FRÈRE FRANCOIS
En vingt lieux à la fois, On le voit exciter du geste et de la voix..., Des hordes brandissant le pic et la truelle.
Il rase sans merci place, rue et ruelle, EL commence partout sans les jamais finir, Autant de quartiers neufs que j’en pourrais bénir. Les choses à ce train, vont sens devant derrière, Et la ville n’est plus, las ! qu'une fondrière.
Car on aligne tout, madame, en ce moment.
Je te plains, bonne rue ancienne qui serpentes Capricieusement sous l’auvent des charpentes: EL gare à toi, balcon, qui verses, fleurissant,
Un baume à la fenêtre et de ombre au passant. Aujourd’hui, chaque rue est hirée à la corde.
ses Je veux un Bordeaux magnifique, Majestueusement assis au bord des eaux, ; Pour que les étrangers venus sur leurs vaisseaux, Admirent, en voyant. blanche de pierre neuve, Sa façade infléchie à la courbe du fleuve:
Pour qu'ils puissent. avant que d’en franchir le seuil, Tout entière, embrassant la ville d’un coup d'œil, Juger que sa beauté passe leur espérance, EL par elle augurer du reste de la France.
Voilà ce que je veux.
LA COMTESSE Je veux, toujours je veux.
1. Leltre de Tourny à son fils, citée par Jouannet, op. cit., p. 68.
sa sœur peut nouer à la Cour. Il a toujours la fièvre de vouloir, il en a la passion, et quand tel de ses buts est atteint, il exprime la satisfaction qu'il éprouve chaleureusement et ingénument. Le contrôleur général lui annonce-t-il l’arrivée d’un convoi de grains, au plus mauvais moment de la famine, l’intendant se déclare aussi heureux de cetlbe aubaine que S'il apprenait la nouvelle de sa nomination à la place de conseiller d'État. Cette considération n’était peut-être pas de mise, mais le propos peint l’homme; 1l est d’une naïveté touchante et d’une sincérité absolue.