IV. — Le Voyage de la Dauphine
Ce fut le 23 janvier 1745 que la dauphine atteignit la généralité de Bordeaux. Dès le 20, Tourny était parti à sa rencontre ?. Le
22, il la saluait au dernier relais de la généralité de Pau. A partir de ce moment, il s'attache à sa suite. Le 23, elle couche à Captieux 5, le 24 à Bazas 4, le 25 à Langon®. Le 27, elle quittait Castres, à 9 heures du matin, au milieu du concours des gens de Bordeaux accourus au-devant d'elle. La foule grossit sans cesse aux approches de la grand'ville. La princesse fait son entrée vers les 3 heures par la porte Saint-Julien. A peine était-elle rendue à l'hôtel de ville que M. le premier président et M, M"° l'intendante, M. et M” Leberthon fils venaient lui faire leur révérence f.
Pour son premier repas à Bordeaux, l'intendant lui ménageait une surprise. Instruit qu'il était de son goût pour la musique, il avait fait venir dans la salle voisine une douzaine d'excellents musiciens. On demanda à la dauphine s’il lui plairait qu'on jouàt pendant son diner. L'offre parut lui sourire ; les musiciens, alors, «formèrent un concert de symphonie italienne vive et brillante,
1. A. D., Gir., C:3638, correspondance échangée “entre Tourny et M. de la Houssaye.
2. B. M., Bordeaux, Bernadau Spicilège, 718 &. 1, n° 15, p. 22e
3. O’Reilly, Essai sur l’histoire de la ville et de l'arrondissement de Bazas, Bazas, 1840, passage de la princesse à Captieux, p. 454.
4. Voir la harangue du lieutenant général du présidial du Bazadais, dans la Revue des Bibliophiles, 1° année, 1879, p. 20, B. M., Bordeaux.
5. De Langon, le 25 janvier 1745, Tourny écrit au ministre : « J'ai l'honneur de vous informer que Madame la Dauphine couche aujourd'hui en parfaite santé à Langon. » A. D., Gir., C 3638.
6. B. M., Bordeaux, Bernadau, Spicilège 713*, t. I, n° 15, p. 4,
dont elle fut assez satisfaite pour témoigner être bien aise que ce concert continuât le lendemain à son souper !.»
Le lendemain, jeudi 28 janvier, la princesse est conduite à la salle de l'opéra. Le surlendemain, elle assiste au lancement d’un vaisseau auquel elle donne son nom. Le soir du même jour, un bal est donné en son honneur à l'hôtel de ville.
Entre temps, Tourny lui avait présenté l’Académie dont il était. alors le directeur. Il lui adressa à cette occasion le compliment qu'on va lire, au nom de la docte Compagnie.