‹ Tournée a la mode dans les États-UnisChapitre 18 sur 49 · I 84 NOTICE SUR LES INSTITUTIONS · texte numérisé non relu

I 84 NOTICE SUR LES INSTITUTIONS

tout ce qui renvironne. « Il faut , dit M. de Chateaubriand^ que les enfans du pauvre, comme ceux du riche, sachent lire , écrire et compter. L'ouvrier, pouvant par la lecture s'instruire des méthodes qui rendent ses travaux plus parfaits et plus faciles, sort des routines de la tradition orale, afin d'accroître son aisance; en augmentant son aisance, il multiplie les richesses de l'état : à ce premier anneau de la chaîne se rattache une longue suite d'améliorations et de prospérités. « L'exemple des Etats-Unis dépose en faveur de cette assertion du noble pair.

Finances. Le revenu net que les Etats Unis tirent actuellement (1828) des droits de douane, est d'environ 20,000,000 de dollars*. Gommecerevenu fournit un grand excédant sur les dépenses, le gouvernement central n'impose aucunes taxes directes sur le peuple. A la fin de la dernière guerre (i8i5), la dette nationale était d'environ 120,000,000 de dollars. Au i*^ octobre 1827, elle était réduite à 68,918, 54i dollars; mais attendu que sur cette somme 7,000,000 ont été employés à former le capital de la banque des Etats-Unis , dont les actions sont négociables à volonté , la dette véritable n'est que de 61,913,541 dollars. La liquidation entière aura lieu aussi promptemerit que le permettront les emprunts, et l'on commencera par liquider les sommes qui paient les plus gros intérêts. Il e?>i possible que tout soit payé en i835, et il est probable que dans douze ans la liquidation sera complète, à moins que quelque cause nouvelle ne force à faire de nouveaux emprunts. Il faut aussi se rappeler que les sommes payant 3 pour cent d'intérêt sont toujours au dessous du pair; par conséquent, si l'on peut racheter les 18,296,247 dollars au prix de 80 pour cent, cette partie de la dette se réduit à 10,696,968 dollars; de sorte qu'à

* Le dollar vaut un peu plus de cinq francs.

DES ÉTATS-U'xMS. l85

tout prendre , la dette actuelle des États-Unis ne se monte ^uère à plus de 52,714,098 dollars, ou à quelque chose de moins que 12,000,000 de livres sterling d'Angleterre. Le total des dépenses annuelles du gouvernement des États-Unis est d'environ i3,ooo,ooo de dollars. Sur cette somme , plus de 3 millions et demi servent à payer les intérêts de la dette nationale. Donc les dépenses courantes du gouvernement , y compris les constructions des routes , des canaux, et les perfectionnemens divers, ne sont pas tout-à-fait de 10,000,000 de dollars. Il suffit de i8o,io3 dollars pour entretenir des envoyés auprès de vingt cours étrangères en Europe, en Afrique et en Amérique.

C'est ainsi que M. Cooper a dressé le budget des États- Unis ; mais j'observerai que les taxes directes et indirectes établies et perçues par les corporations municipales , les comtés et territoires , et les vingt-quatre états de l'Union , ainsi que le montant de leur dépense annuelle , ne figurent point dans ce tableau ; que l'objet le plus onéreux pour les puissances du continent européen , je veux dire la solde et l'entretien d'une armée nombreuse, est presque nul pour les Etats-Unis, et que leur plus forte dépense est circonscrite dans l'entretien et l'accroissement de la marine militaire.

Le président des Etats-Unis reçoit un traitement annuel de 25,000 dollars : ce premier magistrat d'une république riche et puissante, sans étaler le faste des cours, est tenu cependant à une représentation dispendieuse; par conséquent cette rétribution est insuffisante. Washington , Jefferson et Monroe, ont dépensé une partie de leur fortune au service de leur pays : le second est mort insolvable; et le troisième est, dit-on, à la merci de ses créanciers. Les ministres d'état ont chacun 6.000 dollars; ce n'est pas assez , et l'exiguité de ce traitement est d'autant plus sensible, qu'ils sont obligés de se loger à leurs frais, et qu'il

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