‹ Tout ou rienChapitre 31 sur 109 · PREMIERE PARTIE, CU AP. TH. jg · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE, CU AP. TH. jg

chant sa tète dans ses mains; mais les sanglots qui soulevaient sa poitrine la trahirent bientôt.

— Vous pleurez, vous ne pouvez me le cacher! s'écria James. Quelle est la cause de ces larmes? au nom du ciel, dites-lamoi; je ne partirai point que vous ne me l'ayez révélée.

— Eh bien! vous la saurez, ditHannah ; je ne puis vous la taire plus long-temps; mais que ce soit pour vous une consolation et non une espérance: c'est que je vous aime.

— Vous m'aimez ?

— Écoutez-moi; l'attachement que j'ai pour vous n'est pas une de ces folles passions qui ne reconnaissent ni frein, ni règles, ni principes; c'est un attachement profondément enraciné, qui est le maître de mon bonheur, mais l'esclave de ma

conscience. C'est la certitude de ne pouvoir jamais être heureuse qu'avec vous; mais c'est en même temps l'impossibilité de vous appartenir par une faute. Quand je vous ai connu, le penchant que j'éprouvais pour vous était si doux et si fraternel , que je me suis endormie sur cette sensation; je L'ai laissée s'accroître et se fortifier en silence ; puis, quand vous m'avez parlé d'amour, j'ai, senti que j'étais troublée ; et quand j'ai appris qu'il fallait me séparer de vous, alors j'ai vu que vous étiez tout pour moi. J'ai mesuré cette affection à ma douleur et je l'ai trouvée immense.

— Vous m'aimez et vous pleurez , et vous désespérez de l'avenir!

— Oui sans doute, parce que la position de mon père et la vôtre rendent impossible une alliance entre nous; parce

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