PREMIER! PARTIE, CFIAP. III
avec un tremblement qui faisait heurter ses dents les unes contre les autres :
Et qu'avez-vous répondu?....
— J'ai promis d'obéir.
Alors James crut sentir le mouvement de son cœur s'arrêter, son existence se briser; il se fit en lui comme un grand silence et un grand vide.il lui semblait déjà être debout dans sontombeau.il fit machinalement quelques pas vers la porte.
A quoi tiennent les choses? Si dans ce moment James n'eût pas rencontré sur son passage une glace qui lui montra le visage d'Hannah baigné de larmes, il ne fût point revenu sur ses pas.. ..Il fût sorti, et jamais peut-être n'eût cherché à revoir Hannah !... Mais une passion comme la siennel'eûttué,dit-on,sielle n'avait été nullement partagée. C'est précisément parce qu'elle ne se serait crue nullement par-
tagée qu'elle se serait guérie. Le découragement est un sûr contre-poison contre toute grande passion, qui s'éteint faute d'espérance comme une lampe faute d'aliment. D'ailleurs l'amour-propre blessé travaille perpétuellement à nous affranchir de liens qui nous humilient; c'est une lime qui agit sans cesse, et qui nous délivre peu à peu de toutes les captivités morales. Ce qui est le plus fatal peutêtre à toute ame vivement organisée pour aimer, c'est de rencontrer une affection vraie et sympathique, mais timorée, qui l'arrête, qui la captive, mais qui ne la satisfasse pas.
Quoi qu'il en soit, en passant devant une glace James vit Hannah pleurer, et se retourna vivement.
— Miss, pourquoi ces larmes? s'écria-t-il.
— Je ne pleure pas, dit Hannah en ca-