‹ Tout ou rienChapitre 19 sur 109 · PREMIERE PARTIE, CJIAP. I. J'y · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE, CJIAP. I. J'y

demander, parce que ces deux passions pour l'objet aimé en commettraient elles-mêmes. Ce n'était pas, chez James, cette souffrance positive et locale qui se cramponne au cœur et le déchire; c'était un malaise, une vague inquiétude qui s'agite et revient sans cesse; ce n'était pas le cauchemar, c'était l'insomnie.

Nous ne donnerons pas ici le signalement physique de notre héros. Il avait une tête peu remarquable, excepté lorsqu'elle s'animait.

Lord Arthur s'empressait de mettre à la portée de la famille Campbell toutes les occasions de plaisir qu'il pouvait lui procurer : sa loge à l'Opéra de Londres leur était toujours ouverte, et quelquefois lord Arthur offrait, à James d'y prendre place. Celui-ci refusait d'abord

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par jalousie , et acceptait ensuite par le même motif.

Le mois de juillet arriva; c'est l'époque où la noblesse anglaise part pour ses terres. Lord Arthur proposa à la famille Campbell devenir passer quelques jours chez lui : James, avec qui il avait lié une sorte de connaissance , et pour qui il avait paru prendre une affection assez peu partagée, fut invité à être de la partie. Celui-ci , après bien des combats avec lui-même, finit par accepter, vu qu'un amant trouve toujours des raisons décisives pour adopter la résolution qui lui permet de ne point quitter l'objet aimé.

Ce fut à ce moment que James sentit le besoin de connaître son avenir, qu'une grave inquiétude rendait de jour en jour plus menaçant. Il se demanda s'il ouvri-

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