‹ TournyChapitre 69 sur 494 · À, D., Gir., G 468, mémoire: du ?3 février · texte numérisé non relu

À, D., Gir., G 468, mémoire: du ?3 février

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Sur ce, nous pouvons donner la parole au président de l'élection de Bordeaux, un propriélaire sans doute : « Les terres connues sous le nom de graves, dit-il, sont communément légères, sablonneuses et remplies de cailloux: si leur emploi était autre qu’en vignobles, leur produit serait très mince.» Au conlraire, «le terrain que nous connaissons sous le nom de palu est situé sur les bords des rivières de Garonne et de Dordogne. C’est sans contredit le meilleur lerrain de loule la province... Le Commerce de l'Amérique est cause que ces bords d'eau sont presque tous complantés en vignoble. » Peu à peu, de détail en détail, le président de l'élection se laisse aller à déclamer sur la vigne et le vin, comme Virgile en ses Géorgiques. Aucune deses observations ne porte à faux; aucune n’est dépourvue d'intérêt. Comme au sol, il arrache au climat ses secrets. Il distingue les lieux « gélifs » silués dans les bas-fonds humides, qui gèlent chaque année, et ceux qui ne gèlent que suivant le vent. Il continue en expliquant, avec une onclion significative, ce que sont les grandes e& les petites graves, les grandes et les pelites palus. Les grandes graves sont si précieuses que le journal y alleiit parfois le prix fabuleux de 1.200 livres: dans les années communes, il donne un demi-tonneau. Le tonneau de grandes palus vaut 150 livres au maximum; mais chaque journal y produit un tonneau et le prix de revient est moins considérable. Entre les grandes et les petites palus, la différence de prix n’est pas la même qu'entre les grandes et les petites graves ; le président le mentionne. II note aussi des écarts plus grands, dans les récoltes annuelles, pour les graves que pour les palus; aussi les propriétaires des palus sont-ils plus riches que ceux des graves. Suit la distinction des régions de vignobles, pays de vins rouges et pays de vins blancs. Le Sauternais, en amont de Bordeaux, sur la rive gauche de la Garonne, est déchu depuis 25 ans, parce que les Anglais et les Hollandais se lassent des vins blancs. Dans les graves de Bordeaux, et en Médoc, les vins rouges sont rois. Le Médoc est « sans contredit le pays le plus brillant de celle élection, à cause de la préférence que les Anglais donnent à ses vins, à cause aussi de ses moutons, dont la chair est excellente au goût et la laine très fine et très

frisée. »

L’Entre-deux-Mers, entre Dordogne et Garonne, semble être le

refuge de la médiocrité dorée, de la pelite aisance. La culture y est assez variée, les denrées el la main-d'œuvre n'y sont pas trop chères. C'est là qu'habite la noblesse, «dont les facultés sont trop modérées pour habiter dans le présente ville de Bordeaux ; là tout est solide : la facon même dont ils (les propriétaires de ce canton) procèdent à la culture de leurs vignes, les me’tent à l'abri de presque tous les évènements, puisqu'ils les font culliver à moitié fruits... À la vérité, le revenu de l'Entre-deux-Mers n'a pas le brillant des autres cantons de cette éleclion dont nous avons déjà parlé ; mais en revanche, il y a une solidarilé qui peul entrer en compensation, et qui procure à ses habitants une aisance pour les besoins de la vie, qui ne se rencontre dans pas un autre endroit de cette élection !. »

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