BRIE SENS PA
: A ‘ AT re : 2 1 je Germain en même temps que l'établissement des allées *. L'in
tendant avait sans doute inspiré, sinon provoqué, ces délibéra- ,
tions.
Entre temps, Tourny élargissait le projet de Dasfeld, en se proposant de conduire les allées jusqu’à la rivière. Pour aboutir, il multipliait les pressantes démarches, auprès du comte d'Argenson, ministre de la Guerre, et auprès du gouverneur du Château-Trompette, le duc de Duras. Il écrivait, le 27 janvier 1744, à d'Argenson : « On doit former en alignement une autre rangée d'arbres sur lPesplanade dudit château, pour venir se rendre près la porte dite de Médoc qui sert d'entrée dans l’intérieur de la ville, et de là, par une portion circulaire, retourner vers la rivière, en suivant le pavé qui borde les maisons à la porte dite du Chapeau-Rouge ?. »
Le due de Duras aurait sans doute marchandé à Tourny la permission d’empiéter sur l’esplanade: son intention était, semble-t-il, de ramener l’intendant au plan de Dasfeld. Mais Tourny coupa court à cette tentative, en faisant justice du projet de l’ancien gouverneur8,et le comte d’Argenson leva les diflicultés par sa lettre du 31 mai 1745, qui donnait à l'intendant une approbation entière #. +
En 1746, fort d’une nouvelle délibération des jurats 5, Tourny apporta à son plan des améliorations nouvelles. IT voyait de plus en plus grand. Après n'avoir pensé conduire ses allées que de la porte Saint-Germain à la porte Médoc, il avait achevé, par la pensée, le circuit du Château-Trompette, et maintenant, il voulait donner encore plus d'agrément à sa promenade, en élargissant la vue sur la rade f. Son projet était de détruire le mgr de ville € qui prenait depuis la porte du Chapeau-Rouge jusqu’au fossé du Château-Trompette et faisait la séparation sur le bord
1. A. G., Bordeaux, D D 14, 24 janvier 1744 et L6 mars 1745, extraits des délibé- ‘rations de Jurade. ; |
2. A. D., Gir., C 1219 27 janvier 1744, lettre de Tourny à d’Argenson.
3. Dans les lettres des 28 janvier et IR février 1744 déjà citées; A. D. Gir., C 1219.
4, A. D., Gir., CG 1219, 31 mai 1745, lettre d'approbation de d’Argenson à Tourny. Les plans sont à consulter dans la liasse C 2054, aux Archives de la Gironde.
5. Tourny prend prétexte de cette délibération des jurats dans la lettre qu'il adresse à d’Argenson, le 29 février 1746, A. D., Gir., C 1219.
6. Cf., à ce sujet, la lettre de Tourny à Gabriel, en date du 26 mars 1745, A. D. Gr CLONE :
cf
de la rivière d’avec celui des glacis dudit château. » Des magasins étaient adossés au mur; on ne pouvait les conserver. Comme l'état-major du château jouissait du produit de leur location, l’intendant et les jurats s’entendirent avec l'état-major pour lui verser, sur les fonds de la ville, le-revenu qu'il en retirait. Ainsi le mur put être remplacé par une simple banquette surmontée d’un grillage *.
Au moment où les plantations gagnaient tout le développement des allées, le directeur des fortifications de la province tenta encore d'empêcher le marquis de mettre un simple grillage entre la promenade et le château. Le marquis répondit vertement «Il n’y a plus moyen actuellement, à moins pour ma part-de recevoir le soufflet le plus désagréable qui se puisse, et pour celle de la ville de faire une perte de 40000 1. M. le Comte d’Argenson
. est trop bon pour vouloir me donner une pareille mortification ?. »
Le ministre de la Guerre épargna ce chagrin à Tourny, mais les instances réitérées de l’intendant y suffirent à peine?. Le marquis était d’ailleurs décidé à ne reculer devant rien pour défendre cette suite imposante de plantations, qui commençaient sur le quai à la porte du Chapeau-Rouge, qui se massaient en triangle au-devant de la porte du Médoc, et qui se développaient, en s’élargissant, jusqu’à la porte Saint-Germain, le long d’une facade destinée à devenir monumentale.