CHAPITRE XL
Di* lignes Vun Journal
« Une rencontre a eu lieu hier entre « le duc de Pw et sir T" W***, qui « avait épousé, après divorce, l'épouse « du noble lord. Le premier coup de
« pistolet, tiré par le duc, a frappé sir « J*** au milieu de la poitrine : Tétat du « blessé est des plus graves; on ne dé- « sespère pas cependant tout-à-fait de « ses jours. Le duc de P*** est parti ima médiatement pour la France avec son « fils.
« On attribue ce malheur à une quece relie amenée par des motifs de jalou- « sie. »
Ce fait, jeté en peu de lignes par Tindifférence d'un journaliste à la curiosité avide de ses lecteurs , voulait dire : Il y avait un jeune homme plein de vie , doué de forces morales qui pouvaient lui faire honneur, de qualités de cœur qui auraient pu le rendre heureux , et qu'on a rapporté à sa demeure, tout sanglant, souffrant des douleurs intolérables et prèt-à rendre l'ame; il y a une femme
en délire, qui frappe de désespoir sa tête échevelée contre les murailles, et lave une plaie sanglante avec ses larmes. 11 y a dans ce duel un vainqueur qui, bien traité par la fortune jusqu'alors , se voit interrompu dans sa route politique, et chargé d'un malheur qui ressemble toujours à un remords, par ce cruel événement.
Voilà ce que voulait dire ce peu de lignes.