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Troupes légères.
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Dans la matinée du 4 les Indiens, a la solde des Anglais, après s'élre jetés dans les bois contigus au camp américain, commencèrent à tirer sur nos avant-
postes; et dans le cours de la journée nous vîmes fréquemment le long de la rivière des reconnaissances expédiées de Chippeway pour observer notre position; en même temps nous fûmes informés que Tennemi avait reçu des renforts.
Le jour suivant, mêmes manœuvres que la veille; les Indiens furent aperçus presqu'à toucher l'arrièregarde du campement américain. A l'instant nous vîmes arriver le général Porter avec ses volontaires et ses Indiens, et de suite le général Brown leur donna ordre de pénétrer dans les bois et de les balayer. Les généraux Brown, Scott et Ripley étaient alors à la maison blanche, occupés à reconnaître la position de l'ennemi. Le corps sous les ordres du général Porter ressemblait à un torrent qui renverse tout ce qui lui fait obstacle ; mais au moment oîi il allait déboucher des bois , un feu roulant de mousqueterie fit penser au général Brown que toutes les forces anglaises avaient passé le pont de Chippeway et que l'action allait s'engager sur tous les points. Il ordonne aussitôt au général Scott de se porter en avant, et au général Ripley de se mettre en mesure de le seconder. Quelques minutes après on aperçut les Anglais qui s'avançaient rapidement, en bon ordre; les Écossais royaux, formant leur droite, appuyés sur les bois; le régiment du Prince Régent, sur la rivière à gauche, et le régiment du R-oi formant la réserve. Leur but était de s'emparer du pont sur la crique en face du camp, et par ce mJi^^en de forcer les Américains à la retraite. Le général Brown craignant que Tennerai ne fît un mouvement en flanc, à travers les bois, pour s'emparer de:
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notre artillerie, recommanda au général Ripley d'attendre ses ordres pour agir. En même temps il parcourut les lignes avec son état-major, afin de régler tous les mouvemens de Tarmée et d'animer les troupes par sa présence. Aussitôt le général Scott, malgré le feu terrible de l'artillerie, passe le pont , et forme sa ligne. Les Anglais se proposaient de faire feu à portée de fusil et de charger immédiatement après ; mais le notre fut si vif et si bien nourri qu'ils ne purent le soutenir. Alors le général Brown donne l'ordre au général Ripley de faire un mouvement a travers les bols pour prendre en flanc la droite de l'ennemi. A la tête du 2 1""^ régiment cet officier traverse, dans l'eau jusqu'au cou, la ravine en face, et marche en toute diligence; mais avant qu'il eût quitté le bols pour entrer dans la plaine sous les batteries ennemies, les Anglais, complètement battus par la brave et intrépide brigade du général Scott , fuyaient en désordre, débouchant par le pont de Chippeway qu'ils rompirent ensuite pour assu rer leur retraite.
Dans cette affaire la perte des Anglais, en tués, blessés ou prisonniers, fut de 5i4 hommes; celle des Américains de SsS.
La bataille de Bridgewater, livrée le 2 5 du même mois près la grande chute du Niagara, et au bi*uit du tonnerre de cette cataracte fut, en raison du nombre des combattans , l'affaire la plus sanglante , et en même temps le plus beau fait d'armes qui ait jamais eu lieu sur le continent américain. La lettre suivante écrite le lendemain, par un chirurgien de l'armée, contient des détails intéressans.
« Dans l'après-midi , l'ennemi se porta sur Chippeway avec des forces considérables. A 6 heures le général Scott eut ordre de faire avancer sa brigade et de commencer l'attaque; et le général Ripley ayant opéré sa jonction ils rencontrèrent au-dessous des chutes les Anglais qui se disposaient à bivouaquer, comptant nous attaquer le lendemain au point du jour. L'action s'engagea vers les 7 heures du soir, par un feu roulant de mousqueterie auquel succéda l'artillerie , et qui sauf quelques légers intervalles se prolongea jusqu'à 10 heures et demie. Les deux armées se battirent avec un acharnement qui tenait de la rage; elles voulaient mutuellement s'arracher le laurier de la victoire; cependant, à la fin, elles cédèrent à la fatigue. Jamais , avant cette affaire , les troupes américaines ne s'étaient montrées si intrépides et si aguerries.
«Le gouvernement britannique, dont toutes les forces étaient alors concentrées en Espagne, détacha de l'armée du lord Wellington des renforts qui venaient d'arriver au Canada par la voie de Kingston (Jamaïque). Pendant deux heures les armées furent en présence, à 10 toises au plus l'une de l'autre, et parfois elles se trouvèrent tellement rapprochées que souvent un officier donnait des ordres à un peloton ennemi. La méprise venait de ce qu'une partie de nos gens portaient un uniforme absolument pareil à celui du régiment anglais de Glengarian ; mais la lune ayant tout à coup jeté une lumière très vive l'erreur fut reconnue; l'ennemi dirigea plusieurs attaques contre nous et fut constamment
repoussé. Notre régiment, sous les ordres du colonel Miller, eut ordre de prendre d'assaut la batterie anglaise , qu'il enleva au pas de charge. Elle resta en notre pouvoir jusqu'à minuit que nous fîmes relraite à plus de 2 milles , autrement notre camp aurait pu être attaqué à l'improviste. Presque tous les chevaux du train d'artillerie avaient été tués pendant l'action , et faute de cordes on ne put emmener que deux ou trois pièces à force de bras , et encore nos soldats étaient si fatigués qu'à peine ils pouvaient les traîner. Nous perdîmes un obusier parce que les artilleurs ayant été tués, les chevaux, lancés au galop, se jetèrent dans les lignes ennemies. Plusieurs de nos caissons prirent feu et sautèrent par l'effet des javelots à la Congrève; cette perte nous priva de nos munitions. Au surplus, les lignes étaient si rapprochées qu'on ne pouvait faire jouer l'artillerie. »
La perte des Anglais en tués ou blessés, fut de 878 hommes ; celle des Américains de 860.
Le trajet de Buffalo au fort Niagara est de 35 milles ; en voici le détail :
milles. railles.
Black-Rock 2 Niagara-Falls |
Tonnewanta-Creek 10 Lewiston 7 ^
Schlosser 6 Fort Niagara 7 »
Manchester 2
Du côté du Canada :
Black-Rock. . .., 2 Chippeway 9
Ferry below fort Érié ( Bac au- Stamford (aux chutes) 5
dessous du fort Érié). ... i Queenstou.
Palmer's 6 Fort-George 7
Un bateau à vapeur fort commode s'expédie régulièrement de Lëwiston pour Ogdensburgh une fois la semaine. Il part le lundi à 3 heures de l'après-midi; de Génessy-River le jeudi à la même heure ; de Sackets- Harbour le mercredi à la même heure, et il arrive à Ogdensburgh le jeudi a 9 heures du matin.
Pour revenir, il part d'Ogdensburgh le jeudi à 3 heures de l'après-midi; de Sackets-Harbour le vendredi; d'Hundford's-Landing-Génessy le samedi, et il arrive à Léwiston le dimanche à 9 heures du matin.
Lac Ontario.
Ce lac a 171 milles (67 lieues) de long et 467 milles ( 1 56 lieues ) de circonférence. Des curieux , placés au centre de cet immense réservoir, ont jeté une sonde de 35o brasses ( 2,000 pieds) sans pouvoir en toucher le fond. Répétée sur d'autres points cette expérience eut le même résultat négatif. Parmi les îles qui s'y trouvent on citera celle qu'on appelle la Grande-Ile , en face de Kingston. En cet endroit le lac a environ 10 milles de large; mais à partir de ce point il va en se rétrécissant jusqu'à Brockville, ou il n'a pas au delà de 1 milles en largeur. A [\o milles plus loin il est couvert d'un archipel de petites îles , et en raison de leur multiplicité , on les appelle les myriades.
L'Ontario n'a pas des proportions aussi colossales que ses quatre voisins de l'ouest (les lacs Erié, Huron^ Michigan et Supérieur); mais il est de la même famille, et, sans faire tort aux autres, on peut bien le regarder conune la cinquième mer Méditen'anëe de
l'Amérique septentrionale (18). Sur sa rive nord-est les terres sont basses, et en divers endroits, marécageuses ; mais au nord et au nord-ouest elles sont plus élevées , et elles s'abaissent vers le sud. La contrée adjacente est très boisée, cependant de distance à autre on y voit de petites maisons de campagne environnées de terres en plein rapport, bornées par des bauteurs qui çàetlà présentent l'aspect de jolis coteaux. Quelques uns des points les plus élevés sont les rocbes de Torento, le Nez du diable, et les cinquante mille Montagnes. Les principales rivières qui se jettent dans le lac au sud sont la Génessy et l'Oswégo; a l'embouchure de cette dernière est situé un petit village et un fort du même nom. York, Kingston et Sackets-Harbour, tous trois sur les bords du lac, sont bien connus par leur liaison avec les événemens de la dernièue guerre ( 1812 à i8i5).
Oguensburgh , oil se termine la navigation par le bateau à vapeur, est au confluent de la rivière Oswégatche avec le fleuve Saint-Laurent. Ce beau village contient environ 100 maisons, y compris la cour de justice du comté. Sa population est de 600 âmes. Des fortifications composées de deux édifices en pierre et de plusieurs casernes en bois, construites par le gouvernement britannique, furent cédées aux Etats-Unis, en 1796.
Des bateaux de passage partent presque tous les jours d'Ogdensburgh , descendent la rivière jusqu'à la Chine, 7 milles au dessus de Mont-Réal , et mettent trois jours h faire ce trajet. Ils sont amplement four-
DA.NS LES ETATS-UNIS. C)l,
nis de tout ce qui est nécessaire pour la manœuvre, et dirigés par d'habiles pilotes. Ce dernier point surtout est des plus essentiels; le fleuve Saint -Laurent étant très rapide et souvent obstrué par des bancs de sable et des îles, un navigateur sans expérience courrait grand risque d'y échouer. Les rapides les plus remarquables sont au nombre de trois : le grand saut, les rapides des cèdres et les cascades de Saint-Louis. Le premier a 9 milles de long, et on le descend ordinairement en vingt minutes ; les rapides des cèdres se terminent à 3 milles en deçà des cascades; et cellesci, après un cours irrégulier de 2 milles, versent leurs flots d'écume dans le lac Saint-Louis. Le îac Saint- François, sur le Saint-Laurent, a aS milles de long et I 5 dans sa plus grande largeur ; ses bords sont si bas que quand on est au milieu on a bien de la peine à les apercevoir, A l'extrémité nord de ce lac est situé le village de Saint-Ré^is, dans lequel passe la ligne servant de limite entre le Canada et les Etats-Unis.
Sur les deux rives du Saint-Laurent on découvre un pays très fertile et généralement bien cultivé : les premiers établissemens de cette contrée datent de Tannée 1783 ; quarante ans se sont à peine écoulés et leur état de prospérité est une preuve certaine de l'accroissement de la population et de la réussite de ses entreprises. Le paysage sur les bords du Saint - Laurent est très varié ; la vue embrasse tout à la fois de riantes campagnes , de jolis villages, les îles et les rapides du fleuve. Ce tableau imposant et vraiment grandiose est digne des pinceaux d'un Salvator-Rosa ou d'un Gaspard le Poussin.
Depuis Léwiston jusqu'à Mont-Réal ou compte 385 milles , dont voici le détail :
milles. milles.
Fort Niagara 7 Ogdensburgh 12
Genessee-River 74 Gallop Islands 5
Great Sodus Bay 35 Hamilton 19
Oswego-River 28 Saint-Regis 35
Saoket's-Harbour 40 La Chine. 53
Cap Yinceut • .... 20 Mont-Real 7
Morristown 5o
Mont-Réal est sur le bord méridional de l'île du même nom, à i3i milles d'Ogdensburgli et 170 de Québec. L'île a 3o milles de long, -7 milles de large et "jo de circonférence. La ville longe le fleuve Saint- Laurent sur une étendue d'environ 2 milles, et elle a un demi-mille en profondeur. Les maisons sont presque toutes bâties en pierre , et les rues assez bien alignées , mais étroites. Les murailles qui l'entouraient autrefois ont été démolies depuis quelques années , avec l'autorisation du gouvernement. Mont-Réal est divisé en ville liante et en ville basse : cette dernière contient l'Hotel-Dieu, fondé en i644 '■> une supérieure et trente sœurs de charité donnent habituellement leurs soins aux malades qui y sont admis. Le gouvernement français contribuait aux frais de cette pieuse institution ; mais la révolution survenue en France ayant occasioné la perte du fonds de dotation fait en sa faveur et placé à Paris, les ressources de cet établissement ont été depuis lors bornées aux revenus de quelques propriétés foncières qu'il possède en Canada. Dans la ville haute sont la cathédrale, l'église anglaise, le séminaire, le couvent des récolîels et celui des sœurs de
DANS LES ÉTATS-UNIS. Çj3
Notre-Dame. L'hôpital général, ou couvent des sœurs grises, est sur le fleuve Saint -Laurent, à une petite distance de la ville, dont il est séparé par un ruisseau. Cet établissement, fondé en 1753, est régi par une supérieure et dix-neuf religieuses.
La religion catholique romaine est dominante à Mont-Réal , ainsi qu'à Québec. Le clergé perçoit le produit des terres qui lui furent concédées lorsque le Canada appartenait à la France, et celui des oblations établies par l'église; mais sa principale branche de revenu provient d'un cens ou droit de mutation d'environ 8 pour loo sur les biens fonds dépendant delà seigneurie ou île de Mont-Réal.
La ville et les faubourgs contiennent 125,000 habitans.
Le Mont-Réal ou Royal , dont la ville tire son nom , est à 2 milles et demi; il a yoo pi'eds au dessus du niveau de la rivière, et s'étend du nord au sud l'espace de 2 milles. Depuis quelque temps des bourgeois ou rentiers font leur résidence au pied de cette montagne; pt les murailles blanches de leurs maisons forment un contraste agréable avec les massifs de verdure qui les environnent. La petite île de Sainte-Hélène, en face de la ville , est dans une position charmante. D'un coup d'œil vous découvrez la ville et la montagne escarpée qui Tavoisine, les campagnes de Longueville et de Saint -Lambert, la prairie de la Madelaine sur le bord oriental de la rivière , enfin le Saint-Laurent qui se brise sur les rochers dq la phine , et passe comme un trait parmi cette multitude d'îles dont il est parsemé.
On s'embarque sur le Saint -Laurent à Mont-Réal pour se rendre à Québec. Jadis il fallait plusieurs se-
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maines pour faire ce trajet; aujourd'hui c'est l'affaire de quatre jours par les bateaux à vapeur qui s'y trouvent en grand nombre , et ne laissent rien à désirer pour la commodité et l'agrément : ils sont véritablement comfortables. Ladj Scherbrook passe pour être la plus élégante de ces mouches à feu ; elle est beaucoup plus grande que les autres, et du port de huit cents tonneaux. La distance entre les deux villes est de I yo milles.
WJLLIA.M Henry , ou Sorel, occupe l'emplacement d'un vieux fort bâti en i665 au confluent de la rivière Sorel avec le fleuve Saint-Laurent. La fondation de ce bourg ne date que de l'année lySS. Les rues en sont régulières et se coupent à angles droits ; au centre est une place publique de 5oo pieds carrés. La population est de i,5oo âmes. A proximité on voit une maison de plaisance où le gouverneur général du Canada venait autrefois passer la belle saison. En face, la rivière Sorel a isS toises de lar-geur; navigable l'espace de 12 à i4 milles pour des batimens du port de i5o tonneaux, elle joint le lac Champlain au fleuve Saint -Laurent. Sur ses rives on a élevé deux forts considérables; l'un au village de Saint-Jean et l'autre à Chambly. Le fort Sorel fut occupé, en mai 1776, par une partie de l'armée américaine, sous les ordres du général Thomas , à l'époque de la retraite de Québec. • *
Le lac Saint-Pierre, à quelques milles au dessous de Sorel, est formé par un remous du fleuve Saint-Laurent, de i5 à '20 milles de large sur i\ milles de
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long. Ce lac n'a pas plus de 8 à 1 1 pieds de profondeur; les eaux en sont dormantes, ou du moins le courant en est presque insensible.Vers l'exl rémité supérieure, sa surface est couverte d'une infinité de petites îles , les seules qu'on rencontre dans le Saint-Laurent jusqu'à nie d'Orléans, 1 1 y milles plus loin.
Trois-Rivières, ville sur le côté nord du lac, est à l'embouchure du Saint-Maurice, rivière entrecoupée de deux petites îles qui la divisent en trois branches. Lorsque le Canada appartenait à la France, la ville des Trois - Rivières était le siège du gouvernement colonial; maintenant elle n'est plus qu'au troisième rang. Elle ne contient pas au delà de 820 maisons ou édifices , y compris une église catholique , une église anglicane et un couvent de religieuses ursulines; on y compte 2,5oo habitans. A la distance de quelques milles, en remontant la rivière Saint-Maurice, on voit la chute de Shawinnegan : c'est une très belle cascade d'environ 100 pieds de hauteur.
Presque tous les établissemens du Eas-Canada sont situés sur les rives du Saint-Laurent; et dans le trajet de Mont-Réal à Québec on découvre des plaines bien cultivées, depuis les bords du fleuve jusqu'à un mille de profondeur, où elles sont bornées par d'épaisses forêts. Ces plaines sont ornées d'un grand nombre de maisons de campagne à murailles blanches, généralement placées à proximité d'une église sous l'invocation de quelque saint patron. Les points de vue que présente le Saint-Laurent se diversifient de temps à autre par la perspective de montagnes lointaines, dont
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la plus escarpée n'a pas au-delà de 33o toises; mais comme elles s'élèvent au pied de vallons bien cul tivés , et qu'elles les bordent à droite et à gauche , le contraste ajoute à la beauté du paysage. Les eaux de ce superbe fleuve, tantôt tranquilles, dormantes dans le sein d'un lac qu'elles ont formé, tantôt vives, agitées, s'élevanten vagues furieuses, animent le tableau , et donnent au voyageur l'avant- goût des scènes qui l'attendent à Québec.
Au delà du cap Eouge et du petit village Saint-Nicolas, près de l'embouchure de k Chaudière, on aperçoit bientôt les tours et la citadelle de cette fameuse capitale du Canada, située sur un promontoire de 345 pieds d'élévation. Près de la ville on traverse la rivière , ensuite la baie % Sillery, et celle de Wolfe , oil ce général fit débarquer son armée pour gagner les hauteurs d'Abraham, à un mille et demi de Québec. La pointe Levi, sur la droite, est un amas de rochers couverts de maisons à murailles blanches * qui dominent la citadelle de Québec, sur l'autre bord du
fleuve.
Distance de Mont-Réal à Québec.
milles. milles.
William Henry OU Sorel. ... 45 Richelieu Rapides 52
Three-Rivers (Trois -Rivières). 45 Québec 28
Québec n'a rien de remarquable sous le rapport de ia beauté et de la régularité ; mais cette ville est faite
* Que le lecteur ne s'étonne pas de ce qu'un Américain insiste sur cette expression de maisons à muraille.'! blanches , en parlant de celles qu'il a vues dans le Canada, ancienne colonie française. Dans les États-Unis l'usage est tout différent; les maisons sont peinturées à l'extérieur, et généralement en rouge. {Note du Traducteur.)
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pour exciter la curiosité et l'intérêt. Entre le pied d'un rocher et la rivière se trouve tout juste un espace à peine suffisant pour une rue étroite ; c'est là qu'est placée la ville basse, et elle entoure le pied du rocher l'espace de plusieurs milles.
La ville haute est bâtie sur la partie la plus élevée de la pointe et domine la ville basse de 345 pieds. Là se trouvent les principaux édifices consacrés à la religion, les munitions et approvisionnemens militaires de toute espèce et l'hôtel du gouverneur; le tout ceint d'une forte muraille, d'environ 5oo toises de circonférence.
La ville basse, du moins à en juger par les apparences, est exclusivemen' consacrée au commerce et aux travaux d'un chantier de la marine. C'est à son extrémité sud-ouest qu'en 1775 l'armée américaine dirigea sa principale attaque qui se termina par la mort du général Montgommery. Pour faire diversion, le général Arnold attaquait en même temps lautre extrémité de la ville; mais cette tentative n'eut pour résultat que la déroute de ce général qui fut fait prisonnier avec les hommes qu'il commandait.
On monte à la ville haute^ du coté nord-ouest, par un escalier pratiqué dans le roc pour la commodité des piétons; cet escalier aboutit à la rue de la montagne, et on entre par la grande porte de Prescott. Les maisons sont en pierre; cette manière de bâtir est généralement adoptée, vu l'abondance de ces matériaux dans les carrières du voisinage , et elles ont plusieurs étages. Une grande partie de la ville est occupée par les édifices publics avec les cours et jardins
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qui en dépendent, ce qui nnit à la régularité des rues, d'ailleurs mal entretenues et malpropres.
Le château de Saint-Louis est assis sur le bord de la partie la plus inaccessible du rocher au dessus du fleuve Saint-Laurent : il est soutenu par de grands piliers faisant saillie sur ce rocher. C'est un édifice simple construit en pierre de couleur jaunâtre, ayant trois étages et 62 pieds de long sur 45 de profondeur. Il contient le logement du gouverneur général de la province, et les bureaux des officiers civils et militaires du gouvernement. Une allocation de 7,000 pounds ( 170,000 francs environ), fut faite en 1808 pour restaurer ce monument ; le mobilier est à la charge du gouverneur.
Parmi les établissemens de charité qui existent à Québec on peut mettre au premier rang l'Hotel-Dieu fondé en 1637 pour les malades dans l'indigence, sous la direction d'une supérieure et de quarante-trois religieuses, et l'hôpital général placé sur la rivière Saint-Charles, a i mille environ de la ville, et fondé en 1693 pour les malades indigens et pour les mendians : il est sous la direction d'une supérieure et de trente-sept sœurs grises.
Les établissemens religieux consistent dans une belle et grande cathédrale, une école fondée en ]663 pour l'instruction des jeunes gens nés dans la religion catholique, et le couvent des ursulines fondé en 1 639 et réservé exclusivement pour l'éducation des demoiselles; il y a dans ce couvent une supérieure et trentesix religieuses.
Le monastère ou collège des jésuites,qui date de 1 635,
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était regardé autrefois comme le meilleur établissement qui existât sur le continent de l'Amérique pour l'instruction de la jeunesse. Ceux des membres de cette société fameuse qui habitaient ce monastère ay^nt fini par s'éteindre , Tédifice est rentré dans le domaine de la couronne britannique, et depuis peu on en a fait de très belles casernes.
La caserne d'artillerie a été bâtie par les Français en 1760; elle occupe un terrain de 5^7 pieds sur 4o, et renferme un arsenal capable d'armer 20,000 hommes.
L'évêché est près du chemin qui conduit à la ville basse : il est maintenant occupé par le parlement de la province, par des bureaux et une bibliothèque.
Les édifices dans le style moderne sont le palais de justice, la prison et l'église protestante : ils sont bâtis en belle pierre de taille. La place d'armes est très belle ot mérite d'être citée.
Québec est à 170 milles de Mont-Kéal, 320 de l'Océan, 4oo d'Albany et 547 ^^ New-York. Sa population est de 1 5,000 âmes.
Près de la citadelle de Québec, sur la pointe la plus élevée du cap Diamant, on avait déposé la dépouille mortelle du général Montgommery.
Le général Montgommery.
Ce brave officier fut tué en voulant prendre d'assaut la ville de Québec, dans la fatale nuit du 3i décembre 1775. Né ^n Irlande, il était entré dès sa jeunesse au service d'Angleterre, en qualité de capitaine d'infanterie, et il se distingua dans la guerre de 1756 à 1763, communément appelée la guerre dc^