D’Argenson, Mémoires, 7 novembre
3, A, N,, O1 509, 30 septembre 1751, dépêche ministérielle à Tourny.
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L'EXERCICE DE L'AUTORITÉ o81
du peuple aurait de grands dangers !, » Le devoir essentiel qui s’impose aux agents du roi consiste dans une certaine complaisance à l'égard du public et des autorités locales. Il faut respecter leur part d'influence, pour sauvegarder celle du roi. Les meilleurs intendants doivent donc se signaler par leur douceur, par leur souplesse, par leur diplomatie. « Les promesses de protection, leurs effets, l'accueil favorable et la douceur font partie de l’administration politique et sont aussi nécessaires pour confirmer dans leurs devoirs les officiers qui montrent du zèle dans leurs emplois, que la sévérité pour y ramener ceux qui s’en écartent ?. »
Pour le ministre de la province de Guienne, la tutelle des Communautés par l’intendant ne doit pas s'exercer en fait. Les magistrats du peuple doivent être traités par le commissaire départi, moins en subordonnés qu’en collaborateurs. « Ils sont coopérateurs du bien avec vous, écrit Saint-Florentin à Tourny, ils ne peuvent le faire s'ils ne sont respectés par le peuple. Ils ne sauraient être avilis, que votre autorité n’en souffre. Tout vous convie à vous conduire sur ces principes, le service du roi l'exige, votre propre tranquillité le demande, et j'y trouverai de mon côtéla satisfaction de ne plus craindre pour le bon ordre... 5. »
Quand la collaboration cesse entre les magistrats du peuple et les agents du roi, quand une querelle les divise, Saint-Florentin préjuge que l’intendant est dans son tort, et pour tout apaiser, il lui fait une autre querelle. Il trouve bon d'entretenir une correspondance directe et même secrète avec les Corps de ville. Il leur donne raison, tandis qu’il reproche à l’intendant ses abus de pouvoir et ses vues personnelles. Il écrit à Tournyÿ à propos d’une question d’élection: « Vous n’avez point d'attribution particulière pour con: naître de ces élections. Elles n’ont de réformateurs que le roi, et lorsqu'il y a des plaintes, c’est à moi qu’elles doivent être adressées pour en rendre compte à Sa Majesté... Vous vous êtes donné une juridiction que vous n'avez pas, et vous avez fait acte de Juge sans être juge, on n’a point encore entendu dire que l’occasion crée le juge; ainsi ce n’était pas à vous à décider f. » C'est à peine si
A. D., Gir., C 916, 8 septembre 1751, lettre de Saint-Florentin à Tourny. A. D., Gir., C 910, 24 juillet 1750, lettre de Saint-Florentin à Tourny.
A. D., Gir., C 916, 8 septembre 1751, lettre de Saint-Florentin à Tourny. A. D., Gir., C 1100, 16 octobre 1750, lettre de Saint-Florentin à Tourny.
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l’intendant peut se croire à l'abri d’un désavœæu catégorique, d'un démenti formel, Saint-Florentin hésite pourtant à casser les ordonnances que Tourny a rendues. Il hésite, et il finit par prendre le parti de les laisser subsister, Sa Majesté voulant « prévenir le préjudice que l’ordre public pourrait souffrir de l'exemple d’une autorité
si manifestement usurpée !. »