‹ Tournebut, 1804-1809; d'après des documents inéditsChapitre 36 sur 125 · Archives nationales. F · texte numérisé non relu

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de garde aux salons du préfet Dubois, la nouvelle courut : « Georges est pris! »

Un instant après on poussait le proscrit vaincu dans le cabinet de Dubois, interrompu dans son dîner, et il gardait encore, sous les liens qui l'entravaient, tant de hauteur et de sang-froid que le toutpuissant fonctionnaire en fut presque intimidé. Desmarest, qui se trouvait là, ne put lui-même se soustraireà cette impression. « Georges, que je voyais pour la première fois, dit-il, avait toujours été pour moi comme le Vieux de la Montagne, envoyant au loin ses assassins contre les puissances. Je trouvai, au contraire, une figure pleine, à l'œil clair, au teint frais, le regard assuré, mais doux, aussi bien que sa voix*. Quoique replet de corps, tousses mouvements et son air étaient dégagés : tète toute ronde, cheveux bouclés, très courts; point de favoris, rien de Faspect d'un chef de complot à mort, longtemps dominateur des landes bretonnes. J'étais présent lorsque le comte Dubois, préfet de police, le questionna : l'aisance du prévenu dans une telle bagarre, ses réponses fermes, franches, mesurées et dans le meilleur langage, contrastaient beaucoup avec mes idées sur lui'. » Ses premières répliques dénotaient, en effet, un calme déconcertant; on peut citer celle-ci : comme Dubois, ne sachant évidemment par où commencer, lui reprochait, un peu

1. 11 est iiiiv,n,ssant de comparer cette description avec le signalement cpie nous avons reproduit plus haut. Ainsi on peut voir que, depuis qu'il était traqué par la police, Georges avait coupé les favoris qu"il portait ordinairement.

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