‹ Tournebut, 1804-1809Chapitre 61 sur 115 · CHAPITRE PREMIER LICQUET · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER LICQUET

L'homme « en houppelande noire » qui avait guidé les gendarmes dans leur visite à Donnay n'était autre que le Grand-Charles, l'un des compagnons d'Allain. Arrêté le 14 juillet au village de Le Chalange, il consentit, sans difficultés, à désigner l'endroit où avait était enfoui le trésor et c'est ainsi qu'il dirigea la perquisition opérée le 22 chez les Buquet. Il reconnut la disposition de la maison et du jardin, la salle où Allain et ses compagnons avaient été reçus dans la nuit du vol, le verre même dans lequel la mère Buquet lui avait versé du cidre. Au bout du jardin on retrouva les traces de l'excavation où le trésor avait séjourné; le grenier contenait du linge et des effets appartenant à Mme Accuet ; son portrait peint en miniature était accroché aumur dansla chambre de Joseph1. Celuici, seul, avait pris la fuite : son père, sa mère et

i. Archives nationales, F7 8170.

son frère Alexandre furent conduits, le soir même, aux prisons de Caen.

Grand-Charles, en homme qui voudrait bien ne pas être compromis tout seul, montrait le plus grand zèle à rechercher ses complices. Ainsi que jadis l'avait fait Querelle, il parcourait le pays, conduisant le capitaine Manginot escorté de trente gendarmes, et cette petite troupe, marchant de nuit, poussa ses recherches jusqu'au village de la Mancellière qui passait pour être le plus fameux repaire de réfractaires à vingt lieues à la ronde ; comme au plus beau temps de la Chouannerie il y eut entre gendarmes et déserteurs des combats sanglants. A la suite d'un de ces engagements, on arrêta, dans la maison d'un sieur Lebougre, Pierre-François Harel qui était entré là pour y demander de l'eaude-vie et du sel afin de panser une blessure qu'il venaU de recevoir; il avait passé, depuis le vol, la majeure partie de son temps caché dans un tonneau enfoui enterre au fond d'un jardin1. Dans cette expédition Manginot fit une prise plus importante, celle de Flierlé, découvert à Amayé-sur-Orne, où il villégiaturait paisiblement chez un de ses anciens chefs. Rouault des Vaux. Dès son premier interrogatoire, Flierlé raconta toute son histoire : il savait que de grands personnages étaient du complot et pensail bien qu'on y regarderait à deux fois avant de pousser l'enquête jusqu'au bout.

Si Manginot se dépensait ainsi avec une ardeur digne déloges, il n'en recevait aucun de Gaffarelli,

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