‹ TournyChapitre 164 sur 494 · A. D., Gir., C 1339, 23 septembre · texte numérisé non relu

A. D., Gir., C 1339, 23 septembre

5. Ainsi répond Tourny sur une requête du 17 mars 1744. A. D., Gir., C 569.

6. Le procureur du roi de la ville et prévôlé de Saint-Macaire se dit autorisé à prendre la parole au nom de la Communauté, A. D., Gir., C 1340, ler avril 1744, supplique à Tourny.

7. A. D., Gir., C 1340, 4 avril 1744, lettre de d'Ormesson à Tourny.

Alors seulement, l'intendant se décide à appliquer les règlements:

à la rigueur, et encore y met-il des formes. À propos d'une nouvelle supplique qui lui parvient, il prend une ordonnance autorisant les plantations nouvelles, seulement dans le cas où l'intéressé fera procéder à l'arrachement des plants anciens !. Il donne ensuite l’ordre de « vérifier les nouvelles plantations ». Dupin le prévient que l’opinion est parlagée : « Les uns souhaitent cette vérification, lui dit-il; d'autres la craignent, et il est à présumer qu'elle fera bruit 2.» Enfin, le 1‘ juillet 1745, l’intendant se décide à faire paraître une ordonnance générale, confirmative des arrêts du Conseil : le soin des vérifications, confié d'abord aux subdélégués, passe aux contrôleurs du Dixième; l'arrachement reste envisagé pour les vignes plantées dans des terres à blé depuis moins de cinq ans ?.

Aussitôt entrés en fonctions, quelques contrôleurs veulent se signaler par un zèle excessif. Tourny écrit à l'un d'eux : « Votre zèle vous emporte, Monsieur, au-delà de ce dont vous charge la Commission que je vous ai envoyée... restreignez-vous y, s'il vous plaît 4. » Il écrit à un autre qui lui propose de ruser avec les viliculteurs, pour mieux les surprendre : « Vous agirez, M., suivant vos lumières, sans néanmoins vous servir de voies trop délournées. Je ne les aime guère ?. »

Dans tous les cas, il hésite à prononcer des condamnations f. Quand les gens du duc de Biron expriment tout haut leurs inquiétudes, il écrit au duc pour les tranquilliser : « Ils ont beaucoup plus de peur que je ne veux leur faire de mal. Je ferai

1. A. D., Gir., C 1340, 23 mars 1745, ordonnance de Tourny rendue en faveur des pères Jacobins de Bordeaux. La solution qui intervient dans ce cas partieulier tranche en mème temps la question de principe.

2. A. D., Gir., C 1340, 8 mai 1745, lettre de Dupin à Tourny.

3. L'ordonnance rendue par Tourny, le 1° juillet 1745, est citée par Benzacar, Règles économiques de l'administration d'Aubert de Tourny. p. 34.

4. A. D., Gir., G 1340, 4 août 1745, lettre adressée à Tourny par un sieur Eston de Bourdeilles, qui se proposait d'envoyer, de son chef, une circulaire à toutes les paroisses de l'élection. x

D. A. D., Gir., G 1340, 7 août 1745, lettre de Tourny au sieur de Garlande, minute autographe de l'intendant.

6. A. D., Gir., CG 1340, 7 novembre 1745, minute autographe de Tourny au sieur Dubreuil, |

: a L'AGGRAVATION DE LA CRISE ÉCONOMIQUE 203

quelques exemples, par ci par là, pour relenir dans l'avenir, mais il y aura peu de dommage !. »

On a conservé, pour le Médoc, le cahier volumineux où sont mentionnés les résullats de l'enquête des contrôleurs. Le nombre des condamnations prononcées est infime à côté de celui des plantations irrégulières ?. D'ailleurs, le Conseil soutenait mal l’ardeur de l'intendant ; il lui arrivait de réduire au minimum les amendes qui étaient prononcées ?.

Dans ces conditions, la surface plantée en vignes ne diminuait pas ; la surface plantée en blé n'augmentait pas et l'on ne pouvait compter sur l'autorité pour transformer l’économie de la province. La question du ravitaillement ne pouvait être résolue que par l'importation des grains dont manquait la Guyenne.

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