Ibidem
3. À. D., Gir , C 1317, mémoire du subdélégué de Sarlat, daté du 5 août 1743
4. À. D, Gir., C 1316, lettre du sieur de Biran, subdélégué de Bergerac; il expose à Tourny l'état de la subdélégation. 28 juillel 1743.
5. « Les paroisses de Monravel et des environs, dil le président de l'élection de Périgueux Delpy Delaroche, sont en parlie sur les hauteurs, terres à froment et bons vignobles, partie dans la plaine de la Dordogne, terres à seigle et à froment, »
du seigle et beaucoup de blé d'Espagne et de baliarge qui n'améliorent pas les terres. » On s’explique que l’élection de Sarlat passe pour être la plus pauvre de la généralité. L'espèce humaine ellemême y est moins bien représentée qu'ailleurs : « L'espèce est petite, il y a sans comparaison un plus grand nombre de femmes que d'hommes !. » Les villes n’y portent pas non plus le cachet de l’opulence; la civilisation ne les a pas changées; elles montent la garde inutilement du haut de leurs acropoles. Le Salardais, privé de débouchés faciles est maintenant, du moins au point de vue économique, le tributaire de son voisin, le Périgord ?.
IL — Agenais.
Le Sarladais forme la transition naturelle entre le Périgord et le Haut-Agenais, qui couvre l’entre-deux-mers du Dropt el du Lot
L’Agenais a comme axe le Lot, comme le Périgord a la Dordogne. « Le Lot est navigable, écrivait l’intendant de Courson dès 1715, par les écluses qu'on y a faites *. » Il coule de Penne à Clairac, entre des hauteurs à formes tabulaires, parmi lesquelles des mamelons se détachent : partout, des villes perchées. La plaine est verdoyante; la culture escalade le penchant des coteaux; elle n’abandonne que leur couronnement aux bois qui s'y réfugient:; en aval, vers l’ouest, les mamelons s’abaissent et la culture envahit tout. Le Lot finit en beauté, après Clairac, dans la plaine de la Garonne, entre des hauteurs formant portique, avec les collines de Xaintrailles comme fond de tableau.
Encore la vallée du Lot n'est-elle pas comparable à celle de la Garonne, à laquelle font cortège, dans l'opulence des champs et des vignobles, des paysages doux et enchanteurs. Pour établir {a
1. A. D., Gir., C 1317, mémoire de la subdélégation de Sarlat pour Mgr de Tourny, intendant de Guienne, 5 août 1743.
2. Le Périgord se décharge sur le Salardais de certaines contributions qu'il E aurait à acquitter. Le subdélégué de Sarlat fait entendre, à ce sujet, des plaintes lamentables : «Il y a près d'un siècle, écrit-il, que se fit l'assiette de l'élection de Sarlat, lorsqu'on la sépara de celle de Périgueux. Il est visible que la répartition se fitalors au hasard et à vue d'œil et que Messieurs de Périgueux rejetèrent sur Sarlat le plus de charges possible. »
3 O. Granat, Étude crilique sur l'état économique de la sénéchaussée d'Agenais, au débul du A VII siecle, dans la Revue de l'Agenais, t. XLIII, p- 206.
comparaison, le subdélégué de Villeneuve nous convie à nous transporter sur les hauteurs qui séparent la juridiction de Clairac de celle de Tonneins: « De là on découvre, nous dit-1}, l'une et l’autre ville et leur territoire : la plaine de la Garonne, du côté de Tonneins, présente un pays gras, frais, avec des arbres vigoureux ét d’un vert très foncé, tandis que la plaine du Lot, apanage de Clairac,
semble sèche et aride... La nature y paraît presque languissante
dans ses productions !. »
Tel quel, avec les inégalités naturelles qui tiennent à chaque région, l'Agenais es le pays « d'abondance » qui possède «quantité d'arbres à fruits de toute espèce ? », qui produit le blé, le froment, le méteil, le seigle, l'orge, le millet, les fèves, le Labac, et encore les textiles, le chanvre et le lin #. L'intendant de Courson, déjà cité, voyait dans l’Agenais, le meilleur pays de sa généralité, « le plus riche, le plus abondant et d'un plus grand commerce », à cause de la plaine de la Garonne, à laquelle il confine vers le sud #.
Agen est la ville capitale. Très fière de ses 11.310 habitants, elle se fait gloire de tous les dons de l’Agenais et prétend s’en réserver l'avantage. « Agen qui est le chef-lieu est une ville très ancienne et considérable, déclare le subdélégué, sa situation est des plus belles, dans un climat des plus riants, raisonnablement abondante en (oute sorte de choses nécessaires pour la vie, sur le bord de la Garonne, communiquant aux deux mers de l'Océan et de la Méditerranée, le centre de la Province de Guienne, par conséquent le plus convenable de MM. les Commandants de cette province... Les environs sont très beaux, ce sont de belles promenades ornées de belles allées d'ormeaux *. »
Pour un peu, Agen aurait des prétentions difficiles à soutenir. Le pays est trop beau, la vie trop facile, le soleil trop
1. A. D., Gir., C 2420, mémoire du subdélégué de Villeneuve, 1760. 2. À. D., Gir., C 2420, mémoire sur la subdélégation d'Agen, du ?5 juillet 1743. à. Dion. En ce qui concerne l’exploitation pastorale, nous extrayons celte note du mémoire établi en 1743 pour l'élection d'Agen : « La plupart des métairies ‘ n'ont pas assez de prés et de pacages pour nourrir les bestiaux nécessaires pour le JA » À. D., Gir., G°2420..
. Cf. Granat, Étude critique sur l'élat économique de la sénéchaussée d' Agenais, au ii du xvinre siècle, dans la Revue de l'Agenais, t. xLinr, 1916, p.206. 5. À. D, Gir., G 242, mémoire de 1743, concernant l'élection d'Agen.
ardent pour que les hommes y soient parfaits ; ce sont de vrais Gascons. Ils semblent portés à l'exagération ; on nous dit qu'ils ne savent pas meltre én valeur la fécondité de leur sol ; à côté de qualités précieuses, ils auraient de sérieux défauts: « Les gens de celte élection, au dire des élus, sont d'un caractère assez doux, bons pour la guerre, ne manquant point d'esprit pour les sciences et pour les arts. Mais, inconslants el peu laborieux, aimant tous les plaisirs, ils ne sont pas riches, ce qui en est une
suite !. »