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Quotidie petenda est, ut quotidie obtineatur

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Or, s'il est vrai, comme je le tiens pour certain, selon la doctrine commune aujourd'hui, et comme je l'établirai au chapitre quatrième, s'il est vrai, dis-je, que Dieu n'accorde aux hommes aucune grâce sans la faire passer par les mains de Marie, il sera également vrai que cette grande grâce de la persévérance, nous n'avons à l'espérer et nous ne la recevrons que par l'entremise de Marie. Mais aussi nous l’obtiendrons certainement, si toujours nous la demandons à Marie avec confiance, Car c'est bien cette grâce qu'elle-même promet à tous ceux qui la servent fidèlement durant leur vie, Ceux qui agissent par moi ne pècheront pas, nous dit-elle dans son Office, e/ ceux qui me font connaître auront la vie éternelle.

1 Pour se conserver dans la vie divine de la grâce, il faut

ne de toute nécessité que l'âme revête une force capable de

Kris résister aux nombreux ennemis de son salut. Or, cette

Marie seule force ne s'obtient que par le no de Marie: À moi est

da force ; par moi règnent les rois*, Oui, nous dit Marie, le

Je emrents don de force est à moi, car Dieu l’a déposé entre mes

mains pour que je le communique à mes fidèles serviteurs.

Par moi règnent les monarques, car, grâce à moi, mes servi-

teurs dominent ici-bas en maîtres sur tous leurs sens et

leurs passions, et ils se rendent ainsi dignes de régner éternellement dans le ciel.

Oh! quelles forces n'ont pas les sujets de cette grande Reine pour surmonter toutes les tentations de l'enfer ! Marie est cette tour dont parle le Cantique des cantiques : Votre cou est comme la tour de David ‘avec ses ouvrages

jus, avancés: mille boucliers y sont suspendus et toute l'armure David. des vaillants guerriers*. En effet, à ses dévots serviteurs qui l'invoquent dans le combat, elle se présente comme

. Qui operantur in me, non peccabunt ; ; qui elucidant me, vitam æternam os ÆEccli, XX1V. 30.

2. Mea est fortitudo ; per me reges regnant. Prev. VIII 14. 3. Sicut turris David collum tuum, quæ ædificata est cum propugnaculis ; mille clypei pendent ex ea, omnis armatura fortium. Cawé. 1V. 4. =

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une tour bien armée et inexpugnable : en elle, ils trouvent toutes sortes de boucliers et d'armes pour se défendre contre l'enfer. La sainte Vierge est encore comparée au platane: Zr4e AÉRR qu'un platane, ainsi me SUËSJe élevée sur Le bord de l'eau, en Plein air C'est, dit le Cardinal Hugues en commentant ce texte, que les feuilles de cet arbre ont la forme d'un bouclier, et ainsi l'arbre lui-même représente Marie prenant Sous sa protection tous ceux qui cherchent en elle leur refuge. Le bienheureux A médée donne une explication analogue : la sainte Vierge, dit-il, est comparée au platane, Parce que, à l'instar du platane qui offre aux voyageurs l'ombre de ses rameaux, comme un abri tutélaire contre les ardeurs du soleil et les injures de la pluie, Marie accueille Sous son manteau les pauvres fils d'Adam pour les abriter contre la violence de leurs Passions et la fureur des tenta. tions.

ne égligent spéciale en.

alors de l'invoquer et de se recommander à sa miséricorde! Le Que le soleil cesse de se lever sur la terre, aussitôt il n'y de chaos de ténèbres et toutes sortes "°"#érer.

“Oui, s'écrie saint Bernard, ôtez le soleil, que our? Otez Marie, que restera-t-il, sinon des ténébres ??" Dès qu'une âme perd la dévotion envers Marie, elle ne tarde Pas à se sentir envahir Par ces ténèbres dont parle le Saint-Esprit: Vous avez amené les ténèbres, et La nuit s'est faite; dans son obscurité voyageront toutes des bêtes

1. Quasi platanus exaltata sum juxta aquas in plateis. Æccli xx1v 10. Platanus habet folia scutis similia : Virgo ramorum extensione se ubique expandit, ut filios Adde ab æstu et a turbine, umbra desiderabili, protegeret, De laud. B. V. hom. 8.

2. Tolle Corpus hoc solare, ubi dies? tolle Mariam, quid nisi tenebræ relinquentur? De Agued.

de la forét, En même temps que la lumière de Dieu se retire et qu'ilse fait nuit dans une âme, arrivent les péchés et les démons pour faire de cette âme leur repaire, “ Malheur donc, s'écrie saint Anselme, malheur à ceux qui méprisent la lumière de ce soleil ?," :'#st-à-dire la dévotion à Maric.

Saint François de Borgia avait donc bien raison de craindre pour la persévérance de ceux qui ne lui semblaient pas animés d'une dévotion spéciale envers la bienheureuse Vierge. Il demandait un jour à des novices pour quel saint chacun d'eux se sentait le plus de dévotion; et comme il en avait remarqué quelques-uns dépourvus de cette dévotion spéciale pour Marie, il recommanda au maître des novices d’avoir l'œil sur ces pauvres jeunes gens. Et de fait, ayant tous misérablement perdu leur vocation, ils sortirent du couvent.

C'est avec non moins de raison que saint Germain appelle le nom de Marie la respiration des chrétiens. De même, en effet, que notre corps ne peut vivre sans respirer, aasi notre âme ne peut vivre sans recourir et se recommander à Marie. “La respiration, dit-il, n'est pas seulement le signe, mais encore la condition dela vie; de même, le nom de Marie, que ses serviteurs ont sans cesse sur les lèvres, dénote sûrement dans leur âme la présence de la vie, et après l'y avoir suscitée, il continue à l'alimenter et à la fortifier *.” Un jour que le bienheureux Alain de la Roche, assailli par de fortes tentations, allait succomber faute de recourir à Marie, cette bonne Mère lui apparut,

1. Posuisti tenebras, et facta est nox : in ipsa pertransibunt omnes bestiæ silvæ, Ps, CII, 20.

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