‹ TournyChapitre 350 sur 494 · II. — Les Partis à l’Académie · texte numérisé non relu

II. — Les Partis à l’Académie

Les travaux auraient suivi leur cours, si quelques académiciens n'avaient cru devoir soulever la Compagnie. L'exemple des Jacobins était instructif. Il montrait que la résistance était possible. L'occasion semblait bonne de rouvrir le débat, surtout à certains personnages qui ne chérissaient pas plus Tourny, comme académiciens, qu'ils ne l’aimaient comme parlementaires.

La Cour de Parlement détenait la majorité des voix à l'Académie, par le grand nombre de ses magistrats qui y avaient un siège, et elle avait encore le souvenir très vif des rigueurs que l’intendant, d'accord avec le chancelier et avec le premier président, avaient exercées contre elle à l'occasion de la famine, à

1. A. N., E 2291, 26 juillet 1749, arrêt du Conseil. La dépêche ministérielle du 28 juillet 1749, A. N., O! 508, en annonce l'envoi. On trouvera le texte de l'arrêt dans un extrait des registres du Conseil d'État, conservé aux Archives de la Gironde dans la liasse GC 3306.

2. Voir, comme pour le précédent arrêt, A. N., E 2291, 26 juillet 1749; A. N., O1 508, 28 juillet 1749, À. D., Gir., C 3306.

3. Nous n'avons A raison de révoquer en doute les affirmations énoncées à ce sujet, par l’Académie, dans sa rapsodie de 1749,

LA QUERELLE DE L'ACADÉMIE p91

peine quelques mois plus tôt. Si Tourny voulait jouer à l’intendant avec l’Académie, ses ennemis du Parlement pouvaient bien engager l’Académie dans une Fronde. « De vous à moi, écrivait plus tard le marquis à l’évêque d'Agen, à prendre les choses dans leur source, ce qui se passe aujourd’hui à PAcadémie tient beaucoup de ce qui se passa l'année dernière au Parlement, dont le feu n’est pas encore éteint. MM. de Grissac et de Baritault ont été charmés de saisir une occasion de contrecarrer quelque chose que je proposais et que M. le Premier Président approuvait !

M. de Baritault, peut-être aussi M. Barbot, de la Cour des Aides, qui s'étaient tus le 12 avril, travaillèrent à former un parti d'opposition. Ils furent favorisés par les circonstances. Les travaux étaient commencés, et Tourny n'avait pas encore apporté son plan à l’Académie, Quand il le montra enfin à ses collègues, dans les derniers jours de juillet, l’indignation fut générale, si nous en croyons les adversaires de l’intendant ?. Cependant la l'assemblée

Compagnie ne prit aucune décision, pas plus qu'à suivante, où Tourny amena Leberthon, le premier président. La séance du 3 août fut des plus orageuses : l’intendant représenta les arrêts du Conseil; on discuta longtemps, après quoi l’on s’en tint à la délibération du 12 avril confirmée par les arrêts. Le soin de l'exécution fut confié à deux commissaires, Thibault et de Baritault « pour y travailler avec la ville et rendre compte à l'Académie des difficultés qu’il y aurait, après avoir conféré avec moi, — c’est Tourny qui écrit — pour tâcher de les aplanir ÿ»

Pour les opposants, une occasion très favorable se présenta sept jours plus tard. A la séance ordinaire du 10, l’Académie ne se trouva composée que de 8ou 10 personnes, dont M. de Grissac qui n’y avait pas paru depuis environ deux ans. Thibault était absent, - à cause des couches de sa femme, ét l’intendant avait pris médecine. Baritault présenta des observations et la discussion tourna de telle sorte et par un plan si bien concerté, que l’Assemblée décida, en’

LSACCE).; Cire 003306; 1er ne 1749, lettre de Tourny à l’évêque d’Agen,

déjà citée.

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