‹ Tournebut, 1804-1809; d'après des documents inéditsChapitre 39 sur 125 · Archives nationales, F · texte numérisé non relu

Archives nationales, F

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hendé; les deux autres purent gagner le bois et s'échapper.

Le blessé fut mis sur un bateau et conduit à l'hospice civil de Pontoise où il mourut le lendemain. Real, aussitôt prévenu, expédia Qcierelle, qu'il gardait soigneusement en prison, afin de Tutiliser en cas de besoin, et celui-ci, mis en présence du cadavre, le reconnut aussitôt pour être celui de Raoul Gaillard, dit Hoiivel, à\i Saint-Vincent^ l'ami de d'Aché, le principal fourrier de Georges ' ; l'autre était son frère x\rmand qui fut immédiatement dirigé sur Paris et écroué au Temple.

La commune de Mériel avait, dans la circonstance, bien mérité de la patrie et le Premier Consul lui en témoigna, pour l'exemple, sa satisfaction de façon éclatante. Il exprima le désir de connaître cette population si dévouée à sa personne et, le 8 avril, le sous-préfet de Pontoise se présentait aux Tuileries à la tête de tous les hommes du village. Bonaparte les félicita personnellement et, pour marquer plus efficacement sa gratitude, il leur distribua une somme de 11.000 francs trouvée dans la ceinture de Raoul Gaillard. Cette manifestation était certainement glorieuse pour les paysans de Mériel, mais elle eut un résultat qu'on n'avait pas prévu : en rentrant chez eux le lendemain, ils apprirent, en effet, qu'un inconnu, « bien vêtu, bien armé, monté sur un cheval de prix», profitant de l'absence des habitants, s'était présenté au village, et, « après beau-

1. Le corps de Raoul Gaillard fut porté sur une civière de Pontoise à Paris et présenté au ministère de la police. F" 6399.

coup de questions faites à des femmes et à des enfants, il s'était rendu à l'endroit où Raoul Gaillard avait été blessé, en s'informant si on n'avait pas trouvé un étui auquel il semblait attacher une grande importance. » Cet incident fit souvenir que, dans le bateau qui le menait à Pontoise, Raoul Gaillard, déjà mourant, s'était inquiété de savoir « si on avait ^rouvé dans ses effets un étui à 7'asoi?'». Sur la réponse négative, « il avait paru très fâché et on l'entendit murmurer que la fortune de celui qui découvrirait cet objet était faite».

La visite de cet inconnu — revu depuis « dans la campagne, sur les hauteurs et proche les bois » , — les menaces de vengeance qu'il avait proférées, cet étui mystérieux fournirent matière à un rapport détaillé^ qui rendit Real perplexe. N'était-ce point là d'Aché? Une grande battue fut organisée dans la forêt de Carnelle ; elle ne donna aucun résultat : on explora de môme, quatre jours plus tard, la forêt de Montmorency ou quelques indices du séjour des « brigands » furent relevés ; mais de d'Aché point de traces et, malgré l'acharnement que les agents de Real, grisés par la promesse de fortes primes, apportaient à cette chasse aux chouans, il fallut bien,

1. «Ce cavalier n'a pas laissé ignorer ses projets de vengeance contre le maire et il est venu trois jours de suite et il a parlé plus familièrement à Joseph la Chauquette habitant de la commune. Non seulement ce cavalier inconnu s'est montré dans le village de Mériel, dans la campagne, les hauteurs et proche les bois, mais en core un autre étant à pied, vêtu d'un habit long, s'est promené dans les champs, dans les endroits qu'avaient parcouru les Gaillard et Tamerlan, et aussitôt qu'il aperçut un laboureur qui faisait signe à un autre de s'approcher de lui, il s'est enfui à toutes jambes et a disparu dans le bois. » Archives nationales, F'' 6399.

après des semaines et des mois de recherches, d'enquêtes, de ruses, de fausses pistes suivie^, de, pièges inutilement tendus, se résigner à admettre que la police avait perdu la voie et que Fhabile complice de Georges était pour longtemps disparu.

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