‹ Tournebut, 1804-1809; d'après des documents inéditsChapitre 122 sur 125 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

avait donné son nom. Quant h Foison, l'homme du meurtre, il fut nommé lieutenant et reçut la croix de la Légion d'honneur. Caffarelli, chargé de la lui remettre, prétexta une .absence pour s'en dispenser; obligé de le remplacer, le secrétaire général de la préfecture, M. Lance, ne put s'empêcher, en armant le nouveau chevalier, de (c lui témoigner son dégoût pour sa personne et la honte qu'il éprouvait de voir ainsi profaner l'étoile des braves ». M. Lance fut destitué à la suite du rapport de Foison qui, peu après, fut nommé officier et envoyé à l'armée d'Espagne, où sa réputation l'avait précédé ; la tradition assure qu'un vengeur lui avait réservé un trépas semblable à celui de d'Aché et qu'on le trouva un matin percé de coups sur une route : rien n'est moins vrai ; Foison devint capitaine et vécut jusqu'en 18431.

La famille de d'Aché, rentrée à Gournay après l'exécution de Georges Gadoudal, avait été de nouveau inquiétée lors de l'arrestation de M™^ de Gombray. Licquet, nous l'avons dit, avait fait amener à Rouen, fers aux mains, Jean-Baptiste de Gaqueray, marié depuis 1806 à Louise d'Aché; mais il l'avait à peine interrogé. « Gaqueray, écrivait-il, est innocent de tout; il est brouillé avec son beau-père », et, sur

1. Nommé capitaine le H avril 1812, Foison fut envoyé à l'armée d'Espagne, où il fut blessé trois fois. Mis en non-activité à la première Restauration, il reprit du service pendant les Gent-Jours, mais fut définitivement réformé à la seconde rentrée des Bourbons. En décembre 1813, le ministre demanda: «un rapport détaillé sur cet officier» ; et quinze jours plus tard, note : « le uieltre en retrait"^, et ne l'employer jamais >^. Foison eut 1.200 francs de pension. 11 mourut à Nantes, le 28 novembre 1843.

cette bonne note, Licqiiet l'avait relaxé. Ah! s'il avait connu la proie qu'il laissait échapper! Jusqu'en 1814, Caqueray n'attira plus l'attention de la police ; la Restauration fit de lui un capitaine de gendarmerie : Louise d'Aché, sa famme, fut nommée en 1815 dame d'honneur de la duchesse de Bourbon, par qui elle avait été en partie élevée, étant, par sa mère, nièce de cet aimable vicomte de Roquefeuille qui, jadis, avait si tendrement « consolé la duchesse de l'abandon d'un époux inconstant'». Louise d'Aché mourut en 1817 et sa sœur Alexandrine, restée fille, appelée à son tour auprès de la princesse, prit le titre de comtesse d'Aché Malgré la faveur des princes, Caqueray resta capitaine de gendarmerie : il quitta le service en 1830. On sut alors seulement qu'en 1804, lors des révélations de Querelle et du voyage entrepris par Savary à la côte de Biville pour y surprendre un quatrième débarquement de conjurés, c'était lui, Jean-Baptiste de Caqueray qui, prévenu par un émissaire de Georges que u tout était compromis», partit de Gournay à cheval, gagna, en douze heures, la ferme de la Poterie, traversa trois lignes de gendarmes et adressa au brick anglais qui louvoyait en vue de la côte le signal de prendre le large. Caqueray remonta aussitôt à cheval, essuya le feu d'une embuscade, se jeta dans la forêt d'Eu et parvint à rentrer à Gournay, avant que son absence eût été remarquée et juste à temps pour y recevoir la visite du capitaine Manginot qui, comme nous l'avons conté, \. La mère du duc d'Enghien, par le comte Duco?,

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