Il n’en reste que huit. Les autres ont disparu
2. Voir, à ce sujet, la lettre adressée par Gabriel à Tournv, le 14 septembre 1743, A. C., Bordeaux, D D 23, et la lettre de Tourny au contrôleur général en date du 19 septembre, A: D., Gir., C 18. :
3..A. C., Bordeaux, D D 23, 29 septembre 1743, lettre de Tourny à Gabriel, minute autographe. $
haitaient les commerçants, telle que la réclamaient les besoins du Commerce. « La Bourse, ajoutait-il, n’est pas seulement le rendezvous journalier des négociants, mais généralement de tous les habitants de la ville, de quelque qualité et profession qu’ils soient, parce que la plus grande partie de-leur fortune consiste en vins, et que c’est là qu'on en apprend la valeur, qu’on trouve l’occasion de s’en défaire et qu’on suit la rentrée du prix. D'ailleurs Bordeaux, étant un des plus grands abords du royaume pour les étrangers, et la plupart de ces étrangers fréquentant la Bourse par la nature des affaires qui les amènent, il faut qu'ils commencent à y prendre une idée avantageuse et de la nation et de son commerce. En un. mot, par ces raisons et quantité d’autres, tout le monde voyait ici avec peine que M. Boucher eût proposé en petit le projet de cette Bourse: on en souhaite l’exécution en grand !.»
Partant de là, ayant prévu le supplément de dépense et croyant avoir répondu suffisamment à la rzcomnandation du contrôleur général «de ne rien faire de superflu ?, » le marquis demanda à Portier de nouveaux plans pour la Bourse, et il les soumit au jugement de Gabriel*.
Le changement essentiel consistait dans l'attribution à la Bourse d'un certain nombre d’emplacements qui devaient être mis en vente. Cette modification en entraïnait d’autres, notamment pour la position à donner à la porte du Chapeau-Rouge, que la Bourse agrandie allait atteindre, pour l’étallissement de galeries découvertes, en arrière de la cour intérieure, et aussi pour la construction de la cage d'escalier, où la portée des poutres devait aller jusqu'à 47 pieds
L’intendant ne dédaigna pas de traiter ces questions d'ordre technique; il voulut. les étudier et les discuter, pour ne pas accueillir aveuglément et sans réserve les avis obtenus du premier archi-
tecte du roi.
En vue de défendre les galeries contre la poussée des voütes,
1. A. C., Bordeaux, D D 23, 27 mars 1744, lettre de Tourny à Gabriel, minute
autographe.
2. Orry s'était bien gardé d’omettre cette recommandation dans sa lettre à Tournyÿ
. du 27 septembre 1743, A. D., Gir., C 18.
3. A. C., Bordeaux, D D 23, 27 mars 1744, lettre de Tourny à Gabriel, déjà citée. 4, Ibidem.
Gabriel propose de les surcharger de dalles de pierre !. Tourny est ainsi plus rassuré. Pour leur décoration, le marquis parle à son tour d’une balustrade en fer. L'architecte répond en ne maintenant la balustrade en fer que pour l’intérieur, et en pla- Gant un petit mur vers le déhors. « La balustrade deviendrait trop maigre, à la suite de la grande décoration 2. »
L'artiste établit ses plans sur ces données: malheureusement il n’est pas sur les lieux, l'exécution ne va pas sans mécomptes. Au moment de décintrer la voûte des galeries, on s'aperçoit que la solidité en est très imparfaite et on replace le cintre par prudence. L’intendant s'inquiète. « Il s’agit de savoir, écrit-il, si la poussée des voûtes de ces galeries n’est pas supérieure à la force des murs sur lesquels elles appuient. » La nécessité s'impose de trouver un remède. Imaginera-t-on des tirants plus forts à chaque arc doubleau ? Surchargera-t-on les voûtes en élevant, au-dessus, des galeries couvertes, qui «ne seraient guère du goût de Ce pays » et qui enléveraient beaucoup d'air à la cour ? Tourny s'arrête à ce dernier parti, mais en n'élevant un étage que sur une portion des voûtes de galeries #
Dans la question de l'escalier, l’intendant intervient tout autant, sinon davantage. Il le veut solide, mais il le souhaite aussi aisé à gravir et agréable à regarder. I] écrit : « En examinant ct réexaminant les projets de la Bourse, il me parut qu'il y avait deux choses à redire à l'escalier, l’une que le palier d’en haut, long de 34 pieds et large de 24, n'étant soutenu que par une seule poutre, il pourrait arriver que dans des temps de foire ct de presse, ce palier contenant 4 à 500 personnes, la poutre cassât et quel malheur n’en résulterait-il point; l’autre, qu’en entrant de la Cour dans la cage de l'escalier, il paraîtra en une espèce d’enfoncement, et l’on n’en verra point le plat fond (sic), que l’on ne soit avancé de 12 à 15 pieds, ce qui ne produirait point un bon effet5. » Tourny présente quatre projets. Il y étudie un système
1. Voir la leltre de Gabriel à Tourny du 7 juin 1744, A. C., Bordeaux, D D 23. SPAS Bordeaux, D D 23, 23 juin 1744, lettre de Tourny à Gabriel, minute auto-
3. A. C., Bordeaux, D D 23, 10 juillet 1744. lettre de Gabriel à Tourny.
4 Voir les lettres de Tourny à Gabriel, du 21 mai 1748, À. D., Gir.; C 1190 et du 14 juillet 1748, A. D. Gir.,. CG 1194: 4
8. A. D., Gir., C 1191, 19 avril 1746, lettre de Tourny à Gabriel, minute autographe,
de voûte, pour remplacer la poutre unique du plafond. La voûte pourra être extrêmement surbaissée pour avoir plus de dégagement. Le nombre des rampes et celui des marches retiennent aussi son attention. Il n’est pas partisan d’une rampe de 23 marches, une aussi grande quantité de marches de suite, sans repos, me paraît aussi fatigant pour celui qui les monte qu’effrayant pour celui qui a à les descendre... Il n’est pas mal pour-le coup d’œæil que les choses soient disposées de façon à présenter le monde sur différentes hauteurs, et comme par gradins. » Comme sil craignait d’avoir raison contre le Maitre, 1l s'excuse tout aussitôt : « je vous demande excuse, dit-il à Gabriel, si un ignorant comme moi en semblahles matières contredit quelqu'un dans qui il reconnaît autant de science et de lumière que Je vous en sais, mais J'ai tant à cœur que cette Bourse soit déjnèchée d’une facon hors de critique que j'y donne toute reon attention !. »
L'architecte contredit “ertaines ohservations de lintendant architecte. ‘lourny cède sur la question «du retranchement de la cage de l'escalier. pour procurer une commodité au 2% élage », mais il demande « en compensation » que, sur les 25 marches proposées pour la troisième rampe, quatre soient retranchées. Sans doute Gabriel lui a cité des exemples fameux qui pouvaient autoriser ces 23 marches, mais « ces exemples n’empêchent pas que la chose ne soit incommode et désagréable. Ils doivent plutôt faire songer à l’éviter qu’à limiter. » Fort de ses dires, Tourny propose deux nouveaux plans, pour assurer une meilleure répartition des degrés ?.
Comme pour la partie architecturale, nous voudrions savoir dans quelle mesure Tourny intervient dans la décoration du bâtiment. Les documents font ici défaut, pour une raison assez simple : l’intendant, qui avait Francin auprès de lui, traitait de vive voix les questions de sculpture.
12 A °D:.:Gir.; G 191, 14#mai 1746, lettre de Tourny à Gabriel, minute autographe. 2. Voir, à ce sujet, le détail des plans proposés par Tourny, dans sa lettre du 7 juin 1746 à Gabriel. A. C., Bordeaux, D D.23, 7 juin 1746, minute aulographe.