurt par le glaive et un ange emporte son âme · texte numérisé non relu

Elle meurt par le glaive et un ange emporte son âme

D'autres peintures, dont le sujet est moins facile à saisir, ornent les pilastres voisins et le fût des colonnes. Leur conservation et leur restauration soulèvent plus d'un problème difficile à résoudre.

Au-dessus de l'autel du transept sud, (autel Sainte- Anne), existent aussi les restes d'une peinture de la même époque représentant la Jérusalem céleste.

Derrière la table d'autel on voit un bon triptique de Van Nègre, représentant la sainte Famille, la Présentation de Notre-Dame au temple et son mariage. Au-dessus on a placé une statue de Notre-Dame en albâtre, œuvre du 1(V' siècle, qui remplace l'antique statue de Notre-Dame liamande, détruite par les iconoclastes. Les peintures qui l'entourent sont modernes.

Dans l'aile nord du transept on voit un cclraire gothique, dont les statues se trouvaient autrefois sous l'arc triomphal, reposant sur une poutre transversale, au-dessus du jubé.

La croix triomphale qui actuellement a pris leur place, est moderne 11870).

Près du Calvaire, sous la première travée de l'hémicycle on voit les restes mutilés du retable de l'ancienne chapelle de la Transfiguration, en ])ierre blanche, exécuté en 1 11)0, et qui représentait Notre- Seigneur debout sur le Thabor, accompagné de ses disciples.

Il reste à signaler dans le transept les rilrai'.r des hémicycles qui sont anciens et très remarquables. Ils se trouvaient autrefois dans les fenêtres du cho'ur et ont dû être remaniés pour prendre place dans celles

du transept. Ce travail a été effectué par Capronnier. Les vitraux originaux datent de 1465 et sont attribués à Lucas Adriaens d'Anvers ou à Thierry Stuerbout.

Ils représentent la guerre entre Sigebert etChilpéric, origine des dotations de la cathédrale, et le rétablissement du siège épiscopal (séparé) de Tournai en

Ces deux sujets se déroulent dans l'ordre suivant; et pour bien les voir, on doit n'examiner d'abord que les scènes d'en bas, et reprendre ensuite, dans le même ordre, celles d'en haut.

Transept sud. V fenêtre (près de l'autel). Bataille entre Sigebert et Chilpéric.

2® (En bas). Fuite de Chilpéric. (Eu haut). Le droit de pontenage concédé par lui à l'évêque.

3''(En bas). Chilpéric est reçu par l'évêque Chrasmer. (En haut). Le droit de balance.

4*" (En bas). Fredégonde arme des assassins contre Sigebert. (En haut). Le droit sur les vins.

5" (En bas). Assassinat de Sigebert. (En haut). Le droit d'étal.

&\ Chilpéric accorde à l'évêque les droits et privilèges retracés dans les scènes supérieures des 2% 3°, 4% 5® et 6" fenêtres. (En haut). Le droit sur les bières.

7*". Le magistrat de Tournai reconnaît les droits de l'évêque.

Vitraux du transept nord.

1"'. Les délégués du chapitre de Tournai demandent le consentement de l'évêque de Noyon pour la séparation des diocèses.

2" Le chanoine Letbert expose l'état des diocèses à saint Bernard.

3'' (En bas). Il se rend à Rome, (En haut). Entrée du nouvel évêque à Tournai.

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4" lEn bas). Il est reçu par le Pape. (Kn haut). Le châtelain rend hommage à l'évêque.

5" (En bas). Le Pape nomme Anselme de Laon, évêque de Tournai. (En haut). Le magistrat de la ville prête serment à l'évêque.

(■)". Anselme est sacré évêque en présence du Pape.

7'. Il vient à Tournai, accompagné du chanoine Letbert.

Le c/iœur, d'un style noble et sévère, puisant toute sa beauté dans la perfection des lignes, et dont la décoration est très sobre, a été élevé en 12 1:?, sous l'épiscopat de AValter de Marvis.

Il compte sept travées en profondeur et cinq travées à l'hémicycle, qui se divisent en trois zones dans le sens de la hauteur ; la première se compose d'arcs gothiques surhaussés qui reposaient primitivement sur de frêles faisceaux de colonnettes icomme ceux de l'hémicycle) qu'on a été obligé de consolider dans la suite par un massif pilastre. Le tympan des arches est orné de rosaces refaites lors de la restauration du chœur, et dont le style semble plutôt classique que gothique. La seconde zone, ou triforium, comprend cinq arcatures par travée, celles des extrémités groupées par deux sous un arc plus grand avec quatrefeuilles. Ce triforium sert de galerie de circulation. Derrière dans le mur ouvrent deux petites fenêtres en quatrefeuille qui correspondent à celles des arcatures. La partie supérieure, ou cleristory se compose d'une large verrière, dont les meneaux, comme le vitrail d'ailleurs, sont modernes.

L'(;xtr('me ténuité des appuis, l'absence de trumeaux ou de panneaux pleins, donne à celt(i partie de la cathédi'ale une lêgrretê et une gi'âce extrêmes, (|ui

l'a fait comparer à la Sainte-Chapelle de Paris. Une voûte élégante, à nervures, construite en pierres blanches, prend naissance à peu près à la base des fenêtres du clair étage. Ses retombées reposent sur de minces faisceaux de trois colonnettes chacun, qui partent de fond et sont appliquées contre les pilastres des arcs du rez-de-chaussée.

Le choeur est entouré d'un déambulatoire, qui porte ici le nom de caroUe, sans que l'on connaisse bien l'origine de ce mot. Faut-il lui donner la morae étymologie qu'au mot carole, qui dans le langage du moyen âge signifie danse, ronde, et par extension procession autour du sanctuaire? Le chœur ne possède pas de bas côtés, mais en face de chaque travée, on a ménagé entre les contreforts une petite chapelle étroite éclairée par une large fenêtre ogivale. Sous les fenêtres règne une belle arcature gothique à arcs trilobés.

Autour de l'hémicycle du chœur, la carolle s'élargit de manière à ménager cinq chapelles absidales dont une seule, celle du centre, plus profonde d'ailleurs que les quatre autres, possède un autel.

Les voûtes du déambulatoire indiquent bien le travail de consolidation dont les piliers du chœur ont été l'objet. Ceux-ci ayant été renforcés par le milieu, les colonnettes qui supportent ces voûtes ont été reculées, ce qui a diminué la portée des arcs doubleaux, de telle sorte que la clef de la voûte n'est plus au centre de celle-ci. On peut voir un témoin de ce remaniement dans le pilier voisin de la porte du chœur, du côté de la sacristie.

Dans les carolles, les chapiteaux des colonnes sont à crochets, comme dans le chœur, et certaines colonnes ont la base pattée.

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Le sanctuaire .

Tout au fond du chœur, contre l'arc central de l'hémicvcle se dresse un autel très élégant et du meilleur goût, dont les proportions n'ont rien d'exagéré, de telle façon qu'il ne choque pas, bien qu'il soit d'un style tout ditTérent de celui du monument.

Cet autel en marbre de diverses couleurs et garni en bronze doré, de style classique, exécuté en IT'^^T, provient de l'ancienne église de l'abbaye de vSaint- Martin. Le retable est orné de médaillons très artistiques dus à Gaspard Lefebvre, orfèvre tournaisien. Ils sont en argent et en bronze doré, travaillé ou repoussé. La table d'autel, distante du contre-retable est très élégante. Elle est ornée d'un beau crucifix et de six riches chandeliers de style Louis XVI en marbre blanc et en bronze doré.

A droite et à gauche de l'autel, sur des socles indignes, reposent deux superbes cftf'isses , merveilleux ouvrages d'orfèvrerie du 12'' et du l.'^'' siècle, très mal placés malheureusement pour être vus et étudiés.

La châsse de Notre- hcoiie (du côté de l'épître), édicule rectangulaire, couvert par un toit à deux versants et à deux croupes, longue de 1 mètre 16 centimètres et large de 70 centimètres, est l'œuvre de Nicolas de Verdun, qui l'exécuta en 1205, et elle vient d'être restaurée de la façon la plus heureuse et la plus consciencieuse. LUe est décorée de sujets en bas-relief, abrités sous de riches arcatures ornées de filigranes, d'émaux cloisonnés ou champlevès, de pierreries, la plupart anciennes et véritables, et d'inscriptions anciennes ou rétablies d'après le texte d'un manuscrit reposant aux archives du chapitre. Un des émaux est parliculièremeiiL intéressant : c'est celui ([ui sert de fermoir

au manteau de la Vierge ; il est translucide et probablement byzantin, de couleur vert émeraude. Un autre émail translucide, vert et bleu, à la ceinture de la Vierge, paraît être une imitation du premier, faite par Nicolas de Verdun.

Les différents groupes, qui se détachent sur un fond émaillé, représentent : 1. L'adoration des Mages, qui orne une des extrémités de la châsse.

A l'autre bout : 2. Le Christ en majesté.

Sur l'un des côtés : 3. La fuite en Egypte.

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