‹ Tout ou rienChapitre 35 sur 109 · PREMIERE PARTIE, CHAP. IV. Dr · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE, CHAP. IV. Dr

m'en veuillez pas; je m'en punirai assez cruellement : je ne le reverrai plus.

— Non, ma fille , non, mon Hannah; permets-moi de croire que le ciel ne punira pas ton obéissance, mais qu'il t'en récompensera, au contraire; non, je n'aurai pas le remords affreux de t'avoir affligée inutilement : si je puis supporter cette pensée, que c'est par moi que tu souffres, c'est que j'ai l'intime et profonde conviction qu'au prix de cette douleur passagère, tu achètes le repos pour l'avenir : crois- en ma tendresse, qui se reproche comme un crime chaque larme que tu répands. Mais considère combien il y avait peu de chances de bonheur pour toi dans cette union : vous êtes sans fortune tous les deux, et je viens d'apprendre que sa seule ressource vient de lui manquer. Cette nouvelle a

(Si TOUT OU RIEN.

contribué à m'éclairer sur sa feinte tranquillité.

— Oui, ma mère, cela est vrai; aussi, je ne veux pas aspirer à lui; je n'y pense point. Mais permettez-moi du moins de croire que vous ne me forcerez point d'être à un autre; que je pourrai consacrer ma vie à la seule affection qui me promette encore quelque bonheur sur la terre, ma tendresse pour mon père et pour vous. Tout autre mariage, quel qu'il fût, ma mère, c'est pour moi plus qu'un malheur, c'est un crime et un sacrilège.

— Loin de moi, mon Hannah, la pensée de te contraindre jamais; mais, en ad* mettant que la tendresse de deux vieillards suffise à ta jeunesse , tu ne nous auras pas toujours près de toi ; et, lorsque nous serons forcés de ^abandonner, que

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