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A. C. Bordeaux, Album de croquis, de éartes et de plans

II — Périgord et Sarladais.

Les deux élections de Périgueux et de Sarlat ont pour axe la Dordogne, dans la partie moyenne de son cours. Elles chevauchent sur toute une série d’entre-deux-mers : Dronne et Isle, Isle et Vézère, Vézère el Dordogne, etc... En 1743, le président de l’élection de Périgueux représentait le Périgord, dans son ensemble, comme «un pays aride et pierreux, fort mêlé de collines et de vallons !, »

Entre l'Isle et la Dronne, la Double a sa place, en marge du Périgord. Plaque d'argile, de sable et de grès, elle était vers le milieu du XVIII: siècle plus déshéritée encore, que de nos jours : «Il y a vingt à trente paroisses entre les rivières de Dronne, de l'Isle et de Dordogne, qu’on appelle pays de Double, et qu'on peut regarder comme le canton le plus misérable de la province ; on n’y recueille que peu de seigle et de blé de Turquie, et de mauvais vin qui ne peut se conserver, et qu’on est obligé de convertir en eau-de-vie. Les terres labourables ne sont que la huitième partie des fonds de ces paroisses, le reste n'est que landes et bruyères qui servent à la nourriture du bétail, qui leur est de quelque ressource pour leur subsistance, mais généralement parlant, les habitants de ces paroisses y sont fort pauvres ?. »

On ne trouve pas de villes dans la Double proprement dite. Ce canton a toujours souffert de l'attirance des plus proches vallées.

Le contraste de ces dernières avec le « haut pays » estla principale caractéristique du Périgord, comme observe déjà le président de l'élection de Périgueux Delpy Delaroche : « On voit de là, dit-il, que le pays de Périgord est composé de cantons si différents que les récoltes des uns n’ont aucun rapport avec celles des autres: les années de sécheresse procurent l'abondance aux pelites plaines de l'Isle, de Dronne, de Lizonne et à celle de Dordogne, el les hauteurs réussissent fort mal; c'est tout le contraire dans les années de pluies, les hauteurs réussissent bien et les plaines fort

1. A. D., Gir., CG 1316, mémoire envoyé à Tourny, le 16 août 1743, par Delpy Delaroche, concernant l'élection de Périgueux, ?. Ibidem,

mal, ainsi qu’elles ont fait là précédente année 1743 L. » Hautes terres el vallées ont ainsi une vie différente correspondante à la nature diverse des terrains, et même à la différence dü climat.

Les vallées ont les cultures riches réservées aux sols profonds. « Quarante (paroisses) environ, le long des rivières de Dronne et de Lizonne composent une des meilleures contrées de cette élection. » On ne peut que leur comparer les « paroisses situées sur la Dordogne, depuis Sainte-Foy, Bergerac, la Linde, jusqu'à Limeuil ?. » Là sont les villes principales : Périgueux, Bergerac, Montpont, Mussidan, qui centralisent le commerce du bétail et des grains, qui échangent les produits de l'industrie, papiers, chaudières, outils, fers à cheval. De là, les marchandises s’écoulent par les routes du nord, vers Limoges pendant la saison sèche ; les rivières les transportent à l’ouest, vers Bordeaux, au temps de la fonte des neiges, quand les chemins sont embourbés ?.

Le haut pays a les truffes, les noyers et les bois taillis, les mines, et les chutes qui font marcher les forges. Vers Bergerac, les coteaux de la rive nord présentent de profondes ravines; les sables superficiels glissent, aux grandes pluies, sur les argiles lisses. Les coteaux du midi ont des terres plus grasses, plus fortes, qui résistent mieux à l'érosion {. Au-dessus des coteaux, qui montent des vallées, règnent des terre-pleins où serpentent de paisibles ruisseaux : vers l'ouest, dans le canton de Monravel, les terre-pleins sont assez fertiles 5 ; ils cessent de l'être et même ils disparaissent dans la direction de l'est.

Le Salardais, sur les glacis du Massif Central, et à cheval sur la Dordogne, donne l'impression de la montagne et fail déjà penser aux Causses avec ses calcaires jurassiques compacts. Le paysage change, et l’activité humaine s’en ressent : « Il n'y a que 4 autres petiles plaines dont le fonds est excellent el dont le froment est la principale semence, le reste est causse où il ne vient guère que

1. A. D , Gir., C 1316, mémoire déjà cité de Delpy Delaroche.

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