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tourner plusieurs moulins. Le gaz s'en échappe en très grande quantité à travers les cailloux et le sable dont leur lit est composé, ce qui excite en elles un léger bouilloimement. Elles contiennent en petite quantité du muriate de soude, ainsi que du muriate, du sulfate et du carbonate de chaux; leur température est de yS degrés du thermomètre de Farenheit (18^,9. du thermomètre de Reaumur).
Dans la saison les bains sont toujours préparés d'avance; et quant aux auberges ou pensions bourgeoises , les étrangers ont à choisir, car il y en a plusieurs et à différens prix.
Le village Dts Quakers est à proximité des eaux de New-Lébanon; on l'appelle ainsi parce qu'il est exclusivement habite par des familles appartenant à la secte. Leurs maisons simples, mais propres, sont généralement peinturées en jaune à l'extérieur. Les biens y sont on commun , et l'on assure que cette association possède plus de 3,ooo acres de terres fertiles. Indé- })endamment de leurs travaux agricoles, ces quakers exploitent plusieurs fabriques ou manufactures dont les produits sont remarquables par la perfection de la main-d'œuvre. Les règlemens singuliers et les cérémonies religieuses de cette société méritent de fixer l'attention de l'observateur.
PiTTSFiELD, à 9 milles de New-Lébanon, est un village agréable par sa situation et par le coup d'œil de ses jolies maisons, au nombre de i 5o environ. Il possède une banque, une école publique , une imprimerie
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et plusieurs magasins. Chaque^ année il s'y tient une foire où sont exposés en vente les bestiaux élevés par la célèbre société d'agriculture de Berkshire, qui a été incorporée (17) par la législature, et qui a plus contribué à elle seule aux progrès de l'agriculture que toutes les autres sociétés du même genre dans les États- Unis. Cette foire dure deux jours , et ne manque jamais d'attirer un grand concours de monde.
Northampton, à 43 milles de Pittsfîeld, et l'une des plus jolies villes de la Nouvelle- Angleterre, est à un mille et demi ouest de la rivière de Connecticut. Elle contient une banque , une imprimerie, un palais de justice, une prison, et i5o maisons dont plusieurs sont très élégantes. L'église, bâtie en bois, est regardée comme l'un des plus beaux édifices de l'état. On y voit plusieurs manufactures, et le commerce y est très florissant.
De Northampton à Worcester, a la distance de 53 milles, le pays est riche et fertile; la vue est embellie par les jolis villages et les maisons de campagne qui s'offrent de tous cotés.
Worcester, l'une des plus anciennes villes de l'état du Massachussets , est composée de 2 à 3oo maisons généralement bien bâties; elle possède aussi une banque, deux imprimeries, un palais de justice et une prison. Un journal commencé quelque temps avant la guerre de la révolution , et dont Isaïe Thomas était éditeur, a paru sans interruption, et se publie toujours à Worcester : c'est le plus ancien des papiers-nouvelles
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de l'Union. M. Thomas, auteur d'un savant traité sur Fart typographique, réside en cette ville; il a été élu membre honoraire de plusieurs sociétés littéraires des États-Unis.
Pour se rendre de Worcester à Boston , à la distance de 4^ milles, la route est très belle, et traverse une riche et fertile contrée parsemée de villages plus peuplés à mesure que l'on approche de la capitale de Tétat
Relais et distance (V Albany h Boston.
milles. milles.
Schodack 5 Belcbertown, . 9
Nassau 12 Western 7
New-Lébanon 8 Broofield 7
Pittsfîeld 9 Spencer 7
Dalton 6 Leicester 5
Pérou 7 W(li'cester 6
Worthingtou 8 Fraôiingham 20
Chesterfield 9 Weston 5
Northampton i3 Watertown 5
Hadley 12 Boston lO
Boston est la plus ancienne ville de commerce des États-Unis, et sa population excède 43,ooo âmes. Fondée en i63o ou i63i, elle porta d'abord le nom de Trimont (Trimountain ), à cause des trois montagnes de la péninsule ; ensuite elle prit le nom de Boston, en l'honneur du révérend M. Cotton, né à Boston en Angleterre, qui fut ministre de la première église bâtie dans cette capitale du Massacbussets. Elle est située sur une presqu'île de forme irréffulière, au fond de la baie de Massachussets. L'isthme ou langue de terre. qui joint cette péninsule au continent se trouve à l'extrémité sud de la ville, et
DA.INS LES ÉTATS-UNIS. Il5
conduit à Roxbury. Boston a près de i milles de long sur une largeur qui varie beaucoup : à l'entrée de la ville, en venant de Roxbury, l'espace est fort circonscrit; il s'élargit ensuite sensiblement , mais son plus grand diamètre n'est guère que d'un mille. Les maisons couvrent une superficie de 12 à i,5oo acres, et on en compte plus de 5, 000. La maison d'état, le palais de justice, la prison, riiôtel-de-villc, letbéâtre etl'bopital de cbarité , sont les principaux édifices publics. La première pierre de la maison d'état fut posée le 4 juillet 1 795 , dix-neuvième anniversaire de la déclaration de l'indépendance américaine, et cet édifice fut achevé en 1797; il est bâti en briques, et placé sur une eminence appelée Beacon -Hill, d'où l'on jouit d'une vue superbe sur la ville et ses environs. La place Franklin est fort belle; on y voit un monument élevé à la mémoire de l'homme illustre dont elle porte le nom.
Le plan de Boston est très irrégulier, en sorte que les étrangers ont souvent besoin de mettre à contribution la complaisance des habitans pour trouver le quartier où ils veulent se rendre. Dans la partie sudouest se trouve le mail, très belle promenade ornée d'arbres et ayant vue sur les communes de la ville, dont l'étendue est de 8 à 10 acres : c'est un endroit délicieux dans la saison des grandes chaleurs ; aussi est-il alors très fréquenté.
L'hôtel Marlborough , dans la rue du même nom , et le café bâti sur l'emplacement de l'ancienne Bourse, sont les plus beaux édifices de Boston; tous deux vastes et élégans, sont vraiment comfortables * .
* En vérité le mot comfortable devrait être adopté par l'Académie
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Cette ville se glorifie d'être le berceau de notre révolution et de notre indépendance. Là se manifestèrent les preniiers symptômes de la résistance à l'oppression ; là parurent les premières étincelles de ce feu sacré du patriotisme qui , se communiquant de proche en proche, embrasa les cœurs et les esprits, dévora la tyrannie britannique, et fit briller de tout son éclat une nouvelle constellation dans le monde politique.
Le 19 avril i']']^, les champs de Lexington, à 10 milles de Boston, furent arrosés du premier sang répandu pour la cause de notre liberté. Un dépôt d'armes et de munitions avait été établi à Concorde, situé à 8 milles de Lexington, et le général anglais Cage avait résoin de s'en emparer. Agissant avec circonspection et n))'stère, il devait faire garder la route par des officiers de son armée, chargés d'arrêter tous ceux qu'ils y rencontreraient, afin d'inlercepier les communications; mais le docteur Warren, de Boston, eut des soupçons qui le conduisirent à la découverte du plan a la veille de s'exécuter. Aussitôt il expédie des affidés pour avertir les colons de se tenir sur leurs gardes; et ie lendejnaln matin, lorsque la troupe anglaise, forle
française ; nous aurions un adjeclif de plus et des chconloculions de moins. En traduisant ce petit écrit on s'est liasardé à l'employei' deux fois; mais en anglais c'est l'expression favorite :on l'applique à toutes les circonstances, et toujours fort à propos. Ainsi, par exemple, un dîner <lont on est satisfait est un dîner comfortable ; une femme jeune, jolie, pleine d'esprit, de graces, d'amabiiilé, qui fait le bonheur de son mari, est une femme comfortable ; une voiture à ressorts élastiques, qui vous berce mollement, est une voilure confortable. Je pourrais multiplier les citations; mais je me hâte de ternuner ceUe note en souhaitant que le lecteur trouve cet opuscule cn.'.'?/o.'\'a^/f.
( !\'olc du Traducteur.)
de 8 à 900 hommes, arriva à Lexington, 70 hommes formant la milice de ce village étaient sous les armes. Le major Pitcairn *, qui commandait le détachement anglais, cria à haute voix : « Séparez-vous, rebelles ! bas les armes! » Les miliciens n'obéissant pas h cette sommation, on leur tira d'abord quelques coups de fusil , qui bientôt furent suivis d'un feu roulant jusqu'à ce qu'ils se fussent dispersés : 8 hommes restèrent sur la place et plusieurs furent blessés**.
Les soldats se portèrent ensuite sur Concorde; une partie d'entre eux s'empara des deux ponts en arrière de la ville , tandis que les autres détruisaient le dépôt d'armes et de munitions. Cependant des miliciens s'étaient rassemblés dans les environs, et après être convenus entre eux qu'ils ne tireraient pas les premiers , quelques uns se présentèrent comme voyageurs pour passer sur l'un des deux ponts. Le détachement fît feu et leur tua 2 hommes; ils ripostèrent, et il s'ensuivit une escarmouche où la troupe de ligne fut battue et lâcha pied dans le plus grand désordre. Cette échauffourée dura toute la journée; et quoique les Anglais reçussent des renforts, ils furent poursuivis dans leur retraite jusqu'à Bunker's-Hill., où ils se mirent sous la protection de leurs vaisseaux.
La perte des Anglais dans cette journée fut de 373 hommes ; celle des provinciaux n'excéda pas 90 hommes.
* Le major Pitcairii fut tué peu de temps après, à l'atTaire de Buuker's-Hill. [Noie du Traducteur.)
** Un beau monument a été érigé sur le champ de bataille, dans l'endroit même où lurent inhumes les Américains qui périrent dans faction. (Note de l' Éditeur.)
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Cette première action , prélude de grands ëvénemens, fut bientôt suivie de la bataille de Breed's-Hill, plus connue sous le nom de bataille de Bunker's-Hill. Breed's- Hill est situé à un quart de mille nord-est du beau village de Cbarlestown *; de ces bauteurs on découvre Boston qui en est à 3 milles, ainsi que le port de cette ville, Cambridge, et une étendue de pays en pleine culture.
Dans le cours du mois de mai qui suivit le combat de Lexington , on s'aperçut, aux mouvemens de l'armée anglaise, que le général Gage avait l'intention de pénétrer dans le plat pays : il fut en conséquence décidé par le congrès de la province qu'on tenterait de mettre en état de défense l'istlime de Dorcbester, et de s'emparer de Bunker's-Hill qui en est tout près , dans la presqu'île de Cbarlestown. Un délacbement de i,ooo bommes, commandé par le colonel Prescolt, se mit en marcbe pour l'exécution de ce projet; mais par un malentendu , au lieu de Bunker's-Hill on cboisit pour s'y rctranclier Breed's-Hill, à l'autre extrémité de la péninsule.
Les soldats, sous les ordres du colonel Prescott, poussèrent les travaux avec tant d'ardeur, qu'à la cbute du jour ils avaient achevé une redoute d'environ 20 toises carrées. Le silence avait été si bien gardé, que les
* Cbarlestown, sur le bord septentrional de la rivière Charles, communique avec Boston par un très beau pont. Il contient cinq à six cents maisons, la prison de l'état de Massachussets, et il est très avantageusement situé pour la navigation, le commerce et les manufactures. On voit un chantier de marine, avec grand nombre d'édifices qui en dépendent, dans la partie sud-est de la ville, au conûuent des rivières IVIystick et Charles, formant le port de Boston.
{Note de l'Editeur.)
DANS LES ÉTATS-UJYIS. I ig
Anglais n'eurent aucun soupçon de ce qui se passait; ce ne fut que le lendemain au point du jour qu'ils s'en aperçurent , et commencèrent à faire joîjer l'arlillerie de leurs vaisseaux en station sur la rivière. Mais les Américains, sans s'effrayer de cette canonnade, continuèrent à travailler avec le même zèle, et fouillèrent un fossé qui s'étendait depuis la redoute jusqu'au revers de la montagne.
Le général Gage n'en pouvait croire le témoignage de ses yeux; cependant il jugea nécessaire de déloger les provinciaux de ce poste. Pour y parvenir il détacha le major général Howe et le brigadier général Pigot, à la tête de dix compagnies de grenadiers, autant de chasseurs, avec un nombre suffisant de pièces de campagne. Ces troupes, débarquées à Moreîon -Point , se rangèrent aussitôt en bataille; mais s'apercevant que les Américains les attendaient de pied ferme, elles restèrent sous les armes jusqu'à ce que les renforts demandés par le général Howe fussent arrivés, afin de rendre les chances de l'entreprise moins incertaines. Sur ces entrefaites les Américains reçurent un renfort de miliciens, leurs compatriotes, conduits par les généraux Warren et Pommeroy, et profitèrent de ce délai pour accroître leurs moyens de défense : arrachant les pieux et clotures en bois des champs voisins, ils en firent deux palissades parallèles , et remplirent de gazon l'espace compris entre l'une et l'autre, de manière à former un abri contre le feu de la mousqueterie.
Renforcées par leur second détachement , les troupes anglaises s'avancèrent lentement sur deux lignes, protégées par le feu de leurs canons et de leurs obusiers,
faisant halte par moment pour donner à leur artillerie le temps de battre en brèche les travaux des Américains avant l'assaut; en même temps ils mirent le feu à Gliarlestown , beau village contenant environ 5oo maisons, d'oii ils auraient pu être pris en flanc : comme les maisons étaient de bois, en un instant l'incendie fut général.
Il serait difficile de dépeindre l'aspect qui s'offrit alors aux regards : un vaste incendie dont les flammes excitées par un vent violent s'élevaient à une immense hauteur et s'étendaient à chaque instant de plus en plus; une fouie innombrable accourant de toutes parts pour être témoin de cet effrayant spectacle et voir quelle serait l'issue de la lutte sanglante qui allait s'engager; les habitans de la ville, les soldats de la garnison qui n'étaient pas de service, montés sur les toits et sur les hauteurs; les collines et les campagnes circonvoisines d'oii l'on pouvait contempler en sûreté cette scène d'effroi, couvertes d'une multitude de tout sexe, de toute condition, de tout âge, chacun agité parla crainte ou par l'espérance, selon le parti qu'il affectionnait.
Les Anglais étant arrivés à portée, les Américains firent pleuvoir sur eux une grêle de balles. Ce feu terrible était si bien nourri, si bien dirigé, que les rangs des assaillans furent bientôt écîaircis et rompus; ils reculèrent en désordre jusqu'au lieu du débarquement. On voyait les officiers courant çà et là , employant tour à tour les promesses, les exhortations, les menaces, pour ranimer leurs soldats et les conduire à un nouvel assaut. Les Américains les attendirent, comme la
première fols, à la portée du fusil, et les aecueillirent par un feu non moins vif; les Anglais écrasés se débandèrent de nouveau en fuyant vers la mer. Le général Howe se vit, dit-on, presque seul sur le champ de bataille : ce qu'il y a de certain , c'est que tous les officiers qui l'entouraient furent tués ou blessés.
Les généraux anglais sentaient parfaitement de quelle importance était le succès pour l'honneur national et la suite des événemens ; en conséquence ils firent de nouvelles tentatives pour ramener leurs soldats sur le champ de bataille. Enfin , après des efforts aussi pénibles que inouïs, ils reprirent leurs rangs, et marchèrent à une troisième attaque. Elle fut dirigée sur trois points à la fois contre la redoute; et tandis que leurs pièces de campagne découvraient et balayaient l'intérieur de la tranchée , qui était en même temps battue de front, l'artillerie des vaisseaux et des batteries flottantes, non seulement jouait sur la redoute, mais empêchait qu'il ne parvînt du renfort aux Américains par l'isthme de Charlestown. Les munitions commençaient à manquer aux insurgés, et ils ne pouvaient en espérer de nouvelles; il fallut ralentir ce feu roulant qui deux fois avait repoussé l'ennemi avec tant de succès. Les Anglais s'étant enfin avancés jusqu'au pied de la redoute, l'enlevèrent d'assaut : les troupes provinciales manquant de baïonnettes se défendirent vaillamment à coups de crosse ; mais la redoute étant déjà pleine d'ennemis, il fallut céder au nombre.
La perte de la redoute entraîna nécessairement celle des palissades et autres ouvrages avancés qui avaient été défendus avec la même valeur et le même achar-