‹ Tourouvre et ses souvenirsChapitre 9 sur 13 · MM · texte numérisé non relu

MM

20 Millet jeune (Charles), propriétaire.

21 Mullot Jac. -André], propriétaire.

22 Népotjx (François), propriétaire.

23 Pinguet Antoine), sabotier.

24 Piliert Michel), marchand de bois.

25 Roger (Jean-Philippe-Joseph, not. Bon pour a«c*pt«r la .>har?e.

26 Renault (Gilles), propriétaire.

27 Ragaixe François), maître de ver.

28 Soud (François ), aubergiste.

29 Vaillant 1 Louis-François), négociant. Bon pour accepter la charge.

30 VAUGEOis(Pierre-Gil,),gref. dej. dep. (id.) (1)

Toutefois, si les délibérations de la municipalité attestaient son bon vouloir pour remettre tout en état, de la décision à l'exécution, il y avait parfois de la marge. Souvent les ressources manquaient, et le temps devait être un important facteur à cet égard.

Ainsi le conseil avait bien décidé le replacement delà croix au sommet du clocher, mais en attendant l'ensemble des travaux à la suite desquels elle devait y être reconstituée, le bonnet rouge continuait de couronner l'édifice. Aussi, le 2 nivôse an XIII. M. Goislard invitait-il la municipalité à « prendre les moyens de faire disparaître le bonnet rouge ainsi placé dans les temps les plus fâcheux de la Révolution, et dont l'existence continuait d'être en opposition avec les principes si sages du nouveau gouvernement ».

Cette observation était des plus fondées, et la municipalité s'empressait de donner à M. le Curé

(1) Reg. des Délib. Séance du 10 fructidor an XII : ces noms sont relevés par ordre alphabétique : nous donnons les observations telles qu'elles figurent à leur colonne.

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acte de sa démarche, l'assurant qu'il y serait fait droit dès que le gouvernement aurait procuré à la commune les secours nécessaires pour subvenir aux frais de réparation du clocher (1).

Dans le même temps, il y avait urgence de pourvoir à la réparation des chemins, et une somme de 2.177 fr. 50 était votée à cet effet.

C'est le 14 thermidor an XIII que fut définitivement voté un supplément de 200 francs pour le traitement du curé, et une somme de 600 francs pour le vicaire. « afin de lui tenir lieu de traitement et lui assurer une existence honnête ». Mais pour subvenir à ces dépenses et à celles nécessitées par la réparation de l'église et du presbytère, il fallut mettre une augmentation sur les contributions foncières, personnelles et mobilières, avec répartition sur trois années.

La Révolution ayant dépouillé les églises de tout ce qu'elles possédaient, c'était une reconstitution complète de leur mobilier qui s'imposait ; et assurément la liste présentée par M. Goislard des objets nécessaires pour la célébration du culte n'avait rien d'exagéré. Nous en donnons ici le relevé, il a son côté intéressant.

Un ciboire en cuivre, simplement argenté au dehors et doré en dedans.

Une boîte aux saintes huiles pour les baptêmes, dans les mêmes conditions.

De même, la boîte pour l'Extrême-Onction.

De même encore, la custode pour porter le bon Dieu aux malades.

Un étole de célébrant, de couleur blanche.

i)Reg. des Dêlib. Séance du 2 nivôse an XIII.

Une chasuble, trois chapes et une étole, fond rouge.

Une chasuble et trois chapes noires.

Une bannière portant en broderie le saint patron de la paroisse.

Une croix en cuivre argenté appartenant à la paroisse, et les deux chandeliers d'acolytes de même.

Une lampe en cuivre argenté pour le chœur.

Un encensoir et sa navette de même.

Trois aubes, six cordons, six amicts, six lavabos et six purificatoires.

Deux processionnaires, deux mortuaires, et un petit rituel.

Un devant d'autel fond blanc, et un autre fond rouge.

Enfin, une petite cloche pour sonner les appels et les messes basses.

Une somme de quinze cents francs était estimée nécessaire pour ces divers achats (i).

En somme, l'administration de M. Goislard se passa surtout à reconstituer les ruines matérielles. Sans doute, ce rôle n'est pas sans mérite, mais il peut avoir le danger d'être absorbant pour le zèle pastoral, au regard des obligations spirituelles qui s'imposaient également alors à l'encontre de toutes les ruines morales accumulées par le malheur des temps qui avaient précédé.

C'est à ce moment que M. Goislard, appelé à un autre poste, dut quitter Tourouvre.

Le 30 janvier 1806, en vertu d'un décret de Sa Majesté l'Empereur des Français et Roi d'Italie, auto-

1) Reg. des Délib. Séance du 14 thermidor an XIII.

risant la nomination de M. Louis François-Antoine- Omer Michel comme curé de Tourouvre, le nouveau titulaire prêtait le serment prescrit par la loi du 18 germinal an X, en présence du conseil municipal et de M. François Le Foyer. M. François Septier était alors maire de Tourouvre, avant succédé à Gilles Collas et Michel Hautemul (i).

La question des travaux votés pour les édifices communaux restait toujours pendante; aussi l'administration municipale s'ingéniait-elle à trouver les moyens d'arriver à une solution sur ce point.

Il fut d'abord question d'une taxe à mettre sur les bouchers et les cabaretiers, puis à la réflexion ce régime fut abandonné. Alors on s'arrêta à prélever la somme nécessaire pour les réparations de l'église sur les contributions ordinaires. Et quant au traitement pour le vicaire, un registre fut ouvert à la mairie pour recevoir les offrandes volontaires qui seraient faites dans ce but.

Le décret impérial du 15 avril 1805 prescrivait le renouvellement quinquennal des maires, et la lof du 8 pluviôse an VIII attribuait au préfet leur nomination danslescommunesau-dessousdecinqmille habitants. Aussi le préfet de l'Orne, M. Lamadelaine, nommaitil à ce moment M. Pierre-Philippe Roger maire de Tourouvre, et M. François Septier adjoint. Ils devaient entrer en fonction le icr janvier 1808. Le ier février suivant, à 11 heures du matin, M. Lequeu, maire de Saint-Maurice-lès-Charencey, recevait leur serment d'obéissance aux constitutions et lois de l'empire et de fidélité à l'Empereur.

M. Roger choisit M. François Dugué comme secrétaire delà mairie (2).

(1) Reg. des Dèlib. 30 janvier 1806.

- Reg. des Délib. Année 1808.

La question des dépenses était toujours la grosse affaire ; la mise en état des bâtiments communaux, la clôture du nouveau cimetière, « comme l'exigeait le respect dû par tous à la sépulture des morts », le nivellement de l'ancien cimetière, pour procurer l'élargissement de la voie publique et former ainsi « la place Napoléon », constituaient autant de projets assez dispendieux et réclamaient une augmentation dans les impôts fonciers et mobiliers. La municipalité espérait que S. M. l'Empereur octroierait à Tourouvre la permission de lever un impôt supplémentaire (i).

M. Michel ne fit que passer à la cure de Tourouvre,- il se retirait dès 1807.

M. François-Frédéric Gelée lui succéda, mais fut lui-même assez peu de temps à la tête de la paroisse, puisqu'il mourait en 1808. Aussi, n'y a-t-il rien à signaler sur l'administration si rapide de ces deux curés.

Le 18 décembre de cette même année, avait lieu l'installation du nouveau titulaire, M. Jacques- Claude-Marie Saint-Martin-Dumont, qui prêtait le serment prescrit par la « constitution arrêtée entre le gouvernement français et Sa Sainteté Pie VII ». Il était assisté de M. Jean-René Marre, curé de Feings, délégué de Monseigneur l'évêque de Sées (2).

M. Saint-Martin-Dumont était précédemment curé de Boissey-la-Lande et, malheureusement pour sa mémoire, il avait compté parmi les prêtres jureurs aux jours difficiles de la Révolution. Le pouvoir impérial imposait alors aux évêques l'obli-

1 Ibid. Délib. du 18 mars 1808.

(a) lbid. Reg. du ier octobre 1808.

gation de donner à ces prêtres des postes, même de marque, quand ils s'étaient suffisamment rétractés.

C'était le beau temps de l'épopée impériale ; Napoléon poursuivait avec succès son plan de campagnes, et à ce moment ses aigles volaient de victoire en victoire. Tourouvre comptait de ses fils dans les armées impériales, car chaque année il fallait fournir le contingenta la conscription. Les registres de décembre 1808 signalent même Jean-Louis Bunel, fusilier au 46e régiment, comme recevant une lettre du secrétaire du ministre de la guerre, lui annonçant que Sa Majesté, par décret du 4 août 1807, lui accordait une pension de 200 francs pour ses services militaires, et la blessure qu'il avait reçue à la bataille d'Eylau.

C'est en 1809 seulement que les sommes nécessaires à la création de la mairie et de la justice de paix furent enfin perçues.

En 1810, le conseil, voyant que les réparations de chemins, et notamment pour le chemin du Gué-à- Pont à Tourouvre,' n'avaient pas été faites, imposait à tous les propriétaires, une journée de charroi ; les hommes sans chevaux furent payés o fr. 00 par jour; le marc le franc fut imposé pour cela. Les impôts d'ailleurs rentraient difficilement ; ainsi de janvier à juillet, par quatre ou cinq fois, le maire fit publier les rôles à la sortie de la messe paroissiale.

En 181 1, l'entretien des chemins continuait d'attirer l'attention de l'administration, qui établissait la nécessité de vingt-cinq mille cinq cents journées d'hommes au-dessus de quinze ans, de quinze mille journées de femmes, et de mille journées d'enfants de dix à quinze ans, et cent jours de charrois, en

estimant chaque voiture susceptible Je conduire trois mètres cubes de cailloux par jour (x).

L'année 1812 fut désastreuse par son hiver d'une rigueur inouïe, et par les désastres des armées impériales, qui firent imposer aux populations des fournitures de guerre excessivement onéreuses.

En 18 13, mourut M. Roger, maire de Tourouvre. Dans le nouveau cimetière, on voit encore un monument bien effrité par le temps ; il est en forme de piédestal, et, à Tune de ses faces, on lit cette inscription :

Ici repose P.-P.-J. Roger,

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