VI. ET Le plus grand Bordeaux
Si l’on veut apprécier le Bordeaux de Tourny, il faut le juger non pas seulement d’après les travaux que lintendant mena à bonne fin, mais encore d’après ses projets auxquels ses successeurs travaillèrent, et d’après ses conceptions générales dont nous pouvons nous-mêmes nous inspirer.
En vérité, son œuvre fut celle de plus d’un siècle et ce que l’on y trouve, c’est le plus grand Bordeaux. Le marquis sut compréndre et fixer, une fois pour toutes, les conditions générales d'aménagement, d’agrandissement et d’embellissement applicables à sa capitale.
Par lui, Bordeaux se trouve doté d’une périphérie qui élargit notablement l’ancienne enceinte. Pour faire vivre ses quartiers neufs, l’intendant a l’heureuse idée d’y transférer des établissements publics, qui deviennent très vite des centres d’attraction. Le même principe appliqué ‘aux faubourgs aboutit à des résultats absolument remarquables, comme le prouve, jusqu’à l’évidence, l’exemple du Jardin public.
Au delà du tour de ville, qu’il développe de quelques dizaines dé toises en avant de l’ancien mur, Tourny trace comme le périmètre de la cité future, en englobant la ville et sa banlieue dans le même système de voirie. De part et d’autre de la cité, vers les Chartrons et vers la Manufacture, il pousse son boulevard jusqu’à la rivière et prépare ainsi l’annexion à Bordeaux d’une partie des faubourgs *.
Il comprend admirablement que la rivière sert de base à la figure géométrique dans le cadre de laquelle la grande ville est