Archives nationales, F
MADAME DE VAUBADON 335
messieurs^ sans voir un enfant de six ans blotti dans une alcôve ferme'e, tirèrent d'une boîte de i'er blanc « des liards jaunes qu'ils partagèrent entre eux », et l'hypothèse à laquelle on ^'arrêtait était celle-ci : les gendarmes avaient détroussé un voyageur dont ils savaient la bourse bien garnie et, sûrs de l'impunité, puisqu'ils pouvaient toujours arguer d'un cas de rébellion, s'étaient débarrassés de lui en le massacrant.
Tel fut le sens de la lettre que le maire de Luc adressa, le 8 au soir, à Caffarelli. Le lendemain Foison se présentait à la Délivrande pour rédiger le procès-verbal, k quelques questions que lui posa Boullée sur les circonstances du meurtre, il répondit sur un ton « tellement arrogant, tellement menaçant » que son insolence rendait toute enquête impossible. Foison, payant d'audace, avoua qu'il avait assisté à la scène du crime. Il raconta qu'étant, avec quatre de ses hommes, en surveillance sur la route de Luc, ils avaient vu venir à eux, dans la nuit, deux individus auxquels ils demandèrent « leurs papiers » ; l'un des inconnus avait aussitôt pris la fuite; l'autre fit une décharge de ses armes :les gendarmes le saisirent et, malgré sa défense désespérée, parvinrent à le terrasser; il était resté mort sur la place « ayant été percé de plusieurs coups pendant la lutte ^ ».
— Mais ses pistolets sont encore chargés, remarqua quelqu'un.
Foison ne répondit pas.