A. N., F14 134, 13 octobre 1750, arrêt du Conseil
4. En septembre 1753, particuliérement, l'attention de Trudaine se trouve attirée sur les craintes que les projets de Tourny soulèvent, craintes dont le marquis ne peut, dit-il, «guérir l’auteur», A. D., Gir., C. 1862, 29 septembre 1763, lettre de Tourny à Trudaine, en réponse à une lettre de Trudaine du 22 septembre.
5. A, N., F14 134, 18 juin 1752, lettre de Tourny à Trudaine.
Pouvoir central se laissa persuader de leur utilité incontestable, Par sa lettre du 30 juillet 1752, le garde des sceaux accordait à lintendant de Bordeaux, comme une grâce, l’autorisation de poursuivre l’œuvre de la chaussée de Blanquefort. Si la chauseée étant finie, lPintendant voulait la prolonger, il devrait s'adresser au Conseil en vue de solliciter une autorisation nouvelle t,
Quelques mois après, Tournv envovait déjà tous les plans nécessaires à Ja construction du chemin au-delà de Blanquefort. Il promettait de faire aux viticulteurs toutes les concessions possibles: il suivrait l’ancienne voie partout où se rencontreraient des vignes précieuses; 11 n’opérerait de redressement que par petites parties; la voie ne serait que de vingt pieds de large ?. Comme la réponse se fait attendre, Tourny craint qu'elle ne soit pas favorable. Peut-être aussi lui est-il revenu que, sur Les plaintes des viticulteurs, le garde des sceaux se dispose à leur faire accorder, par avance, une indemnité d’expropriation. Pour l’intendant, cette solution équivaudrait à un refus qui déjà le décourage. Il reprend avec Trudaine et Machault le raisonnement qu'Orry lui tenait à lui-même en 1744. Vous «donnez commencement, leur écrivait-il, à chose qui peut tirer à beaucoup de conséquence sur ce qui est fait ou à faire partout ailleurs. Il est beaucoup plus expédient de ne rien faire du tout... Je désirais la réparation du chemin par zèle pour le bien public, qui en a besoin et le demande; trop d’entraves données à ce zèle l’amortissent ; ... vous n’entendrez plus parler de moi -sur ce chemin ÿ. »
Après’ une courte accalmie, les plaintes des viticulteurs se renouvellent au moment des vendanges. L'affaire se termine par un compromis. Le garde des sceaux autorise l’entreprise des travaux de Blanquefort à Cussac, à condition que les vignobles soient épargnés. En cas d’empiétement, les propriétaires devront être indemnisés, une fois le travail fait5.
1. A. N., F14 134, 30 juillet 1752, lettre du garde des sceaux à Tourny. 2. À. N., F14 134, 1er décembre 1752, lettre de Tourny à Trudaine.
3. A, N., F14 134, 28 juin 1753, lettre de Tourny à Trudaine.
4. Il en est fait mention dans la lettre adressée par Trudaine à Tourny, le 22 septembre 1753, déjà citée. A. D., Gir., C. 1862.
5. Voir, à ce sujet, la correspondance échangée entre le garde des sceaux, Tourny et Trudaine, dans la liasse C. 1862, auz Archives de la Gironde,’el aux Archives nationales, F14 134.
VII — Le Développement du Réseau.
Entre les grandes voies de pénétration disposées en éventail, comme les vallées elles-mêmes, des traverses sont tracées, en chevauchement des principaux entre-deux-mers. Ê
’armi tous les cantons de sa généralité, l’intendant témoigne au Périgord plus de soin qu’à tout autre, peut-être simplement parce qu'aucun n'avait autant besoin de routes, peutêtre aussi parce que le Périgord voisinait avec le Limousin. Après avoir relié la vallée de l'Isle à celle de la Dordogne, ce qui permit en 1746 aux gens de Bergerac de faire venir par charroi les grains de Bretagne et du Poitout, Tourny joignit par une autre grande route les vallées de l’Isle et de la Dronne par Périgueux, Ribérac et Brantôme, avec continuation vers Larochebeaumont ?. Il unit aussi celles de la Dordogne et du Lot par Bergerac et Vil- leneuve (1754)5%, et celles du Lot êt de la Garonne par Villeneuve et Agent. De Castillon à Montpont, par Villefranche, une nouvelle route traversa une deuxième fois l’entre-deux-mers de l’Isle à la Dordogne.
En même temps que les routes franchissaient les entre-deuxmers, leur réseau se développait d’une autre manière encore, en rayonnant autour des centres principaux comme Bordeaux, Libourne, Périgueux, Bourg, Villeneuve, Sauveterre, Sainte- Foy etc... Bordeaux vit réparer ses chemins de banlieue comme ceux de Langoiran, de Mérignac, de Saint-Médard, sans compter le chemin de Buch qui est la route d'Arcachon actuelle7. Le 6
1. L’intendant de Bordeaux se garde bien d’omettre ce détail, dans la lettre qu’il adresse à Machault, le 15 novembre 1746, A. D., Gir., C 1372.