Archives nationales, F
— Mais il avait les mains liées, objecta le maire. Foison tenta de nier.
— Voici les ligatures^, répliqua Boul]ée,en tirant de sa poche le ruban détaché des mains du cadavre.
Et comme le capitaine de gendarmerie Mancel, qui se trouvait présider à l'entretien, remarquait « que c'étaient bien là des ligatures de gendarmes ». Foison sortit de la salle en proférant de nouvelles menaces et jurant « qu'il ne devait de comptes à personne ».
L'indignation était grande dans toute la région oii la nouvelle du crime s'était répandue avec une surprenante rapidité. En écrivant à Real, CafFarelli se faisait l'écho de l'émotion publique :
Comment se fait-il que quatre gendarmes n'aient pu saisir un homme qui a lutté longtemps avec eux? — Comment se fait-il qu'il ait été, en quelque sorte, mutilé ? — Comment, après avoir tué cet homme, l'ont-ils laissé sur le lieu du combat et s'en sont-ils allés, sans s'inquiéter de remplir aucune des formalités voulues en pareil cas ? — Faites ces questions. Monsieur le comte, le public en fait et n'y peut trouver de solution; que répondre surtout si, comme on le dit, l'individu a été saisi, attaché fortement les mains derrière le dos, et ensuite fusillé ? — Quelles terribles conséquences tirer de ces faits, s'ils sont vrais? Comment les gendarmes pourront-ils s'occuper de leurs fonctions, sans crainte d'éti^e traités comme des assassins ou des bêles féroces ^ ?
Il convient de dire que, dès le crime commis, Foison avait pris la route de Caen et remis à Ponté-