I. P. Fourché, op. cit., p
2. Thomas, Le cimetière de la rue Saint-Louis, dans la Revie historique de Bordeaux, 1913, p. 212.
3. À, D;, Gir. C 1219, 6 mars 1747, lettre de Tourny à d’'Argenson déjà citée:
dessinée. Bordeaux doit s'étendre toujours de la rivière à la rivière. Cette figure, qui était d’abord un carré, s’est allongée en rectangle, et s’est encore transformée en trapèze!. Tourny semble deviner que les deux côtés du trapèze ont été et seront comme les ailes marchantes de la ville. La facade sud de Bordeaux se déplace des Fossés de ville au boulevard de Tourny, de notre moderne coufs Saint-Jean au boulevard Jean-Jacques-Bosc. Dans le même temps, la facade nord atteint successivement, par un plus grand nombre d’élapes, le Chapeau-Rouge, le Pavé des Chartrons, les diverses transversales du Palud, qui marquent des arrêts provisoires, avant d'atteindre le cours du Médoc, le cours Balguerie prolongé et le boulevard Brandenburg.
A mesure que les côtés écartent leurs flèches, le sommet de la figure tend toujours à se déformer dans un périmètre constamment plus large. Tourny prépare les grands axes autour desquels s’ordonnera du côté de la terre le développement de l’agglomération. I fixe les branches de l’éventail entre lesquelles le Bordeaux futur se déploiera. Les grands chemins de Bayonne et de Toulouse, ceux de Bègles et de Pessac, rattachés au tour de ville par des places très vastes, et prolongés par des rues droites au travers de la cité, amèneront à Bordeaux les faubourgs Sainte- Croix, Saint-Julien et Sainte-Eulalie. La grande voie que Tourny projetait du Chapeau-Rouge à Mérignac aurait tôt fait, aVec la rue Fondaudège, d'unir à la ville le faubourg Saint-Seurin, comme Ja grande allée v annexera la Manufacture, comme les cours Saint-André, Saint-Louis et le grand Chemin du Roi y engloberont le faubourg des Chartrons.
Voilà le Bordeaux de Tourny, préparé à devenir notre Bordeaux moderne, étendu jusqu'à la ligne des boulevards extérieurs.
Si l’intendant avait pu travailler à la rive droite comme à la rive gauche, à la Bastide et à Lormont comme à Bordeaux, il aurait compris les deux côtés du fleuve dans le même ensemble économique, dans le même ensemble de voirie et dans le même ensemble architectural. Il aurait confronté les deux villes jumelles. Elles auraient eu chacune leur façade et les grandes artères
de la rive méridionale seraient venues enlacer du même geste les quartiers de la rive du nord.
1. A, Mazas, La Guienne, le Languedoc et la Provence, Paris, p. 40.
EINRE IH
Les Conflits.
L'Exercice de l'Autorité et la Concurrence
des Pouvoirs.