Ibidem
3. A. D., Gir., C 1207, 6 janvier 1756, lettre de Tourny à Richelieu. |
4. Sur le choix d’un emplacement, et sur les difficultés qui s’ensuivirent, voir la lettre adressée par les jurats à Tourny, le 7 janvier 1756, copie, et celle de Tourny à Saint-Florentin, en date du 17 janvier 1756; A. D., Gir., C 1207, copies. Consulter aussi l'étude de Ch. Marionneau, intitulée Victor Louis, p. 109.
La Jurade , qui était peut-être de connivence avec la Cour, délégua auprès de Tourny pour lui demander de prêter à la Ville la salle des concerts de lintendance. Le marquis accepta, tout en fixant un délai au delà duquel l’usage de la salle lui reviendrait *.
Le temps passait. Le Pouvoir central, sollicité sans doute par Tourny,intervint auorès du premier président, pour que la Cour levât les défenses qu’elle avait faites”, Les trois quarts des magistrats pensaient maintenant que le Parlement n'aurait pas dû se mêler de l'affaire du théâtre, mais ils mettaient comme une fausse gloire à ne pas se rétracter*. Sur de nouvelles instances de l'intendant,
Saint-KFlorentin fit mine de lui donner tort : les décisions de Parle-
ment ne pouvaient être cassées pour défaut de compétence; les difficultés étaient nées du manque de concert entre les autorités #; la situation n'avait rien d’urgent, étant donné que la salle des concerts pouvait continuer à servir de salle provisionnelle 5.
A se voir ainsi rebuté, Tourny finit par éprouver une sorte de découragement. Il se plaignait à Richelieu qui le consolait par de bonnes paroles ; il aurait pu se passer de porter ses doléances au rninistre de la province qui ne l’écoutait guère; il faisait mieux de s'adresser au contrôleur général, qu'il avait chance d’émouvoir. Il lui écrivait : « Les tracasseries et les contradictions se portent ici sur un point que les choses ne peuvent demeurer davantage dans l’état où elles sont. L'autorité qui m'est confiée, la tranquillité dont je dois jouir et le bien public que je ne puis opérer sans l’un et l’autre y sont trop compronus? . » Il lui disait. encore :
- 1. A. C., Bordeaux, B B, registre de Jurade pour 1755-1756, délibération du 19 janvier 1756. On trouve dans cette délibération le compte rendu de la visite faite à Tourny.
2. A. N., O1 511, 24 janvier 1756, dépêche ministérielle à Leberthon.
3. Renseignement fourni à Saint-Florentin par Tourny dans sa lettre du 7 février 1756. A. D. Gir., GC 1207, copie.
4. «TN n'y aurait, comme vous le remarquez, éeril Saint-KFlorentin à Tourny, que le concert si nécessaire et si recommandé, même prescrit par la lettre de M. d’Agues- Seau de 1721, dans les accidents notables et dans les calamités publiques, qui pût assurer le bien du service sans discussion du degré d'autorité, ou des matières à l'appliquer. Jusqu'à ce que les moyens de rappeler ce concert à Bordeaux aient été trouvés el cultivés, on sera toujours obligé de régler par la rigueur du droit, pour conserver
à chacun la portion d'autorité qu'il a plu au roi de lui répartir. » A. NON, 26 jan
vier 1756, dépêche ministérielle.
5. A. N., O1 511, 22 février 1756, dépêche ministérielle à Tourny.
6. A. D., Gir., C 1207, 6 février 1756, lettre du duc de Richelieu à Tourny.
7. A, D, Gir,, C 1207, 27 janvier 1756, lettre de Tourny aù contrôleur général, copie,
ss El
«J’éprouve que de se donner bien de la peine pour tâcher d'opérer tout le bien dont vos plans sont susceptibles, c’est souvent ne travailler qu’à se procurer des désagréments. Il faudra donc, M., que je cherche dorénavant à me les diminuer en ne me laissant pas affecter d'autant de zèle pour le bien public: Malheureusement de la façon dont je suis constitué, cela ne me sera pas si aisé à effectuer qu’à vouloir. Car comment voir indifféremment que quelque chose de mal, qu’on peut empêcher, se fait, et que quelque chose de bien qu'on pourrait faire ou faire faire, ne se fait point; ce que je pense de l’homme en pareil cas, puis-je imaginer qu’on ne le pense pas de moi 1?»
TFourny dut encore laisser quelques semaines au delà du délai fixé sa salle de l’intendance à la disposition de la ville et du publie?, Ce fut seulement le 7 mai 1756 que la Jurade délibéra de faire bâtir la salle provisionnelle dans un terrain voisin de la place Dauphine. Tourny autorisa la délibération, mais avec la note suivante : «Sans au surplus qu’on puisse en induire que j'ai trouvé la salle bien placée audit endroit %. » Quand les travaux commencèrent, la Jurade s’inquièta peu d'informer l’intendant, et Saint- Florentin répondit au contrôleur général qui se faisait l’écho des plaintes de Tourny : « Il a raison de se plamdre, si la chose est vraie dans toutes ces circonstances; mais comme 1} peut s’agir uniquement de préparatifs, 1l serait bon de se rendre compte, avant d’adresser aux jurats une lettre décisive. S'ils ont manqué à M. de Tourny, la réprimande n’en sera que plus forte ;sila plainte a été prématurée, on préviendra l’aigreur des reproches #, »