‹ TournyChapitre 235 sur 494 · I. A. D., Gir., G 1753, miuute autographe de Tournx · texte numérisé non relu

I. A. D., Gir., G 1753, miuute autographe de Tournx

2, On rencontre ce rensergnement dans une lettre de M. de Moras à Tourny, datée du 10 mai 1756, A. D., Gir., C. 1595. j

3. On en trouve la preuve dans une lettre adressée par Tourny au contrôleur général, le 19 avril 1757, A. D., Gir., C 1595. L'intendant considère que «les opposants qui ne fournissent aucun argument nouveau contre ce qui à été jugé doivent être déboutés de leur demande ».

4. Voir, à ce sujet, l'étude de M. O. Granat, intitulée La manufacture de toiles à voiles d'Agen, dans la Revue de PAgenais, t. XxIX, p. 314-466. L'arrêt du Conseil permeltant l'établissement de la manufacture est du 24 février 1763.

petites fabriques: elle faisait vivre à Marmande 300 personnes et 500 à Agent.

Le rôle de Tourny consista surtout à relever la qualité des produits, en faisant accepter par tous un règlement uniforme, qui interdisait l’emploi de toute matière première de qualité inférieure et qui poursuivait toute malfacon. Le premier projet de règlement fut établi dès 1743, du temps où le sieur Lemarchand était inspecteur des manufactures?. Orry insista pour le faire aboutir, mais le succès était réservé au sieur d'Orgemont, le successeur de Lemarchand. Il sut avoir raison de l’opposition des marchands et des manufacturiers5. Il réunit le 12 juin 1752, puis de nouveau le 16, les tisserands d'Agen ét il arrêta avec euxles termes du règlement pour répondre au désir de Tourny qui voulait ne prendre une décision qu'avec l’assentiment de tous. D’Orgemont et les tisserands décidèrent donc d’un commun accord que les étamines d’Agen seraient de trois qualités, chacune comportant un certain nombre de fils, que ces étamines seraient composées des meilleures et plus fines laines du pays, « sans mélange de laines d’aucune qualité inférieure, ni qu’il puisse y être employé aucunes laines du Levant », que la fabrication des serges, des cadis, des bures et des cordelats devraient présenter des garanties analogues 4. 7

Le règlement d'Agen parut si satisfaisant qu'il fut adopté par les manutactures de Tonneins, de Bergerac, de Périgueux, de Sainte-Foy, et sans doute dans d’autres localités encore 5.

En plus de l’industrie des tissus -de chanvre et de lin, Périgueux ou du moins son évêque, aurait voulu avoir, à l'instar de Limoges, une manufacture d’étoffes de coton. Tourny agréa le projet et espé-

1. On pourra consulter, à ce sujet, l'étude de M. O.Granat intitulée, Les Artisans agenais sous l'ancien régime. Voir aussi dans la Revue de l’Agenais, 1890, une étude de M. A. Communay intitulée Mémoire de d'Orgemont sur les manufactures et Le commerce de l’Agenais et du Condomois.

2. Tourny envoya, à ce sujet, une circulaire à ses subdélégués : A. D., Gir., CG 1576, 8 septembre 1743.

3. Pour la suite de Paffaire, on pourra voir les liasses C 1576 et C 1587, aux Archives de la Gironde, |

4. -A.'C., Agen, H H 24, 12 juin 1752 et 16 juin 1752, procès-verbal des Assemblées. . ». Pour Tonneins, A. C., B B 7, 6 août 1752; pour Bergerac, G. Charrier, ./urades de la ville de Bergerac, L. xn, 21 août 1752; pour Périgueux, A. C.; BB 37, 24 août 1752; pour Sainte-Foy, A. C., BB 12, 1er septembre 1752.

ra un moment pouvoir le réaliser. « C’est une espèce de phénomène dont vous êtes seul capable », lui écrivait, de Périgueux, le grand archidiacre Bertin *. L'entreprise était difficile. On pensa pouvoir y associer l'hôpital, un certain nombre de communautés religieuses et quelques petites villes des environs de Périgueux. L'intendant fit appel au concours des deux grands manufacturiers de Limoges, dont il avait été le bienfaiteur, Thévenin et Laforest, pour qu'ils fournissent des fileuses. Le marquis s’engageait pour sa part à procurer au nouvel établissement un quintal de coton et une trentaine de rouets. Les revenus de lhôpital serviraient pour les premiers frais. L’évêque donnerait 100 pistoles. Le projet aurait pu aboutir si les fileuses engagées avait consenti à loger à l'hôpital, si les réparations à faire au bâtiment de l'hôpital, pour le transformer en manufacture, n'avaient pas été très longues à effectuer, et enfin si les ressources proposées avaient été plus considérables ?.

Le résultat ne fut pas mieux RE en ce qui concerne l’industrie de la soie. Entre 1744 et 1755, peu de villes de Guienne résistèrent au désir d’avoir une manufacture de soieries. C'était l’entreprise à la mode. On voyait les jeunes filles de Libourne empressées à la cueillette des feuilles de mâûriers, qui devaient servir de - pâture à leurs vers à soie. Dès 1744, le chanoine Piot, d'Agen, formait une Compagnie de huit particuliers «aisés el intelligents » pour fonder une manufacture royale de soieries. Tourny dut remontrer au chanoine que son établissement manquerait de solidité on ne pouvait avoir la manufacture sans la soie, sans les vers, sans les müûriers: on n’avait même pas lies mûriers. Un arrêt du Conseil d’État étant intervenu sur ces entrefaites pour autoriser l'établissement d’une manufacture de soieries dans la ville de Montauban5, le chanoine Piot reprit courage : «L'arrêt du Conseil

1. A. D., Gir., C 956, 14 novembre 1747, lettre de Bertin à Tourny.

2. On outers la correspondance entre Tourny, Thévenin et Laforest dans la liasse C 956, aux Archives de la Gironde.

3. A. C., Libourne, B B 27, 14 mars 1754, délibération de Jurade.

4. À. D., Gir., G 1481, 4 mars 1744, lettre de Tourny au chanoine Piot, sous forme de minute orephe Cf. aussi O. Granat, La politique économique des Intendanis

de Guyenne au xvuie siècle, p. 15.

5. A. D., Gir., C 1483, 9 mars 1745, arrêt du Conseil pour l'établissement d’une

Cure à Montauban.

d'État...., écrivait-il à Tourny, donne une nouvelle émulation à nos négociants d'Agen... Il leur tarde... de signaler leur zèle pour le-bien de la province!, » Le sieur Seguy, de Villeneuve, écrivait et pensait de même; il fit visite à Lescalopier, lintendant de Montauban, et il envoya à Tourny des échantillons de ses cocons de soie; il voulut lui aussi une manufacture2. Le sieur Deluze de Libourne partageait, pour sa ville, les mêmes ambitions ?.

Tourny ne voulut décourager les espoirs de personne. Il se déclara charmé de l'établissement dela manufacture de Montauban #. Il demanda à son collègue Lescalopier un ouvrier et un rouet pour tirer la soie5. Il fit concéder au sieur Deluze et aux demoiselles de Libourne le privilège de dépouiller pour leurs vers à sole les müûriers du jardin de la ville6. Surtout, il multiplia le nombre des mûriers.

l: A. D., Gir., C 1483, 30 mai 1745, lettre du chanoine Piot à Tourny.

2. On trouvera dans la liasse C 1484, aux Archives de la Gironde, la correspondance échangée entre Seguy, Tourny et Lescalopier, intendant de Montauban, dans le courant de l’année 1746.

3. A. C., Libourne, HH 4, 9 février 1747, requête de P. Deluze.

4 A. D., Gir., C 1484, 22 avril 1745, lettre de Tourny à Lescalopier.

5. A. D., Gir., C 1484, 10 juillet 1746, lettre de Lescalopier à Tourny.

6. A. G., Libourne, B B 27, 12 février 1747 et 14 mars 1754, lettres de Tourny transcrites dans le registre des délibérations.

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