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ET

Suite du méme U777A

Y ë À 1 E 1: méme qu'un homme et une fem-

me ont ensemble causé notre perte, :

ainsi fut-il convenable qu'un hommectune femme opérassent de concert notre rédemption fneticet homme et cette fenime, ce furent Jésus et sa très sainte Mère, Marie.

Nul doute que Jésus-Christ ne fût parfaitement en état, à lui seul, “ Mais, dit saint Bernard, l'un (ai l'eutre sexe ayant contribué à notre ruine, il était plus convenable que tous deux contribuassent à l'œuvre de notre réparation !,"

C'est pourquoi le bienheureux Albert-le-Grand donne à Marie le titre d'aide ou de coopératrice dans la Rédemption, “Et, comme le disait l'auguste Vierge à sainte Brigitte, de même qu'Adam et Êve de concert vendirent le monde pour une pomme, ainsi c'est d'un seul et même Cœur que mon Fils et moi, nous l'avons racheté +" “Dieu, ajoute saint Anselme, a bien pu créer le monde de rien, mais le monde s'étant ensuite par le péché précipité dans la ruine, Dieu n'a pas voulu l'en tirer sans le concours de Marie t,”

1. Congruum magis ut adesset nostra reparationi sexus uterque, quorum

corruptioni neuter defuisset. /» Su. mas

2 Adjutrix redemptionis Super Miss. 4. 29 8 3

3 Sicut Adam et Eva vendiderunt mundum pro uno pomo, sic Filius meus et ego redemimus mundum QuaSt Cum uno Corde. Aer, 1. 1 35

4. Qui potuit omnia de nihilo facere, noluit ea violatà sine Maria reticere, Orat. 51

Marie la opératrire

de

Jésus-Chris dans

l'œuvre de

la Kédem

ption,

Or, ainsi que l'exp.‘e Suarez !, la divine Mère coopéra

de trois manières à notre rédemption: premièrement, par ses vertus, qui lui valurent de mériter d'un mérite de convenance l'Incarnation du Verbe ; secondement, par la sollicitude à prier sans cesse pour nous pendant qu'elle vivait ici-bas ; troisièmement, par le sacrifice de son Fils qu'elle offrit à Dieu avec tant de générosité pour notre salut. Et justement parce que Marie coopéra à la rédemption de tous les hommes avec tant d'amour pour nous et tant de gloire pour Dieu, le Seigneur décida que nul ne parviendrait au salut sinon par l'intercession de Marie. io “ Cette bienheureuse Vierge est appelée la coopératrice DA Ace notre justification, parce que, dit Bernardin de Bustis, Dieu lui a commis toutes les grâces qu'il veut nous accorder*" Aussi saint Bernard la proclame-t-il l'universelle médiatrice du salut, vers laquelle il faut que tous les hommes de tous siècles passés, présents et futurs élèvent leurs regards. “Tous, enseigne le saint Docteur, et ceux qui nous ont précédés, et nous qui existons maintenant, et ceux qui viendront dans la suite des temps, tous nous dirigeons nos regards vers Marie comm vers le centre et le point culminant de tous les siècles *" Nemo venit — Personne, dit Notre-Seigneur, #e peut venir à moi, St mon is Père ne l'attiret.. La puissance que Jésus-Christ attribue traxerit à la grâce de son divin Père, il l'attribue également, selon Richard de Saint-Laurent, aux prières de sa Mère : * Personne ne peut venir à moi, si ma Mère ne l'attire par ses prières” Lt lui-même, il est le fruit béni du sein verginal 1 /x Inc p.24d2338S1 2. Auxiliatrix nostra justiticationis; Deus enim omnes gratias faciendas Mariæ commisit. MARIAL p.3$ I.

3. Ad illam, sicut ad medium, sicut ad negotium svculorum, respiciunt, et qni prucesserunt, et nos qui sumus, et qui sequentur, /# lent. <. 2 4 Nemo potest vénire ad me, nisi Pater, qui misit me, traxeriteum VI. 44 5. Nemo potest venire ad me, nisi Mater mea suis precibus traxerit euim

De Lund. B. M1 12 p.2

MARIE, NOTRE MÉDIATRICE IN5

de Marie, ainsi que le disait sainte Élisabeth : Vous étés heneiictus fruitus

benie entre Les femmes, et de fruit de vos entrailles est béni à Are De même done qu'on s'approche de l'arbre pour cucillir Le fruit, ainsi faut-il aller à Marie, si l'on veut trouver Jésus ; ct dès qu'on trouve Marie, certainement on trouvera Jésus. À la vuc de l'auguste Vierge qui venait lui faire visite, sainte Ilisabeth, ne sachant de quelle manière temoigner sa reconnaissance it se confondant tout entière dans son humilité, s'écria: 9 d'où me vient ce bonheur, qui la Mère de mon S. Égueur descende ainsi Jusqu'à moi *2 Eh quoi! Elisabeth ignorait-clle donc que dans sa demeure venait de descendre non pas seulement Marie, mais encore Jésus ? Et si elle ne l'ignorait pas, pourquoi au licu de se déclarer indigne de la visite de Marie, ne s'étonne-t-elle pas plutot que le Fils de Dieu soit venu la jvisiter chez elle ? C'est que la Sainte comprenait à merveille que Marie ne va jamais sans Jésus, et par conséquent ilisuffisait bien de remercier Marie, même sans nommer Jésus, Elle est devenue comme Le vaisseau d'un marchand, qui; re it rapporte de loin son pain. Telle fut précisément Marie,

Semblable à ce vaisseau, elle eut le bonheur d'apporter du ciel à la terre Jésus-Christ, Pain vivant descendu du ciel pour nous donner la vie éternelle, comme il le déclarait lui-même: Ye suis le Pain v'évant, Moi qui suis descendu du ciel; si quelqu'un mange de ce Pain, il vivra cternellement + “Sur la mer de ce monde, dit Richard de Saint-Laurent, ceux-là feront nécessairement naufrage qui ne se seront pas réfugié dans ce vaisseau, c'est-à-dire sous la protection

de Marie, Par consé uent, ajoute-t-il, chaque fois que nous | I l

be dd IS DT NE

1 Benedicta tu inter mulieres, et benedictus Fructus ventris tui. Zu. 1 42

2 Etunde hoc mihi, ut veniat Mater Domini mei ad me ?

3 Fasta est quasi navis institoris, de longe portans panen suum. /o7, NAXT. F4

4 Ego sum Panis vivus, qui de cœlo descendi : si quis manducaverit ex

hoc Pane, vivet in aternum Fo. Vist

ROME SR Re US CUS ES one:

Va lins nos,

perimus.

nous verrons en danger de périr sous le flots des tentations et des passions de la vie présente, recourons à Marie ct disons-lui: O notre Reine, sauvez-nous, nous périssons!" Oui, 6 Marie, hätez-vous de nous venir en aide ; sauvez-nous, si Vous ne voulez pas nous voir périr,

Étici, qu'on veuille bien le remarquer en passant, Richard de Saint-Laurent ne doute pas le moins du monde qu'on puisse dire à Marie saues-nous, nous périssons, tandis que l'auteur cité dans le paragraphe précédent, s'en fait un scrupule et ne veut pas qu'il soit permis de dire à Marie : sauvez-nous ; car, selon lui, il n'appartient qu'à Dieu de de nous sauver, Mais si un homme condamné a mort peut bien dire au favori du roi de le sauver, en intervenant en sa faveur pour obtenir sa grace du prince, pourquoi ne pourrions-nous pas dire à la Mère de Dieu qu'elle nous sauve, et cela en nous obtenant la grâce de la vie cternelle ? Saint Jean Damascène ne faisait aucune difficulté de dire à la bienheureuse Vierge: “ O Reine immaculée et toute pure, sauvez-moi, délivrez-mot de la damnation éternelle *; "et saint Bonaventure de s'écrier: “O salut de ceux qui vous invoquent, sauvez-nous‘!" Et la sainte Église approuve qu'on appelle Marie le Salut des faibles * Et nous autres, nous nous ferions un scrupule de lui demander qu'elle nous sauve, quand elle seule, selon la belle expression d'un auteur, ouvre devant nous le chemin du ciel”, et, comme le disait longtemps auparavant saint Ger-

1. In mare mundi submerguntur omnes illi, ques non suscipit Navis ista —Ideo, quoties videmus insurgentes super nos fluctus hujus maris, clamare

debemus ad Mariam : Domina! salva nos, perimus 2e Zaud PLU

2 Regina immaculata et pura, salva me, libera me ab aterna damnatione Paract in Deip 3 O Salus te invocantium, salva me !

4 Salus infirmorum

5 Nemini, nisi per eam, patet aditus ad salutem. Pacte TANXUIeeXxCA

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