‹ TournyChapitre 349 sur 494 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

3. 1bidem. Les affirmations de Tourny ne sont pas contredites par le mémoire ou rapsodie de l’Académie, rédigé en 1749, et transcrit par M. Caraman, pour la formation du recueil des documents concernant l’Académie.

4. B. M., Bordeaux, Arch. Acad., 2° registre de délibérations, procès-verbal du 12 avril 1749, Document transerit par M. Caraman.

Là-dessus, le silence se fit à l’Académie. L’intendant ayant emporté l’adhésion de ses collègues entendit en tirer partisur-le-champ, pour faire admettre au Conseil un projet d'arrêt, et pour mettre

les parties intéressées devant le fait accompli. :

Un temps précieux fut perdu, parce que les Jacobins se mêlèrent d'intervenir. Quand Tourny leur fit part de sa proposition, «ils trouvèrent, à la manière des moines, des difficultés pour parvenir à en tirer plus de profit !.» Dans cette vue, ils adressèrent à Saint- Florentin des mémoires pour s'opposer à l'arrêt que sollcitait la ville, soutenue par l’intendant.Le marquis dut livrer aux bons Pères une bataille en règle; il dut faire assaut avec eux d’habileté, de finesse et même de finasserie. Elle est intéressante à lire la correspondance échangée entre Tourny d’une part, Trouvé qui est à Paris l’agent de la ville, et le R.P. Vassal, l’homme de confiance de l’intendant à la Congrégation des Jacobins. Le Père Vassal, qui est à Paris, a l’air de trahir les Jacobins de Bordeaux, en divulguant le secret de leurs délibérations, en conseillant à Tourny d'agir en dépit de leurs décisions; mais il sert la Congrégation en ce sens qu’il travaille à lui obtenir des indemnités plus considérables 2 L'’intendant se plaint surtout de ce que les négociations se prolongent: il serait si pressé d'aboutir. Il écrit à Trouvé le 28 juin 1749: « L'affaire du terrain me paraît prendre une tournure à ne pas finir si tôt..., parce qu’elle sort de sa véritable situation. Que le Roi ait la bonté de permettre à la ville par un arrêt du Conseil de disposer de ce reste de terrain, comme Sa Majesté a fait de la première partie par un précédent arrêt, cela est simple, naturel et n’intéresse nullement les Jacobins #. » Après que furent discutés et pesés mûrement, un à un, tous les termes de tous les projets, après que la ville et les Jacobins eurent échangé tous leurs mémoires, la solution intervint enfin le 26 juillet 1749.

1. A. D., Gir., C 3306, 1er septembre 1749, lettre de Tourny à l’évêque d’Agen, déjà citée.

2. Cette correspondance, dont nous n’avons pas à rendre compte en détail, se trouve aux Archives de la Gironde, liasse C 3305.

3. À. D., Gir., C 3305, 28 juin 1749, lettre de Tourny à Trouvé, écuyer, chargé des affaires de la ville de Bordeaux, à la suite de la Cour et des Conseils de Sa Majesté.

4. Voir le mémoire fourni par la ville, en réponse à celui des Pères Jacobins, A. C., Bordeaux, BB, registre pour 1749-1750, 19 juillet 1749. La dépêche ministérielle du -25 juin 1749, A. N., O1 508, annonce l'envoi du mémoire des Jacobins, regardé comme « très raisonnable », et discute les termes du projet d'arrêt proposé

Par un premier arrêt, la ville était autorisée à rain situé au-devant de l'Académie, et encore à ouvrir la rue projetée à travers le jardin, «sauf à dédommager en tant que besoim sera l'Académie et les Pères Jacobins de ce qu'ils cèderont de leur

disposer du ter-

terrain !. »

Un second arrêt, qui semblait pris en application du premier, et qui dut paraître aussi superflu à Tourny qu’indispensable aux Jacobins, réglait l'indemnité consentie aux bons Pères ?.

Quant à l’Académie, qui ne s'était pas donné de mouvement, elle ne pouvait prétendre qu'aucune décision fût prise en sa faveur; elle s'était mise par son silence à la discrétion de l’intendant et de la ville. Le jour même où Tourny connut la décision du Conseil, il envoya, paraît-il, sur les lieux, sa brigade d'ingénieurs, de dessinateurs, d’architectes, de maçons, de manœuvres, pour commencer les terrassements devant la facade de la maison des académiciens ?,

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