A. D., Gir., C 1448, lettre du 27 mars
4. Le 27 septembre 1743, le contrôleur général Orry approuvait les mesures projetées par Tourny, mise du littoral en état de défense et envoi d'un bâtiment armé, A. N., G 60, 27 septembre 1743. Dans ses lettres des ? et 12 avril 1744, le contrôleur général continue d'approuver les arrangements pris par Tourny, A. N., G* 61.
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de là Gironde, mais il ne pouvait disposer à cel effet que de la corvelle « La Vipère », du port de Rochefort, navire en bien mauvais étal. En revanche, il promeltait de fournir aux navires marchands un service d’escorte 1.
La marine royale ne sul pas, où ne put pas épargner au commerce les désaslres immenses qui le frappèrent en 1744: Les négociants se plaignirent de n'être pas suffisamment protégés. Deux vaisseaux de guerre, le Neptune el le Fleuron, devaient assurer à eux seuls les communications avec la Marlinique, mission pratiquement irréalisable. Les négociants dénonçaient encore l’équipage de la flûte, le Canada, comme étant responsable de la perte de plusieurs bateaux marchands ?,
Tourny profila de l'occasion pour renouveler ses instances. Le 7 avril, il avait déjà annoncé à Maurepas qu'il prenait les devants pour armer en guerre un bâliment à l'ancre dans le port ?. En seplembre, il parlait d'armer deux frégates, mais il demandait au ministre de l'aider par tous les moyens ! Dans sa lettre du 25 septembre, Maurepas promeltail à l'intendant de ne rien négliger. « Les côtes du royaume, lui écrivait-il, sont actuellement aussi bien protégées qu'elles peuvent l'être, et il y a 22 vaisseaux en trois escadres qui n'ont pas d'autre destination. Le Roi a envoyé des vaisseaux sur celles de l'Amérique. Sa Majesté se propose d'en faire passer d’autres. Ses officiers ont les ordres les plus précis pour la protection des navires marchands, et il y a lieu d'espérer que le commerce n’éprouvera plus les mêmes malheurs 5.»
Pour les frais d’escorte, le ministre pensait que le commerce devait y contribuer, de même que la ville s'était intéressée à l’armement des navires deslinés à la défense de la rivière. Maurepas envoya M. de Lalanne, commissaire de la marine, à Nantes, à La
1. Lettre de Maurepas du 4 avril 1744, citée par Brives-Cazes, Épisodes du régime prohibikif en Guienne, dans les Acles de l'Académie de Bordeaux, 3° série, 42° année, 1880, p. 268. $
2. Brives-Cazes, Épisodes du régime prohibilif en Guienne, dans les Acles de l’Académie de Bordeaux, 3° série, 42° année, 1880, p. 268-269.
3. À. D., Gir., C 1639, 7 avril 1744, lettre de Tourny à Maurepas.
4. Brives-Cazes, Épisodes du régime prohibilif en Guienne, dans les Acles de l'Académie de Bordeaux, 3° série, 42° année, 1880, p. 260.
5. Lettre de Maurepas du 25 septembre 1744, citée par Brives-Cazes, Épisodes du régime prohibilif en Guienne, dans les Actes de l'Académie de Bordeaux, 3° série, 42° année, 1880, p. 269.
Rochelle et à Bordeaux, pour recueillir l’assentiment des négociants de ces trois ports. Nantes et La Rochelle consentirent à l'État un droit d'indult de 8 pour cent, à percevoir sur le produit des marchandises de retour d'Amérique. La Chambre de commerce de Bordeaux hésila avant de donner son approbation. On eut beau lui représenter qu'il ne s'agissail pas «d'une imposilion faite . d'autorité, et par une loi publique », mais d'un droit proposé par forme de soumission de la part des négociants, et qu'elle-même serait appelée à contrôler, elle se déclara d'abord hostile au projet, dans la crainte que l’indult fût maintenu après la guerre 1.
Il fallut que l’intendant intervint. I convoqua chez lui quatre membres de la Chambre et quelques autres négociants. N'ayant pu aboutir, il décida de faire convoquer par la Chambre ellemême une nouvelle assemblée qu'il présiderait, et à laquelle assisterait M. de Rostan pour représenter la Marine. Devant les négociants assemblés, Tourny exposa le projet du ministre el promit, en son nom, que l'indult proposé finirail avec la guerre, que les vaisseaux du roi recevraient les ordres les plus précis pour convoyer les navires marchands avec plus d'’exactilude. Maurepas accepla même que la perception du droit d'indult fat faite par un des membres de la Chambre, nommé par elle ?. Tourny écrivit encore au contrôleur général pour que le Trésor ne détournât pas l’indult de son véritable objet: « Que la finance ne s’en mêle aucunement, lui disait-il, que tout se donne volontairement dans la proportion convenue, qu'il n'existe point de traces d’autorités, que le Commerce soit sûr de votre part, comme M. le comte de Maurepas l’a promis, que la paix se faisant, il ne sera plus question de cet indult #. » Ce n'est qu'à ce prix, à force d'explications, de promesses et de garanties, que Tourny parvint à faire collaborer les commerçants et l'État pour la protection des navires.
I lui fut plus difficile encore d'obtenir de la place de Bordeaux
1. Voir, pour la suite de l'affaire, les délibérations de la Chambre de commerce de Guienne des premiers jours de février 1745, A. D., Gir., C 4254, et la lettre de Tourny, datée du 13 février 1145, présentée sous forme de complè rendu aucontrôleur général, A. D., Gir., C 1610.
2. Convention mentionnée dans le procès-verbal de la délibération de la Chambre du 20 mai 1745, À. D., Gir., C 4254.
3. A. D., Gir., G 1610, 13 février 1745, lettre de Tourny au contrôleur général,
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