Archives du Calvados
Macame de VAUBADON 337
coulant les papiers trouvés sur d'Aché, notes assez précises concernant la situation militaire et politique de la côte normande, ainsi que la possibilité d'un débarquement. Pontécoulant était aussitôt monté en poste et, dès le 11 au matin, il instruisait verbalement Fouché de la façon dont M™^ de Vaubadon et le gendarme Foison s'étaient acquittés de leur mission. Restait à savoir comment le public jugerait la chose, et la lettre de CatTarelli ne présageait sur ce point rien d'agréable ; que serait-ce lorsqu'il deviendrait évident que les gendarmes assassins avaient opéré avec l'autorisation et sous ]e contrôle du gouvernement ? Heureusement pour les hauts policiers du ministère, une confusion s'était produite qui retardait l'explosion de la vérité. Dans l'espoir de découvrir l'identité du mort, le iiaire de Luc avait exposé le cadavre avant de le faire inhumer, et bien des gens s'étaient présentés pour l'examiner, entre autres plusieurs personnes venues de Gaen : quatre de ces curieux avaient été unanimes à reconnaître le corps pour celui d'un marchand horloger de Paris, nommé Morin-Cochu, bien connu dans les foires de Basse-Normandie^. Fouché laissa l'opinion s'égarer sur cette fausse piste; c'est merveille de voir ses lieutenants, Desmarets, Veyrat, Real lui-même, chercher Morin- Gochu dans tout Paris et s'informer de ses déplacements comme s'ils n'avaient pas su à quoi s'en tenir sur la personnalité de leur victime. Et lors-
1. Lettre de Gaffareili à Real, 15 septembre 1809, citée par le Sénécal.
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qu'on eut trouvé Morin-Cochu bien vivant dans son magasin de la rue Saint-Denis qu'il n'avait pas quitté depuis quatre ans, on se mit à chercher avec autant de zèle un nommé Festau, son courtier, qui pouvait bien être l'homme assassiné'.