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LA TRANSFIGURATION

(Raphaël

REAIIER motif, qui nous montre l'excellence de cette consécration de soimême à Jésus-Christ par les mains de Marie,

Si l'on ne peut concevoir sur la terre d'emploi plus relevé que le service de Dieu ; si le moindre serviteur de Dieu est plus riche, plus puissant et plus noble que tous les rois et les empereurs de la terre, à moins qu'ils ne servent Dieu fidèlement euxmêmes, quelles sont les richesses, la puissance et Ja dignité du fidèle et parfait Chrétien, qui sera dévoué au service Sens de Dieu, entièrement et sans réserve autant qu'il le peut qu d'aimer être! Tel est un fidèle et amoureux esclave de Jésus en Marie Marie, qui s’est donné tout entier au service de ce Roi des 1ois, par les mains de sa sainte Mère, qui n'a rien réservé pour lui-même; tout l'or de la terre et les beautés’ des cieux ne peuvent pas le payer.

Les autres congrégations, associations et confrérics érigées en l'honneur de Notre-Seigneur et de sa sainte Mère, qui produisent de si grands biens dans le christianisme, ne font pas donner tout sans réserve; elles ne pres-

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crivent à leurs associés que certaines œuvres ct certaines pratiques pour satisfaire à leurs obligations; elles les laissent libres pour toutes les autres actions et les autres temps de leur vie; mais cette dévotion fait que le fidèle esclave donne sans réserve à Jésus et à Marie toutes ses pensées, paroles, actions et souffrances de tous les temps de sa vie: en sorte que, suit qu'il veille ou qu'il dorme, soit qu'il boive ou qu'il mange, soit qu'il fasse les actions dévotion les plus grandes, soit qu'il fasse les plus petites, il est touprocure jours vrai de dire que ce qu'il fait, sans qu'il y pense, est à Î | è

de grands

tien. Jésus et à Marie en vertu de son offrande, à moins qu'il ne l'ait expressément rétractée, Quelle consolation !

Il n'y a aucune autre pratique par laquelle on se défasse facilement de cet esprit de propriété, qui se glisse imperceptiblement dans les meilleures actions; et notre bon Jésus donne cette grande grâce en récompense de l'action héroïque et désintéressée qu'on a faite en lui remettant, par les mains de sa sainte Mère, toute la valeur de ses bonnes œuvres. S'il donne le centuple, en ce monde, à ceux qui, pour son amour, quittent les biens extérieurs, temporels et périssables, quel centuple donnera-t-il à celui

qui lui sacrifiera même ses biens intérieurs et spirituel! |

Jésus, notre grand ami, s'est donné à nous sans réserve, . | corps et âme, vertus, grâces et mérites: Se foto totum me î comparavit, dit saint Bernard : “ 11 m'a gagné tout entier 3 l en se donnant tout entier à moi”; n'est-il pas de la jus- \ | tice et de la reconnaissance que nous lui donnions tout ce : |

que nous pourrons lui donner ? Il a été libéral envers nous le premier; soyons-le en retour, et il sera pour nous, pendant notre vie, à notre mort et dans toute l'éternité,

encore plus libéral: Cum liberali liberalis erit. Second motif, qui nous montre qu'il est juste en soi-même, emauea €t avantageux aux Chrétiens de se consacrer tout entiers Marie pour à la très sainte Vierge, afin de l'être plus parfaitement à

être à Jésus. 1 à SRE Jésus-Christ.

On se

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Ce bon Maitre n'a pas dédaigné de se renfermer dans le sein de la sainte Vierge, comme un captif, un esclave d'amour, et de lui être soumis et obcissant pendant trente années. C'est ici, je le répète, que l'esprit humain se perd, lorsqu'il fait une sérieuse réflexion à cette conduite de la Sagesse incarnée, qui n'a pas voulu, quoiqu'elle le pût faire, se donner directement aux hommes, mais par la très sainte Vierge; qui n'a pas voulu venir au monde à l'âge d'un homme parfait, indépendant d'autrui, mais comme un

Pauvre et petit enfant, dépendant les soins et de l'entretien de sa sainte Mère, Cette Sagesse infinie, qui avait un désir immense de glorifier Dieu son Père et de sauver les hommes, n’a point trouvé de moyen plus parfait et plus court pour le faire que de se soumettre en toutes choses à la très sainte Vierge, non seulement pendant les huit, dix ou quinze premières années de sa vie, comme les autres enfants, mais pendant trente ans ; et elle a donné plus de gloire à Dieu son Père, pendant tout ce temps de soumis-

Le

tr ge À JÉSUS VAR MARIE 89

Présentation de Jésus, Modèle de dépendance et soumis sion À Marie.

On glorifie Jésus en se soumettant

À Marie.

sion et de dépendance de la très sainte Vierge, qu'elle ne lui en eût donné en employant ces trente ans à faire des prodiges, à prêcher par toute la terre, à convertir tous les hommes, le Père céleste l'ayant ainsi réglé : Que plucita sunt ei facio semper Oh! oh! qu'on glorifie hautement Dieu en se soumettant à Marie, à l'exemple de Jésus!

Ayant devant nos yeux un exemple si visible et si connu de tout le monde, serions-nous assez insensés que d'espérer trouver un moyen plus parfait et plus court de glorifier Dieu, que celui de se soumettre à Marie, à l'exemple de son Fils ?

Qu'on se rappelle ici, pour preuve dela dépendance que nous devons avoir de la très sainte Vierge, ce que j'ai dit ci-dessus, en rapportant l'exemple que nous donnent de cette dépendance le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le Père n'a donné et ne donne son Fils que par elle, ne se fait des enfants que par elle, et en communique ses grâces que par elle, Dieu le Fils n'a été formé pour tout le monde en général que par elle, n'est formé tous les jours et engendré que par elle, dans l'union au Saint-Esprit, et ne communique ses mérites et ses vertus que par elle; le Saint-Esprit n'a formé Jésus-Christ que par elle, ne forme les membres de son corps mystique que par elle, et ne dispense ses dons et ses faveurs que par elle. Après tant et de si pressants exemples de la très sainte Trinité, pourrions-nous, sans un extrême aveuglement, nous passer de Marie, et ne pas nous consacrer à elle, et dépendre d'elle pour aller à Dieu et pour nous sacrifier à Dieu ?

Voici quelques passages latins des Pères, que j'ai choisis pour prouver ce que je viens de dire :

Duo filit Marie sunt, homo Deus et homo Purus ; unius corporaliter, et alterius spiritualiter Mater est Maria. (Saint Bonaventure et Origène.)

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