III. — Le fond de la Place
Les documents manquent aussi pour démontrer que lintendant ouvrit le fond de la place, où plutôt on est réduit à s'en rétérer, pour ce point essentiel, à la tradition el aux plansé, sans pouvoir préciser, d'une façon sûre, dans quelles circonstances et à quel moment Tourny décida d'isoler le pavillon central, entre la rue Saint-Rémy et la rue Royale, La question ne se posa, semble-t-il, que lorsque la Bourse fut construite,
Le 5 juin 1744, Tourny avait approuvé le mémoire qui déceidait d'ouvrir, du côté de l'hôtel des Fermes vers la rue des Fossés, un passage voûté, Le passage devait mesurer 12 eds S pouces", comme l'arcade prévue pour la rue Saint-Rémy., Un débouché plus large ne pouvait être assuré à cette dernière voie, bien qu'elle fût très importante, à cause de l'alignement prévu pour le fond de la place. Il avait fallu choisir entre les nécessités de la voirie et les exigences de l'architecture; c'est la voirie qu'on avait sacriliée.
Pour autant qu'il approuvât les belles ordonnances projetées, Tourny ne pouvait, sans se démentir, ralilier celte infraction très grande aux lois de la cireulation, Même la Place Royale ne pouvait s'y soustraire, Les rues les plus passantes devaient y avoir largement accès,
Après avoir décidé le percement de la rue Royale, du côté opposé à la rue Saint-Rémyv, le marquis entrevit la vraie solution du problème, Celle solution est trouvée en 1749, quand l'intendant joint à sa lettre du 24 octobre, adressée à Gabriel, le plan du pavillon détaché dans le fond de la place, Sans dire qu'il a reculé l'alignement pour conserver une largeur suisante aux rues Royale et Saint-Rémy, et pour leur permettre de déboucher à découvert
1. Bernadau, Hisioire de Bordeaux, p. 181; Jouannel, op, el, ps 77,
?. Les plans à consulter sont conservés, pour la plus grande partie, aux Archives départementales de la Gironde,
3 A, D., Gir,, G 1175, mémoire, avee annotation de Tourny «hon à exécuter »,
4. Dès 1743, cf, les affiches de mise en vente datées des 10 et 26 juin 1743, À, €, Bordeaux, D D 14,
(oSimog eI op 998[q JUaworon)2e)
D > F NVAGYO4 AA HIVXOH HIV' Id VI vpeinodez 2p 21pn8aX* [109 ‘AIPXOH 09814 EL 2D UONHRNSUOY E[ 2D GOISE)00 [ & JUDO AU ounArxy ; . à : . moi CHDIDAOCT-IH ID ON ID):
RAÉOUSC Re Ie el — < Es © pe = el =.
Di <« el
sur la place, il parle de la largeur à leur donner et des dimensions que peut prendre Île bâtiment du fond’.
Par ailleurs, il consulte l'architecte sur l'opportunité d'adopter le parti du pavillon ou de s’en tenir à un obélisque. Gabriel aimerait mieux l’obélisque; Tourny a une préférence pour le pavillon, mais son dessein n’est pas ferme : « J'aurais cu, écrit-il, plus de penchant pour un pavillon, s'il eût pu être de 5 croisées; mais ne pouvant être que de 3, il formerait, je crois, un objet trop maigre aux yeux, surtout par le toit?.» La question était assez délicate, pour que Gabriel mit longtemps à se décider. En 1790, il ne parle plus de l’obélisque, mais il hésite maintenant entre une fontaine, comme celle de Saint-Michel à Paris, et un bâtiment à pignon, qui pourrait servir de théâtre ?. Impatient d'attendre sans doute, l’intendant prit sur lui de trancher la difficulté. D'après les plans de Gabriel, il fit construire, au fond de la place,l e pavillon central qui existe encore et qui ne dépare pas trop l’ensemble architectural, malgré sa silhouette un peu grêle et son fronton assez vide où Francin a sculpté la Libérahté.