III. — La Compagnie d’Approvisionnement
Le 31 août 1747, le marquis réunit à l'intendance Bourel et les jurats. 1l amorça la discussion en disant qu'il avait demandé des secours dans les termes les plus pressants et les plus forts, el que le contrôleur général avait répondu à sa démarche en suspendant la liberté du commerce et en envoyant en Guienne Bouret, le sauveur de la Provence. Les déclaralions rassurantes que le fermier général prodigua ensuile n'eurent pas le don de convaincre les jurats. Le sous-maire dit qu'on ne pouvail prendre parli aussilôt, el qu'il fallait informer le Parlement. Au fond les jurals étaient opposés, d'ores et déjà, à l'inilialive de Machault. Dans une de leurs délibérations particulières, ils se prononcèrent ouvertement contre les proposilions de Bouret et décidèrent même de formuler des remontrances contre l'arrêt du 21 août. Le Parlement les fit changer d'avis, en leur remontrant que la ville n'avait plus comme réserve que 34 à 39.000 boisseaux de grains, en complant le seigle et le froment. Le mieux était, d'après la Cour, d'inviter Bouret à prendre à son compte les blés que les négociants avaient achetés #.
1. A. C., Bordeaux, BB, 31 août 1747, procès-verbal de l'assemblée tenue en présence de Bouret à l’intendance. :
2. C'est là une remarque de Tourny qui semble parfaitement fondée, A. D., Gir., C 1372, 21 octobre 1746, lettre de l'intendant.
Le A la suite de la réunion de l'intendance, qui avait eu lieu le 31 août, les jurats décident de se mettre en rapport avec le Parlement. Le 1° septembre, à 9 h. 1/2, les délégués des jurats sont reçus à la Grand Chambre. A 3 heures de l’après-midi, la
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La question du contrat à passer fut mise à l'élude. Le 6 septembre, Tourny réunissait à l’intendance les jurats, Bouret ét un sieur Ribes, négociant à Toulouse, que Bourel avail présenté. Bouret et Ribes s'engageaient à faire venir 190.000 boisseaux de seigle et 200.000 de froment, dans l’espace de quatre mois, par la voie de mer ou par celle de la Garonne. Ribes n'aurait droit qu'au remboursement intégral de ses frais, avec une prime de 15 sols par boisseau de froment et 12 par boisseau de seigle pour ses soins, avances el commissions !. « Ribes, ou si l’on veut Bouret, n'avait done aucun avantage à ce que leblé restâtcher en Guienne; son rôle, dans l'opération, devail être seulement celui d'un commissionnaire, d'un intermédiaire, et non d'un négociant; s’il avait même quelque intérêt personnel dans l'affaire, c'était que la vente fût faite à bas prix, afin que la rentrée de ses avances s'opérât plus promptement, et qu'il pût, avec le moindre capital possible, se procurer le plus grand nombre possible de primes stipulées par le traité? » Le 9 septembre, l'intendant rendait comple au contrôleur général que « les nuages étaient dissipés entre Bouret et les autorités de la ville à. » as
Cependant les plaintes continuaient; la situation de Ribes faisait des jaloux : il semblait être le maître de donner, en fait de grains, la quantité et la qualité qu'il voudrait. N'’en retirait-il pas, quoi qu'on en dit, un profil immense aux dépens du peuple ? N'y
Jurade assemblée décide de repousser les propositions de Bouret. Un nouveau bureau se réunit à 5 heures chez le premier président; il se prononce pour l’acceptation avec quelques réserves. A. C.. Bordeaux. B B, 31 acütet 1° septembre 1747, procès-verbal des délibérations. Dans sa lettre du 2 septembre, Tourny rend compte à Machault du progrès de la discussion: il note la défiance des jurats; il semble s'être mis d'accord d'ores et déjà avec Bouret. « Depuis trois fois 24 heures qu'il est ici, dit-il au contrôleur général, nous avons bien raisonné grains, et plus je l'ai entendu discuter cette matière, plus, malgré toutes les difficultés dont elle se trouve actuellement embarrassée, j'ai d'espérance dans les ressources de son imagination et dans l’activité de l'exécution. l'une et l’autre secondées de vos bontés. » À propos du marché lui-même, le marquis voudrait qu'il ne portàt pas sur plus de 250.000 boisseaux, et que la ville.y entrât comme partie contractante. A. D., Gir., C 1374.
1. À l'assemblée du 6, la ville et le sieur Ribes sont en présence comme parties contractantes. L'intendant a donc cause gagnée. Le 7et le 8 septembre se passent en négociations. Les délibérations de jurade alternent avec les bureaux tenus chez le premier président. La signature du contrat a lieu, le 9, à l'intendance. A. C., Bordeaux, B B, procès-verbaux de délibérations.