‹ TournyChapitre 378 sur 494 · PORT · texte numérisé non relu

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Tourny de revendiquer pour lui l'administration supérieure des spectacles, de vouloir ainsi partager la police en deux 1.

VI, — L'Affaire du Re

Chemin faisant, les jurats avaient trouvé une nouvelle arme contre l’intendant. Dans le désir de répondre coup pour coup à ses dénonciations, leur attention ne pouvait se distraire d’une affaire aussi délicate que celle du Terrier.

Pour juger les contestations qui ne manqueraient pas de survenir à propos de cette question, Tourny avait obtenu du Conseil l'établissement d’une commission composée essentiellement de: trésoriers de France. Dès le 17 juin 1751, au lendemain de la décision du Conseil, les jurats, ennemis des: trésoriers, déclarèrent qu'ils formeraient opposition. Le 19, Comarrieu, procureur des trésoriers et procureur de la commission du Terrier écrivait à Tourny : « Les jurats de Bordeaux nous rendent la vie dure et fâcheuse; nous avons reçu votre arrêt, et sur la signification qui

leur en a été faite, un nouvel acte encore de leur part, par lequel

ils s'opposent à l'exécution de cet arrêt 2.» Les jurats persistèrent si obstinément dans leur attitude que les commissaires généraux députés par le roi pour la confection du terrier général dénoncaient encore, près de trois ans plus tard, l'opposition des Jurats de Bordeaux pour l'enregistrement de leurs lettres patentes. € L'enregistrement n'a rencontré nulle part d'opposition , sauf à Bordeaux, écrivaient-iss: Partout on a mis de l’empressement à certifier de l'enregistrement au greffe de la commission générale. Les seuls jurats de Bordeaux ont montré une négligence marquée ?.»

Les officiers municipaux de Bordeaux bravaient tout, faisaient opposition à tout. Ils refusaient l'enregistrement des lettres patentes pour le Terrier, en prétendant que la commission du terrier

n’était pas établie pour eux, « à leur égard ». Ils se pourvurent

. D., Gir., C 1207, 9 et 24 avril 1755, lettres de Saint-Fiorentin à Tourny.

. D., Gir., C 2297, 19 juin 1755, lettre de Comarrieu à Tourny.

D., Gir,, OC 2298, 8 février 1754, ordonnances des Commissaires du Terriers . D, Gir., G 2298, 2 mars 1754, lettre de Tourny à de Courteille.

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au Conseil, en opposition aux lettres patentes et à l'ordonnance de la Commission qui prétendait les contraindre à l’enregistrement. L'intendant supplia de Courteille d’agir auprès du garde des sceaux pour qu'il fit céder les jurats, « de façon qu'ils cessent de montrer aux autres l'exemple de ne point porter respect et obéissance à une commission qui a en dernier ressort des fonctions aussi importantes que celles de remettre en règle le domaine de Sa Majesté qui depuis longtemps y est pillé de toutes parts 7.»

Tourny voyait juste, et ses craintes n'étaient que trop justifiées : l'exemple de la Jurade allait entrainer le Parlement.

1. Ai D. Gir, G 2298 2 mars 1554, lettre de Tourny à de Courteille

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