‹ Tournebut, 1804-1809; d'après des documents inéditsChapitre 79 sur 125 · Écrous du Temple. Archives de la préfecture de police · texte numérisé non relu

Écrous du Temple. Archives de la préfecture de police

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détention ne serait pas de longue durée*». Une note restée au dossier semble indiquer que cette incarcération n'était pas de nature à causer grande alarme au châtelain de Donnay : « M. Acquêt a été conduit à Paris pour qu'il ne nuisit point aux opérations relatives à sa femme... On sait qu'il est étranger au délit de son épouse; mais M. Real croit nécessaire de le tenir éloigné. » Ce n'est point là le ton dont les policiers de l'époque parlaient de leur clientèle ordinaire et il n'est point hors de propos de le faire remarquer; ajoutons enfin que les royalistes détenus au Temple ne s'y trompèrent pas; un vieil habitué de la prison, M. de Rivoire, qui passa en captivité toute la période impériale, racontait, sous la Restauration, à la famille de Gombray, que tous les prisonniers considéraient Acquêt « comme un espion, un mouchard, pendant le mois qu'il séjourna au Temple ^ ». Après huit jours de détention et trois semaines de surveillance à Paris, il était mis en liberté et reprenait le chemin de Donnay ^.

Le rapprochement de ces faits et de ces dates ne permet-il pas d'induire que Licquet avait décidé, sans trop de peine on peut le croire. Acquêt à se faire l'accusateur de sa femme? Mais le désir de ne pas se compromettre et plus encore la peur des

1. Lettre d'Acquêt de Férolles, Archives nationales, F' 8170.

2. Lettre de Bonnœil à son frère Timoléon de Combray, Archives de la famille de Saint- Victor.

3. Bonnœil assurait que Acquêt avait reçu cinq francs par jour pendant toute la durée de son séjour au Temple, en paiement des services qu'il y avait rendus à la p<^lice. Archives de la famille de Saint- Victor.

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représailles fermaient, à Caen, la bouche de l'indigne mari, très empressé de parler à Paris, à condition que personne ne soupçonnât le rôle qu'il assumait; d'où ce simulacre d'emprisonn.f»ment au Temple — idée de Licquet, bien évidemment — qui lui laissa le temps de faire à Real des révélations.

Quoi qu'il en soit, cet incident avait interrompu l'expédition de Licquet à Caen. Il la reprit au milieu de novembre et quitta Rouen le 18, toujours accompagné de Delaitre et d'agents choisis parmi ses plus habiles. Cette fois il avait pris la qualité d'inspecteur des droits réunis en tournée de service et les hommes qui l'accompagnaient passaient pour ses contrôleurs 1 . Ce titre lui conférait le droit d'entrer dans les maisons et de visiter jusqu'aux caves, sous prétexte de rechercher la fraude. Son but était d'attirer AUain, Ruquet et surtout d'Aché; mais aucun d'eux ne se montra. Nous ne pouvons entrer dans le détail de ce troisième voyage, Licquet ayant tenu secrètes les ficelles de sa comédie ; des demiconfidences faites à Real on peut inférer qu'il acheta le concours de Langelley et de Chauvel ; moyennant la promesse formelle de l'impunité, ils consentirent à servir le policier et à trahir Allain; ils allaient le lui livrer quand « une peur du gendarme Mallet fit tout manquer^)). Licquet se replia avec sa troupe, ramenant Chauvel, Mallet et Langelley que devaient

1. Lettre de Licquet à Real, 22 novembre 1807. Archives nationales, F7 8172.

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