Rapport du voyage à Caen. Archives nationdlcs, F
2. 11 possédait, à ce qu'assurait M"'" Placène, 1.500 francs de rente. Archives nationales, F'' Silî.
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qu'il l'escompte d'avance : — « Je ne sais, écrit-il à Real, si c'est trop se flatter; mais je suis tenté d'espérer qu'à la fin de la comédie on demandera l'auteur. » Il est regrettable qu'on n'ait sur cette expédition aucun détail. Sous quel costume Licquet se présenta-t-il à Caen ? Quelle personnalité avait-il usurpée? Comment put-il manœuvrer entre les amis de M™" Acquêt, son compère Delaitre, le préfet Caffarelli, sans éveiller un soupçon ni froisser une susceptibilité? Il est impossible d'en rien démêler; il a le talent de troubler l'eau pour y pêcher à coup sûr et semble jaloux des moyens qu'il emploie au point de n'en divulguer à personne le secret. Par une sorte d'intinct de mystificateur, il ent^'etient, pendant son voyage, une correspondance officielle avec son préiel, et une autre — particulière — avec Réai. Il dit à Tun ce qu'il n'avoue pas à l'autre, écrit è. Savoye-Roilin qu'il a hâte de rentrer à Rouen, et à Réal il demande, par le même courrier, d'être appelé à Paris pendant vingtquatre heures. — « Si vous adoptez cette idée, Monsieur, il faudrait que vous eussiez la bonté de choisir un prétexte qui ne blessât ni n'effleurât même pas l'amour-piopre de qui que ce soit. » Qui que ce soit figure ici Savoye-Rollin. Quel secret Licquet avait-il donc découvert qu'il n'ose confier que de vive voix et seulement au chef de la police générale de l'Empire? Nous croyons bien ne pas nous tromper en avançant qu'à peine arrivé à Caen il venait de mettre la main sur un témoin si important, mais en même temps si délicat à manier,
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qu'il était effrayé lui-même de ce coup de théâtre inattendu.
En furetant dans la prison où il avait trouvé moyen de pénétrer pour causer avec Lanoë et les Buquet, il avait rencontré Acquêt de FéroUes, bien oublié là depuis trois mois ; soit que M""' Placène fût, comme le soupçonnait Vannier, employée par la police ^ et connût la véritable personnalité de Licquet, soit que celui-ci eût trouvé un autre intermédiaire, il est certain qu'il obtint, dès le premier entretien, la confiance d'Acquêt de FéroUes et qu'il eut le crédit de le faire mettre en liberté 2. C'est après cette entrevue que Licquet demanda à Real de l'appeler à Paris pour vingt-quatre heures; son voyage s'effectua dans les premiers jours de novembre et, le 12, sur un ordre venu de Real, Acquêt était arrêté de nouveau et amené en poste de Donnay à Paris, escorté par un maréchal des logis de gendarmerie; le 16, il était écroué au Temple 3 et Real, accouru pour l'interroger, se montrait pour lui plein d'égards et « promettait que sa
1. Cette accusation contre M"»» Placène prend assez de consistance si on rapproche les allusions de Vannier de ce passage de Billard de Veaux : « M. et M"" de Placène avaient été compromis l'un et l'autre et condamnés à une réclusion perpétuelle ; mais, par un bonheur attaché à l'étoile de M"" de Placène, elle fut mise en liberté en 1811 ou 12. Comment a-t-elle fait pour exister à Rouen sans fortune jusqu'en 1814 qu'elle vint à Paris avec son mari ? Certaines personnes trouvent des ressources où d'autres mourraient de faim. Plus hcareuse que beaucoup d'autres honnêtes gens, elle a eu une pension de 1.000 francs sur la liste du roi. » Billard de Veau.x, t. 111, p. 322.