A. D., Gir., C 909, passim
2. Voir la dépêche ministérielle à Tourny du 25 octobre 1745, A. N. O1 506 el Parrêt du 4 juin 1746, prononcé sur requête des jurats, après avis favorable de Tourny, A. N., E 2255; un exemplaire de l’arrêt se trouve aux Archives de la Gironde, A. D., Gr Csl100:=
3. Tous les documents relatifs à ces élections sont à chercher dans la liasse C 909, aux Archives de la Gironde. Consulter notamment la lettre de Saint-Florentin à Tourny du 12 juin 1747, celle de Tourny à Saint-Florentin du 24 juin 1747, et la réponse du ministre à l’intendant, en date du 9 juillet 1747.
610 LES CONFEITS
L'activité de l’intendant devient redoutable; 1l abuse des évo-
cations; il tire toute l'autorité à lui, même celle qui revient en droit au Corps de ville. Un arrêt d'octobre 1747 stipule que les amendes prononcées par les administrateurs de la Communauté appartiendront au roit; un autre de 17482 remet à Tourny la direction des travaux d’embellissement, nonobstant toute opposition, même de la Jurade. La menace de la famine, et la famine elle-même, multiplient le nombre des interventions de Tourny qui se substitue aux autres autorités et qui contrecarre leurs initiatives. Les jurats, d’ailleurs, sont les moins maltraités, et l’intendant garde le souci de les satisfaire. Comme ils dénoncent dans l’entreprise de Bouret « un commencement de projet formé de mettre dans le royaume les grains en parti », Tourny provoque la constitution de la Compagnie d’approvisionnements. Mais bientôt les grands négociants, qui se sont groupés en association, deviennent euxmêmes l’objet des rancunes des jurats, et la dette à payer par la ville à la Compagnie va donner lieu aux protestations les plus vives. Ainsi, dans la crise des subsistances, chacun se découvre, avec ses vues personnelles et ses arrière-pensées. La Jurade et l’intendant apprennent à se mieux connaître. «Ilest né, écrivait plus tard Tourny, un germe de mésintelligence entre elle et moi. Ce germe s’est nourri sourdement pendant l’année 1749 et a produit au dehors différents effets en 1750. »
Les menées sourdes, dont parle Tourny, ce sont les cabales électorales, et les intrigues menées par le Corps de ville avec le ministre de la province, Saint-Florentin.
Les élections de 1748 sont des plus disputées. Pérès, évincé par deux fois de la Jurade, essaie de s’y faire admettre avec l'appui de nombreux partisans à la tête desquels se place l’archevêque. Lé parti opposé fait grand bruit des propos imprudents que Pérès tient à l’archevêché #, et il y trouve un bon prétexte pour passer à la riposte. Cependant Saint-Florentin écrit pour recommander