‹ TournyChapitre 457 sur 494 · Bernadau, Tablettes t. X, p. 300, 27 juillet · texte numérisé non relu

Bernadau, Tablettes t. X, p. 300, 27 juillet

2. Bernadau n’a pu s'empêcher de faire un jour Paveu de ces créations intempes- Lives, Collection héréditaire t. XX XVI, p. 369. Il se retranche d’ailleurs derrière Tite- Live et Tacile qui ont donné aux annalistes modernes des exemples bien dangereux.

3. Eugène Duval, Tourny et son œuvre, dans le Journal de Bordeaux, 24 mars 1863, aux Archives communales de Bordeaux.

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-consulta surtout pour écrire des études d'ensemble, Les auteurs de ces vastes ouvrages ne purent s'empêcher de parler de Tournv, mais sans fournir toutes les précisions nécessaires. O’Reilly à bien vu que l’histoire de Bordeaux entre 1743 et 1757 se confond avec celle de lintendant, mais il a pu seulement réserver au marquis quelques lignes d’éloge!. Bien plus tard, un historien d’un autre mérite, M. Camille Jullian, retraça, en quelques pages lumineuses, le rôle de Tourny, mais il crut bien faire de confondre son œuvre avec celle des autres intendants, et de peur de Jui faire la part trop belle, il lui opposa, comme pouvant rivaliser avec lui, non pas de gloire, mais au moins de mérite, Dupré de Saint-Maur, son émule et son imitateur ?.

E’érudition se montra plus injuste et plus mal avisée, non plus en élargissant le point de vue, mais en le rétrécissant. À force de ne voir que certains documents, elle se mettait hors d’état de les comprendre. Ainsi Labraque-Bordenave fit tort à Tourny, lorsqu'il releva, dans son histoire des Députés de Bordeaux au Conseil du Commerce, les contradictions apparentes et les appréciations risquées du marquis ?. Ainsi, chose plus étonnante, 1l put se rencontrer, dans la postérité, un partisan et un vengeur des jurats et des parlementaires, qui a osé présenter dans un livre que l’histoire, d’ailleurs, répudie, Tourny comme un satrape hautain à l’égard de ses subordonnés, obséquieux ‘à l’égard de ses chefs *.

1. O’Reilly, Histoire de Bordeaux, Bordeaux, 1863, 1re partie, & ITT, ch. 1V, p. 260; t. III, ch. vi, p. 298. A la page 1x du t. IV, on peut lire, à propos de Tourny, une lettre du cardinal Donnet, dont le souvenir est encore populaire à Bordeaux. « Vous avez, écrivait le cardinal à O’Reilly, fait ressortir avec un soin respectueux les grandes figures que Bordeaux compte avec orgueil dans son sein... Vous avez rempli le même devoir envers ce grand administrateur qui fut la gloire la plus incontestable de notre ville, parce qu’il consacra les plus belles années de sa vie à son bien-être, à son embellissement. C’est de M. de Tourny que la génération actuelle a reçu Bordeaux dans sa majestueuse beauté... M. de Tourny a décoré Bordeaux à la Louis XIV... Comme figure administrative, nul n’est au-dessus de M. de Tourny, et, chez lui, les mérites de l’homme étaient en parfait équilibre avec ceux de l'organisateur : aussi a-t-il joui du privilège de n'être pas compris de son vivant et de n’avoir été apprécié qu'après sa mort. »

2, Camille Jullian, {Histoire de Bordeaux, depuis les origines jusqu'en 1895.

3. Labraque-Bordenave, Les députés du Commerce, Actes de l’Académie de Bordeaux 1889, p. 288.

4. Grellet-Dumazeau, La Société bordelaise sous Louis XV el le salon de Me Du-

plessy.

Parmi nous, c’est M. Marion qui a eu le premier, Croyons-nOUS, le sens de la vérité historique en ce qui concerne Tourny. Dans une étude relative à la famine de 1748 qui, on le sait, désola la Guienne, il a eu le mérite de tirer l’intendant du cadre local où on le confinait, et de le rendre à l’histoire générale, en l’étudiant dans ses rapports avec Machault, et en laissant voir le royaume entier, autour de la généralité de Bordeaux. M. Marion a su encore rendre justice à l’intendant, en donnant de sa très vive sensibilité des preuves irréfutables. « M. de Tourny, a-t-il écrit, est passionné pour les intérêts de sa généralité: il n'hésite pas pour se prêter aux désirs de ses administrés à compromettre son crédit personnel. » La seule tendance que l’on pourrait reprocher à l’éminent historien, ce serait d’avoir pris contre Tourny le parti de Machault, un peu inconsidérément peut-être !.

Contre Machault, M. Benzacar a pris, ces temps derniers, la défense de l’intendant de Guienne. En transportant le débat dans l’économie politique, sur un terrain choisi par lui, il a su faire apprécier, dans Tourny, l’économiste « déductif », qui procède de l’école expérimentale et interventionniste, qui domine son époque par la largeur de ses conceptions et par l'originalité de ses idées. IT a marqué sa place én avant des physiocrates, et comprenant très bien la valeur éducative des exemples donnés par Tourny, il a écrit, avec beaucoup de raison, en parlant du marquis : « Aujourd’hui encore, l’histoire de son administration est l’une des meilleures leçons de choses pour un homme d'État et un savant ?. »

L'étude de Tourny présentait un intérêt capital, parce que le rôle historique du personnage fut considérable.

Nous mesurons son importance à l'étendue de la mission alors confiée aux intendants, à l'originalité très frappante qui se rencontre dans la méthode administrative de Tourny, aux nouveautés

1. M. Marion, Une famine en Guyenne, appréciation déjà mentionnée. 2. J. Benzacar, Règles économiques de l'administration d' Aubert de Tourny, p. 80.

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